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François Hollande en campagne

La presse de Gauche, l’Humanité ou Libération, relevait le caractère électoraliste de la visite du Président de la République aux Antilles, Cuba et Haïti. La fin de l’année 2015 sera marquée par les élections régionales. Mais pour le coup, nous devons reconnaître que notre Président y est allé fort, du moins avec le portefeuille du contribuable:

Au côté de la refonte du RSA qui n’a pas trop été relevée pour des départements touchés par le chômage à hauteur de 25% de la population, les mesures les plus spectaculaires sont une rallonge de 750 000 € pour les universités, la création d’une troisième école de la seconde chance pour 700 000 € et le plus étonnant ce « centre d’excellence des langues » pour Saint Martin. L’installation d’un cyclotron pour permettre la détection des cancers demeure dans le principe de service public de la santé.

Ne ratant jamais l’occasion d’un bon mot, François Hollande sortait: « Si le ministre des Finances était là, il commencerait à s’inquiéter »… Mais c’était juste avant une autre formule : « Quand je viendrai à Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons ». Le journal L’Express demande si le Président a conscience des conséquences d’une telle annonce.

Incroyable mais vrai

Quelques nouzes pour préparer une information incroyable:

Certains pensent que la diversité est une chance. Certains le pensent plus que d’autres. Karim Zeribi doit faire partie de ces derniers.  Le journal L’express nous apprend que l’ancien député Europe Ecologie Les Verts et conseiller municipal de Marseille est mis en examen pour abus de biens sociaux, abus de faiblesse, recel d’abus, etc, etc… Objet du délit: les différentes associations d’aide à la diversité qu’il a créées. Les montants de subventions reçues par ces associations sont certainement une chance pour elles. mais pas de chance pour Karim Zeribi.

De toutes ces diversités, EELV est bien divisée. Nous arrivons à un moment crucial et François Hollande a prévu de s’exprimer. Remaniement ou pas, la grande question chez  les Verts est de savoir s’ils doivent accepter ou non d’entrer au gouvernement. Vu les résultats des dernières élections départementales, les Verts auront du mal à être en position de force. Quoiqu’il en soit, François Hollande devrait aborder la question en se demandant le fameux: Les Verts, combien de divisions?

L’embargo européen sur les produits russes pose un problème à Alexis Tsipras qui se rendait à Moscou. Martin Schultz, du parlement européen a considéré le déplacement de Tsipras comme « inacceptable ». L’objectif de la Grèce est de montrer qu’elle dispose d’autres solutions que l’Union Européenne. Le moyen est d’obtenir de la Russie une baisse du prix de son gaz ainsi que l’achat de bons du Trésor Grec.

Cela devrait être tout à fait possible. En effet, BFM TV nous informe d’une nouvelle tout à fait extravagante et qui démontre que la crise économique fait perdre toute notion de rationalité. Nous savons que des Etats empruntent à des taux négatifs aux banques centrales. Finalement et par principe des vases communicants, c’est un moyen de perdre moins d’argent. C’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne et bientôt de la France.

Pour la première fois, un particulier vient d’obtenir un prêt sur un crédit à taux négatif. (prêt au taux d’intérêt de – 0,0172 %).  C’est au Danemark, pays où les banques sont agressives face à la concurrence. L’histoire ne dit pas si l’emprunteur était bon négociateur et aurait pu obtenir mieux. Voilà qu’il est difficile de placer son argent de manière rentable mais que désormais, nous touchons de l’argent en empruntant!

politique, géopolitique et écologie

La géopolitique est la pratique pour développer la position dominante d’un groupe d’individus, ou plus simplement une nation, sur un autre groupe, nation, état. Toute relation est établie sur un rapport dominant/dominé. La démonstration biologique a été faite par Henri Laborit, le père des neuroleptiques dans son ouvrage sur la bio-psycho-sociologie.

(voir mon ouvrage, « Philosophie politique de l’Amour », la théorie des jeux)

Tout pourrait, finalement, se résumer à un rapport énergétique puisque la vie est régie par ce rapport au niveau de sa transformation. Nous avons besoin d’énergie pour produire de l’énergie. Nous nous développons et vivons tant que nous produisons moins d’énergie que nous en consommons. Nous mourrons quand nous produisons plus d’énergie que nous en consommons.

Le monde a connu la révolution industrielle, au XIXe siècle, par l’utilisation de l’énergie fossile. Le pétrole offre cette possibilité de transformation de l’énergie par un rapport sans équivalent entre le coût de production de l’énergie et le gain produit par sa transformation. Mais cette source d’énergie n’est pas renouvelable à la dimension de l’Homme. Les réserves pétrolières, par la découverte de nouveaux gisements exploitables, sont, depuis 30 ans, estimés à 30 ans. Les besoins augmentent et le pic, c’est-à-dire le point d’inversement de courbe, entre la capacité de production et la consommation est sur le point d’être atteint.

