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Faits de la semaine, la Grèce, analyse 3/3

La victoire de Syrisa, parti d’Extrême Gauche en Grèce, a été saluée par Barack Obama. Si la manifestation de soutien du chef d’un état libéral à un programme de lutte contre l’austérité a de quoi surprendre, la promptitude et la précipitation de François Hollande à être le premier dirigeant de la zone euro à féliciter Alexis Tsipras relève de l’incongru.

Le programme de Syrisa est l’inverse de celui mené par Manuel Valls. Il s’agit d’une claque pour l’Union Européenne. Il s’agit, également, de signifier qu’une autre politique économique européenne est possible. D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon abondait dans ce sens avec enthousiasme lors des manifestations espagnoles contre l’austérité. L’Espagne puis la France pourraient être tentées par ce changement de cap. Alors que la politique gouvernementale s’exerce à prouver à son aile gauche (les frondeurs) sa détermination à poursuivre une politique de rigueur, les félicitations de François Hollande ne peuvent résonner que comme un mensonge.

Permettre de penser que la Grèce peut réduire et même abroger sa dette correspond à infliger à la seule France 45 milliards d’euros d’impayés. C’est le contribuable français qui paiera.

Surtout, il s’agit d’un message fort. La BCE finance les états européens dans leur politique de croissance. Alors que la France a, plus que jamais, besoin de la BCE, comment imaginer qu’un créancier prête de l’argent à un emprunteur qui affirme qu’il ne remboursera pas son prêt ? La BCE ne distribuera plus d’argent.

L’appui donné par François Hollande à Syrisa ne peut que tendre les relations avec Angela Merkel. Comment peut-on prétendre assurer la croissance de la France quand on met tout en œuvre pour casser les relations avec son principal partenaire ? La France peut-elle se le permettre ?

Surtout, les autorités grecques pourraient penser trouver à Paris cet allié qui les aidera à appliquer leur programme. C’est sur ce point que la démarche de François Hollande est catastrophique.

La dette grecque ne peut pas être annulée. Les banques grecques perdraient leur licence internationale. Les Grecs mettent en avant les patrimoines individuels qui font du Grec le citoyen le moins endetté au monde. Mais l’économie est mondialisée. La Grèce est-elle auto-suffisante ?

La solution serait la sortie de l’Euro. Mais encore faut-il payer la dette. Ce n’est pas seulement les 45 milliards d’euros qui devront être payés par le contribuable français. Auparavant, les 3 principales banques françaises auront à gérer cet impayé et perdront leur indice de confiance internationale déjà à mal auprès de l’administration américaine.

François Hollande s’est un peu trop précipité. Syrisia s’est allié à l’Extrême Droite. Du coup, le soutien au programme grec aura du mal à être soutenu par la majorité présidentielle.

Bref, la main tendue à la Grèce ne peut être que lâchée. La France ne peut pas s’enorgueillir d’avoir une parole ni même une pensée.

En final, non seulement la Grèce ne sortira pas de l’Euro mais, en plus, elle paiera sa dette. Le gouvernement grec s’orienterait sur un « new deal paneuropéen » accompagné d’un rallongement de la durée du remboursement de la dette, plan validé par le FMI.

La posture de François Hollande était une circonlocution et la posture de ses interlocuteurs grecs l’ont vite adoptée : la politique dans tous ses états.

 

 

Analyse de la semaine 2/3: loi Macron

La loi « de progrès et de liberté » a été présentée au conseil des Ministres le 10 décembre 2014. L’Assemblée Nationale ouvre maintenant les débats pour son lot d’amendements.

Déjà, cette loi « de croissance et de pouvoir d’achat » est devenue, depuis le 10 décembre, la loi « de croissance et d’activité ».

Autant la cohérence logique entre croissance et pouvoir d’achat se comprend aisément, autant le rapport entre croissance et activité devient abscons. La France est en activité et la croissance n’a, de toute évidence, pas de lien avec elle.

