Archives pour la catégorie Sociologie

L’espoir de la révolte

De toute évidence, notre société est malade. Soucieux de son bien-être, nous sommes à l’écoute de tout soubresaut car ils sont manifestes. Par exemple, une marche citoyenne était organisée à Calais le week end dernier pour exprimer le désaccord avec l’arrestation du général Piquemal. Comme pour ce dernier, l’intention était de mettre en évidence le deux poids, deux mesures lié à l’écho fait à l’accueil des migrants. Leur souhaiter la bienvenue, c’est le Bien. Ne pas y être favorable, c’est le Mal. Le deux poids, deux mesures serait d’autant plus mis en évidence que les manifestations pro-migrants sont accompagnées de heurts avec les forces de l’ordre et que la défaillance structurelle ne permet aucune action répressive. A contrario, la manifestation déguisée en marche citoyenne a vu une personne déposer une gerbe de fleurs devant un monument aux morts et se faire arrêter sans ménagement pour cela. Pour les organisateurs de la manifestation, le deux poids, deux mesures ne peut pas être mieux qualifié.

Je voudrais, ici, signifier que je connais personnellement le général Piquemal. Il m’a fait l’honneur de préfacer mon ouvrage sur l’Intelligence Economique, « la Mercatique, nouvel art de la guerre ». Il l’a fait, si je peux me permettre de porter un avis sur ses raisons, au titre de l’amitié parachutiste. En réciprocité par ce que je suis et par les valeurs que je défends, quoi que fasse le général, je prendrai parti pour lui. C’est une question d’honneur et de fidélité. C’est une question vitale. Car quand on ne prend pas parti pour les siens au nom d’une soi-disante liberté individuelle de pensée et quoi qu’il en coûte, alors il n’y a plus de préférence nationale. La terminologie fait peur. Elle rappelle le Mal. Mais c’est très simple: quand il n’y a plus de préférence nationale, il n’y a plus de Nation.

Bref, le deux poids, deux mesures pourrait signifier que la démocratie est une mystification. Comme certains Politiques l’ont dit, l’Etat français agit à l’égal de régimes comme la Corée du Nord. En réalité il y a bien deux poids, deux mesures. Mais il s’agit de deux poids de natures différentes qui doivent être mesurées différemment. En réalité, qu’est-ce qui dicte l’intérêt général? Il y a bien différence d’appréciation. Mais ce n’est pas le fond du problème. Le problème n’est pas dans le système démocratique et la fausseté du système représentatif. Il est certain que le système a démontré qu’il ne tenait pas vraiment compte de la volonté du peuple. Lorsque le référendum a rejeté  l’Europe de Schengen, celle-ci fut tout de même ratifiée. Mais la réalité a trait à ce qui est derrière le système. La réalité a trait à l’absence de volonté des hommes.

Le problème n’est pas dans la démocratie qui serait la pire des dictatures parce qu’elle ne dit pas son nom. Le problème est dans le système qui aseptise la société. C’est cette fausse morale qui conduit à interdire au nom du Bien. Tout devient interdit au nom d’une intention. On ne doit plus fumer et il sera bientôt interdit de fumer chez soi. La pensée intime devient régie par l’interdit et l’autorisé. Voici, par exemple, une nouvelle censure cinématographique quand des films sont interdits au nom d’une pensée alors que dans le même temps, Internet donne libre accès aux plus grandes ignominies dans tous les domaines. Dans ce cas non plus, il n’y a pas deux poids, deux mesures. Il y a un ordre qui se veut universel. C’est cet ordre qui régi le Bien et le Mal, fussent-ils contraires à la nature et tout le problème est là puisque cet ordre se positionne sur l’intention individuelle.

Cette évolution sociétale est générale. C’est dans le système éducatif qu’elle est la plus visible. La dernière réforme de l’Education Nationale touche le mammouth post-moderne. La ministre justifie d’avis éclairés. La toile raille que ses communiqués sur Internet alignent une faute grammaticale par phrase. Mais n’est-ce pas intentionnel, une façon de donner l’exemple?

Quoi qu’il en soit et comme pour toutes les orientations sociétales, vous aurez été prévenus. Mais vous n’êtes plus en capacité de révolte puisque la morale aseptisante prévaut sur toute considération.

