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L’illusion de la fin de Daesh

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Pour qui sonne le glas ? (III)
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Par Gilles FALAVIGNA

L’attaque d’un groupe islamique, le GSIM, à Ouagadougou, nous conduit à globaliser la vision d’un conflit présenté comme régional. Lors d’un précédent volet, nous avons développé que si nous pouvions convenir que la guerre en Syrie et au Levant avait éliminé Daesh de cette zone, l’Etat islamique s’était déplacé principalement à l’Est. La démonstration que le fond du problème n’est pas celui-ci est qu’immédiatement, toutes les forces se sont accumulées pour se faire face, grandes puissances russe et américaine en priorité, puissances régionales ensuite, turque et iranienne. Ceux qui avaient le plus combattu Daesh, les Kurdes, au Nord, sont la cible des Turcs qui tentent d’achever ce que Daesh n’était pas arrivé à faire. Les forces chi’ites, elles, se concentrent à la frontière israélienne pour en découdre. En particulier, les informations diffusées par Fox News, le 28 février, précisent la préparation d’un conflit de grande intensité. Elles montrent les bases iraniennes, en banlieue de Damas, équipées de missiles sol-sol pour couvrir l’ensemble du territoire israélien sous un feu permanent.

De toute évidence, les tentatives des grandes puissances de recadrer sur un équilibre des forces, doctrine vieille de 70 ans, profitent aux puissances régionales émergentes qui agitent le chaos. La Russie, comme les USA qui ne font pas de la surenchère mais agissent en réaction pour tenter de désamorcer ce chaos qui s’affranchit, désormais, des alliances traditionnelles.

Pour autant, puisque le retour des Jihadistes français en métropole  est à l’ordre du jour, il serait intéressant de regarder de plus près ce qui se passe pour Daesh, fer de lance du Sunnisme conquérant, car nous pourrions imaginer que le repli soit celui d’une bête à l’agonie. Les « Experts géopolitologues » ont toujours estimé que la force économique de manière concomitante, d’attraction de Daesh tenait à son caractère étatique. Le Qalifat était enfin ressuscité.

La première partie de leur erreur est de n’avoir considéré que  la partie matérielle du postulat. Or, la valeur immatérielle est toujours fondamentale. La géopolitique est avant tout de la métapolitique.

Nous devons considérer que le développement de Daesh s’est réalisé en rivalité avec Al-Qaïda. Chacune des deux organisations terroristes pratiquaient une surenchère monstrueuse pour attirer le Jihadiste. L’affaiblissement notoire de Daesh n’est pas le corollaire d’une prise de position hégémonique d’Al-Qaïda. L’équilibre entre les deux aboutit à une mise en suspens de leur concurrence en attendant de nouvelles forces pour reprendre leur affrontement. C’est le principe séculaire de la Fitna. C’est par le feu que se séparent le Bien et le Mal. Les anciens adversaires sont, pour le moment, de nouveaux amis.

Selon le rapport fourni par la CIA au Congrès pour la planification des menaces à court terme, l’Occident doit s’attendre à une augmentation radicale des attentats. Ensuite, le chaos au Levant devrait permettre le retour de Daesh en Syrie et en Irak. Les infrastructures humaines y sont toujours présentes.

En fait, les forces islamistes sont actives sur tous les points sensibles. L’Egypte n’arrive pas à éliminer les dizaines de milliers de combattants, non seulement dans le Sinaï, mais au  Sud comme à l’Ouest, à la frontière libyenne. De l’autre côté de cette frontière, encore dix mille hommes sont estimés organiser l’Islamisme vers l’Afrique de l’Ouest. Un deuxième front se situe plus au Sud, du Nigéria avec Boko Haram à la corne de l’Afrique avec les Shebaa et autres.

Adnan Abu Walid al-Sahraoui, attaché à Al-Qaïda pour l’Afrique de l’Ouest, n’a jamais été en opposition avec Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram qui a prêté allégeance à Daesh. Leurs troupes ne cessent de grossir.

Pour rester dans cette Afrique de l’Ouest, l’intervention française au Mali avait été saluée comme un modèle d’efficacité avec un travail de nettoyage rapide et propre. Aujourd’hui, les forces islamistes se sont réorganisées et recommencent à frapper.

En Somalie, dans une Afrique orientale en proie au désordre absolu, le chef traditionnel d’Al Qaïda Abdulqadir Mumin, transfuge vers Daesh, représente parfaitement cette résurgence des forces qui semblaient affaiblies.

La situation est identique sur un front plus au Sud de l’Afrique, en pleine Afrique équatoriale et plus au Sud encore, comme si mille ans de traite négrière par le monde arabo-musulman n’avaient jamais eu lieu. Soumission, quand tu nous tiens !

