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L’espoir de la révolte

De toute évidence, notre société est malade. Soucieux de son bien-être, nous sommes à l’écoute de tout soubresaut car ils sont manifestes. Par exemple, une marche citoyenne était organisée à Calais le week end dernier pour exprimer le désaccord avec l’arrestation du général Piquemal. Comme pour ce dernier, l’intention était de mettre en évidence le deux poids, deux mesures lié à l’écho fait à l’accueil des migrants. Leur souhaiter la bienvenue, c’est le Bien. Ne pas y être favorable, c’est le Mal. Le deux poids, deux mesures serait d’autant plus mis en évidence que les manifestations pro-migrants sont accompagnées de heurts avec les forces de l’ordre et que la défaillance structurelle ne permet aucune action répressive. A contrario, la manifestation déguisée en marche citoyenne a vu une personne déposer une gerbe de fleurs devant un monument aux morts et se faire arrêter sans ménagement pour cela. Pour les organisateurs de la manifestation, le deux poids, deux mesures ne peut pas être mieux qualifié.

Je voudrais, ici, signifier que je connais personnellement le général Piquemal. Il m’a fait l’honneur de préfacer mon ouvrage sur l’Intelligence Economique, « la Mercatique, nouvel art de la guerre ». Il l’a fait, si je peux me permettre de porter un avis sur ses raisons, au titre de l’amitié parachutiste. En réciprocité par ce que je suis et par les valeurs que je défends, quoi que fasse le général, je prendrai parti pour lui. C’est une question d’honneur et de fidélité. C’est une question vitale. Car quand on ne prend pas parti pour les siens au nom d’une soi-disante liberté individuelle de pensée et quoi qu’il en coûte, alors il n’y a plus de préférence nationale. La terminologie fait peur. Elle rappelle le Mal. Mais c’est très simple: quand il n’y a plus de préférence nationale, il n’y a plus de Nation.

Bref, le deux poids, deux mesures pourrait signifier que la démocratie est une mystification. Comme certains Politiques l’ont dit, l’Etat français agit à l’égal de régimes comme la Corée du Nord. En réalité il y a bien deux poids, deux mesures. Mais il s’agit de deux poids de natures différentes qui doivent être mesurées différemment. En réalité, qu’est-ce qui dicte l’intérêt général? Il y a bien différence d’appréciation. Mais ce n’est pas le fond du problème. Le problème n’est pas dans le système démocratique et la fausseté du système représentatif. Il est certain que le système a démontré qu’il ne tenait pas vraiment compte de la volonté du peuple. Lorsque le référendum a rejeté  l’Europe de Schengen, celle-ci fut tout de même ratifiée. Mais la réalité a trait à ce qui est derrière le système. La réalité a trait à l’absence de volonté des hommes.

Le problème n’est pas dans la démocratie qui serait la pire des dictatures parce qu’elle ne dit pas son nom. Le problème est dans le système qui aseptise la société. C’est cette fausse morale qui conduit à interdire au nom du Bien. Tout devient interdit au nom d’une intention. On ne doit plus fumer et il sera bientôt interdit de fumer chez soi. La pensée intime devient régie par l’interdit et l’autorisé. Voici, par exemple, une nouvelle censure cinématographique quand des films sont interdits au nom d’une pensée alors que dans le même temps, Internet donne libre accès aux plus grandes ignominies dans tous les domaines. Dans ce cas non plus, il n’y a pas deux poids, deux mesures. Il y a un ordre qui se veut universel. C’est cet ordre qui régi le Bien et le Mal, fussent-ils contraires à la nature et tout le problème est là puisque cet ordre se positionne sur l’intention individuelle.

Cette évolution sociétale est générale. C’est dans le système éducatif qu’elle est la plus visible. La dernière réforme de l’Education Nationale touche le mammouth post-moderne. La ministre justifie d’avis éclairés. La toile raille que ses communiqués sur Internet alignent une faute grammaticale par phrase. Mais n’est-ce pas intentionnel, une façon de donner l’exemple?

Quoi qu’il en soit et comme pour toutes les orientations sociétales, vous aurez été prévenus. Mais vous n’êtes plus en capacité de révolte puisque la morale aseptisante prévaut sur toute considération.

C’est cette morale qui est fausse. On peut se révolter contre la pensée dominante. On ne peut plus quand celle-ci est dictée par l’ordre moral. Mais la considération de la révolte répond à la gestion de ce que nous avons à perdre dans le concret. La règle veut, au sujet des transitions démocratiques, que l’orientation gouvernementale soit inaliénable quand le revenu moyen par habitant a franchi le cap de 33 000 dollars par an. Cette doctrine initiée par Adam Przeworski est validée par toutes les doctrines. Néanmoins…

Laurent Lafforgue est médaillé Fields. C’est l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques. Lors de son audition au Sénat, le 2 avril 2015, il rapporte :

 

« Ayant pris connaissance avec effarement des programmes et des évolutions de contenus et de méthodes d’enseignement, et ayant mené ma propre enquête en examinant des manuels et en recueillant le témoignage d’instituteurs, de professeurs et de parents d’élèves, j’ai d’abord pensé que ce qui se passait était tellement absurde qu’il suffirait de prononcer quelques phrases de bon sens pour que tout le monde se mette d’accord et que l’école se reconstruise. Depuis, j’ai totalement perdu cette

illusion. Je ne fais plus confiance à l’école dite républicaine, à laquelle toute ma famille et moi-même avions tellement cru, pas plus qu’à l’école privée sous contrat, qui a malheureusement suivi le même chemin. Ma seule espérance est désormais que subsistent, ici et là, au milieu du désastre général, de petits îlots d’instruction et de transmission des connaissances, grâce au travail d’instituteurs ou de professeurs isolés, dans des écoles publiques ou privées sous contrat, qui restent fidèles à la cause de l’instruction, de la transmission, et font tout ce qu’ils peuvent dans un environnement institutionnel hostile, ou bien dans des écoles hors contrat, qui sont aussi rares que leurs ressources et leurs moyens mais qui maintiennent vivante la petite flamme de la transmission grâce au dévouement d’instituteurs et
de professeurs qui consentent de lourds sacrifices pour exercer leur noble métier conformément

