Mireille Knoll : Au-delà de la colère

C’est des peuples que viendra la victoire contre l’Islamisme

Mireille Knoll : Au-delà de la colère

 

Adiel Kolman, père de quatre enfants, succombait aux coups de couteau d’un terroriste palestinien. C’était il y a seulement quelques jours, le presque quotidien en Israël de l’Intifada au couteau et des attaques à la voiture-bélier. Chaque attentat ne peut qu’être vécu dans la chair de chaque citoyen. La proximité est à tous les niveaux. Dans un Etat de 50 km de large, la victime est un voisin. Chaque citoyen aurait pu être cette victime. En Israël, on tue des Juifs. La notion de hasard perd tout relativisme. Il y a, enfin, le sentiment de Nation où chacun est concerné.

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La France semble connaître un autre terrorisme. Celui-ci est à la croisée de l’acte de guerre et de la tuerie de masse. Au-delà de la compassion, le regard sur la victime est beaucoup plus distant. Nous sommes dans le fait-divers, celui considéré, au fond de soi, comme n’arrivant qu’aux autres. Le hasard est l’organisateur. Où voit-on une considération de race ou de religion chez les victimes du Bataclan ? La première victime identifiée de l’attentat de Nice n’était-elle pas Musulmane ? Le comble de l’ironie est dans cette idée largement diffusée que la première victime de l’Islamisme est l’Islam ! Les faits et leur inférence sont bien deux phénomènes de valeurs distinctes.

Il y a importation du conflit. Dans ce sens, les assassins ne sont pas considérés comme directement responsables. Un patrimoine émotif issu du colonialisme et pétri de repentance à la sauce morale « droit-de-l’hommiste » concourt à affaiblir les défenses. Comment combattre un ennemi et s’en prémunir quand il n’est pas identifié pour ce qu’il est.

Le mode opératoire des attentats en France et en Israël peut être le même, ils peuvent être commis par les mêmes individus, l’opinion publique française ne le voit pas ainsi et ne peut le voir ainsi. Il y aurait Israël, un pays en guerre depuis 1948 avec une Nation étrangère, la Nation arabe et spécifiquement palestinienne. Il y a la France, un pays différent, face à l’échec manifeste de sa politique migratoire.

Vendredi 23 mars 2018 avait lieu un attentat islamiste à Carcassonne et dans sa banlieue, un de plus. Quatre hommes étaient assassinés par balles de sang froid, dont un valeureux gendarme, lâchement achevé au couteau.

Vendredi 23 mars, en parallèle, Mireille Knoll, rescapée de la Shoah est assassinée dans son appartement, poignardée de 11 coups et brûlée. S’agit-il d’un acte antisémite ? Cette question renvoie à Sarah Halimi, sa voisine de quartier, massacrée d’une manière tout aussi inhumaine, puis jetée par la fenêtre. Les media semblent partager l’idée qu’ « une juive en vaut une autre ». Il avait fallu des mois pour répondre à cette question du mobile. Elle renvoie naturellement à la priorité de l’information de l’acte terroriste de Carcassonne. Ils sont dans la gestion des faits divers, dans la gestion clientéliste des fausses émotions par les vendeurs d’information.

C’est donc au terme sinistre des assassinats terroristes de Carcassonne que le calvaire de Mireille Knoll est dévoilé.

Pour la communauté juive, le choc est immense. Il suit les événements de la mort du Lieutenant-colonel Beltrame, qui possède tous les attributs du Juste. Mais qui se soucie de Mireille Knoll, victime d’un déséquilibré de plus, doublé d’un pervers sexuel et très accessoirement Musulman.

Plus encore que pour Sarah Halimi, sa mort passe inaperçue, lointaine. La question de déterminer si l’assassinat est d’ordre antisémite ou non est d’autant plus odieuse. Dire qu’elle est assassinée deux fois n’est pas exagéré. C’est l’ensemble de la communauté juive qui est insultée, bafouée, exclue de la Nation française qui se recueille pour le Lieutenant-colonel Beltrame.