La tarification des besoins médicaux y a été exclue. La réforme des tribunaux de commerce est supprimée. La question du transport et de l’écotaxe également. Le travail dominical est stabilisé à 5 jours. Aujourd’hui, la réforme des professions juridiques est abandonnée.

Bref, pour la Droite, il faut combattre la loi qui n’est pas audacieuse. Pour la Gauche, il faut l’abattre car elle n’est pas de Gauche.

Le comble de la mauvaise foi revient à Martine Aubry. L’ouverture du travail dominical serait une mauvaise loi. Un des projets ambitieux de la Ville de Lille est d’être inscrite site touristique international qui suppose que les magasins y soient ouverts le dimanche.

La Droite voudrait combattre une ouverture libérale, fut-elle timide. Au pouvoir, elle serait incapable de la faire passer face aux mouvements sociaux qui laisseront faire un gouvernement de Gauche. Le mieux est souvent l’ennemi du Bien.

François Hollande était à Davos, chez les « world leaders ». Y aller ne pouvait qu’être très mal perçu à Gauche. Il y fit un bide, ce qui est toujours très mal perçu dans les milieux de la finance (la Droite, valet de la finance internationale).

Il y fit un bide malgré sa standing ovation protocolaire. Il y fit un bide en arrivant en retard, en s’exprimant en français. Il y fit un bide par son discours contre le réchauffement planétaire aux relents politiciens alors que l’attente de l’audience est pragmatique. Bill Gates, sur le même thème fut plus convaincant.

La loi Macron est le bébé de François Hollande et elle ressemble à son père.

Elle a trop de relents électoralistes alors que son besoin impérieux devrait s’émanciper des doctrines politiques. Elle appuiera le dialogue social entre des syndicats qui représentent 8% des salariés et un patronat d’une légitimité représentative homéopathique. Les seuils de représentation du personnel seront portés de 49 salariés à 11. Les PME sont la masse la plus importante des entreprises et elles n’ont pas les moyens d’en gérer la surcharge sociale. La contrepartie par une réduction des charges fiscales sur les bas salaires ne peut rien y changer, pragmatisme oblige. La surtaxe sur l’Impôt Société qui sera supprimée ne concerne que les grosses entreprises.

La loi Macron valide la primauté de la représentation politique sur la représentation sociétale.

Analyse des faits de la semaine 1/3: France-Maroc

L’actualité du mois de janvier 2015 a concouru au plein d’émotion.

Cette semaine de passage à février pourrait, dès lors, permettre de relâcher la tension. Elle est l’occasion de faire un peu d’analyse des événements survenus.

J’en retiens 3 :

-Les relations franco-marocaines,

-La loi Macron,

-La Grèce.

Le photomontage de François Hollande, grimé en Adolf Hitler, à la Une de l’hebdomadaire Al Watan al Ane n’est pas passé inaperçu, repris par l’ensemble des médias français et étrangers, particulièrement dans les pays arabes et ceci malgré le peu de représentativité de ce journal. Néanmoins, Rabat n’a pas réagi et le quai d’Orsay s’est juste fendu d’un laconique : « consternant » et n’a demandé aucune explication à Rabat, contrairement à l’usage (le droit marocain punit d’un an de prison la représentation injurieuse d’un chef d’Etat).

Le fond de l’article traite du manque de considération de la France pour ses ressortissants musulmans.

Il faut dire que les relations franco-marocaines sont tendues depuis 1 an. L’absence du roi du Maroc à la manifestation du 11 janvier en témoigne. L’origine de la crise a trait à une procédure juridique à l’encontre, en France, de responsables de la sûreté marocaine. Hasard du calendrier, Christiane Taubira est chargée de la sortie de crise par une approche technique et reçoit son homologue marocain, Mustafa Ramid, à Paris.

Au même moment, la cour de Cassation promulgue un arrêt qui surprend en autorisant un mariage homosexuel entre un Français et un Marocain. L’arrêt de la Cour de Cassation est surprenant car la France est un pays de Droit. Or, la hiérarchie du Droit stipule que les règles internationales prévalent sur le Droit national. Ainsi, un citoyen ne peut réaliser à l’étranger un acte d’ordre pénal dans son pays, même si cet acte n’est pas répréhensible à l’endroit où il le commet. Le mariage homosexuel n’est pas autorisé par la loi du Maroc.