Entre 1971 et 2012, la production totale annuelle d’énergie primaire au niveau mondial est passée de 5,53 à 13,4 Gtep. Durant la même période, la population mondiale a augmenté de 3,8 à 7,1 milliards. L’évolution démographique est donc un facteur important de l’augmentation des besoins d’énergie et contribue aux incertitudes des prédictions à long terme (rappel : 1 tep = 4,187 1010 J).

L’énergie commercialisée et finalement consommée est le résultat de processus successifs de production, conversion, transport et distribution. L’énergie électrique intervient largement dans la plupart des secteurs de consommation. La fraction d’énergie électrique totale sur la quantité d’énergie primaire dépend du niveau et des modes de vie. La moyenne mondiale qui était de 8% en 1971 dépasse maintenant 14% (et par exemple de 18% en France).

Les statistiques et les grandeurs relatives à l’énergie au niveau mondial montrent son évolution en lien avec la démographie et les développements économiques. Le secteur de l’énergie doit encore se transformer compte tenu des enjeux écologiques. Il influe fortement les économies nationales, les marchés financiers et les relations internationales.

La considération des données scientifiques de l’énergie est donc politique. Il devient fondamental de s’intéresser au rendement de son cycle de vie. Et la réalité n’est pas forcément celle qu’on croit.

L’analyse sur cycle de vie est un mode de raisonnement qui se pratique désormais dans de nombreux domaines de l’ingénierie, comme dans les filières de génie des procédés. Elle permet d’évaluer les impacts environnementaux sur tout le cycle de vie de systèmes ou services, par exemple en vue de les améliorer via une démarche d’éco-conception. C’est une démarche multicritère qu’il est nécessaire d’intégrer, dans le domaine de l’énergétique, afin de prendre en compte, entre autres, l’extraction des matières premières, leur rareté, leur transformation jusqu’à leur recyclage voire la production de déchets si l’industrie n’est pas capable de les recycler.

Quand on étudie le rendement d’un convertisseur d’énergie, on regarde seulement le rapport de l’énergie sortante sur l’énergie entrante. Il y a inévitablement des pertes, ainsi le rendement est toujours inférieur à 100 %.

Le rendement en puissance ou instantané est le rapport de la puissance utile, c’est-à-dire le débit (instantané) d’énergie en sortie du convertisseur sur la puissance en entrée, donc le débit d’énergie en entrée. On rappelle que la puissance est la dérivée de l’énergie par rapport au temps.

Pour exemple, on s’intéresse au rendement sur cycle de vie d’un réacteur de génération actuelle, type EPR, de puissance 1 GW qui a une durée de vie de 40 ans.

(données publiées par la World Nuclear Association, 2013)

Sur la vie du réacteur, l’énergie utile produite vaut 280 TWh, c’est-à-dire 7 TWh/an.  Pour cela, le réacteur va consommer 7 800 tonnes d’uranium naturel.

On détaille maintenant l’énergie grise (primaire non renouvelable) nécessaire à la fabrication de l’usine, l’extraction de l’uranium, la fabrication du combustible enrichi et le stockage futur des déchets de ce convertisseur :

L’extraction minière coûte 0,58 TWhp,

La transformation en combustible fissile coûte 5,1 TWhp,

La construction et le démantèlement coûte 9,3 TWhp,

Le stockage des déchets en surface coûte 0,43 TWhp,

Le total de l’énergie grise est alors de 15,4 TWhp.

Le rendement de conversion chaleur fission / électricité est de 33%, c’est-à-dire que l’on va avoir 560 TWh de perte (chaleur) sur la vie du système qui sont des pertes non renouvelables, puisqu’issue de la fission de l’uranium.

Le rendement sur cycle de vie est proche du rendement de conversion de 33% car l’énergie grise pèse peu dans cette application. Un allongement de la durée de vie, qui serait d’ailleurs associé à plus d’énergie grise, changerait peu le résultat final.

Comparons, maintenant à la production d’énergie d’origine photovoltaïque qui apparaît comme un choix par défaut face à une source d’énergie non renouvelable :

(données extraites d’un rapport de l’agence internationale de l’énergie, 2011)

Pour produire l’équivalent du réacteur nucléaire, on considère :

Un rayonnement solaire moyen correspondant plutôt à la moitié nord de la France de 1 000 kWh/m2/an,

Une technologie déjà ancienne (les plus récentes sont plus performantes mais les données d’énergie grise nécessaires ne sont pas disponibles) qui utilise du silicium cristallin qui a un rendement de conversion de 14%  (donc nettement moins bon que celui d’un réacteur nucléaire).

Ainsi, pour arriver à 7 TWh   électriques annuels, compte tenu de ce rendement il faut 50 TWh solaires  (7/0,14), soit 50 km2   de superficie (en m2 : 50 milliards de kWh divisés par 1 000 kWh/m2). Pour donner un ordre de grandeur de comparaison, en France nous possédons 8 500 km2 de surface bâtie. La durée de vie de référence de l’installation est prise égale à 20 ans.