C’est cette morale qui est fausse. On peut se révolter contre la pensée dominante. On ne peut plus quand celle-ci est dictée par l’ordre moral. Mais la considération de la révolte répond à la gestion de ce que nous avons à perdre dans le concret. La règle veut, au sujet des transitions démocratiques, que l’orientation gouvernementale soit inaliénable quand le revenu moyen par habitant a franchi le cap de 33 000 dollars par an. Cette doctrine initiée par Adam Przeworski est validée par toutes les doctrines. Néanmoins…

Laurent Lafforgue est médaillé Fields. C’est l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques. Lors de son audition au Sénat, le 2 avril 2015, il rapporte :

 

« Ayant pris connaissance avec effarement des programmes et des évolutions de contenus et de méthodes d’enseignement, et ayant mené ma propre enquête en examinant des manuels et en recueillant le témoignage d’instituteurs, de professeurs et de parents d’élèves, j’ai d’abord pensé que ce qui se passait était tellement absurde qu’il suffirait de prononcer quelques phrases de bon sens pour que tout le monde se mette d’accord et que l’école se reconstruise. Depuis, j’ai totalement perdu cette

illusion. Je ne fais plus confiance à l’école dite républicaine, à laquelle toute ma famille et moi-même avions tellement cru, pas plus qu’à l’école privée sous contrat, qui a malheureusement suivi le même chemin. Ma seule espérance est désormais que subsistent, ici et là, au milieu du désastre général, de petits îlots d’instruction et de transmission des connaissances, grâce au travail d’instituteurs ou de professeurs isolés, dans des écoles publiques ou privées sous contrat, qui restent fidèles à la cause de l’instruction, de la transmission, et font tout ce qu’ils peuvent dans un environnement institutionnel hostile, ou bien dans des écoles hors contrat, qui sont aussi rares que leurs ressources et leurs moyens mais qui maintiennent vivante la petite flamme de la transmission grâce au dévouement d’instituteurs et
de professeurs qui consentent de lourds sacrifices pour exercer leur noble métier conformément

à leur conscience. »

 

http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28031.html

Cette petite flamme d’espoir est essentielle. Les grandes œuvres n’ont jamais été le fruit des majorités. Celles-ci sont silencieuses et passives. Les grandes œuvres sont toujours le fruit de minorités agissantes. Mais il ne faut pas oublier que l’Espoir et la Révolte sont deux poids qui se mesurent différemment.

 

Suicide de la civilisation occidentale?

La civilisation occidentale et particulièrement européenne se suicide-t-elle?

Les positionnements face à la vague de « migrants » peuvent largement considérer cette option. La terminologie de remplacement de population est diffusée et elle est loin d’être absurde. Notre société traditionnelle est bien en situation de suicide. C’est indéniable. Du moins, ceux qui le contestent parle d’évolution naturelle et salutaire. Les « migrants » sont une chance pour la France, selon eux.

Premier point: le suicide est symptomatique de troubles existentiels. refuter la démarche suicidaire de la société, c’est nier qu’elle ait des problèmes existentiels et donc d’identité. Mais qu’est-ce qui pousse la société à une telle extrémité? Durant tout le premier semestre 2015, nos gouvernants nous exhortaient à ne pas importer le conflit du Moyen-Orient au nom du vivre-ensemble. Durant tout le second semestre, les mêmes nous exhortaient à accueillir les acteurs de ce même conflit et toujours au nom du vivre-ensemble. Il y a quelque chose de profondément irrationnel dans la démarche. Mais je ne développe pas plus ici. Mon dernier ouvrage « Géopolitique de la question juive » est paru cette semaine. Ce travail répond grandement à cette question d’identité et de relation avec le Moyen-Orient. Je reviendrai sur ce sujet.

Deuxième point: Cette nouvelle terminologie de « migrants » n’est pas anodine. Les mots ont un sens et leur utilisation détermine la perception de l’événement. « Migrant » est dans l’action quand « immigré » possède une connotation passive. Le déterminant n’est pas dans le flux. Il est passé.

Le positionnement face à la vague migratoire inverse la réalité du fait migratoire puisque, en fait, elle dépend de la politique d’accueil et que cette dernière est présentée, au contraire, comme réactive au fait migratoire, comme si ce dernier était indépendant des actions de l’Occident. Il y a donc volonté politique.

Nous pouvons en déduire qu’il n’y a pas suicide de la société occidentale. Il y a meurtre. Toute méthodologie d’enquête criminelle aboutit à ce constat. Qu’il soit intentionnel ou non est une autre histoire.

J’utiliserai ici un article de presse paru ce jour, en témoignage à charge. Il est signé de Ravanello, le Monde selon Ravanello, et fustige la résistance à l’immigration. Il crée ce politiquement correct de « donner  » les idées qui seront reçues. Sa conclusion porte en elle le mensonge révélateur et porteur de l’intention.

Ravanello écrit: « N’oubliez jamais. Einstein était un réfugié. »

Qu’il avance que l’immigration est une chance pour la France, qu’elle apporterait des points de croissance sont un point de vue. Mais aller chercher Einstein en justification dépasse la fausseté pour être un pur mensonge. Einstein n’était pas un réfugié. C’est le mensonge. La fausseté tient à ce que sa formation, son acquis sont européens.

 

 

Hollande à Carcassonne

Que retenir de la visite du chef de l’Etat à Carcassonne ? François Hollande est en campagne.