D’ailleurs, le mariage marocain est adoulaire. L’acte légal est validé par l’adoul. Il est à la fois le greffier du tribunal et un notaire. L’Adoul est un juriste qui a suivi une formation en droit islamique. Pour qu’un Français puisse épouser une Marocaine, le Certificat de Capacité au Mariage (CCM) nécessite un certificat de fiançailles (la relation sexuelle avant mariage, concubinage, est punie d’1 an de prison, article 490 du droit marocain), l’autorisation par le procureur du Roi et le certificat de conversion à l’Islam. C’est ainsi que le Maire d’une municipalité française ne peut célébrer un mariage mixte que sous la présentation des documents remis par le Consulat du Maroc. Le certificat de conversion n’est, par contre, pas exigé pour une Française qui épouse un Marocain car le droit islamique autorise un Musulman à épouser une Chrétienne ou une Juive (mais pas une Bouddhiste, par exemple). Il sera alors demandé un certificat de baptême. C’est la pratique en France et cette pratique est respectée au titre des accords internationaux.

L’arrêt de la Cour de Cassation est donc d’autant plus surprenant au sujet d’un mariage « gay ». Il n’est pas question de mettre en doute l’indépendance des magistrats vis-à-vis du pouvoir. Mais alors que Christiane Taubira est devenue un symbole du gouvernement (elle a été particulièrement acclamée par son camp à l’Assemblée Nationale cette semaine), la sortie de crise avec le Maroc, dont elle a la charge, devrait sembler inaccessible. Il n’en est rien. Mustafa Ramid et Christiane Taubira se sont accordés sur tous les sujets. Laurent Fabius doit recevoir Salaheddine Mezouar, son homologue. Le roi Mohamed VI serait déjà à Paris. Sa sœur, Lalla Myriem, était à l’Institut du Monde Arabe de Paris, à titre officiel ce week-end. Un dossier difficile est facilité par la raison supérieure à toute raison.

Pour ce qui est de l’évolution sexiste, on n’arrête pas le progrès. Le Wall Street Journal nous apprend que l’université de New York vient d’interdire l’utilisation des déterminants Monsieur, Madame ou Mademoiselle. Ces déterminants pourraient exercer une discrimination et causer un préjudice émotif vis-à-vis des transsexuels (ne pas oublier la mécanique jurisprudentielle du droit anglo-saxon).

 

Analyse de l’Apartheid en France

 

3 shalits(photos de supporters de l’équipe d’Algérie durant le Mondial de football faisant le signe des 3 Shalits, les 3 jeunes israéliens kidnappés par le Hamas et exécutés durant l’été 2014)

Le terme d’Apartheid, utilisé par Manuel Valls sonne fort. Il a choqué bon nombre d’observateurs par son outrance. D’abord, « l’Apartheid » ne peut être qu’un choix de l’Etat. C’est un système législatif pour organiser la ségrégation. Si la société est discriminante, il s’agit d’un phénomène sociologique et non d’une volonté. L’appareil législatif français organise tout le contraire.

Ensuite, l’Apartheid fait référence à l’Afrique du Sud dans ses spécificités contextuelles de l’époque avec une minorité raciale blanche qui contrôle une majorité raciale noire. Le caractère y était, par cela, antidémocratique. On ne peut donc pas transposer la situation sud-africaine du XXe siècle à la France d’aujourd’hui.

Il y a donc une intention politique à l’utilisation de ce vocabulaire. Le terme a été choisi avec attention. Alors quelle est cette intention ?

Le contexte des attentats islamistes place le discours de Manuel Valls sur le champ des mesures pour s’y opposer. Le discours s’adresse aux 10% de Français musulmans et à un supposé ressenti de discrimination. On ne peut s’abstenir de rappeler que l’immense majorité de la population musulmane, en très forte croissance, est un électorat socialiste.