La fabrication des modules demande 3 700 MJp/m2 , soit environ 1 000 kWhp/m2 de surface des modules, soit 50 TWhp.

Le montage en toiture et la fabrication des onduleurs et leur remplacement sur la vie de l’installation, 120 kWh/m2 de surface des modules soit 6 TWhp.

Le total d’énergie grise est donc de 56 TWhp.   Le rendement de l’énergie de conversion solaire / électricité est de 14%, mais l’énergie solaire gâchée, puisqu’elle est d’origine renouvelable, n’est pas comptabilisé.

Le rendement sur cycle de vie est donc :

η cv = E u − vie   E u − vie   + E pertes − vie    + E energie grise − NR       = 7 ∗ 20  7 ∗ 20  + 56    = 71,4%

Notons que sur 40 ans, le résultat serait le même en supposant que la technologie, qui viendrait à remplacer celle-ci au bout de 20 ans, soit la même (même rendement, même énergie grise).

 

 

Emplois fantômes

Le magazine Capital présentait, ce mercredi 18 février, l’analyse d’une étude INSEE qui dévoilerait que, contrairement aux idées reçues, le nombre d’emploi s’est développé de manière plus importante sur ces trente dernières années que la population.

Le magazine Capital axe son argumentaire sur les territoires d’emplois, ce qui tend à accentuer le sentiment de distinction de rapport entre le développement de l’emploi et la population, +20% d’emploi créés pour +16% de développement démographique.

L’étude aurait de quoi surprendre. Soit elle est exacte et le chômage ne serait qu’un fantôme. Soit il conviendrait d’affiner les données de populations et l’explication première serait la prise en compte de l’immigration. La France comptait, en 2010, 7,2 millions d’immigrés selon l’INSEE. La France accueille 350 000 immigrés par an. D’une tentative de faire le buzz, Capital dévierait sur le « politiquement incorrect ».

Ceci dit, la donnée « immigration » est un facteur substantiel de l’analyse Emploi/Démographie. Mais le paramètre semble insuffisant pour justifier un tel ratio. La dynamique des emplois créés absorberait la charge de l’immigration. C’est une évidence. Il n’y a pas de raison que l’immigré accède plus facilement à un emploi que le Français.

L’étude INSEE serait une analyse sur trente ans. Il est question d’évolution et de tendances. Le chômage n’est pas apparu spontanément. La vérité est donc ailleurs. La moindre des choses est de regarder de plus près cette étude INSEE.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1538#inter2

Robert Reynard et Pascal Vialette, Pôle Synthèses locales, Insee – Clément Gass, Direction régionale d’Alsace, Insee

 

En fait, l’étude ne porte absolument pas sur le rapport du développement Emploi/Population mais sur les mutations fonctionnelles de l’emploi dans les territoires. Le rapport Emploi/Population n’y est qu’une formule introductive. Capital relève 304 « zones d’emploi » recensées par l’institut de statistiques (un découpage plus fin que les départements) pour justifier son argumentaire. Le découpage de 304 zones n’est plus fin que dans une démarche statistique d’élagage de données marginales et de pertinence de position (écarts-type). La zone d’emploi permet l’étude locale. Parmi les critères retenus pour formaliser la zone d’emploi, la représentativité de la population est retenue ainsi, en premier lieu, que le flux de déplacement domicile-travail. Le découpage de 304 zones n’est pas le facteur de pertinence présenté par Capital pour définir une donnée globale (et donner un sens à l’article) puisque la démarche est inverse. La démarche de l’INSEE ne vise pas une modélisation inductive mais seulement à segmenter.

Reste la mutation de l’emploi et elle est relative, pour les proportions, aux territoires. Capital parle de mutation de production concrète aux activités abstraites. Une métropole régionale comme Montpellier y est présentée comme dynamique en termes de création d’emploi. Or, nous savons que cette métropole est surtout « dynamique » en termes de chômage. Le fait est que la création d’emploi est relative à la démographie qui est porteuse, par sa nature, d’un marché. Il y a demande. Il y a offre. Quel est ce marché?

En réalité, l’INSEE parle d’une partition de l’économie en deux sphères : la sphère présentielle et la sphère productive. La sphère présentielle organise une activité locale. La sphère productive est un marché ouvert qui ne dépend pas de la proximité.

En réalité, nous constatons une mutation structurelle et ontologique de la population. La sphère présentielle que Capital définit « abstraite » n’est pas strictement tertiaire. Elle correspond au tourisme et à l’emploi sanitaire et social. C’est pourquoi une métropole comme Montpellier a connu un développement de la création d’emploi de +101,3% sur la période concernée. Il y a, d’un côté, vieillissement de la population parce que la migration des retraités appelle une offre de services importante. Il y a, d’autre part, appauvrissement de la population et misère sociale qui appelle la création de prestations sociales de l’Etat. Le tourisme, quant à lui, est fortement dépendant de la conjoncture.