Aujourd’hui paraît au Journal Officiel le projet de loi de réforme de l’éducation au collège. Ce n’est pas faire preuve de parti-pris que de mettre en évidence que le corps enseignant des collèges est traditionnellement le maillon fort du Parti Socialiste. Il y avait, pourtant hier, 30% de grévistes contre le projet de loi de Madame Belkacem.

Le 5 juin s’ouvre à Poitiers le congrès du Parti Socialiste dans un climat de catastrophe. Le journal le Monde, le 16 mai, faisait état de « la grande hémorragie des militants. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : En moins de 10 ans, le nombre des adhérents est passé de  280 000 à 130 000. Et encore, la moitié ne serait pas à jour de ses cotisations. Pire pour le parti de gouvernement, la moitié des adhérents détiennent un mandat électif.

L’analyse rapide de dire que les membres du PS sont les élus politiciens reste taboue. Toutes les formes et toutes les causes de démissions, d’écœurements, de divisions se conjuguent. La plus redoutable pour la gauche correspond, comme toujours, aux gens qui partent sans bruit, dans l’indifférence, sur la pointe des pieds. C’est en ce sens qu’être à jour de ses cotisations est un indicateur pour dire qu’il ne reste plus au PS que des élus. Le congrès du PS risque de ressembler  à ces congrès du Parti Communiste d’Union Soviétique à l’époque du stalinisme.

Plus en profondeur, 23% des Français considéreraient que le PS est porteur d’un projet pour la France, selon une récente étude. Une analyse sociologique du Parti Socialiste est également révélatrice de la mutation de cette organisation :

38% des membres du PS sont des cadres supérieurs.

14% sont des employés.

3% sont des ouvriers.

Presque majoritaires il y a 30 ans, les non-diplômés représentent 4% des effectifs.

François Hollande était donc à Carcassonne, hier. C’est la presse unanime qui qualifie cette visite de campagne politique. Il y a la forme : Avant de faire un discours de politique générale à la salle du Dôme devant 1000 invités représentants les collectivités, le Président a visité la petite coopérative de glaces fondée par les salariés licenciés d’ex Pilpa. Il était accompagné du Ministre de l’Economie et du Ministre de l’agriculture. Le geste est clairement et strictement  politique. Enfin, cette visite, « en terre socialiste », s’est décidée aux derniers moments.

Qu’attendre d’une visite en région du chef de l’Etat? Que soient proposées des pistes de solutions face à un problème structurel ou conjoncturel local et dont les clés seraient tenues par l’Etat ? Que soit clarifiée la grande question actuelle de la fusion des régions LR et MP ? Tout le monde s’attendait à ce que cette question occupe le cœur du discours du Président.

De la grande région, il fut question. Le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées représentera LA grande région du Sud de la France. Soit ! Marseille appréciera.

Quel est l’intérêt de cette nouvelle région ? « Il faut lui donner un sens, et j’y veillerai ! » dit François Hollande. Soit !

Le Président a, ensuite, fait le bilan de ses trois années de mandat et il est satisfait puisque tout est conforme à son discours du Bourget qui présentait son programme. Soit !

Un Président doit être égal à lui-même et François Hollande y est allé de ses petites phrases :

«L’école a besoin d’une politique pas d’une polémique » Soit ! Mais, tout de même, tout de même, la notion de résultat doit-elle être définitivement abandonnée au profit de la seule idéologie ?

«Je dois aller vite, comme la société va vite. Nous devons changer nos règles je veux créer un choc de simplification, nous perdons trop de temps à faire des études avant de mettre en place les projets.» Soit ! Mais tout de même, tout de même, n’est-ce pas à la société de s’adapter à l’Homme  qui la construit ? Toute gestion de projet repose sur des méthodes et elles indiquent que la phase d’étude est la plus importante et la plus longue. La formule n’est-elle pas un peu trop populiste ?

«Je veux rendre universel le service civique, chaque jeune qui en fera la demande aura une mission tout de suite.» Soit ! C’est une belle intention.

«Nous devons bâtir des droits qui accompagneront les personnes tout au long de leur carrière professionnelle. Nous allons créer le compte personnel d’activité et pour cela nous aurons besoin de l’État, des partenaires sociaux et des régions.» Soit ! Yaka Faucon.

Pourtant, portant, l’emploi n’est-il pas la question prioritaire de la France, des Français ?

Depuis qu’il est devenu, par les circonstances, Président de la République, la côte de popularité de François Hollande n’a cessé de se dégrader. Nous avons évoqué l’état du Parti Socialiste. Et François Hollande est en campagne. Campagne pour quoi puisque nous avons également vu que les prochaines élections qui sont les régionales n’avaient pas été abordées autrement que pour la forme puisque cette visite présidentielle était en région ? De toute évidence, il s’agit des élections présidentielles de 2017. Parmi tous les sondages et études périodiques pour analyser l’écho du gouvernement et du chef de l’Etat auprès des Français, il me semble qu’une donnée est passée relativement inaperçue : 23% des Français considèrent que François Hollande est l’homme de la situation. Et c’est énorme ! Qu’importe le fond pourvu qu’il y ait l’ivresse.