L’administration de Manuel Valls postule que l’Islamisme est une réaction psychologique au mal-être de populations « défavorisées ». Le terme de défavorisé prend son amplitude au regard de son association à « Apartheid ».

L’intention politique se détermine par une vision à longue échéance. Il y a donc intention de changement de société. Autant dire, au passage et dans ce cadre, que le changement n’est pas pour maintenant. Le changement sociétal est une visée à plusieurs générations. La méthode « fabienne », du nom de la gente politique de la Rome antique est une tradition du mode opératoire socialiste.

J’ai pu développer un peu, lors d’un précédent article sur le « politiquement correct », l’ambition sociologique du « vivre-ensemble » comme valeur refuge. L’intention gouvernementale est de recadrer, sans le dire, le concept d’intégration. Il ne peut pas être évoqué directement car l’ensemble des développements sociétaux témoignent de l’échec de la politique française d’intégration.

Cette intégration, politiquement correcte parce que lissée par un autre référentiel que l’immigration et en ne dévoilant pas son nom, vise un nivellement, une situation médiane qui élague les extrêmes.

Il convient, ici, de rappeler que, pour le gouvernement et la bien-pensance, nous ne sommes pas en guerre contre l’Islamisme mais contre l’extrémisme.

Le discours de Manuel Valls n’est pas réactif. Il se veut préventif contre l’Islamophobie. Clairement, la victime des attentats islamistes est l’Islam pour l’administration Valls. La réforme de longue haleine que propose le Premier Ministre vise à modifier le concept d’intégration de manière paradoxale. En effet, il ne s’agit plus d’intégrer les nouvelles populations à la République, Une et Indivisible par la laïcité mais d’intégrer l’Islam à la France.

Etre en guerre contre l’extrémisme et non contre l’Islamisme revient à valoriser l’Islam. L’Islam serait alors une modélisation de la société régie par un même fonctionnement et subissant la même dialectique entre son cœur modéré et sa périphérie extrémiste, engeance du populisme.

 

Cette approche est une erreur totale.

Elle est une erreur parce qu’elle se projette à long terme. Les moyens visent une fin à long terme pour gérer une situation immédiate.

L’administration du gouvernement utilise des symptômes pour établir un diagnostic. Le symptôme est que les Jihadistes sont recrutés en prison et ces populations sont issues de catégories « défavorisées ». Le diagnostic est toujours le même : la société est responsable des actes des criminels. La pensée de Gauche demeure inlassablement dans la primauté du collectif sur l’individu en termes de valeur.

Elle est une erreur parce que les faits contredisent l’option idéologique.

Le Jihadisme n’est pas lié à une spécificité française d’apartheid.

Elle est une erreur parce qu’elle résulte d’une méconnaissance profonde de l’Islam.

Le Jihadiste se recrute en prison parce que l’Islam est plus un modèle sociétal qu’une religion. C’est un système juridique avant d’être théocratique. Les docteurs de l’Islam, les Mollahs, sont des juristes. Toute l’histoire géopolitique le démontre. Il s’agit de l’histoire arabo-musulmane qui continue, aujourd’hui, de gérer des relations strictement tribales sur des Etats de sable établis par l’Occident.

Carl Schmitt, maître fondamental de la philosophie du Droit, spécifiait, dans sa critique du Léviathan de Hobbes, que l’attitude politique est théologique. La foi met fin à l’incertitude et le Léviathan poursuit l’œuvre missionnaire de la religion. Si la République intègre l’Islam, la République deviendra islamique.

Le Jihadiste se recrute en prison non pas parce qu’il est issu d’une catégorie sociale défavorisée mais parce que le Jihad est, juridiquement le sixième pilier de l’Islam, la vertu suprême du Musulman. Le délinquant n’a pas besoin de repentance. Le Jihad lui ouvre directement les portes du paradis sans qu’il ait besoin de se soumettre aux obligations individuelles : pèlerinage, déclaration de foi, aumône, etc… Le Jihad n’est pas une révolte contre un système. Il est la plus grande gratification.

