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L’illusion de la fin de Daesh

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Pour qui sonne le glas ? (III)
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Par Gilles FALAVIGNA

L’attaque d’un groupe islamique, le GSIM, à Ouagadougou, nous conduit à globaliser la vision d’un conflit présenté comme régional. Lors d’un précédent volet, nous avons développé que si nous pouvions convenir que la guerre en Syrie et au Levant avait éliminé Daesh de cette zone, l’Etat islamique s’était déplacé principalement à l’Est. La démonstration que le fond du problème n’est pas celui-ci est qu’immédiatement, toutes les forces se sont accumulées pour se faire face, grandes puissances russe et américaine en priorité, puissances régionales ensuite, turque et iranienne. Ceux qui avaient le plus combattu Daesh, les Kurdes, au Nord, sont la cible des Turcs qui tentent d’achever ce que Daesh n’était pas arrivé à faire. Les forces chi’ites, elles, se concentrent à la frontière israélienne pour en découdre. En particulier, les informations diffusées par Fox News, le 28 février, précisent la préparation d’un conflit de grande intensité. Elles montrent les bases iraniennes, en banlieue de Damas, équipées de missiles sol-sol pour couvrir l’ensemble du territoire israélien sous un feu permanent.

De toute évidence, les tentatives des grandes puissances de recadrer sur un équilibre des forces, doctrine vieille de 70 ans, profitent aux puissances régionales émergentes qui agitent le chaos. La Russie, comme les USA qui ne font pas de la surenchère mais agissent en réaction pour tenter de désamorcer ce chaos qui s’affranchit, désormais, des alliances traditionnelles.

Pour autant, puisque le retour des Jihadistes français en métropole  est à l’ordre du jour, il serait intéressant de regarder de plus près ce qui se passe pour Daesh, fer de lance du Sunnisme conquérant, car nous pourrions imaginer que le repli soit celui d’une bête à l’agonie. Les « Experts géopolitologues » ont toujours estimé que la force économique de manière concomitante, d’attraction de Daesh tenait à son caractère étatique. Le Qalifat était enfin ressuscité.

La première partie de leur erreur est de n’avoir considéré que  la partie matérielle du postulat. Or, la valeur immatérielle est toujours fondamentale. La géopolitique est avant tout de la métapolitique.

Nous devons considérer que le développement de Daesh s’est réalisé en rivalité avec Al-Qaïda. Chacune des deux organisations terroristes pratiquaient une surenchère monstrueuse pour attirer le Jihadiste. L’affaiblissement notoire de Daesh n’est pas le corollaire d’une prise de position hégémonique d’Al-Qaïda. L’équilibre entre les deux aboutit à une mise en suspens de leur concurrence en attendant de nouvelles forces pour reprendre leur affrontement. C’est le principe séculaire de la Fitna. C’est par le feu que se séparent le Bien et le Mal. Les anciens adversaires sont, pour le moment, de nouveaux amis.

Selon le rapport fourni par la CIA au Congrès pour la planification des menaces à court terme, l’Occident doit s’attendre à une augmentation radicale des attentats. Ensuite, le chaos au Levant devrait permettre le retour de Daesh en Syrie et en Irak. Les infrastructures humaines y sont toujours présentes.

En fait, les forces islamistes sont actives sur tous les points sensibles. L’Egypte n’arrive pas à éliminer les dizaines de milliers de combattants, non seulement dans le Sinaï, mais au  Sud comme à l’Ouest, à la frontière libyenne. De l’autre côté de cette frontière, encore dix mille hommes sont estimés organiser l’Islamisme vers l’Afrique de l’Ouest. Un deuxième front se situe plus au Sud, du Nigéria avec Boko Haram à la corne de l’Afrique avec les Shebaa et autres.

Adnan Abu Walid al-Sahraoui, attaché à Al-Qaïda pour l’Afrique de l’Ouest, n’a jamais été en opposition avec Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram qui a prêté allégeance à Daesh. Leurs troupes ne cessent de grossir.

Pour rester dans cette Afrique de l’Ouest, l’intervention française au Mali avait été saluée comme un modèle d’efficacité avec un travail de nettoyage rapide et propre. Aujourd’hui, les forces islamistes se sont réorganisées et recommencent à frapper.

En Somalie, dans une Afrique orientale en proie au désordre absolu, le chef traditionnel d’Al Qaïda Abdulqadir Mumin, transfuge vers Daesh, représente parfaitement cette résurgence des forces qui semblaient affaiblies.

La situation est identique sur un front plus au Sud de l’Afrique, en pleine Afrique équatoriale et plus au Sud encore, comme si mille ans de traite négrière par le monde arabo-musulman n’avaient jamais eu lieu. Soumission, quand tu nous tiens !

