La corruption au service du Terrorisme

Par Gilles Falavigna pour Jforum

La corruption au service du Terrorisme

 

Le procureur François Molins, chargé de dossiers terroristes fait une sortie médiatique pour alerter d’un phénomène de « micro-financement » du terrorisme en France. Plus de 400 donateurs français ont financé Daech. Il s’agit d’un système alimenté par des sommes « modiques, mais en nombre important ».

Le magistrat estime que « les terroristes ont eu besoin de 25 000 euros pour organiser les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher et 80 000 pour ceux du 13 Novembre à Paris et à Saint-Denis. »

François Molins a été dessaisi de nombreux dossiers confiés au nouveau Parquet National financier. Il est connu pour s’opposer à la création d’un parquet national antiterroriste. Le grand professionnalisme du procureur est unanimement reconnu. Mais ses sorties correspondent également à une lutte intestine entre les autorités de compétences.

Nous pourrions, par cette sortie, nous satisfaire de la prise de conscience qu’un mal réel ronge la société française de l’intérieur. Déjà, les instituts de sondages indiquaient que plus de 25% des jeunes de moins de 25 ans ont une idée favorable de l’Etat Islamique. Cela viendrait compenser la déclaration du Président Macron pour qui l’Antisémitisme est le fruit de l’importation du conflit israélo-arabe. Au passage, cette déclaration revient à dire que sans les Juifs, on se débarrasse de tout problème.

Mais revenons sur le fond du phénomène de micro-financement. De quoi avait besoin l’auteur des attentats de Montauban et Toulouse ? (qu’il me soit permis de ne pas avoir envie de citer son nom)

De quels moyens avait besoin l’auteur de l’attentat de Nice ?

Il suffit de très peu de moyens, surtout quand le paradis d’Allah est au bout du pare-chocs de son camion lancée à vive allure comme un bélier.

Quoi qu’il en soit, le problème n’est pas là.

Plus de 400 petits donateurs français ont financé Daech. Il s’agit d’individus identifiés. Leur nombre est obligatoirement beaucoup plus grand, peut-être énormément plus grand.

Un des piliers de l’Islam est le Zakat, la charité que doit faire tout Musulman à des œuvres caritatives et une très grande partie d’entre elles sont d’obédience islamiste derrière des noms de tolérance, de paix et d’amour. Si l’Islam « de France » est invité à faire le ménage, le nerf de la guerre ne peut en être exclu.

Mais, profondément, il est question, ici, de l’Etat Islamique. Que représentent les sommes versées dans le cadre de ce micro-financement ? Daech dispose de milliards d’euros. Selon le journal Le Point qui fait part de sources émanant des Services de Renseignement, Daech dispose aujourd’hui d’un pactole de 3 milliards d’euros. Cette somme suffit à maintenir le niveau de nuisance actuel de Daech pendant 15 ans.

En réalité, ces 3 milliards d’euros ne sont que le flux de trésorerie de l’organisation terroriste. C’est la partie visible de l’iceberg.

Pendant des années, Daech a eu le contrôle des ressources de toute l’activité économique d’une région très riche, en pétrole comme en toutes matières premières. Nous parlons d’un Etat qui taxe tous les échanges commerciaux. Nous parlons d’une organisation criminelle qui pratique le racket et nous savons, par exemple, que Lafarge a dû contribuer au financement terroriste.

Ces sommes ont été investies, tout naturellement. Elles ont été blanchies dans des activités parfaitement légales.

C’est un premier point au regard de l’information fournie par le Procureur Molins. Une règle fondamentale en gestion de projet est la loi des 80/20, dite loi de Pareto. On ne peut mener à bien un projet qu’en traitant les 80% qui sont la cause d’un problème et non pas les 20% dont l’influence est marginale. Ces micro-financements sont marginaux quant au problème. Il ne s’agit pas de ne pas les traiter pour autant.

Daech est riche, très riche. La terminologie d’Etats-voyous n’est plus à la mode mais leur capacité de nuisance est toujours là. Turquie, Iran, Qatar et bien d’autres, peut-on rester naïfs en observant au quotidien que ces puissances tirent intérêts de la situation syrienne ?

Le second point au regard des micro-financements est celui des flux financiers qui blanchissent les milliards d’euros dont dispose Daech. Ce sont ces rouages tout à fait légaux qui alimentent la corruption et qui participent à notre destruction, comme la corruption au sein de l’UE pour permettre l’immigration et bien d’autres activités de fond. Le terrorisme n’est qu’un paramètre parmi d’autres concernant les armes de nos ennemis.