Mais quelque chose de nouveau s’est peut-être produit. Arnaud Beltrame est un vrai héros. Son sacrifice est offert à la Nation. Chacun peut et doit se l’approprier. Arnaud Beltrame est mort pour la Nation. Le monde entier lui rend hommage. La victime n’est plus anonyme. Son assassin neutralisé est également identifié. Il était un délinquant, naturalisé et fiché S. Le profil de l’ennemi est établi. Son crime a été établi au nom de Daesh et cela renvoie à la réalité de la guerre globale autrement que pour les attentats du Bataclan. Il n’y a plus importation du conflit et il n’est plus question de problème d’intégration des populations. Les réseaux sociaux témoignent d’une véritable colère. Cela suffit ! Un héros est une personne ordinaire dans des circonstances extraordinaires. Malgré le parcours hors du commun d’Arnaud Beltrame, il est un héros que la Nation s’approprie. La Nation française est plus forte aujourd’hui qu’elle ne l’était la semaine dernière. La colère est un souffle d’énergie vivifiante. C’est ainsi qu’une Nation s’éveille. Le citoyen, membre d’une Nation n’est plus un anonyme. Il est membre d’une famille de laquelle son nom est connu.

Alors la première victime n’est pas que le passager d’une voiture au mauvais endroit au mauvais moment. Jean Mazières est mort assassiné. Ce jeune vigneron retraité était très impliqué dans la vie communautaire de son village.

Hervé Sosna avait 65 ans. Ce poète a travaillé toute sa vie comme maçon à Trèbes.

Christian Medves était père de deux filles. Il est mort dans des conditions horribles pendant que son assassin riait.

Mireille Knoll, 85 ans, le regard doux malgré une vie marquée par la rafle du Vel d’Hiv. Elle craignait pour sa vie.

Que la Nation française garde le souvenir de ces gens admirables aux côtés d’Arnaud Beltrame.

Et que le nom de l’Islamiste pourrisse dans l’oubli d’une poubelle.

La presse ne rend pas compte de l’assassinat de Mireille Knoll à sa juste mesure, ni de la colère qu’elle inspire.  Ce n’est que lundi, à 16h40 que le parquet reconnait le caractère antisémite du meurtre de Mireille Knoll. Il est possible que l’histoire de ces crimes ne suive plus des trajectoires parallèles mais se rejoigne par une colère commune dans un sentiment de révolte et de rage.

Les jours et les semaines qui viennent sont cruciaux. Les commémorations du 70ème anniversaire de l’indépendance israélienne se dérouleront dans un contexte particulier. 70 ans ne représentent pas une valeur anodine pour le Judaïsme. Accessoirement, l’ambassade américaine va s’ouvrir dans la capitale éternelle.

De leur côté, les organisations palestiniennes préparent leur « grande marche vers le retour ». Il faut prévoir une violence des plus sauvages.

Nous sommes sur le modèle biblique des grands événements. Il y a encore quelques jours, avant la mort d’Arnaud Beltrame, il ne faisait aucun doute que la diplomatie française de culture pro-arabe et pro-palestinienne allait agir de manière néfaste envers Israël. C’est peut-être à Jérusalem que les destins d’Arnaud Beltrame et de Mireille Knoll vont se rejoindre, la Nation française derrière eux. Cet homme de cœur, chaleureux, d’honneur, ce combattant était, parait-il, franc-maçon. Qu’importe !

Le sacrifice doit aller au-delà de ses limites. Qu’il ait été de Droite ou de Gauche, Religieux ou antireligieux, le héros est ce qu’il est et fait ce pour quoi il est fait. Il se serait sacrifié pour quelque personne que ce soit, par grandeur d’âme. Le limiter à une appartenance est limiter son sacrifice. Le seul intérêt maçonnique sera par l’utilisation d’une formule et prendre un sens authentique : « Gémissons ! Gémissons ! Gémissons ! Mais espérons ! »

Espérons que le nom de Mireille Knoll soit associé par la Nation aux autres victimes innocentes de ce vendredi 23 mars 2018, assassinées non pas par le hasard de circonstances mais bien pour ce qu’ils étaient.

Espérons qu’une rage commune nous débarrasse d’un ennemi commun.

Par Gilles Falavigna©

 

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