à leur conscience. »

 

http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28031.html

Cette petite flamme d’espoir est essentielle. Les grandes œuvres n’ont jamais été le fruit des majorités. Celles-ci sont silencieuses et passives. Les grandes œuvres sont toujours le fruit de minorités agissantes. Mais il ne faut pas oublier que l’Espoir et la Révolte sont deux poids qui se mesurent différemment.

 

Hollande à Carcassonne

Que retenir de la visite du chef de l’Etat à Carcassonne ? François Hollande est en campagne.

Aujourd’hui paraît au Journal Officiel le projet de loi de réforme de l’éducation au collège. Ce n’est pas faire preuve de parti-pris que de mettre en évidence que le corps enseignant des collèges est traditionnellement le maillon fort du Parti Socialiste. Il y avait, pourtant hier, 30% de grévistes contre le projet de loi de Madame Belkacem.

Le 5 juin s’ouvre à Poitiers le congrès du Parti Socialiste dans un climat de catastrophe. Le journal le Monde, le 16 mai, faisait état de « la grande hémorragie des militants. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : En moins de 10 ans, le nombre des adhérents est passé de  280 000 à 130 000. Et encore, la moitié ne serait pas à jour de ses cotisations. Pire pour le parti de gouvernement, la moitié des adhérents détiennent un mandat électif.

L’analyse rapide de dire que les membres du PS sont les élus politiciens reste taboue. Toutes les formes et toutes les causes de démissions, d’écœurements, de divisions se conjuguent. La plus redoutable pour la gauche correspond, comme toujours, aux gens qui partent sans bruit, dans l’indifférence, sur la pointe des pieds. C’est en ce sens qu’être à jour de ses cotisations est un indicateur pour dire qu’il ne reste plus au PS que des élus. Le congrès du PS risque de ressembler  à ces congrès du Parti Communiste d’Union Soviétique à l’époque du stalinisme.

Plus en profondeur, 23% des Français considéreraient que le PS est porteur d’un projet pour la France, selon une récente étude. Une analyse sociologique du Parti Socialiste est également révélatrice de la mutation de cette organisation :

38% des membres du PS sont des cadres supérieurs.

14% sont des employés.

3% sont des ouvriers.

Presque majoritaires il y a 30 ans, les non-diplômés représentent 4% des effectifs.

François Hollande était donc à Carcassonne, hier. C’est la presse unanime qui qualifie cette visite de campagne politique. Il y a la forme : Avant de faire un discours de politique générale à la salle du Dôme devant 1000 invités représentants les collectivités, le Président a visité la petite coopérative de glaces fondée par les salariés licenciés d’ex Pilpa. Il était accompagné du Ministre de l’Economie et du Ministre de l’agriculture. Le geste est clairement et strictement  politique. Enfin, cette visite, « en terre socialiste », s’est décidée aux derniers moments.

Qu’attendre d’une visite en région du chef de l’Etat? Que soient proposées des pistes de solutions face à un problème structurel ou conjoncturel local et dont les clés seraient tenues par l’Etat ? Que soit clarifiée la grande question actuelle de la fusion des régions LR et MP ? Tout le monde s’attendait à ce que cette question occupe le cœur du discours du Président.

De la grande région, il fut question. Le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées représentera LA grande région du Sud de la France. Soit ! Marseille appréciera.

Quel est l’intérêt de cette nouvelle région ? « Il faut lui donner un sens, et j’y veillerai ! » dit François Hollande. Soit !

Le Président a, ensuite, fait le bilan de ses trois années de mandat et il est satisfait puisque tout est conforme à son discours du Bourget qui présentait son programme. Soit !

Un Président doit être égal à lui-même et François Hollande y est allé de ses petites phrases :

«L’école a besoin d’une politique pas d’une polémique » Soit ! Mais, tout de même, tout de même, la notion de résultat doit-elle être définitivement abandonnée au profit de la seule idéologie ?

«Je dois aller vite, comme la société va vite. Nous devons changer nos règles je veux créer un choc de simplification, nous perdons trop de temps à faire des études avant de mettre en place les projets.» Soit ! Mais tout de même, tout de même, n’est-ce pas à la société de s’adapter à l’Homme  qui la construit ? Toute gestion de projet repose sur des méthodes et elles indiquent que la phase d’étude est la plus importante et la plus longue. La formule n’est-elle pas un peu trop populiste ?

«Je veux rendre universel le service civique, chaque jeune qui en fera la demande aura une mission tout de suite.» Soit ! C’est une belle intention.

«Nous devons bâtir des droits qui accompagneront les personnes tout au long de leur carrière professionnelle. Nous allons créer le compte personnel d’activité et pour cela nous aurons besoin de l’État, des partenaires sociaux et des régions.» Soit ! Yaka Faucon.

Pourtant, portant, l’emploi n’est-il pas la question prioritaire de la France, des Français ?