Sur ce point, la sortie du Procureur Molins s’inscrit dans le Politiquement Correct. Il doit sa notoriété et son aura au traitement qu’il fit des affaires financières Sarkozy avec Bygmalion, d’un côté, et Cahuzac, de l’autre. On ne peut lui reprocher de partialité. Mais cette sortie ressemble à la nécessité d’avoir du grain à moudre pour cacher l’incapacité à traiter le problème sur le fond.

Mes travaux pour l’ouvrage « Géopolitique de la conspiration contre les Peuples » reposent sur le constat et l’analyse des liens entre les instances politiques et le crime. Il s’agit de corruption à grande échelle.

Quelques chiffres permettent d’éclairer la consistance de la mise en relation entre une offre, portée par l’idéologie universaliste et une demande, portée également par l’idéologie universaliste. Tous les ingrédients de la corruption sont présents puisque tous les ingrédients sont présents pour être corruptible !

L’ONG Transparency International a développé un indice de perception de la corruption allant de 1 à 10. Au monde, aucun pays n’atteint 10 qui signifierait qu’aucune affaire de corruption n’y serait instruite. En Europe, un indice de 3,8/10 est attribué à la Grèce. La corruption y est endémique. La perception de l’Italie est de 4,3. Cela correspond à ne pas être un Etat de Droit. La France est notée 6,9 en 2015. Elle occupe la 23e position du classement en 2016. La France est considérée comme un pays de corruption.

C’est au niveau de la moyenne européenne, région à 1000 milliards de dollars de corruption.

Dans ce contexte, les aides et subventions, argent inodore, participent fortement aux flux de corruption. Le Figaro du 29 juin 2012 fait état de 34 milliards d’Euros versés à 250 000 associations par la France. L’article se veut une « enquête sur l’étonnante opacité qui entoure le financement public des associations ».

Pour la seule France et la seule aide aux entreprises, le montant des subventions serait de 110 milliards d’euros selon la documentation française, rapport « Pour les aides simples et efficaces au service de la compétitivité », juin 2013. Pour autant, Wikipédia sur le thème, indique que le montant total des aides est inconnu.

Dès qu’il y a une occasion, la criminalité se rue sur les marchés. Les opérations « pétrole contre nourriture », en Irak, ont atteint le summum de la corruption. Malgré le secret Défense, la commission Paul Walker a référencé les centaines d’entreprises qui sont intervenues sur ce marché. Il n’y a pas de compagnie propre. La criminalité est un agent géopolitique. Les Seconde et Troisième Guerres du Golfe ont été très lucratives. L’Irak a été pillé. Il ne l’a pas été par un pays. Il l’a été par le crime organisé.

Le criminel est un homo œconomicus basique dans ses comportements sociaux. Il œuvre « utile ». Il utilise le pouvoir. Il ne le recherche pas. Il conteste l’autorité par sa puissance. Il est, néanmoins, un pouvoir économique et social. Le criminel possède une identité. C’est l’identité criminelle puisque le crime est son déterminant. Son territoire est le monde entier. Mais la source du territoire est primordiale.

Nous assistons à une balkanisation du monde. Les grands empires deviennent de petits états. Ceux-ci nourrissent la criminalité. Comme ce fut le cas pour la Yougoslavie, la fragmentation s’accompagne d’une fiction d’états, fut-elle provisoire. Il n’y a pas de police. Il n’y a pas de structures. Ce sont des proies faciles.

Si nous sortons du cadre juridique pour analyser la criminalité, nous trouvons un contexte sociologique constant pour servir de modèle. Nous retrouvons alors les principes de Norbert Elias et sa civilisation des mœurs :

L’Urbanisation est un moyen de disparaître de l’œil du voisin et du contrôle social naturel.

Toute concentration humaine augmente la difficulté à faire régner l’ordre. Cette concentration s’accompagne d’une nécessité économique plus importante.

L’anonymat et l’explosion démographique sont le terreau de la criminalité.

Les objectifs de l’Europe, les objectifs des organisations terroristes et les objectifs de toute organisation criminelle sont les mêmes : favoriser l’immigration. Que peut bien, alors, proposer le Procureur Molins ? Voilà, nous apprenons que des habitants de France nuisent à la France. C’est déjà ça ! Serait-ce un os à ronger pour les sous-chiens sans-dents?

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