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Happy birthday, Mister President Trump

Par Gilles Falavigna

Aujourd’hui 14 juin 2018, le Président Trump fête ses 72 ans.

Depuis son investiture l’année dernière, ce qu’il a accompli est phénoménal. Et nous pourrions dire depuis sa campagne électorale.

Les indices économiques aux Etats-Unis sont tous au beau fixe. La paix sociale accompagne la paix civile, indépendamment de la prospérité annoncée.

Le Président a su se défaire de toutes les embûches dressées devant lui, chroniques de basses morales politico-judiciaires.

Sur le plan diplomatique, après le déplacement de l’ambassade à Jérusalem, après la gestion de la crise iranienne, phase 1, après les gestions bilatérales des relations avec la Russie et la Chine, après la gestion de la question syrienne et après la rencontre des plus improbables avec le Coréen Kim, comment ne pas reconnaître que l’Histoire retiendra qu’il est de la race des très grands, de ceux qui imposent le respect et qui changent la face du monde? Nous étions au bord d’une nouvelle guerre mondiale et l’espoir est aujourd’hui de mise.

Aucun président, aucun homme d’état n’aura été autant décrié. Le « Trump bashing » dépasse l’entendement par la violence des propos.

L’avis de Tony Schwarz est considéré faire autorité sur la question. Il présente Donald Trump comme un « personnage inculte, narcissique, mythomane, immature, mégalomane, et quasiment incapable de se concentrer, qui pourrait bien provoquer la fin de la civilisation ». Jusqu’à récemment, chaque semaine, depuis son élection, voyait la presse s’acharner et prédire sa proche destitution. Ses adversaires, c’est-à-dire presque le monde entier, vivent un cauchemar.

La réussite de Donald Trump exprime l’échec de ses adversaires et, bien sûr, de leurs prédictions.

Le Président Obama avait reçu le Prix Nobel de la Paix à peine élu, sans avoir rien fait pour la Paix et il n’a rien fait, ensuite.

Il le reçut pour ce qu’il était et non pas pour ce qu’il avait fait. Depuis 1995 [Une loi adoptée en 1995 prévoit le déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, mais son application a été bloquée tous les six mois depuis plus de 20 ans], tous les candidats à la présidentielle américaine, jusqu’à Obama, promettaient de déplacer l’ambassade israélienne à Jérusalem et aucun, une fois élu, ne respecta son engagement. Donald Trump est qualifié d’imprévisible. En effet, il fait ce qu’il dit. C’est une première et, en cela, c’est imprévisible.

Ce dernier point traduit au mieux l’inversion des valeurs qui régit le monde. Le Politiquement Correct correspond à l’art de ne rien faire, d’être passif. Donald Trump est dans l’action. Il applique l’enseignement premier de ce que propose la Bible : lekh lekha, “bouge-toi !” [Vas vers toi-même]. L’enseignement second de cette Bible : nassé vé nichma en est concomitant. C’est « Fais puis comprends combien tu es dans le vrai ! »

Le Président  Trump, particulièrement marqué par la pensée protestante, s’inscrit dans un ordre judéo-chrétien. La Torah en est la source. Ensuite, sa proximité avec le Judaïsme est une évidence. Sa fille Ivanka en témoigne. C’est ce qui autorise à aller un peu plus loin dans l’analyse, toutes proportions gardées. La dynamique dans laquelle s’inscrit le président américain est celle de la Malkhout, la royauté au sens juif, celle qui annonce une ère nouvelle. Le Zohar explique ce qu’est la manifestation de la Malkhout : le Roi est celui qui renverse les montagnes. Il sort de ses limites. Il sort, surtout, du cadre imposé. Ses chemins ne sont pas nos chemins. Il est donc imprévisible. Si la manière d’agir du Roi David avait été prévisible, Goliath n’aurait pas été vaincu.

Il y a une cohérence d’ensemble du personnage.

Donald Trump est imprévisible, selon ses adversaires. Il ne fait pas partie des leurs. Le « Trump bashing » est assimilable à du racisme. Il est haï pour ce qu’il est et non pour ce qu’il dit ou fait.

Donald Trump est imprévisible pour ses adversaires parce qu’ils ne le comprennent pas. Ils sont persuadés de détenir la vérité unique. Alors le Président et les siens subissent les pires humiliations, les pires insultes.

