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Du haut de cette pyramide, 60 années vous contemplent !

Dernier volet sur la pyramide européenne. Mon analyse, sur Jforum, des soubresauts d’une Europe au bord de l’implosion:

Image : l’enfant-Roi Macron, symbolisé par le Sphinx espère tutoyer l’éternité, s’il parvient à sauver la pyramide Europe des premiers symptômes de l’écroulement…

 

Du haut de cette pyramide, 60 années vous contemplent !

Par Gilles Falavigna

Si le Traité de Rome date de 1957, l’Europe que rejettent massivement les peuples européens  date du traité de Lisbonne en 2009. Ne se sont écoulés finalement que 10 ans.

Jusque-là, la structure politico-économique semblait sous contrôle. Le Politique et l’Economique paraissaient scindés. Nous étions encore sous la Communauté Economique Européenne. Puis vint cette proposition de Constitution. Par référendum, les Français et les Néerlandais dirent NON. Néanmoins, les outils que proposait cette Constitution sont intégralement ratifiés par le Traité de Lisbonne.

L’Union Européenne est un système unique au monde. Fondamentalement, son fonctionnement est d’ordre technocratique. Ses compétences sont déléguées à des commissions qui n’ont pas de représentativité électorale. Cette Europe n’a pas vocation à appliquer la Démocratie. Elle est pensée pour durer mille ans et plus, à l’instar de la seule des 7 Merveilles du monde encore debout : la Pyramide de Khéops. Elle n’a donc aucune intention de donner la parole aux peuples et le Traité de Lisbonne en témoigne.

Comme nous l’indiquions lors des précédents volets sur cette « pyramide », la Réunion du Conseil de l’Europe a été préparée par le Sommet franco-allemand au mois de juin. Les deux thèmes abordés étaient la crise migratoire et le budget pour gérer le budget.

Le sujet de l’immigration est régi en façade par l’intention de créer des « centres de tri de Migrants» au Maghreb. Quant à la question du budget, question absconse, Mark Rutte, Premier Ministre néerlandais, explique qu’il ne comprend même pas ce que cela signifie.

Malgré la tempête, cette Europe maintient son cap. Bien sûr, il y a un certain pragmatisme à vouloir que les centres de tri de Migrants soient sur le sol africain. Mais il ne faut pas sous-estimer le rôle du « dialogue 5+5 », cette organisation en charge des relations entre l’Europe et l’Afrique. Nous avons d’un côté, 5 pays méditerranéens d’Europe et de l’autre côté les 5 pays méditerranéens qui font partie de l’Union du Maghreb Arabe.

Il se profile un arrimage d’un Maghreb global à un ensemble européen. Le Maghreb est économiquement dépendant de l’Europe. Il y exporte les deux tiers de sa production alors que le Maghreb représente 8% des exportations européennes. Cette fixation, partielle, sélective et foncièrement inégalitaire, se manifeste par l’émergence de nouveaux territoires productifs transnationaux liés aux délocalisations d’entreprises européennes, aux zones franches et aux restructurations industrielles consécutives aux démantèlements douaniers, comme au Maroc et surtout en Tunisie, ou aux concessions pétrolières et minières, à rebours des nationalisations des années 1970, comme en Algérie et en Libye.

Ce rattachement de fait se manifeste aussi par le développement d’une agriculture d’exportation renforçant le déficit alimentaire et le surcoût de l’exploitation d’une eau rare. Le développement massif du tourisme, avec des emprises foncières considérables, est une des formes privilégiées de cet arrimage. Il se traduit par une ségrégation socio-spatiale, un remodelage des paysages, un embourgeoisement des cœurs de ville et une patrimonialisation et des reconstructions identitaires normées par la demande touristique. Cet arrimage a aussi pour conséquence un remodelage des métropoles, avec la requalification des centres orientés vers l’attraction des grandes sociétés internationales et l’émergence d’espaces de spécialisation exclusivement tournés vers l’international.

Cette mutation organique de la société arabe maghrébine est un premier élément de perte d’identité.

Mais surtout, les pays du Maghreb sont des pays d’émigration. Sur une fonction globalement de transit, ils deviennent des pays d’immigration. Le problème de l’Union européenne a été exporté en Afrique du Nord qui, de manière factuelle, fait déjà partie de cette Union. Et qu’importe ce que peuvent en penser les citoyens des pays d’Europe. Qui va leur demander leur avis ?