Depuis qu’il est devenu, par les circonstances, Président de la République, la côte de popularité de François Hollande n’a cessé de se dégrader. Nous avons évoqué l’état du Parti Socialiste. Et François Hollande est en campagne. Campagne pour quoi puisque nous avons également vu que les prochaines élections qui sont les régionales n’avaient pas été abordées autrement que pour la forme puisque cette visite présidentielle était en région ? De toute évidence, il s’agit des élections présidentielles de 2017. Parmi tous les sondages et études périodiques pour analyser l’écho du gouvernement et du chef de l’Etat auprès des Français, il me semble qu’une donnée est passée relativement inaperçue : 23% des Français considèrent que François Hollande est l’homme de la situation. Et c’est énorme ! Qu’importe le fond pourvu qu’il y ait l’ivresse.

émigration française

Un article récent des Echos mettait en évidence un particularisme de l’enseignement français. En effet, sur les 25 jeunes économistes les plus prometteurs selon le FMI, 7 sont Français. Ce n’est d’ailleurs que le prolongement d’une longue tradition de reconnaissance d’un savoir de l’école française récompensé en Prix Nobel ou médaillés Fields.

En fait, les Français sont reconnus comme les héritiers d’une tradition de formation mathématique. Il y a donc bien une spécificité française d’attrait pour la recherche.

Mais il est bien connu que les chercheurs français se tournent vers les laboratoires étrangers qui sont en mesure de répondre à leur attente.

De même, parmi les 7 économistes français de moins de 45 ans présentés par le FMI, 5 travaillent pour des universités américaines.

Maintenant, les Français les plus riches choisissent également de vivre à l’étranger. Le cas de Gérard Depardieu n’est qu’un petit fragment visible d’un immense iceberg. Les 4 destinations les plus recherchées sont Genève, Londres, Bruxelles mais aussi, de manière plus surprenante, Hong Kong. Bref, quand on peut quitter la France, on la quitte.

Chez nos séniors, l’attrait de l’étranger est encore plus vivace. 20 000 Français doivent émigrer au Portugal en 2015 selon un article de Libération. Ce sont également 15 000 Français qui devraient rejoindre l’Espagne. Le Maroc, bien que moins attractif accueillera des milliers de Français. L’article de Libération, et son journaliste François Musseau, relaient une analyse surprenante de leur part:

Ce n’est pas tant l’attrait pour le Portugal qui anime ces Français mais le rejet de la France.

Ce ne sont pas des témoignages isolés recueillis auprès de gens rongés par le ressentiment ou la xénophobie. Tous parlent d’une «dureté» d’une «absence de bienveillance». Autant de maux qui s’estompent aussitôt foulé le sol portugais, estime ce couple de Varois qui ne regrette pas sa décision. En sirotant un pastis sur leur terrasse noyée de soleil, ils disent : «Oui, vous pouvez dire que c’est une fuite, voire un exil sentimental. Mais vous savez quoi ? Après toute une existence de labeur et de tracas, on veut juste finir notre vie en paix.»

François Hollande en campagne

La presse de Gauche, l’Humanité ou Libération, relevait le caractère électoraliste de la visite du Président de la République aux Antilles, Cuba et Haïti. La fin de l’année 2015 sera marquée par les élections régionales. Mais pour le coup, nous devons reconnaître que notre Président y est allé fort, du moins avec le portefeuille du contribuable:

Au côté de la refonte du RSA qui n’a pas trop été relevée pour des départements touchés par le chômage à hauteur de 25% de la population, les mesures les plus spectaculaires sont une rallonge de 750 000 € pour les universités, la création d’une troisième école de la seconde chance pour 700 000 € et le plus étonnant ce « centre d’excellence des langues » pour Saint Martin. L’installation d’un cyclotron pour permettre la détection des cancers demeure dans le principe de service public de la santé.

Ne ratant jamais l’occasion d’un bon mot, François Hollande sortait: « Si le ministre des Finances était là, il commencerait à s’inquiéter »… Mais c’était juste avant une autre formule : « Quand je viendrai à Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons ». Le journal L’Express demande si le Président a conscience des conséquences d’une telle annonce.

La réalité dépasse le fantasme

« Pas de commentaire… »

Ne pas faire de commentaire, c’est souvent déjà faire un commentaire. Les sens en sont variés. Mais quand l’information est tellement explicite, tout commentaire est superflu. Plus, le commentaire vient minorer la gravité de l’événement.

Alors voici un article où l’information est donnée en vrac. Il y est question de l’exception culturelle française:

François Hollande paraissait, semaine dernière, sur Canal+. La presse titrait : « blagounette et chansonnette. »

Le 7 mai paraîtra une bande dessinée de Mathieu Sapin chez Dargaud dont le héros principal est François Hollande.

Le Journal de Mickey a commandé une étude pour définir les 50 personnalités préférées des enfants. Résultat en mars 2015: François Hollande arrive à la 50e place. Le 19 avril, le journal Le Parisien nous apprend que François Hollande ouvre l’Elysée au Journal de Mickey et participera à un documentaire exclusif pour ce journal. (cible des 7 à 14 ans: on imagine que les 14 ans, lecteurs de Mickey, ne sont pas en classes européennes, argh pas de commentaire!)

La politique de communication de François Hollande est parfaitement cohérente et en phase avec le principe du « président normal » comme avec la politique gouvernementale.

Madame Belkacem prévoit la suppression des classes européennes qui sont élitistes. Le programme officiel des classes générales va être allégé pour limiter le programme obligatoire.