Il n’est de plus grande opération de paix que la dénucléarisation de la Corée du Nord. Les personnes concernées, au premier rang desquelles les Japonais pourront respirer. Elles retenaient leur souffle depuis des décennies. Cet espoir gagné par Trump demeure précaire à ce stade, l’issue étant encore incertaine, mais c’est leur premier et seul espoir, la seule manière de construire la paix.

Mais il se trouve des organes de presse pour titrer du sommet de Singapour : «Il est anormal et dangereux qu’une seule puissance dicte sa loi au monde» !

L’acteur hollywoodien Robert de Niro, au Canada et pendant que le Président Trump est dans son avion de retour de Singapour, se permet de présenter ses excuses pour avoir un tel Président.

Ne pas faire partie des railleurs, Parachat Qorah

Le « Trump bashing » est un phénomène incroyable. Il s’inscrit dans le mouvement de la conspiration contre les peuples, selon la mécanique décrite dans mon dernier ouvrage : « Géopolitique de la conspiration contre les peuples ».

La presse hystérique et les autoproclamés intellectuels assènent au premier degré que Trump est un fou dangereux. A l’aune des premiers succès du Président, certains analystes ont tenté une étude moins « épidermique ». Ils ne pouvaient, sérieusement, continuer leur étude sur le schéma de l’incompétence du Président.

Ainsi et depuis un an, est-il fait état du « chaos trumpien ». La méthode « trumpienne » s’apparenterait à la « stratégie du fou » développée en son temps par le Président Nixon et par son secrétaire d’Etat, Henry Kissinger. Passer pour un fou dans une situation désespérée, à l’époque : sortir de la guerre du Vietnam, permettait de déstabiliser l’adversaire.

Cette stratégie correspondrait à la description de l’imprévisible. Le « chaos trumpien » ferait également office de bulle dans laquelle Trump peut se permettre de dire ce qu’il veut quand ses adversaires sont exclus de la bulle et restent dans le Politiquement correct. Trump détiendrait les règles du jeu.

L’irrationnel serait une arme simplement plus efficace que celle utilisée par le Président Obama : l’arme du rationnel.

De deux choses l’une, l’autre est le Soleil. Il y a d’un côté cette vision quelque peu condescendante qui ferait du hasard le paramètre premier du succès de ce qu’entreprend le Président Trump. De l’autre côté, les choses sont très simples. Le caractère imprévisible ne concerne pas ses actions puisque tout ce qui se déroule était annoncé. Il n’y a rien d’irrationnel.

“Dire que les adversaires de Trump qui naviguent dans le Politiquement Correct, sont exclus de la “bulle” créée par l’imprévisibilité est également inexact.

Ils ont créé cette “bulle isolante. La version des analystes les présente en victimes “exclues”. Leur agressivité traduit la faiblesse du Politiquement Correct. Ils ne sont que soumis à un système. Trump est un insoumis. Il n’y a pas de bulle.”

Ensuite, le parallèle avec la stratégie du fou ne correspond pas à la réalité des Etats-Unis depuis un an. Nous pouvons rappeler, ici, que Kissinger n’a fait qu’emprunter au roi David qui se fit passer pour fou avec succès quand il était prisonnier des philistins.

La stratégie du fou se rapporte aux relations internationales. C’est d’abord avec la plus grande raison que la rencontre avec Kim Jong Un a été préparée et qu’elle s’est déroulée. Nous avons pu assister à un protocole précis à la seconde près, les chefs d’Etats se rejoignant à un endroit précis sur un territoire neutre et ouvert. De même, Trump n’a créé aucun chaos préalable à la réussite économique et sociale à l’intérieur des Etats-Unis.

La réalité est simple : le Président américain est un grand Homme. Il a l’étoffe de la Malkhout.

Il est parfaitement prévisible puisqu’il ne fait que suivre ses prescriptions écrites dans son ouvrage: « the Art of the Deal ». Il fait ce qu’il a dit et il fait ce qu’il a écrit. The Art of the Deal présente sa méthode en 11 points pour réussir une négociation. Elle est construite sur une vision positive de toute chose. Trump se revendique de la pensée de Norman V. Peale. Il ne part pas perdant. Il ose. Nassé vé Nichma !

La prochaine étape du Président Trump est de traiter définitivement la question iranienne et la paix au Moyen-Orient. Face à des fous, il n’opposera pas la stratégie du fou, fort heureusement. Et nous pouvons considérer l’avenir avec optimisme.