C’est ainsi que positionner les centres de tri de Migrants au Maghreb n’établit pas un cordon sanitaire entre l’Afrique et l’Europe mais parachève l’intégration du  Maghreb à l’Europe. Pourquoi les pays de l’Union du Maghreb Arabe accepteront-ils ? Parce que pour la première fois, ils seront en position de force face à l’Europe en prenant en charge son problème majeur. Ils y perdront leur identité et seront formatés pour intégrer l’Union Européenne. Par ailleurs, l’Islam conquérant en sera renforcé. C’est également une raison pour que l’Union du Maghreb Arabe valide cette option.

Le journal Les Echos invite à réfléchir à l’après-Europe dans l’optique de faire prendre conscience qu’elle peut s’effondrer et ainsi cette réflexion permettrait de faire face à ce qui lui semble être une catastrophe. Le quotidien économique considère que le problème des Migrants concrétise un bouc-émissaire. En bon européaniste, le journal économique énonce le désastre que serait la fin de cette Europe, à savoir la perte de la lutte contre le réchauffement climatique et de la préservation de la paix, dixit ! A aucun moment, l’idée que cette Europe a provoqué les pires catastrophes, du Moyen-Orient à la Libye, ne viendra effleurer leur esprit détenteur de toute vérité.

La Pyramide, quelle merveille ! On croit rêver !

Sommet de l’Europe : la pyramide à l’endroit

Troisième volet de cet épisode du sommet européen de ce 29 juin 2018 sur la question des Migrants et le commencement de preuve, non seulement de la volonté de faire migrer ces populations mais également de l’élargissement de l’Union Européenne à l’Afrique du Nord.Mon article sur Jforum:

Sommet de l’Europe : la pyramide à l’endroit

 

Bureaucratie européenne contre Europe des Nations

Gilles Falavigna

La différence entre un optimiste et un pessimiste, disait Jean Giono, est que le second est souvent mieux informé que le premier.

La formule est loin d’être fausse. Mais la vérité, comme toujours, est également ailleurs. Bref, je suis un optimiste. Nous élisons des représentants et oublions qu’ils ne nous représenteront pas. Nous évaluons un contexte favorable pour nous dire que c’est le bon moment et le bon endroit pour bouger les lignes. Serait-ce sur ce point que nous ne serions pas assez informés ? Y aura-t-il convergence des deux ?

Le Conseil de l’Europe était réuni ces jeudi 28 et vendredi 29 juin à Bruxelles pour décider d’une politique migratoire claire sur fond d’opposition entre la politique bureaucratique et la politique des Nations. Pour la première fois, la machine européenne trouvait face à elle une force soi-disant déterminée. L’Autriche, la Pologne, l’Italie, la République Tchèque, la Hongrie, la Slovaquie avaient choisi de prendre en charge leur destin pendant que la Grande Bretagne se serait déjà chargée le sien.

L’Union Européenne décide de prendre en charge le dossier des Migrants ou l’Union Européenne aura vécu.

Mais depuis 1938, les conférences produisent des petits Munich. Il y a désormais toujours cet indécrottable satisfecit des petits matins qui prolongent des nuits d’ennui.

Ce vendredi à 4h30, Donald Tusk, Président du Conseil européen  est sur tweeter : « EU28 leaders have agreed on #euco conclusions incl. Migration ». whaou, le monde peut respirer !

« C’est l’Europe qui l’a emporté ! » se félicite le Président Macron.

Les dirigeants réaffirment leur engagement à mener une politique européenne pour gérer les flux migratoires. A priori, gérer, ils savent faire. Ce doit être pour ça qu’ils sont contents.

Les « Européens » ont accepté la possibilité de créer des plateformes de débarquement des Migrants sous le contrôle du Haut Commissariat aux Réfugiés, autorité de l’ONU, donc. De là, nous apprenons que l’Union Européenne a autorité sur l’ONU.

Au passage, nous pouvons également noter qu’aucun pays européen ne s’est porté volontaire pour accueillir ces plateformes de débarquement.  Elles seront donc sur le sol d’un pays tiers, certainement en Afrique du Nord. De là, nous apprenons que l’Union Européenne a autorité sur le Maghreb, au minimum. Il est probable que ces pays apprennent cette décision comme nous, au petit matin.

L’autodétermination des Nations est une plaisanterie.

C’est là que nous pouvons revenir à l’intention de partenariat Euro-méditerranéen qui implique de rendre possible une politique d’intégration économique et sociale en Méditerranée. C’est le processus de normativité de Barcelone initié en 1995.

Cette perception de la déclaration de non-discrimination, qui appelle les Africains à venir en Europe, exprime également la volonté « d’européaniser » la Méditerranée, impliquant de faire des États du Maghreb la frontière de l’Union européenne, comme ce fut le cas pour l’extrême Est de l’Europe, frontière avec l’Asie.

Du point de vue normatif, cette phase sera marquée par une sorte de tentation d’uniformisation législative et réglementaire en matière de droit des étrangers dans tout le bassin occidental méditerranéen.