émigration française

Un article récent des Echos mettait en évidence un particularisme de l’enseignement français. En effet, sur les 25 jeunes économistes les plus prometteurs selon le FMI, 7 sont Français. Ce n’est d’ailleurs que le prolongement d’une longue tradition de reconnaissance d’un savoir de l’école française récompensé en Prix Nobel ou médaillés Fields.

En fait, les Français sont reconnus comme les héritiers d’une tradition de formation mathématique. Il y a donc bien une spécificité française d’attrait pour la recherche.

Mais il est bien connu que les chercheurs français se tournent vers les laboratoires étrangers qui sont en mesure de répondre à leur attente.

De même, parmi les 7 économistes français de moins de 45 ans présentés par le FMI, 5 travaillent pour des universités américaines.

Maintenant, les Français les plus riches choisissent également de vivre à l’étranger. Le cas de Gérard Depardieu n’est qu’un petit fragment visible d’un immense iceberg. Les 4 destinations les plus recherchées sont Genève, Londres, Bruxelles mais aussi, de manière plus surprenante, Hong Kong. Bref, quand on peut quitter la France, on la quitte.

Chez nos séniors, l’attrait de l’étranger est encore plus vivace. 20 000 Français doivent émigrer au Portugal en 2015 selon un article de Libération. Ce sont également 15 000 Français qui devraient rejoindre l’Espagne. Le Maroc, bien que moins attractif accueillera des milliers de Français. L’article de Libération, et son journaliste François Musseau, relaient une analyse surprenante de leur part:

Ce n’est pas tant l’attrait pour le Portugal qui anime ces Français mais le rejet de la France.

Ce ne sont pas des témoignages isolés recueillis auprès de gens rongés par le ressentiment ou la xénophobie. Tous parlent d’une «dureté» d’une «absence de bienveillance». Autant de maux qui s’estompent aussitôt foulé le sol portugais, estime ce couple de Varois qui ne regrette pas sa décision. En sirotant un pastis sur leur terrasse noyée de soleil, ils disent : «Oui, vous pouvez dire que c’est une fuite, voire un exil sentimental. Mais vous savez quoi ? Après toute une existence de labeur et de tracas, on veut juste finir notre vie en paix.»

La réalité dépasse le fantasme

« Pas de commentaire… »

Ne pas faire de commentaire, c’est souvent déjà faire un commentaire. Les sens en sont variés. Mais quand l’information est tellement explicite, tout commentaire est superflu. Plus, le commentaire vient minorer la gravité de l’événement.

Alors voici un article où l’information est donnée en vrac. Il y est question de l’exception culturelle française:

François Hollande paraissait, semaine dernière, sur Canal+. La presse titrait : « blagounette et chansonnette. »

Le 7 mai paraîtra une bande dessinée de Mathieu Sapin chez Dargaud dont le héros principal est François Hollande.

Le Journal de Mickey a commandé une étude pour définir les 50 personnalités préférées des enfants. Résultat en mars 2015: François Hollande arrive à la 50e place. Le 19 avril, le journal Le Parisien nous apprend que François Hollande ouvre l’Elysée au Journal de Mickey et participera à un documentaire exclusif pour ce journal. (cible des 7 à 14 ans: on imagine que les 14 ans, lecteurs de Mickey, ne sont pas en classes européennes, argh pas de commentaire!)

La politique de communication de François Hollande est parfaitement cohérente et en phase avec le principe du « président normal » comme avec la politique gouvernementale.

Madame Belkacem prévoit la suppression des classes européennes qui sont élitistes. Le programme officiel des classes générales va être allégé pour limiter le programme obligatoire.

Jeu de chaises musicales, culture oblige. Mathieu Gallet avait quitté l’INA pour prendre la direction de Radio France. Quelques mois après surgit le scandale de la rénovation de son bureau dont le montant des travaux serait indécent. Agnès Saal lui a succédé à la tête de l’INA. Petit scandale cette semaine. En 10 mois, les frais de taxi de Madame Saal s’élèvent à 40 000 euros. Vue et prise, Madame Saal remboursera ses consommations personnelles et a déjà remboursé les frais de taxi de son fils d’un montant de 7500 euros sur la même période. ( je rembourse ce que j’ai volé mais le principe de ma consommation est tout à fait normal… L’INA, le cinéma d’art et d’essai est fondamental à la société et ne vise aucunement une forme d’élitisme. Mince, tout commentaire inutile… dur!)

Delphine Ernotte-Cunci succède à Rémy Pflimlin à la tête de France Télévision, entreprise de 10 000 salariés.