A l’Est, le Yémen ne concentre pas seulement cet affrontement entre chi’ites et Sunnites. Le désordre est tel qu’il est un sanctuaire pour Daesh. Là également, il est notable que si jusqu’à ces derniers temps, Al Qaïda en Péninsule arabique avait toujours rejeté l’Etat Islamique, l’allégeance serait désormais effective, selon le Pentagone.

Nous avions vu, dans notre précédent volet, que la situation en Asie avait évolué de manière exponentielle pour Daesh, en Afghanistan et au Pakistan, en péninsule indienne, en Indonésie, comme sur tous les foyers islamistes en guerre.

Ce que nous constatons au Levant est le microcosme de l’Islamisme planétaire. L’opposition des grandes puissances favorise le développement de l’Islamisme. Ce dernier échappe à leur contrôle. Bref, les ressources occidentales et Russes sont insuffisantes et surtout inadaptées.  La stratégie russe a toujours été défensive. La stratégie américaine est offensive mais elle s’appuie sur des déploiements à partir de bases arrières consolidées.

Nous devrons donc faire face à des attaques terroristes de plus en plus fréquentes et meurtrières. Leurs sources sont dans ces forces islamistes qui se développent aux quatre coins du monde et que nous ne pouvons détruire tant  leurs nids se multiplient.

A tout cela vient s’ajouter le plus terrible risque :

  1. Nous n’avons pas la volonté de nous y opposer.
  2. Nous le pourrions, la solution existe. Mais au contraire, la politique d’accueil européenne rend le terrain fertile pour l’Islamisme.

Par Gilles FALAVIGNA

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Pour qui sonne le glas (2)?

 

Sommes-nous prêts pour le feu et le sang ?

 

 

Le 11 décembre 2017, Vladimir Poutine annonçait que les troupes russes allaient se retirer de Syrie. Deux mois plus tard, qu’en est-il ? Le premier mois 2018 a été d’une intensité diplomatique exceptionnelle.

Selon Debkafile, un site israélien spécialisé dans les affaires militaires du Moyen-Orient et particulièrement bien informé, il y aurait eu, depuis l’annonce de Poutine, une rotation des troupes russes. Surtout, Debkafile, fait part de la restructuration de sites militaires russes faisant face aux bases américaines installées au Nord de la Syrie, leur empêchant tout déploiement vers le Sud.

Outre les implantations russes historiques de Latakieh et de Tartous, de nouvelles bases, à Tiyas, Hama et Sheyrat seraient déjà fonctionnelles. Les troupes russes ne se retirent pas. Tout au contraire, les Forces Spéciales Spetsnaz seraient désormais plus nombreuses sur le terrain.

L’aéroport de Palmyre qui est également consolidé par les Russes, permettra le déploiement des milices chi’ites irakiennes, prêtes à déferler, si on en croit les déclarations de Qassem Souleymani, leur commandant.

Si Daesh n’est plus une opposition de taille en Syrie, leur principal opposant sur le terrain, les Kurdes, subissent les attaques turques d’une extrême violence. Elles feraient saliver d’envie les esprits hallucinés de Daesh. Les Jihadistes turcs ont exhibé Barin Kobané, une combattante kurde capturée, dénudée, seins et parties génitales arrachés. Allah ouakbar ! C’est un petit rappel pour se souvenir que la Turquie a été un des principaux pourvoyeurs de l’Etat Islamique.

Bref, en parallèle, les troupes aguerries et pourvues d’un sentiment de réussite géostratégique du Hezbollah peuvent rentrer au Liban. Le cocktail est « détonnant » pour avoir envie d’en découdre. Déjà, les forces Radwan, les commandos du Hezbollah, ont investi les villages frontaliers d’Israël.

En face, Tsahal est constitué de troupes jeunes. La seconde guerre du Liban date de 12 ans. Cela fait fort longtemps que le danger n’a pas été aussi grand. Peut-être ne l’a-t-il jamais été depuis 1948.

Lors d’une interview, le 15 janvier au journal libanais Almayadeen,, Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah affirme que la faiblesse de Tsahal, réside en ses troupes à l’esprit confortablement occidentalisé. La victoire arabo-musulmane, ne fait pour lui aucun doute. Sa vision est un conflit généralisé à toutes les frontières d’Israël. Le Hezbollah et l’Iran, grands financeurs et pourvoyeurs du Hamas sont en droit d’attendre un retour, fut-il sunnite. L’argent n’a pas d’odeur. La mise au pas du Hamas de ces dernières semaines par le Hezbollah le rappelle. Ce n’est pas un hasard, non plus, si cette période a vu Daesh tenter de prendre également la main sur Gaza.