Elle est une erreur parce que ce n’est pas en favorisant l’Islam dit « modéré » que l’Islamisme sera affaibli. Quand bien même l’Islamiste serait archi-minoritaire au sein de l’Islam, le terroriste n’a pas besoin d’être organisé en nombre pour commettre des attentats. La qualité prime sur la quantité pour conjuguer la somme de toutes les peurs. Le politiquement correct et le sentiment démocratique corrompent la guerre contre le terrorisme.

Elle est, enfin, une erreur fondamentale car l’Islam n’est pas la victime des attentats. Les victimes sont ceux qui ont été tués. Il y avait un dénommé Ahmed parmi les victimes. Le policier n’a pas été tué sur le déterminant Musulman. Il a été tué sur le déterminant Policier. Les frères Kouachi déclaraient ne pas tuer de femmes. Elsa n’a donc pas été tuée sur le déterminant Femme, ni même sur le déterminant Charlie Hebdo mais sur le seul déterminant Juive.

L’erreur concomitante sur les causes du mouvement populaire de rejet des attentats engendre la plus dure erreur de la réaction de l’Etat français et de l’Occident. Les attentats ne s’attaquaient pas à la liberté de la presse. Ils ne s’attaquaient pas à Charlie-Hebdo sur un déterminant Presse. Ils s’attaquaient au déterminant ennemi de l’Islam.

Pourtant, le discours politique de Manuel Valls est en phase avec l’opinion publique. Ces jours-ci, un sondage exprime que la moitié des Français jugent l’Islam compatible avec la République alors qu’ils n’étaient que 30%, en gros, il y a deux ans.

 

 

 

 

Politiquement correct

Lors de son discours historique de janvier 2015 à l’Assemblée Nationale, Manuel Valls appelait à s’affranchir du « politiquement correct ». Ce serait, effectivement, le moyen d’arrêter le déni de réalité qui favorise la menace islamiste. Manuel Valls assume cette réalité formellement. Mais dès la conclusion de son discours, le Premier Ministre retrouve le Politiquement Correct et appelle, également, à ne pas faire d’amalgame.

Les jours qui ont suivi ce discours correspondent à un recadrage à l’opposé du fondamental de ce plaidoyer. Il est donc particulièrement important de s’intéresser au phénomène:

Il n’y a pas hasard. Il y a nécessité, la nécessité de porter la notion de « vivre-ensemble ».

Un phénomène concomitant se retrouve dans la manifestation extraordinaire et, elle aussi, historique de ce début janvier. Elle est une incantation au « vivre-ensemble ». « Je suis Charlie » est un déni de réalité par ceux-là même qui revendiquent ce statut.

Le politiquement correct correspond à la domestication de l’Homme par la société et la société est l’Homme lui-même. Le déni de réalité est ce cogito immunitaire que décrivait Nietzsche et que je développe dans « Philosophie de l’Amour ». La réalité est une vérité trop dure et nous ne pouvons que la rejeter. Quoi que nous puissions penser, nous établissons une échelle de valeurs qui place la relation sociale au-dessus des individus, dont nous-mêmes, qui organisons cette relation. Henri Laborit, dans sa biopsycho-sociologie, présente la mécanique neurologique qui nous y pousse. Le Politiquement Correct nous protège de l’exclusion sociale. Nous sommes arrivés à un tel niveau de domesticité que nous ne pourrions y survivre. Konrad Lorenz, seul comportementaliste couronné d’un prix Nobel, nous montre les tares de l’animal domestiqué. Il est obsédé sexuel, obèse, infantile. Les individus les plus malades, les plus corrompus sont ceux qui deviennent les plus aptes à la vie sociétale. Ils sont les plus préservés. L’ordre de la sélection naturelle est inversé.