François Hollande et l’Ukraine

Il y a très exactement 70 ans, c’était le 11 février 1945, avait lieu la conférence de Yalta. La sécurité de l’Europe allait se décider par le partage du monde. L’Histoire ne se répète pas. Elle ne fait que bégayer.

L’histoire ne se répète pas. Elle ne sert que d’enseignement pour un contexte différent et l’important, ce dont il est question, est le contexte.

François Hollande s’est rendu à Minsk ce 11 février pour une négociation qui permette d’éviter la guerre en Ukraine et par effet domino eu Europe et dans le monde. Du coup, la référence se doit plus d’être les accords de Munich que ceux de Yalta. D’ailleurs, quelques jours avant Yalta, les vainqueurs de l’Allemagne nazie s’étaient réunis à Munich le 7 février 1945 comme nos protagonistes de ce jour se sont réunis à Moscou le 7 février 2015 avec le même solde préparatoire. Le dénominateur commun entre les époques est la ressemblance entre François Hollande, socialiste, et l’inconsistant Daladier, l’homme du Cartel des Gauches. La référence est Munich mais Poutine n’est pas du tout Hitler.

Plus précisément, François Hollande est arrivé à Minsk avec un discours solennel. Paris parle de la menace de la guerre. Mais avec près de cinquante morts par jour en Ukraine, la guerre n’est-elle pas déjà là ?

François Hollande, qui ne bénéfice plus de l’aura de l’esprit du 11 janvier qui avait rassemblé le monde, a commis une faute à Moscou. Il n’a pas voulu s’engager sur le terrain de ses interlocuteurs. Il faisait part de ses propres craintes, au nom des 28 pays d’une Europe, qui ne lui a donné aucun mandat, et dont il ne représente visiblement que le maillon faible. On ne l’ignore pas à Moscou.

Or, au-delà des postures, il est clair que Moscou cherche une sortie de crise. Poutine n’est pas Hitler et l’ambition de la Russie n’est pas l’ambition impérialiste du Reich. La posture russe est défensive. Les porte-paroles de la Défense russe ont sensiblement reconsidéré leur présentation de la situation en Ukraine en qualifiant les séparatistes ukrainiens de « russophones ». Il s’agit d’un message d’ouverture à la négociation.

L’enjeu n’est pas de conjurer le risque de guerre. L’enjeu est de mettre fin au conflit armé par le retrait, déjà, des armes lourdes sur le terrain et de pouvoir établir un cessez-le-feu.

Le fond concerne la fédéralisation de l’Ukraine. C’est un principe vital pour la Russie qui ne peut avoir les forces de l’OTAN à sa frontière. Les séparatistes ukrainiens existent bien. C’est une réalité également historique. Ils ont leur position de force. Leur poids dans une Ukraine fédérale bloquera le choix ukrainien pour l’OTAN. L’Ukraine de Kiev n’est en position de négocier que par l’OTAN. Les formules de Porochenko qui présentent les revendications russes comme « inacceptables » et son annonce de « casser la gueule » militairement aux Russes en témoignent.

Les intérêts de l’OTAN ne présentent pas, eux, le même caractère vital. C’est pourquoi la posture pour négocier de François Hollande n’était pas adaptée malgré la cohésion affichée par son arrivée à Minsk dans la même voiture qu’Angela Merkel, détail qui en dit long.

Je renverrais à mes ouvrages « La mercatique, nouvel art de la guerre » et « Philosophie politique de l’Amour » pour évaluer, dans le détail, le rôle de la posture dans la négociation :

« La théorie des jeux est loi. La négociation traditionnelle est une escalade vers le conflit pour accéder à la limite acceptable par l’autre. Les moyens utilisés sont le mensonge. Même dans le cas, très à la mode, du modèle BATNA, Best Alternative to the Negociated Agreement, duquel relève le commerce éthique, tout n’est que jeu de mensonge, du jeu. Connaître les limites de l’autre, c’est connaître son fonctionnement culturel. C’est pourquoi la phase protocolaire de la négociation est si importante… »

L’Européen a tendance à considérer cette phase comme compétitive. Les Russes, particulièrement, sont des joueurs d’échec. Le sommet de Minsk se doit d’être décisif. Mais il n’est en rien comparable aux sommets de Yalta. Le couple Merkel-Hollande n’est pas Staline. L’Ukraine n’est pas l’Europe. Mais le hasard du calendrier permet de recadrer sur quelques fondamentaux.