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Selon le porte parole de Tsahal, de grandes manœuvres [Juniper Cobra 2018] commenceront conjointement avec les troupes américaines début février. Les exercices simuleront une guerre sur plusieurs fronts avec des attaques de milliers de missiles sur des zones civiles. Sur ce point, que les bases russes en Syrie, face aux bases américaines, soient fonctionnelles et désormais opérationnelles n’a rien d’anodin.

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Libermann, prévient : « Lors du prochain conflit nous ne ferons pas de différence entre le Hezbollah et le reste du Liban. »

Les menaces se font désormais au grand jour et c’est une nouveauté en Israël, pays qui vénère ses services secrets comme des princes.

Le 29 janvier, Benjamin Netanyahou s’est rendu à Moscou. La visite s’est poursuivie par la réception à Jérusalem de grands dignitaires russes de la sécurité et de la défense. L’objectif évident des Israéliens est de convaincre Moscou de « lâcher » Téhéran.

La population israélienne est largement préparée à la guerre qui semble imminente.

Le plateau du Golan sépare le Liban de la Syrie. Il est donc parfaitement compréhensible que ce territoire soit considéré non-négociable par Israël. Par contre, pour qui connait un peu Israël, il est évident que le point de vue de Hassan Nasrallah est du registre incantatoire. La force d’Israël est tout au contraire dans la détermination de son peuple.

La question, finalement, se limite à déterminer si Israël devra gérer les inévitables provocations par des réponses proportionnées ou si le conflit sera préventif.

Pendant ce temps, la France se prépare au grand pardon pour ses ressortissants jihadistes et à leur rapatriement. Ils seront priés, sans doute, de ne pas importer le conflit. Nous n’avons pas la volonté des Israéliens. Nous sommes bercés d’illusions.

 

Par Gilles Falavigna pour Jforum

 

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Osera-t-on poser la question : pour qui sonne le glas ? La réponse est connue. Mais la peur n’empêche pas le danger. Alors apportons, encore, une pierre à l’édifice de la question.

L’État Islamique, Daesh, n’est plus. C’est en gros ce qu’il ressort, en janvier 2018, des informations du conflit au Moyen-Orient. Localement, les Chi’ites, le régime syrien et le Hezbollah vont pouvoir se concentrer sur l’objet de leur vie : détruire Israël. À moins qu’entre Chi’ites et Sunnites, la priorité demeure de se purifier en épurant l’autre.

Les conflagrations du Moyen-Orient ne seraient, au bout du compte, que des épiphénomènes que la solution miracle des deux états viendrait globalement résoudre. Quoi ? Pourrait-il y avoir une alternative au processus de paix tel qu’il a été imaginé jusqu’ici et avec le succès que l’on sait depuis 50 ans pour ne pas dire 70 ans ? L’approche bien pensante veut reproduire le principe de dissuasion qui a valu durant la guerre froide. Il conviendrait que les forces en présence s’annulent. Et ainsi, la paix est assurée. La politique pro-iranienne du mandat Obama allait dans ce sens. Chi’ites, Sunnites et Israël seraient les pièces vouées à jouer à l’infini à pierre ciseaux papier, stratégiquement jeu à somme nulle. Les mondes arabes et perses, eux, ne portent qu’un intérêt limité à un État Palestinien, en réalité.

Muhammad

Un petit grain de sable dans le désert enraye cette jolie mécanique : Daesh n’est pas strictement lié à un territoire. Il y avait les délires de fin du monde dont les textes situaient les circonlocutions en Syrie. Mais les temps sont imprécis. C’est donc partie remise pour Al Sham et Daesh s’est déplacé. Mais rien n’a pour autant changé.

Suite au repli d’Al Qaïda en Afghanistan en 2000, les Américains avaient créé le « grand Iran » avec la mise en place d’un régime de culture iranienne en Afghanistan et l’effondrement de l’Irak, toujours ce sacro-saint principe de l’équilibre des forces. Le croissant chi’ite pouvait s’installer durablement au Moyen-Orient dans le grand concept de la paix par l’équilibre des deux ennemis sunnites et Chi’ites.

Le problème géopolitique est géostratégique car fondamentalement, si le monde arabo-musulman doit se fondre dans le Califat, il reste figé sur un mode de fonctionnement tribal. L’équilibre des forces n’y a pas sa place. La Fitna est le mode opératoire du monde arabo-musulman. Il s’agit de la séparation par le feu du Bien et du Mal. La raison du plus fort est la seule qui vaille. Le Califat est la fin du processus. Il n’est pas le processus.

Bref, puisque le territoire est finalement secondaire, Daesh s’est déplacé.

Bref, le 25 janvier 2018, l’hôtel Intercontinental de Kaboul, haut lieu du cosmopolitisme est attaqué par les Talibans, ce qui permet d’en parler.