Nous voyons, ensuite, une forme de supériorité morale à ne pas faire d’amalgame, à ce déni de la réalité que je décrivais par un article précédent intitulé « Ne pas faire d’amalgame ». Il s’agit de la supériorité de la raison sur l’émotion. Il s’agit, également, de la supériorité de la conception « politiquement correcte » de l’Humain, de ce qu’est l’humanité. Dans ce même article précédent, j’évoquais la formule d’Albert Jacquard qui prétend que c’est l’humanité qui nous fait homme alors que c’est, au contraire, la perception de l’homme qui fait l’humanité, toujours le même rapport entre les individus et la relation.

Par ce sentiment de supériorité de valeurs, nous nous chargeons nous-même de la police de notre propre pensée. La pensée unique est socialement confortable. nous la subissons de notre plein gré.

A qui profite le crime, en réalité? Les événements de janvier engendrent une hausse de popularité de l’administration Hollande.

Il y a une mystification de l’idéologie de Gauche et j’ai pu la mettre en évidence dès mes premiers ouvrages. La Gauche est porteuse du déni de réalité. Elle fait porter la responsabilité à ses adversaires de causes dont elle est seule l’auteure.

Elle initie, à la fin de XIXe siècle, le colonialisme pour se présenter, ensuite, comme la défenderesse de l’anticolonialisme. A la même époque, elle organise le système des Fiches qui participera aux difficultés de la Grande Guerre, puis se drape de probité. Le « mur des cons » contemporain n’est pas leur coup d’essai. Elle rejette avec mépris « l’esprit de Munich » mais le représentant de la France aux accords de Munich était Daladier, l’homme du cartel des gauches. La liste n’en finit pas.

Manuel Valls, maintenant, parle d’une France sous le régime de l’apartheid. C’est un déni de vérité sur les causes sociologiques de l’attrait pour le Jihadisme. Au-delà du mot, Aquilino Morelle, ancien conseiller en communication de François Hollande parlait, pour sa part, d’épuration ethnique et de génocide au sujet de son éviction, n’a-t-il pas été relevé que Coulibaly, le terroriste de l’hyper casher, avait été reçu à l’Elysée? Est-ce là l’apartheid qui l’a conduit au terrorisme? Le mot est fort, mensonger, mais il est dans le politiquement correct. L’idéologie de Gauche y est ancrée. Le déroulé est des plus logiques. Le vivre-ensemble tient d’une même supercherie.

Nous subissons de plein gré notre soumission à la pensée dominante. Le discours initial à la tribune de l’Assemblée Nationale de Manuel Valls touchait que l’Islamisme ne nourrissait de notre soumission. C’est la raison première pour laquelle il convenait de s’affranchir du « Politiquement Correct ». Islam signifie Soumission. Et ce n’est pas faire un amalgame. Les mots ont un sens et leur signification est simple à comprendre.

Cosmopolis s’endort dans une douce tiédeur. Y aura-t-il un réveil?

Présentation sommaire de l’ouvrage Banlieues en feu

banlieues Cette étude fait une itération des violences urbaines de 2005 avec les émeutes de Los Angeles de 1992 pour déterminer les dénominateurs communs et mettre en évidence les différences.

Le résultat surprenant est loin de ce qu’ont pu décrire les médias, tant pour la France que pour les Etats-Unis.

L’étude est principalement fondée sur le rapport de la commission Webster en charge de la compréhension des événements de Los Angeles.

Elle est, également, un témoignage pour avoir passé 3 ans au cœur des cités du 93 pour une collectivité territoriale et, en particulier, durant cet hiver 2005.

Elle est, enfin, une prospective qui s’avère, malheureusement, pertinente aujourd’hui. J’y décrivais et évaluais l’effet tentateur des « jeunes » qui, par milliers, allaient s’exercer au Jihadisme à l’époque en Yougoslavie et déjà en Afghanistan, en Irak. Ils ne pouvaient revenir que porteurs de la volonté et des moyens d’un saut qualitatif.

L’ouvrage se poursuit avec une seconde étude chez le même éditeur: « la Mystification antiraciste » qui décrit les rouages du déni de la réalité au nom du politiquement correct.