A l’Est, le Yémen ne concentre pas seulement cet affrontement entre chi’ites et Sunnites. Le désordre est tel qu’il est un sanctuaire pour Daesh. Là également, il est notable que si jusqu’à ces derniers temps, Al Qaïda en Péninsule arabique avait toujours rejeté l’Etat Islamique, l’allégeance serait désormais effective, selon le Pentagone.

Nous avions vu, dans notre précédent volet, que la situation en Asie avait évolué de manière exponentielle pour Daesh, en Afghanistan et au Pakistan, en péninsule indienne, en Indonésie, comme sur tous les foyers islamistes en guerre.

Ce que nous constatons au Levant est le microcosme de l’Islamisme planétaire. L’opposition des grandes puissances favorise le développement de l’Islamisme. Ce dernier échappe à leur contrôle. Bref, les ressources occidentales et Russes sont insuffisantes et surtout inadaptées.  La stratégie russe a toujours été défensive. La stratégie américaine est offensive mais elle s’appuie sur des déploiements à partir de bases arrières consolidées.

Nous devrons donc faire face à des attaques terroristes de plus en plus fréquentes et meurtrières. Leurs sources sont dans ces forces islamistes qui se développent aux quatre coins du monde et que nous ne pouvons détruire tant  leurs nids se multiplient.

A tout cela vient s’ajouter le plus terrible risque :

  1. Nous n’avons pas la volonté de nous y opposer.
  2. Nous le pourrions, la solution existe. Mais au contraire, la politique d’accueil européenne rend le terrain fertile pour l’Islamisme.

Par Gilles FALAVIGNA

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Sommes-nous prêts pour le feu et le sang ?©

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Pour qui sonne le glas (2)?

 

Sommes-nous prêts pour le feu et le sang ?

 

 

Le 11 décembre 2017, Vladimir Poutine annonçait que les troupes russes allaient se retirer de Syrie. Deux mois plus tard, qu’en est-il ? Le premier mois 2018 a été d’une intensité diplomatique exceptionnelle.

Selon Debkafile, un site israélien spécialisé dans les affaires militaires du Moyen-Orient et particulièrement bien informé, il y aurait eu, depuis l’annonce de Poutine, une rotation des troupes russes. Surtout, Debkafile, fait part de la restructuration de sites militaires russes faisant face aux bases américaines installées au Nord de la Syrie, leur empêchant tout déploiement vers le Sud.

Outre les implantations russes historiques de Latakieh et de Tartous, de nouvelles bases, à Tiyas, Hama et Sheyrat seraient déjà fonctionnelles. Les troupes russes ne se retirent pas. Tout au contraire, les Forces Spéciales Spetsnaz seraient désormais plus nombreuses sur le terrain.

L’aéroport de Palmyre qui est également consolidé par les Russes, permettra le déploiement des milices chi’ites irakiennes, prêtes à déferler, si on en croit les déclarations de Qassem Souleymani, leur commandant.

Si Daesh n’est plus une opposition de taille en Syrie, leur principal opposant sur le terrain, les Kurdes, subissent les attaques turques d’une extrême violence. Elles feraient saliver d’envie les esprits hallucinés de Daesh. Les Jihadistes turcs ont exhibé Barin Kobané, une combattante kurde capturée, dénudée, seins et parties génitales arrachés. Allah ouakbar ! C’est un petit rappel pour se souvenir que la Turquie a été un des principaux pourvoyeurs de l’Etat Islamique.

Bref, en parallèle, les troupes aguerries et pourvues d’un sentiment de réussite géostratégique du Hezbollah peuvent rentrer au Liban. Le cocktail est « détonnant » pour avoir envie d’en découdre. Déjà, les forces Radwan, les commandos du Hezbollah, ont investi les villages frontaliers d’Israël.

En face, Tsahal est constitué de troupes jeunes. La seconde guerre du Liban date de 12 ans. Cela fait fort longtemps que le danger n’a pas été aussi grand. Peut-être ne l’a-t-il jamais été depuis 1948.

Lors d’une interview, le 15 janvier au journal libanais Almayadeen,, Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah affirme que la faiblesse de Tsahal, réside en ses troupes à l’esprit confortablement occidentalisé. La victoire arabo-musulmane, ne fait pour lui aucun doute. Sa vision est un conflit généralisé à toutes les frontières d’Israël. Le Hezbollah et l’Iran, grands financeurs et pourvoyeurs du Hamas sont en droit d’attendre un retour, fut-il sunnite. L’argent n’a pas d’odeur. La mise au pas du Hamas de ces dernières semaines par le Hezbollah le rappelle. Ce n’est pas un hasard, non plus, si cette période a vu Daesh tenter de prendre également la main sur Gaza.