Mais cela fait déjà un moment que la violence est maître d’œuvre en Afghanistan. La dernière attaque remarquable datait du 28 décembre 2017. La minorité chi’ite de Kaboul, par son centre culturel était pulvérisée par des explosions faisant 50 morts malgré la haute présence défensive américaine.

Ce 28 janvier, c’est un lieu encore plus symbolique qui est attaqué par Daesh. Cette fois-ci, l’école militaire de Kaboul est la cible. Il s’agit de ce qui fait la fierté de l’armée afghane, de ce qui est le fruit de 15 ans de formation par l’élite des élites de chaque corps d’armée au monde, forces spéciales américaines, britanniques, françaises. L’école est décrite, dans les « milieux autorisés » français comme équivalente à Saint-Cyr.

Le même jour, le journal L’Express confirme que des Jihadistes français (de l’EI) sont morts en Afghanistan sous le feu de tirs américains. Le premier sens de l’information pourrait être que la France peut parfaitement accepter le retour des siens du théâtre des opérations au Moyen-Orient, que tout va bien. Nous devons croire ce « jeune » de Lunel qui souhaite revenir chez lui. Peu importe qu’on le voit arme à la main. Il dit qu’il n’était pas combattant et ce serait la preuve que nous devons le croire. Les vrais méchants sont partis combattre en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines. Et en Afghanistan, retour à la case départ.

L’information la plus simple est la meilleure et elle se conforme aux fondamentaux de l’Islam. Le territoire est planétaire, alors repli à l’Est et frappe à l’Ouest. Les attentats en France ne font que commencer. Le pire est à venir. Cosmopolis s’endort dans une douce tiédeur. L’Islamisme se charge des basses œuvres du mondialisme. Elles ne cesseront qu’à la fin des temps, quand le monde entier sera converti à l’Islam… pardon du pléonasme, à l’universalisme.

USA humiliés au Moyen-Orient

Il faut aller chercher l’information où elle se trouve:

Debkra, Political analysis, Espionage, Terrorism, Security : we start where the media stop. Jforum reprend une analyse de ce site que je me permets de proposer en synthèse.

En France, Daesh est regardé comme le monstre qui embrigade notre jeunesse en mal d’identité. Mais pour comprendre le mécanisme, une analyse doit autant faire l’état des forces que des faiblesses. Et c’est sur le terrain que tout se décide. Les campagnes médiatiques du gouvernement pour expliquer aux jeunes qu’ils ne trouveront que la désolation au Levant sont une chose nécessaire. Mais toute vérité est bonne à dire. Le réveil en sera moins brutal.

Une vaste campagne de reconquête de l’Irak a été engagée non seulement par les frappes aériennes que nous connaissons et qui forment une coalition autours des Etats-Unis mais également au sol avec des unités irakiennes et iraniennes sous contrôle stratégique américain.

Le 11 mars 2015, le général Martin Dempsey, chef d’état-major conjoint, présentait le plan de reconquête devant le sénat, à Washington. Celui-ci s’articulait sur une rapide victoire à Tikrit, comme étant le prélude à des opérations de plus vaste envergure, renversant ainsi les tendances lourdes de la guerre contre les Jihadistes.

La bataille de Tikrit est une débâcle humiliante pour les Américains.

10 000 soldats irakiens et 20 000 membres des milices chi’ites commandées par le légendaire chef des brigades Al Qods, Qassem Souleymani, ont battu en retraite après des pertes infligées totalement inattendues. Des unités entières ont été mises hors de combat et dispersées. Certains contingents de l’armée irakienne se sont enfuis du champ de bataille en plein désarroi, sans dire un mot à leurs officiers.

Le résultat de la bataille de Tikrit, tant claironné, est extrêmement embarrassant pour l’Administration Obama. L’important, maintenant, est d’en tirer d’importantes leçons pour l’avenir de la guerre contre l’Etat Islamique :