Dans l’ouvrage « Géopolitique de la conspiration contre les peuples », je mets en évidence ce processus d’utilisation des Migrants non seulement pour des questions de développement démographique de l’Europe, mais également pour élargir l’Union à l’Afrique du Nord et que le Sahara soit la frontière naturelle de l’Europe. C’est donc à une double victoire de cette Europe des technocrates que nous venons d’assister à Bruxelles.

Les travaux préparatoires du Conseil de l’Europe s’apprêtaient à renverser la pyramide européenne. Tout est remis à l’endroit et nous pouvons replonger la tête vers le sol, refermer nos épaules et reprendre une posture de soumission. La technocratie l’a emporté et rien ne changera. Des plateformes de débarquement ? En quoi la détermination des Migrants, des gens qui risquent leur vie de la manière la plus concrète serait-elle enrayée ? Comment rester optimiste ?

Sommet de l’Europe : la pyramide à l’envers

Dans la continuité de l’article précédent, mon analyse de la réunion du Conseil de l’Europe à Bruxelles qui démarre aujourd’hui. Le complot contre les Nations et le contre-complot, c’est maintenant:

Sommet de l’Europe : la pyramide à l’envers

Par Gilles Falavigna

 

Le 19 juin, la Chancelière allemande recevait le Président Macron au château de Meseberg.

La rencontre portait sur la zone Euro et sur la politique migratoire. Le résultat est, paraît-il, historique. En réalité, le sommet est historique au sens strictement contemporain puisque rien de politique n’en est sorti. La rencontre a accouché d’une formule technocratique à propos d’un budget alloué pour mettre en place un processus de stabilisation de la monnaie commune. En d’autres termes, il s’agit d’un budget pour gérer les budgets.

Le second volet est tout aussi explosif que le premier puisqu’il entre dans une convergence totale des points de vue. Le vingtième Conseil des Ministres franco-allemand reporte au Conseil Européen de cette fin juin les orientations à suivre.

Sur ce point également, il n’y a pas de décision politique. Les Etats sont soumis à l’Europe. Néanmoins, si le « budget pour le budget » est un principe dont le fond, c’est-à-dire le montant, n’est pas acquis puisque la France et l’Allemagne sont en désaccord, les deux Etats, a contrario, sont déjà d’accord pour proposer un élargissement  des prérogatives du Frontex qui se charge des Migrants.

C’est donc dans cet esprit « Meseberg » que s’ouvre, à Bruxelles, le Conseil Européen que le journal Les Echos qualifie d’électrique. Les Européens tenteront de reprendre la main sur la question migratoire. On se demanderait presque qui ou quoi les empêcherait de le faire.

Quel est le fond du problème ? Angela Merkel, en bonne fille de l’ex-RDA, dirige l’Europe avec autorité. Et cette Europe est décidée à intégrer des millions de Migrants. Après tout, quelle différence peut-il y avoir à diriger des Européens de souche ou des Européens immigrés ?

Mais sur fond de Brexit et d’euroscepticisme de plus en plus affiché, les pays du groupe Visegràd, Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie qui refusent cette nouvelle Europe, ont un allié à l’Ouest avec l’Italie. Le groupe de Visegràd a vocation à maintenir une tradition d’unité de l’Europe centrale face à l’hégémonie allemande puisque le groupe date officiellement du XIVe siècle. L’Histoire aurait tendance à jouer des tours et à se répéter.

La réunion du Conseil de l’Europe marque l’ironie du sort. C’est bien cela que vont tenter de conjurer Macron et Merkel. Nous avons d’un côté l’Europe des technocrates qui se veut politique. Elle déciderait d’un ordre économique de gestion du Mondialisme. Nous avons d’un autre côté l’Europe politique des Nations. Nous avons du premier côté les géniteurs de cette Europe et nous avons du second côté l’émergence de l’Europe véritable.

Il convient de se rappeler que l’Union Européenne, ex-CEE, a été créée pour s’opposer au Comecon de l’Europe de l’Est. La plus flagrante réussite est alors l’intégration des pays d’Europe centrale. L’élargissement démographique serait également tenu par ce biais.

Mais l’Occident ne veut pas de cette Europe. A l’instar de la France avec la loi Pasqua, la politique vise à discriminer l’immigration venue de l’Est  en faveur de celle d’Afrique. Il est dix fois plus difficile et plus long pour un citoyen russe d’obtenir un titre de séjour en France que pour un Africain. Les naturalisations slaves sont pratiquement impossibles.

