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Je n’y croyais pas. C’était une blague. Par mimétisme au politiquement correct, j’ai pris l’habitude de nommer le grand informel homosexuel et apparentés : « Monsieur-Madame ». Quand j’ai entendu que le représentant de la France au concours Eurovision 2018 s’appelait Madame Monsieur, j’ai, un instant, cru à une « private joke », une sorte de caméra-cachée qui se jouait de moi.

Monsieur Madame Mercy

Non, c’est bien réel. Le nom de ce duo se réfère tellement, à mon sens, à la rébellion gauche-caviar des salons parisiens qu’il fallait s’attendre au pire pour le titre qui représentera la France. Bingo ! Un rêve pour certains, un cauchemar pour les autres, le militantisme droit-de-l’hommiste est au front.

Pourtant, le duo, apprend-on, ne sort pas de nulle part. Ils ont déjà travaillé pour illustrer une publicité d’une marque automobile. Ils ont également collaboré avec différents groupes de rap, bref à tout ce que peuvent produire les banlieues. C’est dire à quel point ces banlieues rejoignent les salons bobo parisiens.

La chanson de Madame Monsieur s’appelle donc Mercy. C’est l’histoire d’un bébé migrant recueilli en Méditerranée à bord d’un navire d’aide humanitaire.

LCI, qui titre « la belle histoire », retrace l’aventure du bébé nigérian, le texte est de l’émotion pure. Il s’agit d’Espoir. En effet, le bébé devrait acquérir la nationalité britannique. Le texte de la chanson a été écrit en quelques heures, preuve de l’émotion et de la spontanéité.

« Soyez spontané ! » aurait conjuré Stéphane Hessel. Cette émotion dégouline parfaitement de spontanéité. C’est un métier !

Le journal Le Parisien le dit « tout de go » : « Mercy n’est pas une chanson misérabiliste ». Non, nous dit le Monsieur de Madame Monsieur, « Nous ne serions pas allés à l’Eurovision avec une autre chanson. »

Il ne s’agit pas d’un produit marketing. Il s’agit d’un produit certifié 100 % correct. La preuve ? Les bénéfices de la chanson iront à l’association « SOS Méditerranée ».

Financièrement, l’association ne se porte déjà pas trop mal. C’est du lourd. Le bilan 2016 présente un excédent comptable de 700 000 euros. Cette organisation qui tourne autour du navire Aquarius est dirigée par Francis Vallat. Cet ancien armateur international est administrateur de la Lloyd’s. Il est difficile de trouver une activité maritime internationale pour laquelle il ne soit pas décisionnaire. Vallat, décoré de la Légion d’honneur par le ministre communiste des transports Jean-Claude Gayssot, et que le magazine économique Forbes présente, avec admiration comme l’incontournable des lobbies de Bruxelles. Nous sommes dans la cour des Grands.

Arrivés à ce point, le lien est immédiat avec le sujet de mon livre Géopolitique de la conspiration contre les peuples. Ce travail démontre que la corruption est la matrice décisionnelle de l’Union Européenne.

990 milliards d’euros par an. C’est le coût de la corruption au sein de l’Union Européenne selon le site du Parlement européen publié le 10 mars 2016. Les aides et subventions, argent inodore, participent fortement aux flux de corruption. Il ne faut jamais oublier qu’à un corrompu correspond un corrupteur. Le Figaro du 29 juin 2012 fait état de 34 milliards d’euros versés à 250 000 associations par la France. L’article se veut une « enquête sur l’étonnante opacité qui entoure le financement public des associations. »

Pour la seule France et la seule aide aux entreprises, le montant des subventions serait de 110 milliards d’euros selon la documentation française, rapport « Pour les aides simples et efficaces au service de la compétitivité », juin 2013. Pour autant, Wikipedia sur le thème, indique que le montant total des aides est inconnu.

Pour l’Union Européenne, le site welcomeeurope.com, spécialisé dans l’obtention de subventions n’est pas plus clair quant au montant total. Mais quelques exemples donnent le vertige : projets visant à établir une économie fondée sur la connaissance et l’innovation, 79 milliards d’euros ; projets visant à soutenir l’insertion professionnelle, 84 milliards d’euros ; projets pour l’interconnexion en Europe (?!), 30,4 milliards d’euros ; projets visant la cohésion économique, 183,3 milliards d’euros ; projets visant à améliorer les connaissances, 14 milliards d’euros… La liste est très longue sur des projets très génériques dans lesquels il sera facile de s’insérer. Et ce ne sont que des projets sans garantie de résultats pour l’objet visé. Comme l’indique le site welcomeeurope.com, l’obtention de subvention est un métier relationnel entre bureaucrates.

Il n’est pas question, ici, d’exprimer que l’association SOS Méditerranée est de quelque manière liée à du recel d’influence. Nous notons seulement que l’axe Méditerranée est une priorité stratégique de l’Union Européenne au même titre que les Migrants. Il n’est question, ici, que d’Eurovision. Et LCI le dit : C’est une belle histoire.