  1. L’Etat Islamique a prouvé, jusqu’à présent, à Tikrit, qu’il n’est pas seulement puissant et tenace, mais aussi un peu plus sophistiqué qu’on ne le pensait et compétent dans l’usage d’instruments électroniques et cybernétiques de guerre.
  2. Ses centres de commandement et de contrôle fonctionnent de façon efficace et se sont avérés capables de répliquer rapidement à des situations constamment changeantes sur le champ de bataille. Lorsque ses forces avaient besoin de battre en retraite, elles l’ont fait en bon ordre et de façon tactique précise.
  3. Ses moyens logistiques se sont avérées tout aussi ordonnés, bien organisés, ce qui lui permet de garder ses véhicules, ses munitions et sa nourriture en mouvement autant que nécessaire et d’emmener ses morts et ses blessés. Les tentatives en Occident de présenter l’organisation comme étant en train de craquer de l’intérieur paraissent, à ce stade, infondées. L’Etat Islamique a détaché des forces combattantes venues du nord et de l’ouest de l’Irak et les a envoyées à Tikrit, tout en conservant ouvertes ses lignes d’approvisionnement à partir de la Syrie et de l’Irak, malgré les frappes aériennes américaines.
  4. Et alors qu’il tenait la ligne de front à Tikrit, le Commandement de l’Etat Islamique, constitué essentiellement d’ex-officiers de Saddam Hussein et de jeunes occidentaux -dont des Américains, des Britanniques, Australiens et Canadiens ayant une expérience militaire- a réussi à ouvrir de nouveaux fronts de guerre dans le centre et le nord de l’Irak.
  5. Au contraire, la démonstration de l’armée irakienne s’avère faible. La bataille pour reprendre Tikrit était considérée, dans les médias occidentaux, comme le test sur le terrain, pour les bataillons irakiens entraînés par les instructeurs U.S, en préparation pour une prochaine campagne visant à reconquérir Mossoul, la seconde grande ville d’Irak. Ces bataillons démontrent qu’ils sont bien loin d’être prêts – même pour subir leur épreuve préliminaire – et qu’il est très peu probable qu’ils soient à la hauteur pour une mission plus importante.
  6. Tikrit constitue une défaite pour le Général iranien Suleimani aux mérites tellement vantés, et qui a pris le commandement personnellement dans cette offensive.
  7. Les insuffisances militaires de l’Iran dans la bataille constrastent nettement avec les capacités de Daesh dans le même domaine. S’il veut sortir la tête haute de l’arène irakienne, Téhéran aurait besoin de mettre sur le terrain des soldats professionnels ou des unités régulières des Gardiens de la Révolution – et pas seulement des milices chi’ites irrégulières.
  8. Ce dilemme imprévu a provoqué d’intenses discussions parmi les décideurs politiques de haut niveau et les chefs militaires à Téhéran, afin de déterminer s’il faut, ou non, envoyer les forces aériennes iraniennes en Irak, ddans une tentative plus sérieuse pour déloger les forces de Daesh hors de Tikrit.
  9. Rien d’autre qu’une intervention directe des chasseurs-bombardiers et des hélicoptères d’attaque iraniens pour couvrir les troupes irako-chi’ites et les milices pro-iraniennes pourrait s’avérer plus efficace – particulièrement depuis que les Jihadistes se sont barricadés à l’intérieur du bastion massif constitué autour du palais de Saddam Hussein, à Maqar el-Tharthar, sur le lac du même nom. C’est l’un des sites les plus lourdement fortifiés de tout le Moyen-Orient, comportant un labyrinthe de bunkers à l’épreuve des bombes atomiques et un vaste réseau de tunnels et de passages souterrains. Pour le briser, il faudrait faire appel à de lourds bombardements aériens, une mission que les Iraniens vont probablement laisser à la Force Aérienne des Etats-Unis d’Amérique
  10. Dans la bataille de Tikrit, la stratégie de l’Administration Obama, consistant à se limiter au partage des renseignements [depuis samedi 21 mars] et à quelques frappes aériennes et à laisser le combat sur le terrain à des forces locales de milices chi’ites sous commandement iranien, s’est effondrée.

La guerre sera longue et douloureuse. Et chaque bataille perdue constitue un élément majeur d’attractivité pour les partenaires potentiels de l’Etat Islamique sur notre territoire. Cet élément viendra renforcer le caractère long et douloureux de la guerre. Le Premier Ministre Manuel Valls reconnaissait, début janvier devant l’Assemblée Nationale, que nous étions en guerre. Que faisons-nous pour la gagner ? C’est la réalité que je décrivais, malheureusement, dans l’ouvrage « Hamas et Daesh, les deux visages du Califat », co-écrit avec Marc Brzustowski. De même, nous présentions le dessous des cartes que les plus récentes informations viennent confirmer.

Ainsi, et pour ajouter à la confusion, les avions américains bombardent Tikrit aux côtés de l’Iran pendant que les bombardiers saoudiens, égyptiens et jordaniens, de l’autre côté, se lancent contre les Houtis pro-iraniens au Yémen.

Une offensive terrestre réunissant presque tous les pays arabes sunnites, dont le Maroc et le Pakistan, pour écraser ces milices appuyées par les renseignements iraniens et du Hezbollah, est en préparation…

Dans le même temps, le magazine Causeur reprend, le 24 mars 2015, une information du Washington Post qui indique que les Etats-Unis auraient « égaré » pour 500 millions de dollars de matériel militaire au Yémen. Pour plus de précision, ce sont : 200 fusils d’assaut, 200 pistolets automatiques, 1 250 000 balles, 300 paires de lunettes de vision nocturne, 250 gilets pare-balles, 160 Humvees, 4 hélicoptères, 4 drones, 2 Cessna, deux bateaux de patrouille et un avion de transport militaire.