En Méditerranée, plus particulièrement dans sa partie occidentale, se joue, pour le contrôle des mouvements migratoires, une partie d’échec à double entrée : verticalement entre les États littoraux du nord et ceux du sud, horizontalement entre les membres de chacun de ces deux sous-ensembles étatiques ce qui n’est pas sans incidence sur les politiques migratoires de ces États pris séparément et sur leur traduction législative et réglementaire.

Le cadre juridique est un des enjeux majeurs de l’immigration par les conséquences qu’il va entraîner. Emmanuel Macron, durant sa campagne électorale, insistait sur l’autoroute à créer entre la France et l’Afrique. C’est un sujet majeur de l’enjeu entre l’Universalisme et les Nations. Derrière l’intention tentée de bonne morale se cache, malgré tout, une situation globale complexe.

En effet, le village mondial n’a pas vocation à harmoniser les ressources ni à répartir équitablement les revenus de celles-ci. Il a vocation à distribuer des spécialités qui favoriseront le commerce, l’échange au travers d’une Offre et une Demande.

De manière concomitante, les situations complexes ne sont à la base que des situations simples regardées avec complexité. Pourquoi tant de tolérance pour l’Islam ? Simplement parce que les populations invitées sont musulmanes.

L’ironie du sort, c’est que l’Europe pourrait aboutir à ce que les Européens souhaitaient et ce pour quoi l’Union Européenne a fondamentalement été créée. Et ça, les dirigeants européens n’en veulent pas. « Make Europe great again ! », quelle horreur !

Alors le titre des Echos : « En plein tumulte, les Européens tentent de reprendre la main sur la question migratoire », est parfaitement compréhensible. Elle a failli leur échapper. Le malentendu réside dans ce qualificatif d’Européen quand il s’agit des dirigeants de type Macron.

Elle s’appelait Pamela Mastropietro

Elle s’appelait Pamela Mastropietro

 

 

Il y a d’un côté les faits. Il y a d’un autre côté la présentation des faits. La propagande est de plus en plus grossière. Les peuples ont été abrutis.

Cosmopolis s’endort dans une douce tiédeur. Ses pensées sont une douce tristesse.

Profonde tristesse ! Envie de câlin ? Etre pris.e (orthographe politiquement correcte) dans les bras d’un Musulman, quel réconfort ! La tristesse est le qualificatif qui revient à chaque catastrophe, qu’elle soit naturelle ou terroriste. Les expressions de tristesse sont indépendantes du criminel. La première interprétation à retenir est que le terrorisme est un phénomène devenu naturel. Il faudra vivre avec, nous avait prévenu Emmanuel Macron.

L’universalisme jouit de la situation. Toute identité a disparu puisque, d’un côté, le terroriste frappe, selon les médias, au hasard. Le terroriste est banalisé puisque catastrophe naturelle ou attentat terroriste, la compassion est la même : un peu de tristesse et nous nous sentons vivre.

D’un autre côté et en complémentarité, depuis l’attentat de Charlie hebdo, les élans de compassion ne manquent pas. « Je suis Charlie » fut suivi de « Je suis… » puis d’un « Je suis… » et encore d’un autre « je suis… » et certains veulent encore être fromage. L’attentat de Munster était en cours que, déjà, les t-shirt « Je suis Münster » étaient imprimés.

Au bout du compte, nous ne savons plus qui nous sommes à être et avoir été tant de choses. Depuis 3 ans, qui se souvient tout ce qu’il a été ?

« Vous n’aurez pas ma haine ! » Voilà le leitmotiv occidental le plus récent. Il ne postule pas réellement de la supériorité des valeurs occidentales face à celles de l’ennemi. Le slogan considère l’universalité des valeurs. La victoire sur le terrorisme islamiste passerait, en quelque sorte, par la supériorité des valeurs porteuses de l’Amour qui anéantiront les valeurs porteuses de la haine.

Quelle erreur d’appréciation ! Elle suppose que l’Occident a le contrôle de la situation. L’ordre moral universel justifie d’être triste. L’ennemi n’est pas gentil. Il se rendra compte qu’il nous a fait de la peine et fera repentance.

Ce n’est pas la vraie vie.

Pourquoi les démocraties occidentales dominent-elles le monde ? A cause de leurs valeurs démocratiques ? Non ! Parce qu’elles disposent de forces militaires supérieures aux autres. Ce n’est pas la presse qui assure la liberté de la presse aux USA. C’est son armée.

Pourquoi les Migrants viennent-ils en Occident ? Par adhésion avec ses valeurs ? Bien sûr que non. Ils viennent pour son confort.

Ne pas délivrer sa haine est se tromper de combat. La valeur démocratique n’est pas un moyen. Ne pas offrir sa haine… Mais quel soulagement pouvons-nous obtenir d’une tristesse ?!