Il y aurait, en France, 3 fois plus de producteurs de cinéma que de films produits. Bof, il y a, en France, 10 fois plus de comédiens que de rôles disponibles.  Le rapport entre le besoin et les professionnels techniques est du même ordre. Le revenu d’un intermittent du spectacle est précaire. Il y a une mission de service public à être un artiste. Par contre, il y a un concours d’entrée à la fonction publique. Mais il ne faut pas être élitiste. (ne pas faire de commentaire, c’est une blague. Ces informations sont trop dures pour ne pas minorer leur perception par un commentaire).

 

les détails de l’Histoire

Je me permets de revenir sur une histoire réchauffée dont plus grand monde ne veut: les chambres à gaz, détail de l’Histoire. Je le dis depuis les années que Jean Marie Le Pen le ressort, il a raison sur les faits. Mais quelle erreur phénoménale non pas sur la forme mais bien sur le fond!

Un détail est relatif, donc proportionnel. La Shoah est un détail de la seconde guerre mondiale comme Hiroshima n’en est qu’un détail au regard de près de 50 millions de morts atroces et de bien d’autres événements. Mais ce sont toujours les détails qui font toute la différence. Il y a une raison à cela.

1er point, la proportionnalité signifie la mesure. Le plus grand événement est d’ordre émotionnel. Le détail est factuel. Ce ne sont pas les mêmes référentiels. On ne retiendra que les détails: Shoah, Hiroshima… Alors que le bombardement de Dresde a fait plus de victimes que la bombe sur Hiroshima….

C’est en cela que Jean Marie Le Pen se trompe. Il y a confusion entre le fait et l’émotion qu’elle suscite. Le sentiment d’un événement sera toujours plus important que l’événement lui-même parce qu’il n’est plus anonyme, strictement technique. Ce n’est pas où on le croit mais la formule de JMLP le déshumanise parce qu’il ne retient pas  l’émotion. (je pense donc je suis bête… Une vulgaire bête)

2e point, la confusion, entre ce qui compte et le détail qui est un fait, établit que ce qui d’ordre émotionnel serait régi par la mesure. Or, l’émotion qui est le vivant ne peut connaître la mesure. JMLP a donc politiquement et philosophiquement tout faux. Jamais, dans l’Histoire, une guerre n’avait autant représenté la perte d’humanité que la seconde guerre mondiale. C’est pourquoi les chambres à gaz en sont l’élément majeur. Non, ce n’est pas à cause du chiffre de 6 millions de victimes, donnée technique.

Les négationnistes qui veulent contester, sous prétexte de révision, les chiffres de la Shoah perdent tout autant leur humanité par des considérations techniques sur une question qui n’est pas d’ordre technique. Les mots ont un sens et perdre son humanité ne doit pas être pris avec la légèreté de notre époque où tout est galvaudé, où on « stigmatise » quelqu’un comme le Christ sur la croix.

Il ne faut pas s’y tromper. La formule de JMLP est sans doute inconsciente de sa portée. Toujours est-il que par cela, les événements deviennent une succession de détails. Et ils perdent toute valeur en devenant anodin. L’antisémitisme devient anodin. Le relever devient une lourdeur cataloguée comme propagande puisque ce n’est relatif qu’à un détail.

C’est ainsi que n’est pas vraiment relevé ou sans vraiment en cerner la portée, le chant des supporters d’une équipe de football puisque ce n’est qu’un détail. Et pourtant, et pourtant…

Chant des supporters de l’équipe d’Utrecht, 1ère division néerlandaise:

« Mon père était dans les commandos

Ma mère était dans les SS

Ensemble ils brulaient les Juifs

Parce que les Juifs, c’est ce qui brule le mieux »

Ce n’est rien. Ce n’est que de la provocation, du jeu. Ils ne le pensent pas vraiment… Ce n’est que du football…

Oui, certainement. Ce n’est qu’un détail. Perdre son âme n’est qu’un détail. Et c’est leur problème. Et Jean Marie Le Pen en porte une responsabilité à distance.

 

 

combat idéologique sous-jacent

Loi de la thermodynamique : Une action engendre une réaction.

Le phénomène est beaucoup plus présent dans la société que la dialectique de l’Ordre et du Mouvement. Car le constat de l’après-attentat de Charlie Hebdo est phénoménal :

« Pas d’amalgame ! Les Musulmans sont les premières victimes des attentats ! » Ces slogans valaient, bien sûr, prévention à un risque de réaction d’hostilité (légitime ?). Mais de ces réactions attendues, il n’y eut pas. Malgré le contexte de Daesh, malgré le contexte séducteur de Daesh qui connait de plus en plus d’adeptes, malgré la faiblesse des condamnations des autorités musulmanes des attentats, c’est l’inverse de ce qu’escomptaient les auteurs des slogans anti-amalgamistes qui se produisit. Pour la première fois, les sondages indiquent qu’une majorité de Français, jugent l’Islam compatible avec la République et en baisse d’incompatibilité par rapport au précédent sondage.