Le Moyen-Orient dessiné par Obama est, désormais, sens dessus-dessous, avec deux camps pro-Iran et pro-Arabie Saoudite bien distincts et qui se font face par milices interposées. Il ne suffit pas toujours de faire un dessin pour qu’il devienne réalité. Les Etats-Unis auront bien du mal à favoriser localement l’Iran, priorité américaine, sans compromettre leur alliance traditionnelle du Golfe dont l’Iran chi’ite est depuis toujours le principal ennemi.

 

ONU à la masse

Le Comité sur les Droits de l’enfant (CRC) est une des sept organisations de l’ONU traitant des droits de l’Homme. Le comité est composé de 18 membres élus ou nommés par les gouvernements membres de l’ONU.

Selon Reuters, une enquête du CRC rapporte que Daesh vend de très jeunes enfants des minorités chrétiennes et Yazidis comme esclaves sexuels, pratique des exécutions de masse par décapitation d’enfants de moins de 10 ans, les crucifie ou les enterre vivants. Les autres servent de boucliers humains ou de kamikazes pour les déficients mentaux.

Le rapport ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà depuis l’implantation de l’Etat Islamique. De plus, Daesh ne sort pas de nulle part. L’Etat Islamique ne fait qu’appliquer la doctrine salafiste qui regroupe des dizaines de milliers de Musulmans. Rien qu’en France et considérant que mille cinq cent Jihadistes sont partis se battre pour Daesh ou Al-Qaïda par sa branche Al-Nosra en 1 an, ce sont bien plus de dix mille Français qui sont Salafistes.

Bref, les spécialistes de l’ONU semblent tomber des nues. Les dix-huit experts qui ont contribué à la rédaction de ce rapport demandent aux autorités irakiennes de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants. Nous conviendrons que l’ONU n’a aucune conscience géopolitique pour émettre une telle recommandation. Que peut bien faire Bagdad à ce sujet ? En appeler à cette solution témoigne de l’absence totale de perspective pour sauver ces enfants.

Pourtant, les Kurdes ont repris Kobane. Mais la victoire sur Daesh ne semble pas arranger certains Etats d’importance, au premier rang desquels se trouve la Turquie.

L’ouvrage « Daesh et Hamas, les deux visages du Califat » présente, dans ses détails, le rôle, les motivations et les moyens déployés de chacun des protagonistes de la tragédie du Moyen-Orient.

Daesh et Hamas, les deux visages du Califat

daesh, Hamas

Décrypter la menace : c’est l’exercice auquel nous, Gilles Falavigna & Marc Brzustowski, nous sommes livrés, au cours de l’automne, sans nous douter que ce livre sortirait, avec la précision du métronome, au lendemain des attentats terroristes les plus sanglants qui aient frappé la France depuis bien longtemps.

L’été dernier, les signes annonciateurs d’une accélération des menaces étaient palpables, de Gaza à Mossoul. A Paris, les hordes excitées par les chants du Jihad remontaient les boulevards, jusqu’à la Synagogue de la Roquette ou à la « petite Jérusalem » de Sarcelles.

Il était, alors impossible de faire admettre qu’il n’y avait qu’une différence de degré, entre ce qui se passe en Irak et Syrie et les aspirations qui motivent les pluies de roquettes et les tunnels d’attaque du Hamas vers les villes d’Israël. Objectif : porter le combat sur le terrain de l’ennemi honni.

A l’automne, a démarré la campagne dite de « l’Intifada des voitures », largement inspirée par la reprise des messages diffusés par le « Cheikh » Al-Adnani, de Daesh : « Jetez-les du haut des immeubles, foncez-leur dessus avec vos voitures, assaillez-les avec vos couteaux, découpez-les à la hache »… Faites votre possible ».

« Faire son possible » pour imposer l’Islam aux Infidèles, telle est bien la signification du Jihad. Mais, à Jérusalem, ce n’est pas l’Etat Islamique qui frappe (ou pas encore). Le Hamas met à profit le processus de « réconciliation » avec le Fatah pour développer le projet des Frères Musulmans. L’offensive est concurrente, et non alliée, à celle que mène Daesh contre les Yazidis, Kurdes, Chrétiens d’Irak, Chi’ites, en un autre point géographique.

Jérusalem est la ville sainte des trois religions. La stratégie des Frères Musulmans, depuis plusieurs années, vise à fédérer tous les mouvements islamiques de la région autour de l’idée d’un grand califat musulman avec la mosquée Al-Aqsa en son cœur. Le chef spirituel des Frères musulmans, Cheikh Yousouf al-Qaradawi, installé à Doha, martèle que le devoir de chaque musulman est de « libérer Jérusalem ». Cheikh Qaradawi a appelé à « inonder » la Ville Sainte de pèlerins afin de préserver son caractère musulman et à contrer sa « judaïsation ». Il précise : « Jérusalem ne doit être libérée que par la force » et d’ajouter que « Jérusalem sera la capitale du califat islamique qui verra le jour prochainement ».