Je tente de me « mettre à la place » de la victime. Qu’aurais-je voulu ? Je ne me serais pas laissé faire. Je me serais battu jusqu’à éliminer l’agresseur. Cette empathie que j’attendrais de mon prochain est qu’il se batte à mes côtés et me remplace. C’est le chant des partisans : « Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place. » A contrario, offrir sa tristesse n’est pas l’expression d’une lutte. C’est l’expression d’une perte. La tristesse endosse peut-être la perte des victimes, elle entre surtout en résonnance avec sa propre tristesse existentielle. Elle traduit la passivité face aux événements, la résignation. La passivité rejoint l’inéluctabilité, celle de la défaite.

Etonnamment, il n’y a pas de représailles à la multitude d’attentats, d’agressions, à l’envahissement. La bonne morale veille pour accueillir avec solidarité, ce petit câlin qui accompagne un gros soupir, les Migrants-Réfugiés qui, comme nous, seraient des victimes.

La bonne morale veille et la bonne presse y pourvoit. Il y a quelques semaines, stupeur et tremblement, un homme tire sur des Migrants nigérians en Italie. C’est l’acte d’un fasciste raciste. Celui-là n’est pas un déséquilibré. Voilà qui redonne un peu de vie. Un peu de colère ravivera la tristesse. Pour une fois, l’Ennemi, le Mal, a une identité. Immédiatement, les autorités italiennes se mobilisèrent : No passaran ! Quelle ironie.

La propagande est comme l’arrêt sur image d’un film. Le contexte est effacé pour faire passer un message. Le procédé est bien connu à travers le phénomène « Pallywood », direct et indirect.

Un homme tire sur des Nigérians. Qui est-il vraiment ? La presse n’en parlera qu’à travers des entrefilets et elle ne parla absolument pas, en France, de sa petite amie. C’est du hors cadre.

Elle s’appelait Pamela Mastropiétro et elle avait 18 ans. Elle fut violée puis démembrée encore vivante par des Migrants nigérians. Ils commencèrent à la manger. Ses restes ont été trouvés dans des valises abandonnées. Cet homme qui tira sur les Nigérians était un Résistant. Il lui restait cette once d’humanité qui pousse à se venger, à faire payer plutôt que de se morfondre dans une douce tristesse. Peu importe, alors, d’être qualifié de Fasciste-raciste.  Peu importe la conformité sociale !

http://www.ilgiornale.it/news/cronache/macerata-18enne-fatta-pezzi-fermato-spacciatore-nigeriano-1489362.html

L’information n’est guère rapportée que dans ce qui est appelé faschosphère. Du coup, elle n’est pas crédible. Ce qui est dit compte moins que qui le dit. Il n’y a pas de liberté sans information, dit-on. Alors il faut chercher un peu plus loin, au-delà de ce qui est officiellement dit et la vérité se fait jour.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/02/07/apres-la-fusillade-de-macerata-les-blessures-de-l-italie_5253019_3214.html

On se souvient que des Migrants se firent tirer dessus. Qui connaît le nom de Pamela Mastropietro ? Tristesse, à vomir ou colère ?

L’illusion de la fin de Daesh

*
Pour qui sonne le glas ? (III)
En savoir plus sur http://www.jforum.fr/lillusion-de-la-fin-de-daesh-pour-qui-sonne-le-glas.html#Cxcfymej7k0XY0Ea.99

 

Par Gilles FALAVIGNA

L’attaque d’un groupe islamique, le GSIM, à Ouagadougou, nous conduit à globaliser la vision d’un conflit présenté comme régional. Lors d’un précédent volet, nous avons développé que si nous pouvions convenir que la guerre en Syrie et au Levant avait éliminé Daesh de cette zone, l’Etat islamique s’était déplacé principalement à l’Est. La démonstration que le fond du problème n’est pas celui-ci est qu’immédiatement, toutes les forces se sont accumulées pour se faire face, grandes puissances russe et américaine en priorité, puissances régionales ensuite, turque et iranienne. Ceux qui avaient le plus combattu Daesh, les Kurdes, au Nord, sont la cible des Turcs qui tentent d’achever ce que Daesh n’était pas arrivé à faire. Les forces chi’ites, elles, se concentrent à la frontière israélienne pour en découdre. En particulier, les informations diffusées par Fox News, le 28 février, précisent la préparation d’un conflit de grande intensité. Elles montrent les bases iraniennes, en banlieue de Damas, équipées de missiles sol-sol pour couvrir l’ensemble du territoire israélien sous un feu permanent.