Jeu de chaises musicales, culture oblige. Mathieu Gallet avait quitté l’INA pour prendre la direction de Radio France. Quelques mois après surgit le scandale de la rénovation de son bureau dont le montant des travaux serait indécent. Agnès Saal lui a succédé à la tête de l’INA. Petit scandale cette semaine. En 10 mois, les frais de taxi de Madame Saal s’élèvent à 40 000 euros. Vue et prise, Madame Saal remboursera ses consommations personnelles et a déjà remboursé les frais de taxi de son fils d’un montant de 7500 euros sur la même période. ( je rembourse ce que j’ai volé mais le principe de ma consommation est tout à fait normal… L’INA, le cinéma d’art et d’essai est fondamental à la société et ne vise aucunement une forme d’élitisme. Mince, tout commentaire inutile… dur!)

Delphine Ernotte-Cunci succède à Rémy Pflimlin à la tête de France Télévision, entreprise de 10 000 salariés.

Il y aurait, en France, 3 fois plus de producteurs de cinéma que de films produits. Bof, il y a, en France, 10 fois plus de comédiens que de rôles disponibles.  Le rapport entre le besoin et les professionnels techniques est du même ordre. Le revenu d’un intermittent du spectacle est précaire. Il y a une mission de service public à être un artiste. Par contre, il y a un concours d’entrée à la fonction publique. Mais il ne faut pas être élitiste. (ne pas faire de commentaire, c’est une blague. Ces informations sont trop dures pour ne pas minorer leur perception par un commentaire).

 

combat idéologique sous-jacent

Loi de la thermodynamique : Une action engendre une réaction.

Le phénomène est beaucoup plus présent dans la société que la dialectique de l’Ordre et du Mouvement. Car le constat de l’après-attentat de Charlie Hebdo est phénoménal :

« Pas d’amalgame ! Les Musulmans sont les premières victimes des attentats ! » Ces slogans valaient, bien sûr, prévention à un risque de réaction d’hostilité (légitime ?). Mais de ces réactions attendues, il n’y eut pas. Malgré le contexte de Daesh, malgré le contexte séducteur de Daesh qui connait de plus en plus d’adeptes, malgré la faiblesse des condamnations des autorités musulmanes des attentats, c’est l’inverse de ce qu’escomptaient les auteurs des slogans anti-amalgamistes qui se produisit. Pour la première fois, les sondages indiquent qu’une majorité de Français, jugent l’Islam compatible avec la République et en baisse d’incompatibilité par rapport au précédent sondage.

Pour enfoncer le clou, le maître mot nouveau est « stigmatiser ». Il est utilisé pour tout commentaire. Les mots n’ont plus guère de sens. Car donner comme valeur à l’observation d’actes et petites phrases politiciennes celle du supplice du Christ sur la croix pourrait sembler exagéré. Mais cela reste, finalement, sur le même registre que le maître mot précédent, « nauséabond ».

La loi de la thermodynamique est une réalité et il y a bien réaction.

Tout d’abord, le remplacement du maître mot « nauséabond » par celui de « stigmatiser » marque la transition d’une attitude défensive, réactive, à une attitude offensive, proactive.

Le mode préventif de la phase « Pas d’amalgame ! » en témoigne.

Ensuite, la phase réactive et bel et bien phénoménale. Pourtant, elle pourrait être passée inaperçue. La phase préventive, « Pas d’amalgame », aura agi comme anesthésiant.

Notre période après-Charlie, réactive à l’attentat, correspond à l’annonce de la volonté du recteur Boubakeur de la mosquée de Paris de doubler le nombre de mosquées en France.

Dans le même espace de quelques jours, le président tunisien, Beji Caïde Essebsi sera reçu en visite officielle en France sous un cérémonial jamais vu puisque les honneurs militaires lui seront rendus aux Invalides. Le protocole n’est pas cela. Les honneurs militaires ne sont rendus que pour une visite d’Etat et non pour une visite officielle et ils ont traditionnellement lieu au pavillon d’honneur de l’aéroport, uniquement pour une visite d’Etat.

Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’Etat français des Anciens combattants, se rendra en Algérie du 19 au 21 avril pour la commémoration du 70ème anniversaire du début de la guerre d’indépendance algérienne selon les historiens algériens. C’est véritablement une première en termes de représentation du rapport France-Algérie et de manière radicale.

En parallèle, de grandes marches contre l’Islamophobie sont organisées dans toute la France.

Le grand vainqueur des attentats contre Charlie Hebdo et contre le Super Casher ( à oublier le dernier, on finirait par croire l’argument le plus véhiculé: que les attentats visaient la liberté de la presse) est donc bien l’Islam. Finalement, pouvait-il en être autrement? De ma contribution à ce dernier ouvrage collectif paru il y a quelques jours, « Islamisation de la France: fantasme ou réalité? », présenté par Philippe Randa, je maintiens cette réponse positive, d’autant plus vraie que nous la provoquons.

Islamisation de la France

Cette semaine est publié un ouvrage collectif auquel j’ai contribué:

Islamisation de la France: fantasme ou réalité?

Il m’a paru important de participer à ce travail. Je profite donc de la sortie de ce livre en 3 volumes pour présenter un résumé de la thèse que j’y défends:

L’Histoire n’a jamais été l’œuvre de la majorité. L’Histoire a toujours été le produit de la minorité la plus active.

Maintenant, l’Histoire de l’Islam révèle son seuil de passage à l’activisme tout en étant de moins en moins minoritaire. Nous en avons le sentiment et l’Islam en a encore plus le sentiment. Ainsi, le fantasme est un accélérateur de réalité.