De fait, les mutations d’emploi sont dépendantes de la population. Une présentation bimodale de la population et des emplois se marque. Elle est toujours le signe d’un appauvrissement par l’effondrement des données médianes. C’est la distinction majeure du rapport de l’emploi à la population et non celle de l’effondrement de la production concrète.

La création des nouveaux emplois est un signal d’alarme catastrophique. Ils sont une charge et ne développent aucune valeur ajoutée. Ils sont fragiles et tendent à appeler encore plus de population pour plus de pauvreté. L’enquête de l’INSEE porte sur les territoires. Si l’accroissement de l’emploi est plus important que l’accroissement de la population, le territoire n’en profite pas, tout au contraire. C’est l’enseignement à tirer de cette étude. C’est également pourquoi il ne s’agit absolument pas de la mise à mal d’une idée reçue. La création d’emploi n’est pas la cause d’une création de richesse. Le CAC 40 se porte bien ? Il n’est pas concerné par la sphère présentielle. C’est également le signe de l’accroissement de la présentation bimodale de l’économie, comme dans le Tiers-monde : des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres avec effacement des classes moyennes.

Inde et nationalisme hindou

« La chute d’Al Zawahiri au Levant fait qu’il concentre ses efforts plus à L’Est. Cet homme qui est une des personnes les plus recherchées au monde serait certainement à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, protégé par les Talibans pakistanais. Les forces locales d’Al Qaïda ont fondu. Ils ne seraient plus que deux mille en Afghanistan selon l’Institute of Conflict Management, dont le siège est à New Delhi.

Al Qaïda vient de créer son propre califat en Inde. La région compte 400 millions de Musulmans. Le but est de régénérer de nouvelles forces d’une part, et, d’autre part, toujours dans la pratique d’Al Qaïda, d’influer sur les gouvernements locaux. L’annonce par Al-Qaïda se fait sous la forme de l’annonce d’une bonne nouvelle pour les musulmans de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire face à l’injustice et à l’oppression. Il réaffirme également sa loyauté à l’égard du chef des talibans afghans, le mollah Omar.

Pour autant, l’EI s’implante également dans le sous-continent indien. La cellule Islami Khalifat, qui contrôle Peshawar, vient de faire allégeance au Califat au Levant. Selon Amir Rana, spécialiste pakistanais du Jihadisme, cette concurrence devrait créer une dynamique du Jihadisme. Début septembre 2014, Le Premier ministre indien Narendra Modi annonce que le pays est placé en état d’alerte. »

Tiré de Daesh et Hamas, les deux visages du Califat, voir article rubrique « mes ouvrages ».

J’insiste, sur ce contexte particulier de montée des menaces, en réaction à un article paru ce jour sur les Echos, de Patrick de Jaquelot et intitulé « L’inde face à la montée du nationalisme hindou ».

« La montée des tensions créées par les milieux ultranationalistes proches du gouvernement peut devenir un frein aux réformes économiques dont l’Inde a besoin. Dans un pays où 80 % de la population est hindoue, l’enjeu est majeur. »

Je me permets également ce papier par la trace, dans ma mémoire, d’un échange que j’ai eu, il y a quelques temps sur un site de géopolitique avec une « spécialiste » de l’Inde qui vantait sa culture pacifique et son modèle constitutionnel dont devrait s’inspirer ses voisins. Certes, cet échange a eu lieu avant les différentes affaires de viol qui ont fait découvrir au monde un aspect de la violence indienne qui tranche avec l’image d’Epinal traditionnelle. Il est toujours intéressant de marquer le vecteur premier, dans l’analyse géopolitique, stratégique et économique, du préjugé. L’Inde est un cas d’école à ce titre.

Je reste tout de même surpris de lire dans les Echos, un tel ramassis de jugement de valeurs. L’auteur parle des « délires de l’Hindutva », de « dérapages », du « carrément farfelu à l’extrêmement pervers »…  En final, la seule donnée à caractère économique de l’article du principal journal économique français pourrait se déceler dans sa conclusion :

« L’évolution de l’Inde et la modernisation de son économie dépendront largement de la façon dont le Premier ministre résoudra ce dilemme dans les mois qui viennent. »

Nous pourrions y voir, sur la forme, une validation, par l’auteur de l’article, des thèses du prix Nobel d’Economie Amartya Sen. Elle y est totalement contraire sur le fond. Si la primauté du Politique sur le Monétarisme permet la création de richesse, elle ne peut être que par la conformité politique au Culturel.  Dans le cas présent de l’Inde, puissance émergente rivale de la Chine, les considérations du journal les Echos ne sont pas qu’une succession de clichés. Elles témoignent d’un mépris des réalités (rappelées en causes et réactions contextuelles de l’Hindoutva par mon introduction) et, surtout, d’un mépris des spécifications indiennes qui permettent, tout de même, une croissance annuelle de l’ordre de 8%.