De toute évidence, les tentatives des grandes puissances de recadrer sur un équilibre des forces, doctrine vieille de 70 ans, profitent aux puissances régionales émergentes qui agitent le chaos. La Russie, comme les USA qui ne font pas de la surenchère mais agissent en réaction pour tenter de désamorcer ce chaos qui s’affranchit, désormais, des alliances traditionnelles.

Pour autant, puisque le retour des Jihadistes français en métropole  est à l’ordre du jour, il serait intéressant de regarder de plus près ce qui se passe pour Daesh, fer de lance du Sunnisme conquérant, car nous pourrions imaginer que le repli soit celui d’une bête à l’agonie. Les « Experts géopolitologues » ont toujours estimé que la force économique de manière concomitante, d’attraction de Daesh tenait à son caractère étatique. Le Qalifat était enfin ressuscité.

La première partie de leur erreur est de n’avoir considéré que  la partie matérielle du postulat. Or, la valeur immatérielle est toujours fondamentale. La géopolitique est avant tout de la métapolitique.

Nous devons considérer que le développement de Daesh s’est réalisé en rivalité avec Al-Qaïda. Chacune des deux organisations terroristes pratiquaient une surenchère monstrueuse pour attirer le Jihadiste. L’affaiblissement notoire de Daesh n’est pas le corollaire d’une prise de position hégémonique d’Al-Qaïda. L’équilibre entre les deux aboutit à une mise en suspens de leur concurrence en attendant de nouvelles forces pour reprendre leur affrontement. C’est le principe séculaire de la Fitna. C’est par le feu que se séparent le Bien et le Mal. Les anciens adversaires sont, pour le moment, de nouveaux amis.

Selon le rapport fourni par la CIA au Congrès pour la planification des menaces à court terme, l’Occident doit s’attendre à une augmentation radicale des attentats. Ensuite, le chaos au Levant devrait permettre le retour de Daesh en Syrie et en Irak. Les infrastructures humaines y sont toujours présentes.

En fait, les forces islamistes sont actives sur tous les points sensibles. L’Egypte n’arrive pas à éliminer les dizaines de milliers de combattants, non seulement dans le Sinaï, mais au  Sud comme à l’Ouest, à la frontière libyenne. De l’autre côté de cette frontière, encore dix mille hommes sont estimés organiser l’Islamisme vers l’Afrique de l’Ouest. Un deuxième front se situe plus au Sud, du Nigéria avec Boko Haram à la corne de l’Afrique avec les Shebaa et autres.

Adnan Abu Walid al-Sahraoui, attaché à Al-Qaïda pour l’Afrique de l’Ouest, n’a jamais été en opposition avec Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram qui a prêté allégeance à Daesh. Leurs troupes ne cessent de grossir.

Pour rester dans cette Afrique de l’Ouest, l’intervention française au Mali avait été saluée comme un modèle d’efficacité avec un travail de nettoyage rapide et propre. Aujourd’hui, les forces islamistes se sont réorganisées et recommencent à frapper.

En Somalie, dans une Afrique orientale en proie au désordre absolu, le chef traditionnel d’Al Qaïda Abdulqadir Mumin, transfuge vers Daesh, représente parfaitement cette résurgence des forces qui semblaient affaiblies.

La situation est identique sur un front plus au Sud de l’Afrique, en pleine Afrique équatoriale et plus au Sud encore, comme si mille ans de traite négrière par le monde arabo-musulman n’avaient jamais eu lieu. Soumission, quand tu nous tiens !

A l’Est, le Yémen ne concentre pas seulement cet affrontement entre chi’ites et Sunnites. Le désordre est tel qu’il est un sanctuaire pour Daesh. Là également, il est notable que si jusqu’à ces derniers temps, Al Qaïda en Péninsule arabique avait toujours rejeté l’Etat Islamique, l’allégeance serait désormais effective, selon le Pentagone.

Nous avions vu, dans notre précédent volet, que la situation en Asie avait évolué de manière exponentielle pour Daesh, en Afghanistan et au Pakistan, en péninsule indienne, en Indonésie, comme sur tous les foyers islamistes en guerre.

Ce que nous constatons au Levant est le microcosme de l’Islamisme planétaire. L’opposition des grandes puissances favorise le développement de l’Islamisme. Ce dernier échappe à leur contrôle. Bref, les ressources occidentales et Russes sont insuffisantes et surtout inadaptées.  La stratégie russe a toujours été défensive. La stratégie américaine est offensive mais elle s’appuie sur des déploiements à partir de bases arrières consolidées.

Nous devrons donc faire face à des attaques terroristes de plus en plus fréquentes et meurtrières. Leurs sources sont dans ces forces islamistes qui se développent aux quatre coins du monde et que nous ne pouvons détruire tant  leurs nids se multiplient.