Toute analyse stratégique, pour différencier la réalité du sentiment de réalité, observe les Forces, les Faiblesses, les Opportunités et les Menaces (SWOT). Les données seules sont sujettes à interprétation.

Nous avons un Islam, aujourd’hui, qui a franchi le seuil de l’activisme (Force ou Faiblesse selon le côté d’où on se place). Et nous avons, en face, une France et un Occident bercé de morale judéo-chrétienne qui favorise la passivité. C’est un ce sens que l’Islamisation est une réalité. Les données démographiques viennent l’accentuer.

L’islamisation de la France :  fantasme ou réalité…

(3 volumes)

Philippe Randa (présente)

Editions de L’Æncre

chaque volume : 146 pages – 18 euros

Les 3 volumes : 45 euros (au lieu de 54 euros)

Choc des civilisations… ou choc des cultures ?

Les meilleurs écrivains, journalistes, philosophes, chercheurs, acteurs du débat politique et religieux confrontent ensemble leurs points de vue à cette question qui préoc­cupent tant nos concitoyens sur la place de l’islam en France et dans le Monde : Robert Albarèdes, Philippe Arebours, Alexis Arette, Nicolas Bonnal, Marc Brzustowski, Pierre Cassen, Alain Dubos, Gilles Falavigna, Camille Galic, Nicolas Gauthier, Me Nicolas Gardères, Gérard Gelé, Patrick Gofman, Arnaud Guyot-Jeannin, Roland Hélie, Philippe Joutier, Pieter Kerstens, Joseph Lavanant, Yves-Marie Laulan, Jean-Yves le Gallou, Pierre Lance, Paul Le Poulpe, Aristide Leucate, Pierre le Vigan, Michel Lhomme, Magnus Martel, Anne Merlin-Chazelas, Guy Millière, Patrick Parment, Dr Bernard Plouvier, Philippe Randa, Jean Robin, Jean-Claude Rolinat,  Scipion de Salm, Nicolas Tandler, Christine Tasin, Marc Rousset, Guillaume de Thieulloy,  Pierre Vial, Luc Voy… et les dessinateurs Ignace et Pinatel…

Quatre entretiens sont également publiés avec ces acteurs majeurs de ce débat : Tareq Oubrou, imam et recteur de la mosquée de Bordeaux, Alain de Benoist, philosophe, le père Michel Lelong, prêtre de sensibilité traditionaliste et Camel Bechikh, président de « Fils de France »…

Les trois volumes abordent les thèmes suivants : États musulmans, Laïcité, Athéisme, Liberté d’expression, Coutumes, mœurs, Théologie, Politique, Djihad, Entretiens, Témoignages…

http://francephi.com/livre/wp-content/uploads/2015/04/Catalogue-184-avril-2015.pdf

Débat d’idées

Au menu de l’actualité de ce mardi 10 mars 2015, peu de choses pouvaient prêter à analyse. Le drame d’un accident d’hélicoptère en Argentine relève du fait divers. Il y a eu une forte altercation à l’Assemblée Nationale entre Marion Maréchal Le Pen et le Premier Ministre Manuel Valls. La question de la députée FN portait sur la stigmatisation du FN revendiquée par Manuel Valls avec l’utilisation du mot « crétin ». La réponse du Premier Ministre fut d’une violence particulière. Ce qui pourrait n’être qu’une joute de plus dans l’hémicycle des acteurs politiciens mérite une analyse de fond. Nous verrons qu’elle produit deux problèmes sociétaux fondamentaux

 

En premier lieu, le mot « crétin » renvoie à la passe d’arme de ces derniers jours entre Manuel Valls et Michel Onfray. L’affaire porte bien sur l’engagement personnel de Manuel Valls pour les prochaines élections départementales. Le Premier Ministre entend porter le débat sur la forme de l’Extrême Droite. De nombreuses voix de tous bords politiques s’étonnaient de cette posture. La réalité est simple : Le FN est ou n’est pas un parti républicain. Il est légal, légitime ou ne l’est pas.

Le choix de Manuel Valls est méticuleusement choisi. Il s’adresse, en réalité, à la Gauche. Il est conséquent du passage en force de la loi Macron. Elle-même est le fruit de l’opposition des « frondeurs » et d’une amorce de dislocation du Parti Socialiste. Celui-ci se fracasse sur la conduite du pouvoir. L’attentat contre Charlie Hebdo lui a donné un peu de répit mais la flèche du temps est lancée. Ce n’est pas que cela. Le problème est d’ordre structurel et constitutionnel. La Ve République est un système qui favorise le bipartisme. Il ne peut y en avoir que deux ! Un Front National à 30% des intentions de vote signifie que soit le PS, soit l’UMP, soit le FN disparaîtra. C’est cela que met en évidence indirecte Manuel Valls. Il s’agit d’une rupture majeure, également, avec la stratégie politicienne de ces trente dernières années où il est connu et évident que le FN était une arme au service du PS contre l’UMP. Nous assistons donc à un événement majeur de stratégie politique.

 

Le second lieu à trait à la platitude du discours politique actuel, à sa normalisation, au politiquement correct, argument d’ailleurs majeur du Front National par la description de « l’UMPS ». Cela ressemble à un abrutissement des masses, ce qui nous renvoie à la forme utilisée par Manuel Valls pour stigmatiser le FN. Celle-ci veut échapper à tout débat d’idées. Retour au déroulé de l’affaire Onfray:

Michel Onfray, philosophe de Gauche, était questionné, dans cette actualité à l’égard du FN, sur ses choix de réflexion. Il dit préférer une idée juste à une idée injuste. Il dit préférer une idée juste même si elle est de Droite à une idée injuste, même si elle est de Gauche. A cela, Manuel Valls réagira en disant que Michel Onfray perd ses repères. Et c’est la question de fond.