La focalisation sur Jérusalem permet d’exercer une pression géopolitique particulière sur la Jordanie puisque le roi Hachémite est le gardien des lieux saints dans l’organisation musulmane. La faiblesse politique du Fatah et d’Abbas engendre des heurts et une islamisation de l’opposition à Jérusalem qui perd ainsi sa sanctuarisation. La menace plane de plus en plus sur la Cisjordanie, nœud entre la Syrie et la Jordanie. Nous voici à Daesh. La focalisation sur cet objectif révèle la globalité du conflit de Gaza à Mossoul et ses incidences planétaires.

Quels sont les Etats qui les alimentent et les couvrent?

Le profond malentendu qui subsiste autour de la question du Moyen-Orient, consiste à faire passer les démarches de reconnaissance d’un état palestinien comme s’agissant d’une entité politique, alors que la revendication de Jérusalem comme capitale vise à y implanter le Califat. En effet, la Suède, le Royaume-Uni, l’Espagne ou l’Irlande, qui se positionnent en éclaireurs de cette « reconnaissance » (au sens d’une « tête de pont ou cheval de Troie»), font fi des accords d’Oslo puisqu’ils délimitent, par avance, le périmètre des territoires. De manière plus générique, aucun Etat palestinien n’existe. Comment pourrait-il être reconnu ? Une entité souveraine ne peut être imposée arbitrairement par une partie externe, quand la négociation sur les territoires est juridiquement engagée. L’Europe et l’Occident, par ces démarches, ne favorisent pas un retour aux négociations mais anticipent leur résultat, l’imposent. Ils encouragent des positions intransigeantes et alimentent les revendications, les haines, les guerres.

Dans quel but? Apaiser les franges les plus intransigeantes d’un monde musulman présent sur son sol, en espérant les satisfaire par une « solution politique »? La Oumma islamique a t-elle pour but de fixer des « frontières »?

Le message du Califat est tout autre. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’Occident commence à le mesurer. Des « loups solitaires » sont passés à l’action, à Ottawa, à Sydney, puis là où on semblait les attendre le moins, à Joué-les-Tours, Nantes, Dijon. On les a, alors, identifiés à des « déséquilibrés », comme si cet isolement en camisole de force nous préservait de l’influence d’un mouvement global. Puis, ce fut le choc : massacre de l’équipe de Charlie-Hebdo, meurtre dans le dos d’une jeune stagiaire de la police et prise d’otages sanglante, Porte de Vincennes, où 4 Juifs perdaient la vie, « pour venger la Palestine », comme le prétend la rengaine meurtrière…

Qu’est-ce qui cimente tous ces évènements épars, ces groupes politiquement différenciés, dont les objectifs et les méthodes convergent étrangement?

Makram Abbes, agrégé d’arabe et maître de conférence à l’ENS de Lyon présente ses travaux sur le Jihad. Il admet que la guerre ne s’éteindra que par la fin des temps en Islam. Lors des conférences sur le thème, il évoque les doctrines juridiques du Jihad et cite l’obligation de Jihad une fois par an.

La Jurisprudence islamique est une science de classification, fardh ayn, fardh kiffayya. Dans ce cadre, les docteurs de l’Islam ont toujours voulu classer le Jihad en obligation. Les piliers de l’Islam : profession de foi, prière, jeûne, aumône, pèlerinage, sont des obligations individuelles.

La société arabo-musulmane se comprend à travers les obligations collectives. Le Jihad est obligation collective. En effet, tout individu n’y est pas apte. Le prophète Mahomet dira que le jihad de la femme est le pèlerinage. Le jihad est obligation collective et donne sa substance au Califat, forme naturelle de l’Islam comme idéologie politique.

En réalité, le Jihad est la plus importante des obligations. D’ailleurs, il donne directement accès au paradis.

Les Harigites, « ceux qui s’en sont allés », sont les fondateurs du Chiisme. Pour eux, le Jihad est LE pilier de la foi. Il est le plus noble selon la définition de An-Numan, auteur d’Al-Ikhtisar (l’abrégé) qui est l’ouvrage de Jurisprudence premier du Maghreb fatimide, donc chi’ite. L’auteur moyenâgeux est en place de référence sur le site [islamophile.org->http://islamophile.org].

Chez les Sunnites, Ibn al-Hazm est un des théologiens-juristes les plus importants de l’école andalouse. Dans Al-Mouhalla, il place le Jihad comme obligation individuelle. L’imam Ibn Batta, également un des plus importants juristes fondateurs, place le Jihad au sommet des arkhan al-Islam.

