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Géopolitique de la question juive

J’ai voulu parler de la géopolitique de la question juive.

C’est  le titre de mon dernier ouvrage sorti semaine dernière.

Géopolitique de la question juive

Le sujet est d’importance, beaucoup plus qu’il n’y parait.Leloir_-_Jacob_Wrestling_with_the_Angel

Tout d’abord, notre société occidentale est en souffrance d’identité. Ce postulat repose sur un constat incontestable. C’est au titre de cet état que se pose la question juive. Elle se pose comme l’étalon de toute considération communautaire. Il en a toujours été ainsi et il en est plus que jamais le cas.
La question juive est essentielle. C’est la question la plus rapportée au monde par les médias alors qu’elle ne concerne qu’un pour mille de la population mondiale.
Ensuite, nous sommes à l’ère de la mondialisation. Toute question est abordée globalement. La politique est devenue de la géopolitique. En y prêtant attention, nous découvrons que l’ONU, dans son histoire, a promulgué 116 condamnations d’Etats à ce jour. 61 concernent l’Etat d’Israël. Cela signifie que l’Etat juif est jugé responsable de 52% des affaires du monde. Nous sommes dans l’irrationnel puisque ce tout petit pays de 50 kms de large ne concerne toujours que un pour mille de l’humanité.
Il est également flagrant que le Moyen-Orient est le cœur de la géopolitique mondiale. C’est également très facilement démontrable, ne serait-ce que d’un strict regard géographique et géostratégique.
L’Europe connaît une crise majeure avec les « Migrants ». La source de cette crise est au Moyen-Orient. Tous les indicateurs révèlent qu’Israël est le cœur de la politique du Moyen-Orient.
La géopolitique est donc de la métapolitique.
La géopolitique de la question juive doit être abordée par son aspect métapolitique pour en cerner la portée et la comprendre, comprendre son mécanisme.
Et là, la réaction est sensationnelle. On la sent. Elle est épidermique. Elle est phénoménale. On la voit. Mais les yeux ne voient que ce qu’ils sont préparés à voir.
Dès que j’en ai parlé, je fus mis en garde contre le titre jugé provocateur de la « question juive ». La question touche le tabou. Elle touche le politiquement correct dans son essence.
La métapolitique se manifeste par une inversion-substitution d’identité. C’est une forme de complot « à l’envers ». Si nous déshabillons le politiquement correct, nous apercevons que nous sommes les auteurs du mensonge qui nous musèle.
C’est à cette découverte que ce travail vous invite. C’est une invitation à découvrir le plus grand mensonge de l’histoire de l’humanité. Une question attend une réponse. La vérité et le mensonge prennent alors un sens des plus particuliers.

François Hollande et l’Ukraine

Il y a très exactement 70 ans, c’était le 11 février 1945, avait lieu la conférence de Yalta. La sécurité de l’Europe allait se décider par le partage du monde. L’Histoire ne se répète pas. Elle ne fait que bégayer.

L’histoire ne se répète pas. Elle ne sert que d’enseignement pour un contexte différent et l’important, ce dont il est question, est le contexte.

François Hollande s’est rendu à Minsk ce 11 février pour une négociation qui permette d’éviter la guerre en Ukraine et par effet domino eu Europe et dans le monde. Du coup, la référence se doit plus d’être les accords de Munich que ceux de Yalta. D’ailleurs, quelques jours avant Yalta, les vainqueurs de l’Allemagne nazie s’étaient réunis à Munich le 7 février 1945 comme nos protagonistes de ce jour se sont réunis à Moscou le 7 février 2015 avec le même solde préparatoire. Le dénominateur commun entre les époques est la ressemblance entre François Hollande, socialiste, et l’inconsistant Daladier, l’homme du Cartel des Gauches. La référence est Munich mais Poutine n’est pas du tout Hitler.

Plus précisément, François Hollande est arrivé à Minsk avec un discours solennel. Paris parle de la menace de la guerre. Mais avec près de cinquante morts par jour en Ukraine, la guerre n’est-elle pas déjà là ?

François Hollande, qui ne bénéfice plus de l’aura de l’esprit du 11 janvier qui avait rassemblé le monde, a commis une faute à Moscou. Il n’a pas voulu s’engager sur le terrain de ses interlocuteurs. Il faisait part de ses propres craintes, au nom des 28 pays d’une Europe, qui ne lui a donné aucun mandat, et dont il ne représente visiblement que le maillon faible. On ne l’ignore pas à Moscou.

Or, au-delà des postures, il est clair que Moscou cherche une sortie de crise. Poutine n’est pas Hitler et l’ambition de la Russie n’est pas l’ambition impérialiste du Reich. La posture russe est défensive. Les porte-paroles de la Défense russe ont sensiblement reconsidéré leur présentation de la situation en Ukraine en qualifiant les séparatistes ukrainiens de « russophones ». Il s’agit d’un message d’ouverture à la négociation.

L’enjeu n’est pas de conjurer le risque de guerre. L’enjeu est de mettre fin au conflit armé par le retrait, déjà, des armes lourdes sur le terrain et de pouvoir établir un cessez-le-feu.