Jacques Sapir, éminent économiste lui-même attaqué, fait un courrier que je me permets de reproduire puisqu’il résume la question avec la plus grande pertinence :

Valls ou le degré zéro de la pensée

9 mars 2015

Par Jacques Sapir

 

Monsieur Valls se saisit de la philosophie. Il le fait à sa manière, limitée et expéditive, comme aurait dit le Général. Celle dont il a usé face aux frondeurs (qui ne méritaient par ailleurs pas tant d’honneur). Celle dont il abuse pour supprimer des débats qui le dérangent. Monsieur Valls a donc décidé d’attaquer Michel Onfray. Que lui reproche-t-il ? Le mieux est ici de laisser la parole à la victime[1].

 

« Valls quant à lui n’a pas même pris le temps de lire l’entretien du Point à partir duquel il extravague. Qu’y ai-je dit? La question était la suivante: «Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche?». Voici ce que j’ai répondu: «Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite? Qui sont-ils d’ailleurs? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait…». Les papous ont donc hurlé, jusqu’à Matignon. »

 

D’une certaine manière, on pourrait en rester là et laisser le Premier Ministre à sa honte. Mais, ce n’est pas la première fois qu’un membre éminent du P« S» se comporte ainsi. Il y a plus d’un an, c’était Pierre Moscovici qui s’était répandu en bavant à mon propos. Il y a du système dans la méthode. Et cette méthode, elle se dévoile chaque jour un peu plus dans la posture prise par le Premier Ministre qui se veut un apparent rempart face à l’extrême-droite. Des doutes ont été exprimés sur cette stratégie, mais je le rassure tout de suite : oui, il elle est efficace, mais comme fourrier !

 

De la confusion des genres.

 

En fait Manuel Valls reproche à Michel Onfray de faite son travail d’intellectuel, qui implique rigueur et honnêteté, deux mots qui ne figurent pas au vocabulaire de Béachel, ni de certains autres. Il l’accuse de perdre ses repères. Venant d’un homme qui a systématiquement brouillé les siens, qui déclare qu’il « aime l’entreprise », sans préciser laquelle, ni même établir de différence entre les entrepreneurs et l’entreprise, qui étale ainsi au grand jour ses insuffisances cognitives mais pas sa suffisance discursive, il y aurait de quoi rire.

 

Mais nous vivons une période de confusion des genres. Un candidat à la Présidence de la République peut ainsi dire en public que son « ennemi c’est la finance » et, une fois élu renoncer à toute mesure qui limiterait le pouvoir cet ennemi, nommer ministres des hommes inféodés à cet ennemi, en un mot faire le contraire de ce qu’il a dit. L’exemple vient de haut. Alors, bien entendu, dans un monde où un ministre de « gauche » peut se permettre de révoquer des mesures clés de protection sociale, où un Premier-Ministre peut décider de faire passer cette loi aux forceps (l’article 49, alinéa 3), on peut estimer qu’il n’y a plus de repères. Ou bien, plus précisément, que ce gouvernement et ce Premier Ministre, sont les premiers responsables de cette « perte de repères ». Car, les désastres électoraux se préparent et, quoi qu’on en dise, les électeurs ne sont pas stupides. S’ils se détournent des soi-disant « socialistes », qui ont tout fait pour cela, sans aller dans les bras d’une droite dont ils ont expérimenté les mauvaises recettes, ce n’est pas sans raison.

 

Le seul point sur lequel je serai en désaccord avec Michel Onfray, c’est quand il compare le microcosme politicien et médiatique aux Papous. C’est très injuste pour ces derniers. La consternante jobardise de politiciens aux abois, la prétention renversante des serviteurs des médias, tout ceci ne serait pas de mise dans les forêts de la Nouvelle-Guinée.

 

Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark[2]

 

Il n’en reste pas moins que toute cette affaire est révélatrice à la fois d’un climat et de pratiques délétères. Pourquoi un politique intime-t-il à un intellectuel de parler ou de se taire ? De quel droit ce politique se permet-il de juger en des termes aussi lapidaires du travail d’un intellectuel ? J’entends bien l’objection que l’on fera : l’intellectuel ne travaille pas dans sa tour d’ivoire ; ses positions influent sur le débat politique et justifient cette interpellation. Ceci est juste mais ne serait ici pertinent que si Michel Onfray se fût lui-même positionné sur ce terrain politique. Ce n’est pas le cas. Alors, on peut approuver ou non ses positions, et de toutes les manières ses positions sont et seront l’objet de débats. Encore faut-il pour cela répondre au niveau où il se place, celui des idées. Ce n’est pas ce qu’a fait Manuel Valls, qui s’est situé délibérément sur le terrain de l’interpretation politique la plus instrumentale et qui a, sciemment, déformé la pensée de Michel Onfray.

 

Mais ceci est, en lui-même, révélateur d’une conception du débat, ou plus précisément du non-débat, qui caractérise une large partie de l’élite politique française. On cherche à impressionner plus qu’à convaincre, à terroriser plus qu’à échanger des arguments. L’heure n’est plus à la discussion sur des positions rationnelles, mais à l’échange d’anathèmes et d’invectives. Ceci en dit long sur le processus de décomposition de la pensée qui produit un Manuel Valls tout comme il avait produit avant lui un Béhachel. Quand ceux qui vous inspirent vont chercher leurs sources dans les poubelles d’Internet, comme on l’a vu avec l’affaire Botul[3], il ne faut plus s’étonner que l’on raconte n’importe quoi, et pas seulement sur les débats d’idées.