Pour enfoncer le clou, le maître mot nouveau est « stigmatiser ». Il est utilisé pour tout commentaire. Les mots n’ont plus guère de sens. Car donner comme valeur à l’observation d’actes et petites phrases politiciennes celle du supplice du Christ sur la croix pourrait sembler exagéré. Mais cela reste, finalement, sur le même registre que le maître mot précédent, « nauséabond ».

La loi de la thermodynamique est une réalité et il y a bien réaction.

Tout d’abord, le remplacement du maître mot « nauséabond » par celui de « stigmatiser » marque la transition d’une attitude défensive, réactive, à une attitude offensive, proactive.

Le mode préventif de la phase « Pas d’amalgame ! » en témoigne.

Ensuite, la phase réactive et bel et bien phénoménale. Pourtant, elle pourrait être passée inaperçue. La phase préventive, « Pas d’amalgame », aura agi comme anesthésiant.

Notre période après-Charlie, réactive à l’attentat, correspond à l’annonce de la volonté du recteur Boubakeur de la mosquée de Paris de doubler le nombre de mosquées en France.

Dans le même espace de quelques jours, le président tunisien, Beji Caïde Essebsi sera reçu en visite officielle en France sous un cérémonial jamais vu puisque les honneurs militaires lui seront rendus aux Invalides. Le protocole n’est pas cela. Les honneurs militaires ne sont rendus que pour une visite d’Etat et non pour une visite officielle et ils ont traditionnellement lieu au pavillon d’honneur de l’aéroport, uniquement pour une visite d’Etat.

Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’Etat français des Anciens combattants, se rendra en Algérie du 19 au 21 avril pour la commémoration du 70ème anniversaire du début de la guerre d’indépendance algérienne selon les historiens algériens. C’est véritablement une première en termes de représentation du rapport France-Algérie et de manière radicale.

En parallèle, de grandes marches contre l’Islamophobie sont organisées dans toute la France.

Le grand vainqueur des attentats contre Charlie Hebdo et contre le Super Casher ( à oublier le dernier, on finirait par croire l’argument le plus véhiculé: que les attentats visaient la liberté de la presse) est donc bien l’Islam. Finalement, pouvait-il en être autrement? De ma contribution à ce dernier ouvrage collectif paru il y a quelques jours, « Islamisation de la France: fantasme ou réalité? », présenté par Philippe Randa, je maintiens cette réponse positive, d’autant plus vraie que nous la provoquons.

Islamisation de la France

Cette semaine est publié un ouvrage collectif auquel j’ai contribué:

Islamisation de la France: fantasme ou réalité?

Il m’a paru important de participer à ce travail. Je profite donc de la sortie de ce livre en 3 volumes pour présenter un résumé de la thèse que j’y défends:

L’Histoire n’a jamais été l’œuvre de la majorité. L’Histoire a toujours été le produit de la minorité la plus active.

Maintenant, l’Histoire de l’Islam révèle son seuil de passage à l’activisme tout en étant de moins en moins minoritaire. Nous en avons le sentiment et l’Islam en a encore plus le sentiment. Ainsi, le fantasme est un accélérateur de réalité.

Toute analyse stratégique, pour différencier la réalité du sentiment de réalité, observe les Forces, les Faiblesses, les Opportunités et les Menaces (SWOT). Les données seules sont sujettes à interprétation.

Nous avons un Islam, aujourd’hui, qui a franchi le seuil de l’activisme (Force ou Faiblesse selon le côté d’où on se place). Et nous avons, en face, une France et un Occident bercé de morale judéo-chrétienne qui favorise la passivité. C’est un ce sens que l’Islamisation est une réalité. Les données démographiques viennent l’accentuer.

L’islamisation de la France :  fantasme ou réalité…

(3 volumes)

Philippe Randa (présente)

Editions de L’Æncre

chaque volume : 146 pages – 18 euros

Les 3 volumes : 45 euros (au lieu de 54 euros)

Choc des civilisations… ou choc des cultures ?

Les meilleurs écrivains, journalistes, philosophes, chercheurs, acteurs du débat politique et religieux confrontent ensemble leurs points de vue à cette question qui préoc­cupent tant nos concitoyens sur la place de l’islam en France et dans le Monde : Robert Albarèdes, Philippe Arebours, Alexis Arette, Nicolas Bonnal, Marc Brzustowski, Pierre Cassen, Alain Dubos, Gilles Falavigna, Camille Galic, Nicolas Gauthier, Me Nicolas Gardères, Gérard Gelé, Patrick Gofman, Arnaud Guyot-Jeannin, Roland Hélie, Philippe Joutier, Pieter Kerstens, Joseph Lavanant, Yves-Marie Laulan, Jean-Yves le Gallou, Pierre Lance, Paul Le Poulpe, Aristide Leucate, Pierre le Vigan, Michel Lhomme, Magnus Martel, Anne Merlin-Chazelas, Guy Millière, Patrick Parment, Dr Bernard Plouvier, Philippe Randa, Jean Robin, Jean-Claude Rolinat,  Scipion de Salm, Nicolas Tandler, Christine Tasin, Marc Rousset, Guillaume de Thieulloy,  Pierre Vial, Luc Voy… et les dessinateurs Ignace et Pinatel…