La machine CGT

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Philippe Martinez, nouveau Secrétaire Général de la CGT

« Depuis la fin octobre 2014, la CGT traverse une crise sans précédent ayant conduit à la démission de son Secrétaire Général, Thierry Lepaon, le 7 janvier 2015. »

Telle est la formule introductive que choisit la CGT sur son site. L’article s’appelle « Pour comprendre ce qui se passe à la CGT ». En fait, le document ne fait que présenter l’organigramme fonctionnel du syndicat.

Les médias et la CGT aiment présenter le Comité Confédéral National du nom de « parlement » de la CGT. Il n’en est rien. Les représentants des fédérations ne sont pas élus pour siéger à la CCN.

Thierry Lepaon démissionne le 7 janvier. Au même moment, les Islamistes massacrent Charlie Hebdo. Il va sans dire que l’événement au sein de la confédération syndicale n’a retenu qu’une attention relative de la part des médias. Alors que la loi Macron se discute à l’Assemblée Nationale, il convient de s’intéresser à ce que devrait être le contenu du dialogue social puisque c’est un point phare de la politique gouvernementale et la CGT est le premier syndicat français en terme de représentativité sectorielle et le second en terme de représentativité syndicale.

La nuance entre les représentativités est essentielle à la compréhension des lignes directives du syndicat. La CGT compte moins de membres que la CFDT. Par contre, la CGT devance sa concurrente aux élections professionnelles.

Les années Bernard Thibault sont marquées par une tentative d’évolution de la doctrine. Bernard Thibault parlait « d’aggiornamento », ce qui se réfère aux conciles de l’Eglise ! Le syndicat reste contestataire et revendique une ligne de conduite de lutte des classes conformément à la fidélité à la charte d’Amiens, libre des partis politiques mais révolutionnaire. En même temps, la CGT se fait remarquer par la défense des stricts intérêts des adhérents.

Alors qui est Philippe Martinez, son nouveau Secrétaire Général ?

Le journal Libération indique qu’il est d’origine espagnole. Mis à part que Manuel Valls possède ce même profil, l’information ne présente aucun intérêt déterminant.

Libération rapporte un témoignage qui présente le nouveau « patron » de la CGT comme un homme qui tient sa fédération d’une poigne de fer.

Il faut dire que le physique de l’homme a de quoi impressionner. On peine à l’imaginer sourire. Ses grandes moustaches partent à l’assaut plus comme un guerrier des temps anciens que comme un simple ouvrier. Thierry Lepaon n’a pas connu un parcours terrain particulièrement remarqué. Philippe Martinez est un métallo issu de la tradition « Boulogne-Billancourt », retour aux sources. Martinez n’est pas un réformiste. Le journal Le Monde indique qu’il est membre du Parti Communiste.

Philippe Martinez est un « politique » particulièrement habile. Il a su s’associer, au sein de la CCN, à la ligne Lepaon durant la crise de confiance de ce dernier tout en pratiquant une véritable purge des proches de l’ancien Secrétaire Général.

Il représente déjà la CGT lors des vœux du Président François Hollande aux partenaires sociaux le 19 janvier. Il est également déjà l’interlocuteur du Ministre du travail pour les vœux de celui-ci. Il représente également la CGT lors de la rencontre CGT-CFDT du 21 janvier. Et il s’était déjà installé dans le bureau du Secrétaire Général, poste auquel il vient d’être élu le 3 février.

Il y a trois semaines, lors du vote de janvier, son refus d’ouverture aurait été très mal perçu au sein de la commission exécutive. Notons que sa compagne, Nathalie Gamiochipi, responsable de la fédération de la santé était allée jusqu’à voter en faveur de Martinez, en contradiction avec le mandat qui lui avait été confié par sa fédération qui avait choisi, à une majorité de 75 %, de voter contre cette proposition. Aujourd’hui, il n’y a plus de contestation au sein de la CGT.

Philippe Martinez entend porter son combat sur le terrain et cesser de porter le syndicat dans la « cour » des Ministères et de la négociation avec le patronat. Il ne fait aucun doute que les relations sociales seront rugueuses. Si le gouvernement place le dialogue social en contrepartie d’aménagements pour la productivité des entreprises, il ne doit pas s’attendre à une partie facile.

 

Faits de la semaine, la Grèce, analyse 3/3

La victoire de Syrisa, parti d’Extrême Gauche en Grèce, a été saluée par Barack Obama. Si la manifestation de soutien du chef d’un état libéral à un programme de lutte contre l’austérité a de quoi surprendre, la promptitude et la précipitation de François Hollande à être le premier dirigeant de la zone euro à féliciter Alexis Tsipras relève de l’incongru.