 

Le traitement de Michel Onfray par Manuel Valls est enfin révélateur du peu de cas que l’on fait actuellement en France de la réflexion. Je le répète, on peut parfaitement discuter des thèses d’Onfray, comme celles d’autres auteurs. Mais l’attaquer sur ses références est d’une stupidité insondable. A ce titre, nous ne lirions plus grand-chose, et en particulier nous devrions brûler des auteurs comme Carl Schmidt et bien d’autres. Que l’on puisse se construire contre un auteur implique que l’on intègre aussi une partie de sa pensée. On ne se construit contre qu’en se construisant avec. Et c’est pour cela qu’il faut lire des auteurs que l’on peut considérer comme réactionnaire, et que dire que l’on peut trouver des idées intéressantes ne vaut nullement approbation de la totalité du discours et de la démarche. Mais, je sais aussi qu’écrire cela ne sert à rien. Les gens comme Valls et Moscovici, et les petits marquis frisés qui les entourent, se moquent bien du processus de construction d’un raisonnement et d’une pensée. Ils se situent bien en deçà. On a beaucoup glosé sur l’expression « pensée unique » mais en l’espèce cette expression a un énorme défaut : dans « pensée unique » il y a encore « pensée ». Visiblement, pour Manuel Valls, c’est encore trop.

 

[1] « Nouvelle droite, BHL, FN : la réponse de Michel Onfray à Manuel Valls » in FigaroVox, le 8 mars 2015,http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/08/31001-20150308ARTFIG00094-la-reponse-de-michel-onfray-a-manuel-valls.php#

 

[2] “Something is rotten in the State of Denmark“, W. Shakespeare, Hamlet, Marcellius, acte I, scène 4

 

[3] Lancelin A., « BHL en flagrant délire : l’affaire Botul », le Nouvel Observateur, 21 février 2010,http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20100208.BIB4886/bhl-en-flagrant-delire-l-039-affaire-botul.html

 

âme russe

L’art de la critique est aisée, dit-on. Néanmoins, elle est des plus utiles en ce qu’elle doit permettre au critiqué de se recadrer sur la rigueur de son travail et, par cela, s’améliorer. En ce qui concerne l’art de la réflexion, la critique permet, de plus, de jouer un rôle de garde-fou sur la pente des jugements de valeurs qui sont les fondements de l’ignorance dans laquelle est maintenue l’opinion publique.

Je reproduis la lettre ouverte adressée par Yvan Blot à Philippe Gélie, éditorialiste du Figaro en ce qu’elle me semble particulièrement bien mettre en évidence ce dernier point, caractéristique des meutes hurlantes rejointes par Philippe Gélie, loin, très loin de la nature de ce que doit être un éditorial:

Objet: Hystérie anti russe dans votre éditorial du Figaro

Cher monsieur Gélie,

Votre article commence par un racisme non déguisé qui met en cause les  » excès de l’âme slave ». Oseriez vous à propos d’excès d’Israel parler des excès de l’âme juive ? Robespierre, c’était selon vous les excès de l’âme française et Hitler les excès de l’âme allemande ? Contre les Russes, tout est bon y compris les arguments racistes. C’est désolant !

Vous dites que depuis la chute de l’URSS, une infime minorité s’est enrichie sans partage ( sic). Alors d’où viennent les immenses embouteillages de Moscou qui n’existaient pas en URSS ? La minorité infime possède toutes ces voitures ? Connaissez vous la Russie ? Je donne des cours à Novgorod ou les professeurs ont un appartement, une datcha à la campagne et au moins deux voitures : c’est l’infime minorité? Le FMI montre que le niveau de vie moyen à doublé sous Poutine. Vous ne lisez pas ces chiffres ?

La Russie crée la discorde en Géorgie ? Mais c’est Sakhachvili qui a brimé les Ossetes et qui a défié la Russie et non l’inverse ! La Russie se moque de la souveraineté des autres ? Pour vous, la France respecte la souveraineté des Comores alors que l’ONU ne cesse de la condamner ? On a respecté la souveraineté de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye ? Assez d’hypocrisie !

Rien ne permet d’accuser le régime de l’assassinat de Nemtsov écrivez vous. La, vous avez raison. Nemtsov faisait entre 3% et 15% des voix. Tu parles d’une menace ! Je vous signale que le principal parti d’opposition en Russie est le parti communiste avec 25% des voix : pourquoi ne jamais en parler et toujours parler de Navalny et consorts qui n’ont aucune base électorale ?

Les médias sont purgés de toute voix dissidente ? Pourtant dans les hotels des journaux anti Poutine s’étalent. En URSS cela n’aurait pas été possible. Et les médias français ? Zemmour est il bien traité comme  » dissident » ? Vous vous moquez du monde !

L’Europe n’a aucun intérêt à traiter Poutine comme un ennemi écrivez vous. Vous avez raison mais les faucons américains ne sont pas de cet avis !

Le fossé sur les valeurs se creuse avec l’ouest. C’est vrai mais à qui la faute ? Depuis mai 68 le nombre de crimes et délits en France a été multiplié par quatre. Vous voulez que les Russes nous imitent ? On s’attaque au mariage, à la famille, à la religion catholique : vous voulez que les Russes nous imitent ? En France, le patriotisme est si faible que certains jeunes deviennent jihaddistes. Vous voulez que la Russie nous imite ?