Le fond concerne la fédéralisation de l’Ukraine. C’est un principe vital pour la Russie qui ne peut avoir les forces de l’OTAN à sa frontière. Les séparatistes ukrainiens existent bien. C’est une réalité également historique. Ils ont leur position de force. Leur poids dans une Ukraine fédérale bloquera le choix ukrainien pour l’OTAN. L’Ukraine de Kiev n’est en position de négocier que par l’OTAN. Les formules de Porochenko qui présentent les revendications russes comme « inacceptables » et son annonce de « casser la gueule » militairement aux Russes en témoignent.

Les intérêts de l’OTAN ne présentent pas, eux, le même caractère vital. C’est pourquoi la posture pour négocier de François Hollande n’était pas adaptée malgré la cohésion affichée par son arrivée à Minsk dans la même voiture qu’Angela Merkel, détail qui en dit long.

Je renverrais à mes ouvrages « La mercatique, nouvel art de la guerre » et « Philosophie politique de l’Amour » pour évaluer, dans le détail, le rôle de la posture dans la négociation :

« La théorie des jeux est loi. La négociation traditionnelle est une escalade vers le conflit pour accéder à la limite acceptable par l’autre. Les moyens utilisés sont le mensonge. Même dans le cas, très à la mode, du modèle BATNA, Best Alternative to the Negociated Agreement, duquel relève le commerce éthique, tout n’est que jeu de mensonge, du jeu. Connaître les limites de l’autre, c’est connaître son fonctionnement culturel. C’est pourquoi la phase protocolaire de la négociation est si importante… »

L’Européen a tendance à considérer cette phase comme compétitive. Les Russes, particulièrement, sont des joueurs d’échec. Le sommet de Minsk se doit d’être décisif. Mais il n’est en rien comparable aux sommets de Yalta. Le couple Merkel-Hollande n’est pas Staline. L’Ukraine n’est pas l’Europe. Mais le hasard du calendrier permet de recadrer sur quelques fondamentaux.

 

Menace à l’Est

Le Centre de Langue et Culture Russe, à travers sa gazette, propose un point de vue russe de l’actualité d’une acuité exceptionnelle.

Alors que pour les observateurs républicains aux Etats-Unis (débats sur Fox News), le centre des risques pour la sécurité nationale est en Ukraine et non au Moyen-Orient, un regard sur la situation ukrainienne est primordial.

Le 27 janvier a été commémorée la libération, par les troupes russes, du camp d’Auschwitz. Pourtant, Vladimir Poutine n’a pas été convié par le gouvernement polonais à cette commémoration alors que les représentants ukrainiens y étaient présents et que nous pouvons nous rappeler qu’environ 3000 volontaires ukrainiens aidaient les nazis sur ce seul camp de la mort. L’événement de la commémoration s’inscrit dans l’amorce de ce qui pourrait être un conflit de dimension planétaire. Comme le souligne Jonathan Adelman, de l’université de Denver, et repris dans une dépêche Ria Novosti, les Etats-Unis n’interviennent plus sur les théâtres d’opérations extérieures en leader mondial. Leur incapacité à influer sur les événements en Lybie, en Irak ou en Afghanistan en témoigne. A contrario, et Victor Lupan, rédacteur en chef de la pensée russe le développe, la Russie est libre de toute dépendance extérieure et a retrouvé un statut de puissance mondiale.

C’est avec en tête ce nouveau rapport de force que je propose la perspective suivante, tirée du numéro de janvier de la gazette du CLCR:

Patrick Brunot est chargé de cours à l’Ecole Supérieure de Guerre et professeur à l’université d’état Novgorod. Extraits…

… Un Conflit né d’une évidence géopolitique

Le géographe et politologue britannique Halford John Mackinder (1861-1947), fondateur de l’école anglo-saxonne de géopolitique, estimait que, pour gouverner le monde, il fallait contrôler la zone qui recouvre l’Europe centrale et la Sibérie occidentale. Cette théorie du Heartland fut explicitée et précisée par son disciple et continuateur Nicolas Spykman (1870-1943), notamment avec la théorie du Rimland. Celle-ci a trouvé son application pratique dans les réseaux d’alliances américains (OTAN, OTASE, CENTO…) visant à endiguer l’avancée de la terre centrale, en l’occurrence l’URSS, aujourd’hui la Russie.

Appliquant cette théorie bismarckienne ouvertement impérialiste, Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller du président Carter, a clairement annoncé sa stratégie : « Le seul moyen d’empêcher la Russie de redevenir un empire est de soustraire l’Ukraine à son influence. » Pour éviter que la Russie ne redevienne une grande puissance en Eurasie et puisse s’arranger avec l’expansionnisme chinois pour créer une nouvelle concurrence mondiale à l’Amérique – ce que celle-ci ne peut pas admettre –, il est impératif de créer une pomme de discorde entre la Russie et l’Europe occidentale. Peu lui importent les liens historiques, économiques, ethniques, linguistiques et religieux entre ces deux peuples : pour Brezinski, seuls les impératifs géopolitiques sont à prendre en compte.