A tout cela vient s’ajouter le plus terrible risque :

  1. Nous n’avons pas la volonté de nous y opposer.
  2. Nous le pourrions, la solution existe. Mais au contraire, la politique d’accueil européenne rend le terrain fertile pour l’Islamisme.

Par Gilles FALAVIGNA

En savoir plus sur http://www.jforum.fr/lillusion-de-la-fin-de-daesh-pour-qui-sonne-le-glas.html#Cxcfymej7k0XY0Ea.99

Le Jihad soft de la Taqiyya

 

Un billet du 27 février 2018 de Slate signé Rachid Zerrouki titre : la langue arabe est une des plus belles de France.

Il y aura plusieurs niveaux d’interprétation de cet article, du littéral à ce qu’il dissimule, de manière plus ou moins consciente de la part de son auteur. Nous pouvons commencer par le titre.

La langue arabe est une des plus belles de France. D’entrée, nous sommes positionnés dans l’émotif et le jugement de valeur. A quel titre l’arabe ne serait-il pas une belle langue ? Néanmoins, une vraie question est de savoir si la langue arabe est une langue de France et là, l’affirmative est un postulat.

La France a connu des flux d’immigration italiens, polonais, portugais importants. L’italien, le polonais ou le portugais sont-ils des langues de France ? Qui oserait le prétendre ? Serait-ce alors le nombre de personnes qui parlent cette langue qui fait qu’elle est ou non de France ? Combien de gens parlent le picard, l’alsacien, le breton ou d’autres véritables langues ? Sur le principe hégémonique, le picard devrait être exclu des langues françaises.

Il y a également d’autres niveaux d’interprétation du phénomène revendicatif. Tout d’abord, les langues de France sont de véritables langues et non pas des patois qui existent, eux aussi. Mais il n’y a qu’une langue française. La langue est un des piliers de ce qui constitue une Nation. Nous sommes typiquement dans la mécanique islamique de conquête. Quand elle n’est pas par le sabre, quand l’Islam est minoritaire, elle se fait en douceur, petit à petit jusqu’à devenir une force conséquente. La relation dominant-soumis s’exprime alors. La Troisième République s’est imposée par la laïcité et l’interdiction dure de la pratique des langues dites régionales dans un principe centralisateur. Intégrer la langue arabe aux langues françaises, c’est globaliser une victimisation identitaire qui signifie que l’Arabe est Français.

Sur ce point, la dialectique est pernicieuse car elle utilise en inversion l’identité. Le Picard est Français, de fait parce qu’il a abandonné la langue picarde. Affirmer que la langue arabe est une langue française, c’est affirmer que l’identité française est une identité arabe. Nous allons rapidement revenir sur ce sujet car la langue arabe possède une spécificité au regard de la Nation. C’est celle de l’Islam universaliste.

Ceux qui s’opposeraient à l’enseignement de la langue arabe seraient des esprits étriqués qui ne voient pas que le plurilinguisme est créateur de richesse, de transmission et d’empathie, nous dit l’article de Slate. Encore une fois, le problème n’est pas là. L’esprit étriqué sera de concevoir la République Une et indivisible et dont la seule langue est le français. Question empathie, est-ce aux Français d’origine d’en faire preuve ? N’est-ce pas également à l’immigré d’en faire preuve en parlant, en France, LA langue française ? Les partisans de l’enseignement de l’arabe à l’école de la République sont également ceux qui affirment que l’immigration est une chance pour la France. Eh bien, si le plurilinguisme est créateur de richesse, de transmission et d’empathie, considérons offrir par une discrimination positive aux immigrés, une plus-value pour la France par leur apprentissage du français sans favoriser l’apprentissage de l’arabe aux autres. Car de quoi parlons-nous ? Devrons-nous échanger en arabe avec les populations immigrées ? Est-il vraiment question d’optimiser les relations commerciales avec le Maghreb ? Les britanniques ou américains se débrouillent très bien sans cela.

Dans son article, l’auteur revient sur la beauté de la langue arabe, la langue aux mille noms pour désigner l’amour. L’arabe, du fait d’être une langue de déclinaison, serait « clarté, logique, système, et abstraction», citant Jaroslav Stetkevych.

Il y a une double fausseté à l’affirmer, c’est d’abord tromper l’autre sans avoir forcément conscience de son erreur.

Le fait d’être une langue de déclinaison n’ouvre pas à la nuance et l’hébreu, langue matricielle de l’arabe en témoigne. La langue de déclinaison, au contraire, permet la précision du sens. Qu’il puisse y avoir mille noms pour désigner l’Amour n’est en rien une spécificité de la langue arabe. Elle peut posséder clarté et logique. Mais cela dans un système qui est celui du monde arabo-musulman. Pour ce qui est de l’abstraction, les travaux des principaux chercheurs, de Prémare à Luxenberg aboutissent à la conclusion du maintien du monde arabo-musulman dans le Moyen-âge, par l’incapacité de conceptualiser de la langue arabe. Elle possède, par contre, d’autres spécificités.