Quatre entretiens sont également publiés avec ces acteurs majeurs de ce débat : Tareq Oubrou, imam et recteur de la mosquée de Bordeaux, Alain de Benoist, philosophe, le père Michel Lelong, prêtre de sensibilité traditionaliste et Camel Bechikh, président de « Fils de France »…

Les trois volumes abordent les thèmes suivants : États musulmans, Laïcité, Athéisme, Liberté d’expression, Coutumes, mœurs, Théologie, Politique, Djihad, Entretiens, Témoignages…

http://francephi.com/livre/wp-content/uploads/2015/04/Catalogue-184-avril-2015.pdf

Emplois fantômes

Le magazine Capital présentait, ce mercredi 18 février, l’analyse d’une étude INSEE qui dévoilerait que, contrairement aux idées reçues, le nombre d’emploi s’est développé de manière plus importante sur ces trente dernières années que la population.

Le magazine Capital axe son argumentaire sur les territoires d’emplois, ce qui tend à accentuer le sentiment de distinction de rapport entre le développement de l’emploi et la population, +20% d’emploi créés pour +16% de développement démographique.

L’étude aurait de quoi surprendre. Soit elle est exacte et le chômage ne serait qu’un fantôme. Soit il conviendrait d’affiner les données de populations et l’explication première serait la prise en compte de l’immigration. La France comptait, en 2010, 7,2 millions d’immigrés selon l’INSEE. La France accueille 350 000 immigrés par an. D’une tentative de faire le buzz, Capital dévierait sur le « politiquement incorrect ».

Ceci dit, la donnée « immigration » est un facteur substantiel de l’analyse Emploi/Démographie. Mais le paramètre semble insuffisant pour justifier un tel ratio. La dynamique des emplois créés absorberait la charge de l’immigration. C’est une évidence. Il n’y a pas de raison que l’immigré accède plus facilement à un emploi que le Français.

L’étude INSEE serait une analyse sur trente ans. Il est question d’évolution et de tendances. Le chômage n’est pas apparu spontanément. La vérité est donc ailleurs. La moindre des choses est de regarder de plus près cette étude INSEE.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1538#inter2

Robert Reynard et Pascal Vialette, Pôle Synthèses locales, Insee – Clément Gass, Direction régionale d’Alsace, Insee

 

En fait, l’étude ne porte absolument pas sur le rapport du développement Emploi/Population mais sur les mutations fonctionnelles de l’emploi dans les territoires. Le rapport Emploi/Population n’y est qu’une formule introductive. Capital relève 304 « zones d’emploi » recensées par l’institut de statistiques (un découpage plus fin que les départements) pour justifier son argumentaire. Le découpage de 304 zones n’est plus fin que dans une démarche statistique d’élagage de données marginales et de pertinence de position (écarts-type). La zone d’emploi permet l’étude locale. Parmi les critères retenus pour formaliser la zone d’emploi, la représentativité de la population est retenue ainsi, en premier lieu, que le flux de déplacement domicile-travail. Le découpage de 304 zones n’est pas le facteur de pertinence présenté par Capital pour définir une donnée globale (et donner un sens à l’article) puisque la démarche est inverse. La démarche de l’INSEE ne vise pas une modélisation inductive mais seulement à segmenter.

Reste la mutation de l’emploi et elle est relative, pour les proportions, aux territoires. Capital parle de mutation de production concrète aux activités abstraites. Une métropole régionale comme Montpellier y est présentée comme dynamique en termes de création d’emploi. Or, nous savons que cette métropole est surtout « dynamique » en termes de chômage. Le fait est que la création d’emploi est relative à la démographie qui est porteuse, par sa nature, d’un marché. Il y a demande. Il y a offre. Quel est ce marché?

En réalité, l’INSEE parle d’une partition de l’économie en deux sphères : la sphère présentielle et la sphère productive. La sphère présentielle organise une activité locale. La sphère productive est un marché ouvert qui ne dépend pas de la proximité.

En réalité, nous constatons une mutation structurelle et ontologique de la population. La sphère présentielle que Capital définit « abstraite » n’est pas strictement tertiaire. Elle correspond au tourisme et à l’emploi sanitaire et social. C’est pourquoi une métropole comme Montpellier a connu un développement de la création d’emploi de +101,3% sur la période concernée. Il y a, d’un côté, vieillissement de la population parce que la migration des retraités appelle une offre de services importante. Il y a, d’autre part, appauvrissement de la population et misère sociale qui appelle la création de prestations sociales de l’Etat. Le tourisme, quant à lui, est fortement dépendant de la conjoncture.