Votre esprit est raciste et neo colonialiste : les Russes doivent nous imiter sinon gare ! Quelle prétention ! Quelle ignorance de la Russie réelle !

Vos manifestants vont sauver la Russie ? Mais ils l’ont ruiné sous Eltsine ! Le PNB avait alors chuté de moitié grâce aux réformes imbéciles de Tchoubais ….. Et Nemtsov ! Vous avez la mémoire bien courte, dirait on.

Des extrémistes antisémites ou des malfrats ukrainiens ont tué Nemtsov. Poutine n’y avait aucun intérêt. C’est comme si on disait qu’Hollande avait intérêt aux meurtres des journalistes de Charlie. D’autres meurtres en Russie ? C’est triste mais quid de la mort de Pelât, Beregovoye, Boulin, Grossouvre par exemple ? C’est de la faute des excès de l’âme française ?

Je suis moitié slave par ma mère donc bon à jeter aux chiens ? Un homme parlait souvent des tares de l’âme slave, il s’appelait Hitler. Ne prenez pas ce chemin du racisme anti russe. Il ne mène à rien de bon, croyez moi, même si vous pensez ainsi plaire aux faucons américains !

Cordialement
Ivan Blot
Ancien député gaulliste
Consultant auprès de radio Spoutnik France
Expert au club de Valdai

La machine CGT

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Philippe Martinez, nouveau Secrétaire Général de la CGT

« Depuis la fin octobre 2014, la CGT traverse une crise sans précédent ayant conduit à la démission de son Secrétaire Général, Thierry Lepaon, le 7 janvier 2015. »

Telle est la formule introductive que choisit la CGT sur son site. L’article s’appelle « Pour comprendre ce qui se passe à la CGT ». En fait, le document ne fait que présenter l’organigramme fonctionnel du syndicat.

Les médias et la CGT aiment présenter le Comité Confédéral National du nom de « parlement » de la CGT. Il n’en est rien. Les représentants des fédérations ne sont pas élus pour siéger à la CCN.

Thierry Lepaon démissionne le 7 janvier. Au même moment, les Islamistes massacrent Charlie Hebdo. Il va sans dire que l’événement au sein de la confédération syndicale n’a retenu qu’une attention relative de la part des médias. Alors que la loi Macron se discute à l’Assemblée Nationale, il convient de s’intéresser à ce que devrait être le contenu du dialogue social puisque c’est un point phare de la politique gouvernementale et la CGT est le premier syndicat français en terme de représentativité sectorielle et le second en terme de représentativité syndicale.

La nuance entre les représentativités est essentielle à la compréhension des lignes directives du syndicat. La CGT compte moins de membres que la CFDT. Par contre, la CGT devance sa concurrente aux élections professionnelles.

Les années Bernard Thibault sont marquées par une tentative d’évolution de la doctrine. Bernard Thibault parlait « d’aggiornamento », ce qui se réfère aux conciles de l’Eglise ! Le syndicat reste contestataire et revendique une ligne de conduite de lutte des classes conformément à la fidélité à la charte d’Amiens, libre des partis politiques mais révolutionnaire. En même temps, la CGT se fait remarquer par la défense des stricts intérêts des adhérents.

Alors qui est Philippe Martinez, son nouveau Secrétaire Général ?

Le journal Libération indique qu’il est d’origine espagnole. Mis à part que Manuel Valls possède ce même profil, l’information ne présente aucun intérêt déterminant.

Libération rapporte un témoignage qui présente le nouveau « patron » de la CGT comme un homme qui tient sa fédération d’une poigne de fer.

Il faut dire que le physique de l’homme a de quoi impressionner. On peine à l’imaginer sourire. Ses grandes moustaches partent à l’assaut plus comme un guerrier des temps anciens que comme un simple ouvrier. Thierry Lepaon n’a pas connu un parcours terrain particulièrement remarqué. Philippe Martinez est un métallo issu de la tradition « Boulogne-Billancourt », retour aux sources. Martinez n’est pas un réformiste. Le journal Le Monde indique qu’il est membre du Parti Communiste.

Philippe Martinez est un « politique » particulièrement habile. Il a su s’associer, au sein de la CCN, à la ligne Lepaon durant la crise de confiance de ce dernier tout en pratiquant une véritable purge des proches de l’ancien Secrétaire Général.

Il représente déjà la CGT lors des vœux du Président François Hollande aux partenaires sociaux le 19 janvier. Il est également déjà l’interlocuteur du Ministre du travail pour les vœux de celui-ci. Il représente également la CGT lors de la rencontre CGT-CFDT du 21 janvier. Et il s’était déjà installé dans le bureau du Secrétaire Général, poste auquel il vient d’être élu le 3 février.

Il y a trois semaines, lors du vote de janvier, son refus d’ouverture aurait été très mal perçu au sein de la commission exécutive. Notons que sa compagne, Nathalie Gamiochipi, responsable de la fédération de la santé était allée jusqu’à voter en faveur de Martinez, en contradiction avec le mandat qui lui avait été confié par sa fédération qui avait choisi, à une majorité de 75 %, de voter contre cette proposition. Aujourd’hui, il n’y a plus de contestation au sein de la CGT.

Philippe Martinez entend porter son combat sur le terrain et cesser de porter le syndicat dans la « cour » des Ministères et de la négociation avec le patronat. Il ne fait aucun doute que les relations sociales seront rugueuses. Si le gouvernement place le dialogue social en contrepartie d’aménagements pour la productivité des entreprises, il ne doit pas s’attendre à une partie facile.