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Ne pas faire d’amalgame

daesh, HamasCouv Philosophie politique Amour

Ne pas faire d’amalgame est le mot d’ordre de ce mois de janvier 2015. Nous assistons à une superbe escroquerie idéologique. Il ne faut surtout pas faire d’amalgame, effectivement. Mais cela signifie identifier l’élément différentiel.

La loi de Weber-Fechner établit que la sensation varie comme le logarithme de l’excitation. Si la fraction de Weber est une constante, elle ne peut être validée que par le seuil différentiel, la plus petite différence d’intensité perçue. Des objets peuvent être différents et sur une multitude d’étalonnages. En dessous du seuil différentiel, tout comme il sera impossible de distinguer, par la sensation, un objet d’1 kilo d’un objet d’1,1 kilo, une religion en vaudra une autre. La loi de Weber-Fechner se vérifie dans tous les domaines de la perception.

L’identité, et j’en fais la démonstration à ce titre dans l’ouvrage « Philosophie politique de l’Amour », se détermine par le plus petit dénominateur commun et non le plus grand, l’identité est une déclinaison de ce qui est identique.

Il faut appeler un chat un chat.

Ne pas faire d’amalgame serait donc ne pas assimiler l’Islamisme à l’Islam. En réalité, ne pas faire d’amalgame est de ne pas assimiler l’Islam aux autres religions. Le fait est que les Islamistes sont musulmans, par contre.

De la même manière, L’éminent généticien Albert Jacquard nous offrait le syllogisme que c’est l’appartenance à l’humanité qui nous rend homme. Selon Jacquard, l’identité ne se définirait pas par le plus petit dénominateur commun mais par le plus grand commun dénominateur. Ce n’est pas l’appartenance à l’humanité qui nous rend homme. C’est la conscience de l’humanité qui nous rend homme. C’est la conscience puis l’adhésion à l’humanité qui nous fait y appartenir. L’identité est un libre-arbitre. Notre identité nous appartient. Ce n’est pas nous qui lui appartenons.

Ne pas faire d’amalgame, selon la formule politique actuelle, revient à assimiler l’Islam aux autres religions et revient à assimiler l’Islamisme à toute forme d’extrémisme. Non, celle que j’aime, je l’aime sans modération. Cela ne fait pas de moi un terroriste.

La volonté politique de ne pas faire d’amalgame est pire qu’une escroquerie. Elle est un crime. Elle n’est pas qu’un déni de la réalité. Elle est une haute trahison, cela fut-il par ignorance.

Brèves de la semaine au 25 janvier 2015

François Hollande annonce, depuis le forum de Davos, qu’il se rendra aux obsèques du roi Abdallah. Pas de chance, les funérailles se déroulaient durant ce discours.

Gauche caviar et Journal Officiel : la prime de fin d’année des recteurs d’académies passe de 15 200€ à 25 620€. La grosse entreprise ne connait pas la crise. Pierre Bergé est promu au rang de Grand Officier de la Légion d’Honneur. Ce n’est pas du prêt-à-porter.

Charlie hebdo tire à 7,2 millions d’exemplaires, perd son âme pour atteindre le paradis. (1 vierge = 100 000) Pour la circonstance, Charlie Hebdo a fait appel à Anne Hommel, auparavant chargée de la communication de Dominique Strauss-Khan.

Droite maladroite : Christine Boutin, en 5 ans, a vendu 38 exemplaires de son œuvre littéraire « Qu’est-ce que le parti chrétien-démocrate ? », preuve que personne n’a la réponse.

Tout est pardonné, slogan à la mode: Emmanuel Macron, Ministre de l’économie et monétariste pour ne pas dire employé des banques, se rendait à Lampaul-Guimiliau (Finistère) pour rencontrer les anciens salariés de Gad et partager une galette des rois. Pour mémoire, près de 900 salariés avaient été licenciés et ne retrouvaient pas d’emploi. Selon le tout nouveau ministre, la raison était qu’ils étaient analphabètes. C’est qui le roi ?