De fait, les mutations d’emploi sont dépendantes de la population. Une présentation bimodale de la population et des emplois se marque. Elle est toujours le signe d’un appauvrissement par l’effondrement des données médianes. C’est la distinction majeure du rapport de l’emploi à la population et non celle de l’effondrement de la production concrète.

La création des nouveaux emplois est un signal d’alarme catastrophique. Ils sont une charge et ne développent aucune valeur ajoutée. Ils sont fragiles et tendent à appeler encore plus de population pour plus de pauvreté. L’enquête de l’INSEE porte sur les territoires. Si l’accroissement de l’emploi est plus important que l’accroissement de la population, le territoire n’en profite pas, tout au contraire. C’est l’enseignement à tirer de cette étude. C’est également pourquoi il ne s’agit absolument pas de la mise à mal d’une idée reçue. La création d’emploi n’est pas la cause d’une création de richesse. Le CAC 40 se porte bien ? Il n’est pas concerné par la sphère présentielle. C’est également le signe de l’accroissement de la présentation bimodale de l’économie, comme dans le Tiers-monde : des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres avec effacement des classes moyennes.

Inde et nationalisme hindou

« La chute d’Al Zawahiri au Levant fait qu’il concentre ses efforts plus à L’Est. Cet homme qui est une des personnes les plus recherchées au monde serait certainement à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, protégé par les Talibans pakistanais. Les forces locales d’Al Qaïda ont fondu. Ils ne seraient plus que deux mille en Afghanistan selon l’Institute of Conflict Management, dont le siège est à New Delhi.

Al Qaïda vient de créer son propre califat en Inde. La région compte 400 millions de Musulmans. Le but est de régénérer de nouvelles forces d’une part, et, d’autre part, toujours dans la pratique d’Al Qaïda, d’influer sur les gouvernements locaux. L’annonce par Al-Qaïda se fait sous la forme de l’annonce d’une bonne nouvelle pour les musulmans de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire face à l’injustice et à l’oppression. Il réaffirme également sa loyauté à l’égard du chef des talibans afghans, le mollah Omar.

Pour autant, l’EI s’implante également dans le sous-continent indien. La cellule Islami Khalifat, qui contrôle Peshawar, vient de faire allégeance au Califat au Levant. Selon Amir Rana, spécialiste pakistanais du Jihadisme, cette concurrence devrait créer une dynamique du Jihadisme. Début septembre 2014, Le Premier ministre indien Narendra Modi annonce que le pays est placé en état d’alerte. »

Tiré de Daesh et Hamas, les deux visages du Califat, voir article rubrique « mes ouvrages ».

J’insiste, sur ce contexte particulier de montée des menaces, en réaction à un article paru ce jour sur les Echos, de Patrick de Jaquelot et intitulé « L’inde face à la montée du nationalisme hindou ».

« La montée des tensions créées par les milieux ultranationalistes proches du gouvernement peut devenir un frein aux réformes économiques dont l’Inde a besoin. Dans un pays où 80 % de la population est hindoue, l’enjeu est majeur. »

Je me permets également ce papier par la trace, dans ma mémoire, d’un échange que j’ai eu, il y a quelques temps sur un site de géopolitique avec une « spécialiste » de l’Inde qui vantait sa culture pacifique et son modèle constitutionnel dont devrait s’inspirer ses voisins. Certes, cet échange a eu lieu avant les différentes affaires de viol qui ont fait découvrir au monde un aspect de la violence indienne qui tranche avec l’image d’Epinal traditionnelle. Il est toujours intéressant de marquer le vecteur premier, dans l’analyse géopolitique, stratégique et économique, du préjugé. L’Inde est un cas d’école à ce titre.

Je reste tout de même surpris de lire dans les Echos, un tel ramassis de jugement de valeurs. L’auteur parle des « délires de l’Hindutva », de « dérapages », du « carrément farfelu à l’extrêmement pervers »…  En final, la seule donnée à caractère économique de l’article du principal journal économique français pourrait se déceler dans sa conclusion :

« L’évolution de l’Inde et la modernisation de son économie dépendront largement de la façon dont le Premier ministre résoudra ce dilemme dans les mois qui viennent. »

Nous pourrions y voir, sur la forme, une validation, par l’auteur de l’article, des thèses du prix Nobel d’Economie Amartya Sen. Elle y est totalement contraire sur le fond. Si la primauté du Politique sur le Monétarisme permet la création de richesse, elle ne peut être que par la conformité politique au Culturel.  Dans le cas présent de l’Inde, puissance émergente rivale de la Chine, les considérations du journal les Echos ne sont pas qu’une succession de clichés. Elles témoignent d’un mépris des réalités (rappelées en causes et réactions contextuelles de l’Hindoutva par mon introduction) et, surtout, d’un mépris des spécifications indiennes qui permettent, tout de même, une croissance annuelle de l’ordre de 8%.