Ce qui rejoint la position que défendaient déjà les partisans du nationaliste ukrainien Stepan Bandera après la Seconde Guerre mondiale : couper l’Ukraine de la Russie pour l’associer à une Europe sans les Russes. Ce sera aussi celle des promoteurs du Partenariat oriental de l’Union européenne, pour qui il convenait d’éviter à tout prix une entente avec la Russie afin de contrer la mise en place d’un marché commun eurasiatique : en poussant l’Ukraine à devenir une « colonie » de Bruxelles, l’Europe a provoqué la guerre russo-ukrainienne. L’objectif politique s’est ainsi trouvé atteint.

La stratégie diplomatique américaine est évidente : il s’agit, par une politique d’escalade, de créer l’irréversible pour rendre impossible tout accord avec la Russie, quitte, s’il le faut, à provoquer l’éclatement de l’Ukraine. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie, le centre de gravité du monde russe se trouve déplacé et son statut de puissance régionale est affaibli. Si l’on se place dans cette perspective, il est aisé de voir dans l’Ukraine ultra-nationaliste un épouvantail agité par l’Occident en vue d’affaiblir la Russie. Dans son discours à l’Académie militaire de Westpoint, le 28 mai 2014, le président Obama a explicité d’une manière particulièrement claire cette stratégie : « (Après l’annexion de la Crimée par les Russes,) notre capacité à influencer l’opinion mondiale a permis d’isoler immédiatement la Russie. Grâce au leadership de l’Amérique, le monde a immédiatement condamné les initiatives russes, l’Europe et le G7 nous ont rejoints dans les sanctions, l’OTAN a conforté notre engagement auprès de nos alliés de l’Est européen, le FMI a aidé à stabiliser l’économie ukrainienne, les observateurs de l’OSCE ont attiré les regards du monde entier sur les zones instables de l’Ukraine. Et cette mobilisation de l’opinion mondiale et des institutions internationales a servi de contrepoids à la propagande russe, aux troupes russes sur la frontière et aux milices armées en cagoule… Le soutien apporté à nos alliés au nom de l’ordre international (…) a donné au peuple ukrainien une chance de choisir son avenir sans que nous ayons à tirer un coup de fusil. »

Une telle déclaration dit assez la volonté américaine de construire l’Europe contre la Russie en faisant de l’Europe occidentale une sorte de protectorat américain. Cette politique de mise sous tension durable, de guerre permanente, de conflits de faible intensité ou de terrorisme, est relayée par l’Union européenne et par certains gouvernements européens qui pratiquent un activisme particulièrement intense auprès des autorités de Kiev. Comme les Pays Baltes, le gouvernement polonais est spécialement vigilant à cet égard, allant jusqu’à mettre la France en garde, compte tenu du conflit ukrainien en cours, contre la vente des navires Mistral à la Russie.

Faut-il laisser l’Amérique pourrir la situation ?

N’ayant aucun intérêt à pratiquer une politique d’annexion, Moscou cherche une formule juridique de nature fédérale permettant à toutes les régions de s’entendre. La Russie excluant tout offensive militaire contre l’Ukraine et l’Otan ne voulant pas de guerre ouverte avec la Russie, rien ne devrait empêcher que des referenda soient organisés dans les régions russophones comme ce fut le cas en Crimée.

Peut-on imaginer une réconciliation entre la Nouvelle Russie et l’Ukraine ? La situation est encore trop sensible pour l’espérer à moyen terme, d’autant que ceux qui ont souffert des violences ukrainiennes ne sont pas prêts à accepter à nouveau l’autorité de Kiev. Et les plaies sont loin d’être refermées : depuis le début des hostilités, l’ONU ne dénombre pas moins de 5000 morts, 8600 blessés, 600 000 déplacés. Et depuis le cessez-le-feu de septembre 2014, il y a eu plusieurs dizaines de morts supplémentaires. En bombardant ses propres citoyens l’armée ukrainienne a atteint un degré d’intensité maximale. Il est vrai qu’en paroles Madame Timochenko a été très loin en faisant une déclaration explosive : « Je fais tout mon possible pour qu’il ne reste à la Russie qu’une terre brûlée. Il faut tuer les Russes d’Ukraine à l’arme nucléaire » (cf.AFP /Ria Novosti 25-3-2014).

Les Américains souhaiteraient transformer l’Ukraine en une vaste base militaire otanienne, mais les Européens, effrayés par cette perspective, s’y opposent. Ni Moscou, ni Washington ne souhaitent de guerre conventionnelle ou nucléaire dans cette région – que les Russes auraient d’ailleurs toutes chances de gagner –, mais la Maison Blanche entend priver Moscou d’une Ukraine qui lui assurerait une puissance économique et commerciale certaine. Dès lors, aux yeux des Américains, la meilleure stratégie consisterait à maintenir un état de tension permanente. S’ils y parviennent, les grands perdants seront d’abord les Russes et les Ukrainiens : avec cette crise se joue le sort du monde russe qui ne peut exister sans l’Ukraine. Mais, dans tous les cas de figure les Européens seront aussi perdants.

La politique des sanctions constitue la meilleure preuve qui n’affecte en aucun cas l’économie américaine, mais affaiblit celle des pays d’Europe.