Le Jihad ne fait pas, généralement dans la tradition sunnite, partie des cinq piliers parce qu’il est la vertu suprême. Il donne son sens au martyr, la plus glorieuse des morts. C’est en ce sens qu’Al-Farabi, dans la « cité vertueuse », place le Jihad sixième pilier de l’Islam.

L’Islam est une idéologie politique. Elle organise la vie collective. L’Islam, religion, ne peut être un choix individuel. Par l’organisation de ce monde, la jurisprudence est le ciment des concepts religieux et politiques. Le Jihad est la notion de droit la plus importante car fédératrice de la structure traditionnelle tribale du monde arabo-musulman.

L’arabe est la langue de la révélation coranique. Les docteurs y trouvent la substance de la signification du message coranique. Cette démarche est particulièrement pertinente car l’arabe est une langue de déclinaison. Ainsi :

Combattre, racine q.t.l., signifie tuer.

Attaquer, racine j.z.w., signifie razzier (voler le troupeau de la tribu voisine)

Guerroyer, racine h.r.b., signifie frapper, racine d.r.b.

Ce sont les modes opératoires parce qu’ils sont déclinaisons du concept.

Ce constat, établi par Alfred Morabia dans son « Jihad dans l’Islam » va plus loin :

Hariba, racine h.r.b, la guerre, c’est se mettre en colère. C’est une nature autant collective qu’individuelle. C’est là-dessus que reposent les travaux de jurisprudence de l’Islam.

Jihad , racine j.h.d., signifie faire son possible . La guerre, par définition dans la culture arabo-musulmane, est de nature sanctifiée. Faire son possible conduit à l’élévation spirituelle dans une doctrine qui repose sur l’obligation, de par son cadre juridique.

Les orientalistes parlent du juriste comme un Grotius de l’Islam. La doctrine de la guerre traite du « jus ad Belli » comme du « jus in Belli ».

Du constat d’Alfred Morabia, il nous est offert de comprendre que les véritables théologiens sont, effectivement, les juristes. Il nous est offert de comprendre que la langue de la révélation coranique n’évolue pas et que la substance de l’Islam d’aujourd’hui repose sur les auteurs anciens .

Il n’y a aucune novation possible par les théologiens contemporains, sauf à squizzer le message hégémonique fondateur. Il ne délimite pas de frontières, de place, autre que soumise, à l’Altérité (« coexistence »). S’y essaie l’Université Al-Azhar, au nom de la nation égyptienne. Le Salafisme, Islam originel est naturellement l’Islam abouti, pour les « puristes », qui se refusent à toute édulcoration, puisque le Messager est « exemple parfait », quelles que soient ses méthodes criminelles de chef de bande. Il nous faut comprendre que le terrorisme soit Jihad et que ses métamorphoses sont aussi infinies que l’influence de l’Islam, dans l’espace et le temps.

Le point de vue sioniste est mal perçu dans le climat actuel. Pourtant les défis sont faits pour être relevés… Mal nommer les choses, c’est ajouter au Malheur du Monde, croyait ne pas si bien dire Albert Camus. Ce livre expose les risques d’échec de la présente coalition engagée en Irak et en Syrie. L’Occident a, depuis longtemps, baissé sa garde, dans la guerre des idées, contre Daesh, alias Califat, qu’on ne veut, surtout, pas nommer islamique. Ce mouvement de « cavaliers de l’Apocalypse », en effet, ne surgit pas de nulle part. Il repose sur une légitimation ancienne, gravée dans le marbre des textes religieux. On évite d’identifier le problème qu’on dit vouloir régler à travers des masques successifs, qui sont autant de compromissions : ainsi, le conflit de Gaza est-il devenu un mode de diversion pour ceux impliqués dans la naissance de l’État Islamique. Pourtant, une description détaillée des résultats de cette guerre à rebonds nous permet de remonter le fil des responsabilités régionales et de comprendre les similitudes et différences d’approche, surtout les objectifs communs, entre des entités. Les paradoxes de la situation présente sont au cœur de cette interrogation : on craint, par-dessus tout, une « importation » des conflits et haines revenues du Moyen-Orient. Mais, la France en tête, est aujourd’hui, le premier exportateur de renforts destructeurs transméditerranéens, en dehors des pays arabo-musulmans. Au moment de passer des formes d’influence invisible à la réalité du projet, ceux qui pourraient revendiquer la paternité de leur œuvre (Daesh), s’allient, sous la coupe des États-Unis, pour se dédouaner d’en être les auteurs, mais surtout, parce qu’elle risquerait de provoquer leur propre désintégration mutuelle. Qui nous sortira de cette tartufferie morbide, sinon nous-mêmes ?

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