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Selon le porte parole de Tsahal, de grandes manœuvres [Juniper Cobra 2018] commenceront conjointement avec les troupes américaines début février. Les exercices simuleront une guerre sur plusieurs fronts avec des attaques de milliers de missiles sur des zones civiles. Sur ce point, que les bases russes en Syrie, face aux bases américaines, soient fonctionnelles et désormais opérationnelles n’a rien d’anodin.

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Libermann, prévient : « Lors du prochain conflit nous ne ferons pas de différence entre le Hezbollah et le reste du Liban. »

Les menaces se font désormais au grand jour et c’est une nouveauté en Israël, pays qui vénère ses services secrets comme des princes.

Le 29 janvier, Benjamin Netanyahou s’est rendu à Moscou. La visite s’est poursuivie par la réception à Jérusalem de grands dignitaires russes de la sécurité et de la défense. L’objectif évident des Israéliens est de convaincre Moscou de « lâcher » Téhéran.

La population israélienne est largement préparée à la guerre qui semble imminente.

Le plateau du Golan sépare le Liban de la Syrie. Il est donc parfaitement compréhensible que ce territoire soit considéré non-négociable par Israël. Par contre, pour qui connait un peu Israël, il est évident que le point de vue de Hassan Nasrallah est du registre incantatoire. La force d’Israël est tout au contraire dans la détermination de son peuple.

La question, finalement, se limite à déterminer si Israël devra gérer les inévitables provocations par des réponses proportionnées ou si le conflit sera préventif.

Pendant ce temps, la France se prépare au grand pardon pour ses ressortissants jihadistes et à leur rapatriement. Ils seront priés, sans doute, de ne pas importer le conflit. Nous n’avons pas la volonté des Israéliens. Nous sommes bercés d’illusions.

 

Par Gilles Falavigna pour Jforum

 

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Géopolitique de la question juive

J’ai voulu parler de la géopolitique de la question juive.

C’est  le titre de mon dernier ouvrage sorti semaine dernière.

Géopolitique de la question juive

Le sujet est d’importance, beaucoup plus qu’il n’y parait.Leloir_-_Jacob_Wrestling_with_the_Angel

Tout d’abord, notre société occidentale est en souffrance d’identité. Ce postulat repose sur un constat incontestable. C’est au titre de cet état que se pose la question juive. Elle se pose comme l’étalon de toute considération communautaire. Il en a toujours été ainsi et il en est plus que jamais le cas.
La question juive est essentielle. C’est la question la plus rapportée au monde par les médias alors qu’elle ne concerne qu’un pour mille de la population mondiale.
Ensuite, nous sommes à l’ère de la mondialisation. Toute question est abordée globalement. La politique est devenue de la géopolitique. En y prêtant attention, nous découvrons que l’ONU, dans son histoire, a promulgué 116 condamnations d’Etats à ce jour. 61 concernent l’Etat d’Israël. Cela signifie que l’Etat juif est jugé responsable de 52% des affaires du monde. Nous sommes dans l’irrationnel puisque ce tout petit pays de 50 kms de large ne concerne toujours que un pour mille de l’humanité.
Il est également flagrant que le Moyen-Orient est le cœur de la géopolitique mondiale. C’est également très facilement démontrable, ne serait-ce que d’un strict regard géographique et géostratégique.
L’Europe connaît une crise majeure avec les « Migrants ». La source de cette crise est au Moyen-Orient. Tous les indicateurs révèlent qu’Israël est le cœur de la politique du Moyen-Orient.
La géopolitique est donc de la métapolitique.
La géopolitique de la question juive doit être abordée par son aspect métapolitique pour en cerner la portée et la comprendre, comprendre son mécanisme.
Et là, la réaction est sensationnelle. On la sent. Elle est épidermique. Elle est phénoménale. On la voit. Mais les yeux ne voient que ce qu’ils sont préparés à voir.
Dès que j’en ai parlé, je fus mis en garde contre le titre jugé provocateur de la « question juive ». La question touche le tabou. Elle touche le politiquement correct dans son essence.
La métapolitique se manifeste par une inversion-substitution d’identité. C’est une forme de complot « à l’envers ». Si nous déshabillons le politiquement correct, nous apercevons que nous sommes les auteurs du mensonge qui nous musèle.
C’est à cette découverte que ce travail vous invite. C’est une invitation à découvrir le plus grand mensonge de l’histoire de l’humanité. Une question attend une réponse. La vérité et le mensonge prennent alors un sens des plus particuliers.