Le programme de Syrisa est l’inverse de celui mené par Manuel Valls. Il s’agit d’une claque pour l’Union Européenne. Il s’agit, également, de signifier qu’une autre politique économique européenne est possible. D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon abondait dans ce sens avec enthousiasme lors des manifestations espagnoles contre l’austérité. L’Espagne puis la France pourraient être tentées par ce changement de cap. Alors que la politique gouvernementale s’exerce à prouver à son aile gauche (les frondeurs) sa détermination à poursuivre une politique de rigueur, les félicitations de François Hollande ne peuvent résonner que comme un mensonge.

Permettre de penser que la Grèce peut réduire et même abroger sa dette correspond à infliger à la seule France 45 milliards d’euros d’impayés. C’est le contribuable français qui paiera.

Surtout, il s’agit d’un message fort. La BCE finance les états européens dans leur politique de croissance. Alors que la France a, plus que jamais, besoin de la BCE, comment imaginer qu’un créancier prête de l’argent à un emprunteur qui affirme qu’il ne remboursera pas son prêt ? La BCE ne distribuera plus d’argent.

L’appui donné par François Hollande à Syrisa ne peut que tendre les relations avec Angela Merkel. Comment peut-on prétendre assurer la croissance de la France quand on met tout en œuvre pour casser les relations avec son principal partenaire ? La France peut-elle se le permettre ?

Surtout, les autorités grecques pourraient penser trouver à Paris cet allié qui les aidera à appliquer leur programme. C’est sur ce point que la démarche de François Hollande est catastrophique.

La dette grecque ne peut pas être annulée. Les banques grecques perdraient leur licence internationale. Les Grecs mettent en avant les patrimoines individuels qui font du Grec le citoyen le moins endetté au monde. Mais l’économie est mondialisée. La Grèce est-elle auto-suffisante ?

La solution serait la sortie de l’Euro. Mais encore faut-il payer la dette. Ce n’est pas seulement les 45 milliards d’euros qui devront être payés par le contribuable français. Auparavant, les 3 principales banques françaises auront à gérer cet impayé et perdront leur indice de confiance internationale déjà à mal auprès de l’administration américaine.

François Hollande s’est un peu trop précipité. Syrisia s’est allié à l’Extrême Droite. Du coup, le soutien au programme grec aura du mal à être soutenu par la majorité présidentielle.

Bref, la main tendue à la Grèce ne peut être que lâchée. La France ne peut pas s’enorgueillir d’avoir une parole ni même une pensée.

En final, non seulement la Grèce ne sortira pas de l’Euro mais, en plus, elle paiera sa dette. Le gouvernement grec s’orienterait sur un « new deal paneuropéen » accompagné d’un rallongement de la durée du remboursement de la dette, plan validé par le FMI.

La posture de François Hollande était une circonlocution et la posture de ses interlocuteurs grecs l’ont vite adoptée : la politique dans tous ses états.

 

 

Analyse de la semaine 2/3: loi Macron

La loi « de progrès et de liberté » a été présentée au conseil des Ministres le 10 décembre 2014. L’Assemblée Nationale ouvre maintenant les débats pour son lot d’amendements.

Déjà, cette loi « de croissance et de pouvoir d’achat » est devenue, depuis le 10 décembre, la loi « de croissance et d’activité ».

Autant la cohérence logique entre croissance et pouvoir d’achat se comprend aisément, autant le rapport entre croissance et activité devient abscons. La France est en activité et la croissance n’a, de toute évidence, pas de lien avec elle.

La tarification des besoins médicaux y a été exclue. La réforme des tribunaux de commerce est supprimée. La question du transport et de l’écotaxe également. Le travail dominical est stabilisé à 5 jours. Aujourd’hui, la réforme des professions juridiques est abandonnée.

Bref, pour la Droite, il faut combattre la loi qui n’est pas audacieuse. Pour la Gauche, il faut l’abattre car elle n’est pas de Gauche.

Le comble de la mauvaise foi revient à Martine Aubry. L’ouverture du travail dominical serait une mauvaise loi. Un des projets ambitieux de la Ville de Lille est d’être inscrite site touristique international qui suppose que les magasins y soient ouverts le dimanche.

La Droite voudrait combattre une ouverture libérale, fut-elle timide. Au pouvoir, elle serait incapable de la faire passer face aux mouvements sociaux qui laisseront faire un gouvernement de Gauche. Le mieux est souvent l’ennemi du Bien.

François Hollande était à Davos, chez les « world leaders ». Y aller ne pouvait qu’être très mal perçu à Gauche. Il y fit un bide, ce qui est toujours très mal perçu dans les milieux de la finance (la Droite, valet de la finance internationale).

Il y fit un bide malgré sa standing ovation protocolaire. Il y fit un bide en arrivant en retard, en s’exprimant en français. Il y fit un bide par son discours contre le réchauffement planétaire aux relents politiciens alors que l’attente de l’audience est pragmatique. Bill Gates, sur le même thème fut plus convaincant.

La loi Macron est le bébé de François Hollande et elle ressemble à son père.