Politiquement correct

Lors de son discours historique de janvier 2015 à l’Assemblée Nationale, Manuel Valls appelait à s’affranchir du « politiquement correct ». Ce serait, effectivement, le moyen d’arrêter le déni de réalité qui favorise la menace islamiste. Manuel Valls assume cette réalité formellement. Mais dès la conclusion de son discours, le Premier Ministre retrouve le Politiquement Correct et appelle, également, à ne pas faire d’amalgame.

Les jours qui ont suivi ce discours correspondent à un recadrage à l’opposé du fondamental de ce plaidoyer. Il est donc particulièrement important de s’intéresser au phénomène:

Il n’y a pas hasard. Il y a nécessité, la nécessité de porter la notion de « vivre-ensemble ».

Un phénomène concomitant se retrouve dans la manifestation extraordinaire et, elle aussi, historique de ce début janvier. Elle est une incantation au « vivre-ensemble ». « Je suis Charlie » est un déni de réalité par ceux-là même qui revendiquent ce statut.

Le politiquement correct correspond à la domestication de l’Homme par la société et la société est l’Homme lui-même. Le déni de réalité est ce cogito immunitaire que décrivait Nietzsche et que je développe dans « Philosophie de l’Amour ». La réalité est une vérité trop dure et nous ne pouvons que la rejeter. Quoi que nous puissions penser, nous établissons une échelle de valeurs qui place la relation sociale au-dessus des individus, dont nous-mêmes, qui organisons cette relation. Henri Laborit, dans sa biopsycho-sociologie, présente la mécanique neurologique qui nous y pousse. Le Politiquement Correct nous protège de l’exclusion sociale. Nous sommes arrivés à un tel niveau de domesticité que nous ne pourrions y survivre. Konrad Lorenz, seul comportementaliste couronné d’un prix Nobel, nous montre les tares de l’animal domestiqué. Il est obsédé sexuel, obèse, infantile. Les individus les plus malades, les plus corrompus sont ceux qui deviennent les plus aptes à la vie sociétale. Ils sont les plus préservés. L’ordre de la sélection naturelle est inversé.

Nous voyons, ensuite, une forme de supériorité morale à ne pas faire d’amalgame, à ce déni de la réalité que je décrivais par un article précédent intitulé « Ne pas faire d’amalgame ». Il s’agit de la supériorité de la raison sur l’émotion. Il s’agit, également, de la supériorité de la conception « politiquement correcte » de l’Humain, de ce qu’est l’humanité. Dans ce même article précédent, j’évoquais la formule d’Albert Jacquard qui prétend que c’est l’humanité qui nous fait homme alors que c’est, au contraire, la perception de l’homme qui fait l’humanité, toujours le même rapport entre les individus et la relation.

Par ce sentiment de supériorité de valeurs, nous nous chargeons nous-même de la police de notre propre pensée. La pensée unique est socialement confortable. nous la subissons de notre plein gré.

A qui profite le crime, en réalité? Les événements de janvier engendrent une hausse de popularité de l’administration Hollande.

Il y a une mystification de l’idéologie de Gauche et j’ai pu la mettre en évidence dès mes premiers ouvrages. La Gauche est porteuse du déni de réalité. Elle fait porter la responsabilité à ses adversaires de causes dont elle est seule l’auteure.

Elle initie, à la fin de XIXe siècle, le colonialisme pour se présenter, ensuite, comme la défenderesse de l’anticolonialisme. A la même époque, elle organise le système des Fiches qui participera aux difficultés de la Grande Guerre, puis se drape de probité. Le « mur des cons » contemporain n’est pas leur coup d’essai. Elle rejette avec mépris « l’esprit de Munich » mais le représentant de la France aux accords de Munich était Daladier, l’homme du cartel des gauches. La liste n’en finit pas.

Manuel Valls, maintenant, parle d’une France sous le régime de l’apartheid. C’est un déni de vérité sur les causes sociologiques de l’attrait pour le Jihadisme. Au-delà du mot, Aquilino Morelle, ancien conseiller en communication de François Hollande parlait, pour sa part, d’épuration ethnique et de génocide au sujet de son éviction, n’a-t-il pas été relevé que Coulibaly, le terroriste de l’hyper casher, avait été reçu à l’Elysée? Est-ce là l’apartheid qui l’a conduit au terrorisme? Le mot est fort, mensonger, mais il est dans le politiquement correct. L’idéologie de Gauche y est ancrée. Le déroulé est des plus logiques. Le vivre-ensemble tient d’une même supercherie.

Nous subissons de plein gré notre soumission à la pensée dominante. Le discours initial à la tribune de l’Assemblée Nationale de Manuel Valls touchait que l’Islamisme ne nourrissait de notre soumission. C’est la raison première pour laquelle il convenait de s’affranchir du « Politiquement Correct ». Islam signifie Soumission. Et ce n’est pas faire un amalgame. Les mots ont un sens et leur signification est simple à comprendre.

Cosmopolis s’endort dans une douce tiédeur. Y aura-t-il un réveil?