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La machine CGT

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Philippe Martinez, nouveau Secrétaire Général de la CGT

« Depuis la fin octobre 2014, la CGT traverse une crise sans précédent ayant conduit à la démission de son Secrétaire Général, Thierry Lepaon, le 7 janvier 2015. »

Telle est la formule introductive que choisit la CGT sur son site. L’article s’appelle « Pour comprendre ce qui se passe à la CGT ». En fait, le document ne fait que présenter l’organigramme fonctionnel du syndicat.

Les médias et la CGT aiment présenter le Comité Confédéral National du nom de « parlement » de la CGT. Il n’en est rien. Les représentants des fédérations ne sont pas élus pour siéger à la CCN.

Thierry Lepaon démissionne le 7 janvier. Au même moment, les Islamistes massacrent Charlie Hebdo. Il va sans dire que l’événement au sein de la confédération syndicale n’a retenu qu’une attention relative de la part des médias. Alors que la loi Macron se discute à l’Assemblée Nationale, il convient de s’intéresser à ce que devrait être le contenu du dialogue social puisque c’est un point phare de la politique gouvernementale et la CGT est le premier syndicat français en terme de représentativité sectorielle et le second en terme de représentativité syndicale.

La nuance entre les représentativités est essentielle à la compréhension des lignes directives du syndicat. La CGT compte moins de membres que la CFDT. Par contre, la CGT devance sa concurrente aux élections professionnelles.

Les années Bernard Thibault sont marquées par une tentative d’évolution de la doctrine. Bernard Thibault parlait « d’aggiornamento », ce qui se réfère aux conciles de l’Eglise ! Le syndicat reste contestataire et revendique une ligne de conduite de lutte des classes conformément à la fidélité à la charte d’Amiens, libre des partis politiques mais révolutionnaire. En même temps, la CGT se fait remarquer par la défense des stricts intérêts des adhérents.

Alors qui est Philippe Martinez, son nouveau Secrétaire Général ?

Le journal Libération indique qu’il est d’origine espagnole. Mis à part que Manuel Valls possède ce même profil, l’information ne présente aucun intérêt déterminant.

Libération rapporte un témoignage qui présente le nouveau « patron » de la CGT comme un homme qui tient sa fédération d’une poigne de fer.

Il faut dire que le physique de l’homme a de quoi impressionner. On peine à l’imaginer sourire. Ses grandes moustaches partent à l’assaut plus comme un guerrier des temps anciens que comme un simple ouvrier. Thierry Lepaon n’a pas connu un parcours terrain particulièrement remarqué. Philippe Martinez est un métallo issu de la tradition « Boulogne-Billancourt », retour aux sources. Martinez n’est pas un réformiste. Le journal Le Monde indique qu’il est membre du Parti Communiste.

Philippe Martinez est un « politique » particulièrement habile. Il a su s’associer, au sein de la CCN, à la ligne Lepaon durant la crise de confiance de ce dernier tout en pratiquant une véritable purge des proches de l’ancien Secrétaire Général.

Il représente déjà la CGT lors des vœux du Président François Hollande aux partenaires sociaux le 19 janvier. Il est également déjà l’interlocuteur du Ministre du travail pour les vœux de celui-ci. Il représente également la CGT lors de la rencontre CGT-CFDT du 21 janvier. Et il s’était déjà installé dans le bureau du Secrétaire Général, poste auquel il vient d’être élu le 3 février.

Il y a trois semaines, lors du vote de janvier, son refus d’ouverture aurait été très mal perçu au sein de la commission exécutive. Notons que sa compagne, Nathalie Gamiochipi, responsable de la fédération de la santé était allée jusqu’à voter en faveur de Martinez, en contradiction avec le mandat qui lui avait été confié par sa fédération qui avait choisi, à une majorité de 75 %, de voter contre cette proposition. Aujourd’hui, il n’y a plus de contestation au sein de la CGT.

Philippe Martinez entend porter son combat sur le terrain et cesser de porter le syndicat dans la « cour » des Ministères et de la négociation avec le patronat. Il ne fait aucun doute que les relations sociales seront rugueuses. Si le gouvernement place le dialogue social en contrepartie d’aménagements pour la productivité des entreprises, il ne doit pas s’attendre à une partie facile.