Elle a trop de relents électoralistes alors que son besoin impérieux devrait s’émanciper des doctrines politiques. Elle appuiera le dialogue social entre des syndicats qui représentent 8% des salariés et un patronat d’une légitimité représentative homéopathique. Les seuils de représentation du personnel seront portés de 49 salariés à 11. Les PME sont la masse la plus importante des entreprises et elles n’ont pas les moyens d’en gérer la surcharge sociale. La contrepartie par une réduction des charges fiscales sur les bas salaires ne peut rien y changer, pragmatisme oblige. La surtaxe sur l’Impôt Société qui sera supprimée ne concerne que les grosses entreprises.

La loi Macron valide la primauté de la représentation politique sur la représentation sociétale.

Présentation sommaire de mon traité d’Intelligence Economique

mercatique

Ayant réalisé une modélisation sur système expert des règles de sécurité de la Norme ISO 17799 et par ma connaissance de la place de l’individu dans le combat, l’écriture de ce traité d’Intelligence Economique est devenue naturelle. Au-delà du vocabulaire commercial qui emprunte au vocabulaire militaire, ce traité développe les notions de mission, de résultat, de stratégie d’entreprise dans un monde globalisé et aborde de manière audacieuse le « management » de l’information et la gestion des Ressources Humaines. Préface du Général de Corps d’Armée Christian Piquemal, Président de l’Union Nationale des Parachutistes et ancien patron de la Légion Etrangère. Postface du Général de Corps d’Armée Jean Combette, ancien Président du Comité de la flamme de l’Arc de Triomphe.

seminaire economique franco russe du 19 au 22 janvier 2015 à Sotchi‏

Le séminaire Franco-Russe sur les problèmes monétaires et financiers du développement de la Russie a tenu à Sotchi, du 19 au 22 janvier 2015, sa 48ème session. Rappelons qu’il s’agit de l’institution de coopération scientifique entre la Russie et la France qui fonctionne de manière continue de puis le plus longtemps en économie. Ce séminaire avait tenu sa première session (il s’agissait alors d’un séminaire Franco-Soviétique…) en juin 1991. La 48ème session a été prioritairement consacrée à l’évaluation parallèle de la situation économique en Russie et dans l’Union Européenne), ainsi qu’a une évaluation de l’impact des sanctions et des contre-sanctions sur les économies de la Russie et de l’Union Européenne. Un autre thème a été l’analyse des logiques territoriales du développement économique, et en particulier de ce que pourrait apporter à la Russie, et en particulier à la région de Sotchi, la dynamique des « smart cities ».

I.  Problèmes théoriques de la situation actuelle en Russie et dans l’Union européenne.

Deux interventions ont structuré cette partie de la discussion, celle du professeur Ivanter et celle de Jacques Sapir. Le professeur Viktor V. Ivanter a remarqué que le ralentissement de la croissance, qui avait commencé en 2012. Cette situation était caractérisée par le ralentissement très marqué de l’investissement, à la fois du fait de l’accomplissement des grands projets d’investissement menés par l’Etat (Jeux Olympiques, construction d’infrastructures, etc…) et en raison d’une politique tant financière que du crédit, qui était erronée. Mais, dans le même temps, on assistait à une hausse importante de l’investissement privé (+8%) et des Investissements Directs Etrangers. Ceci montre que le climat de l’investissement n’était pas mauvais en réalité à cette époque. Ceci se traduisait par une hausse de la productivité du travail très importante en Russie.

Graphique 1

 graphique sotchi

Source : OCDE et RosStat

Cependant, les effets de la politique financière ont été dominants et ce sont ces effets qui ont largement contribué à déstabiliser l’économie russe dès la fin de 2013. L’Institut de Prévision de l’Economie Nationale avait présenté au Président de la République ses conclusions en janvier 2014, mais que ces conclusions ne se sont pas traduites dans les faits. Les décisions du Président de la République se sont heurtées à l’inertie bureaucratique et à l’opposition d’une partie de l’administration. La Banque Centrale de Russie (BCR) et le Ministère des Finances (MinFin) ont fait traîner le processus de sélection des projets.

Les sanctions prises par l’Union Européenne n’ont pas eu beaucoup d’effets, à l’exception des sanctions financières. Le commerce avec l’UE est en réalité asymétrique. La Russie vend des matières premières et des produits de première transformation et achète des produits manufacturés. Quant à l’effet l’effet des « anti-sanctions » que la Russie a prise, ces mesures ont été prises sans accompagnement économique et sans préparation préalable. Elles ont induit un effet de hausse des prix supplémentaire en plus de celui engendré par la dépréciation du rouble. Ceci a engendré une sur-réaction de la BCR qui reste obnubilée par sa politique de ciblage de l’inflation. Mais la hausse des taux n’a pratiquement pas d’effets sur l’inflation. Les déséquilibres qui ont permis à la spéculation de la mi-décembre de prendre place trouvent leur source dans des erreurs qui ont été faites tant à la BCR qu’au MinFin. Ce sont ces erreurs qu’il faut corriger.