L’arabe est la langue de la révélation coranique. Les docteurs de l’Islam y trouvent la substance du message coranique. La diversité par la déclinaison n’est pas la nuance mais la pertinence du nom. Ainsi :

Combattre, racine qtl, signifie tuer ; attaquer, racine jzw, signifie razzier… Il n’y a pas conceptualisation. Au contraire, il y a un mode opératoire précis qui est le sens unique du mot. Combattre ou, en français, s’opposer, affronter sont du concept. En langue de la révélation coranique, c’est du concret, tuer.

El qalam est le fondement de la langue arabe. C’est le discours. Grammaticalement, c’est la langue parlée. El qalam est trois choses : le nom, el ism ; le verbe, el fi’ad qui présente l’accompli et l’inaccompli ; la particule, el harf est ce qui construit la grammaire. Ce sont les prépositions. Et la grammaire se déterminera par la lettre.

L’auteur de l’article Slate insiste sur la richesse du vocabulaire de la langue arabe. Mais la construction d’une pensée se fait par son articulation, son objectif, et c’est le rôle de la grammaire. Il y a l’accompli et l’inaccompli. Le monde arabo-musulman est dans la conquête, la réalisation de son objectif. Initier à la langue arabe dans les écoles françaises, c’est participer à un Jihad « doux » et il est important de rappeler le sens du mot jihad, racine jhd, qui signifie faire son possible. Alors qu’avant toute autre chose, l’arabe est la langue de la révélation coranique, il est notable que l’article analysé ici, ne l’évoque à aucun moment. Une interprétation qui en vaut une autre : Taqiyya, l’art de la dissimulation.

 

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Par ©Gilles FALAVIGNA

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Géopolitique de la question juive

J’ai voulu parler de la géopolitique de la question juive.

C’est  le titre de mon dernier ouvrage sorti semaine dernière.

Géopolitique de la question juive

Le sujet est d’importance, beaucoup plus qu’il n’y parait.Leloir_-_Jacob_Wrestling_with_the_Angel

Tout d’abord, notre société occidentale est en souffrance d’identité. Ce postulat repose sur un constat incontestable. C’est au titre de cet état que se pose la question juive. Elle se pose comme l’étalon de toute considération communautaire. Il en a toujours été ainsi et il en est plus que jamais le cas.
La question juive est essentielle. C’est la question la plus rapportée au monde par les médias alors qu’elle ne concerne qu’un pour mille de la population mondiale.
Ensuite, nous sommes à l’ère de la mondialisation. Toute question est abordée globalement. La politique est devenue de la géopolitique. En y prêtant attention, nous découvrons que l’ONU, dans son histoire, a promulgué 116 condamnations d’Etats à ce jour. 61 concernent l’Etat d’Israël. Cela signifie que l’Etat juif est jugé responsable de 52% des affaires du monde. Nous sommes dans l’irrationnel puisque ce tout petit pays de 50 kms de large ne concerne toujours que un pour mille de l’humanité.
Il est également flagrant que le Moyen-Orient est le cœur de la géopolitique mondiale. C’est également très facilement démontrable, ne serait-ce que d’un strict regard géographique et géostratégique.
L’Europe connaît une crise majeure avec les « Migrants ». La source de cette crise est au Moyen-Orient. Tous les indicateurs révèlent qu’Israël est le cœur de la politique du Moyen-Orient.
La géopolitique est donc de la métapolitique.
La géopolitique de la question juive doit être abordée par son aspect métapolitique pour en cerner la portée et la comprendre, comprendre son mécanisme.
Et là, la réaction est sensationnelle. On la sent. Elle est épidermique. Elle est phénoménale. On la voit. Mais les yeux ne voient que ce qu’ils sont préparés à voir.
Dès que j’en ai parlé, je fus mis en garde contre le titre jugé provocateur de la « question juive ». La question touche le tabou. Elle touche le politiquement correct dans son essence.
La métapolitique se manifeste par une inversion-substitution d’identité. C’est une forme de complot « à l’envers ». Si nous déshabillons le politiquement correct, nous apercevons que nous sommes les auteurs du mensonge qui nous musèle.
C’est à cette découverte que ce travail vous invite. C’est une invitation à découvrir le plus grand mensonge de l’histoire de l’humanité. Une question attend une réponse. La vérité et le mensonge prennent alors un sens des plus particuliers.