La présentation de Jacques Sapir a porté sur le problème de la convergence (et de la non-convergence) au sein de la Zone Euro. Il convient de rappeler que la convergence sert à décrire à la fois un processus d’harmonisation institutionnel, mais aussi, et on a eu tendance à l’oublier, un processus de nature macroéconomique. C’est cette convergence macroéconomique qui a expliqué dans une large mesure l’attractivité de l’UE pour les Etats « non-membre ». L’intégration monétaire devait provoquer une meilleure corrélation du cycle des affaires entre les pays[1]. Cette intégration monétaire devait aussi conduire à une accumulation des connaissances conduisant à une forte augmentation de la production et des échanges potentiels[2]. On peut remarquer que l’impact des politiques économiques nationales mises en place dans les pays de la zone justement du fait de l’introduction de la monnaie unique ont eu une importance considérable sur la trajectoire individuelle des pays. Ainsi, l’accroissement de la dette publique en France a été largement lié à des politiques de compensations des effets négatifs de l’euro sur la croissance. L’impact de l’Euro ne se manifeste donc pas seulement sur la croissance mais sur la totalité des indicateurs y compris les indicateurs budgétaires et de la dette publique.

On constate en réalité trois dynamiques très nettes. Il y a celle, tout d’abord de l’Espagne et de la Grèce dont le taux de croissance est fortement supérieur à celui des pays du « noyau » (core) soit de la France et de l’Allemagne, mais dont la croissance est cassée par la crise des dettes souveraines dans la zone Euro. Il y a, ensuite, le cas du Portugal, dont la croissance semble avoir été cassée bien avant la crise des dettes souveraines et qui cesse son mécanisme de convergence dès 2001. Enfin, nous avons le cas de l’Italie, dont la croissance s’avère inférieure à celle des pays du « noyau » et qui va décrocher de ces pays dès les années 2000. Si l’on considère maintenant l’évolution du taux de croissance du PIB par tête (calculé en indice) rapporté aux taux de l’Allemagne, on remarque encore mieux les phénomènes macroéconomiques très violents qui surviennent sur longue période. Mais, surtout, cette comparaison des taux de croissance relatif fait ressortir qu’à partir de 2006-2007 plus aucun pays n’améliore sa position par rapport à celle de l’Allemagne et en particulier, pour les pays les plus pauvres, il n’y a plus de convergence. Ici encore on ne peut pas ne pas remarquer la situation très particulière d’un pays, l’Italie. Ce pays voit sa situation économique se détériorer tout d’abord en début de période (1989-1992) puis à nouveau, et de manière très sensible, à partir de 2005, soit avant la période dite de la crise des dettes souveraines. En fait, un pays montre une relative convergence de long terme, c’est l’Espagne, alors que la France stabilise sa situation par rapport à l’Allemagne. Deux conclusions sont possibles et viennent probablement ajouter leurs effets.

  • (a) : L’UE fonctionne de moins en moins comme un mécanisme unifiant la situation des pays membres et de plus en plus au profit des (du) plus fort, c’est à dire l’Allemagne.
  • (b) Les caractéristiques propres à l’économie de ces pays, que ce soit en Pologne ou en Slovaquie pourraient expliquer bien mieux la présence d’une convergence que les mécanismes européens.

La présentation du professeur Vyatcheslav S. Panfilov “Practical Issues of Theoretical Conceptions: A Case of Financial, Monetary and Credit Policies” a mis en valeur les fondements implicites des politiques économiques qui sont menées aujourd’hui tant en Russie que dans l’UE. Ces politiques, qu’il s’agisse de l « politique d’austérité » menée dans l’UE ou de la « politique anti-inflation » qui est conduite en Russie sont des politiques largement idéologiques. En effet, qu’il s’agisse de l’UE ou de la Russie, ces politiques n’ont pas donné le début du signal de leur succès. Pourtant, et en dépit des problèmes de plus en plus importants qui sont issus de leur mise en œuvre, les gouvernements poursuivent dans l’erreur. C’est une situation où il est clair que prédominent des a-priori idéologiques. Il est ainsi clair que seule une crise majeur peut faire s’effondrer cet a-priori et permettre le retour de la question des politiques économiques dans le monde du réel. Il faut donc en un sens se féliciter de la double crise que connaissent tant l’UE que la Russie, cette crise se manifestant dans l’élection à venir en Grèce qui pourrait conduire à une remise en cause des politiques d’austérité et en Russie par la crise spéculative que l’on a connue sur le marché des changes et qui expose le caractère faux de la politique de la Banque Centrale.

La présentation de Mme Clément Pitiot portait sur trois aspects des tensions qui se manifestent entre la Russie et l’UE et qui jouent un rôle déterminant dans la transformation de l’environnement monétaire internationale dans laquelle la Russie est un acteur non négligeable. En tout premier lieu les rapports tendus avec la Russie qui se répercutent sur les enjeux économiques permettent de révéler les mécanismes de conventions :ils dictent aux acteurs politiquement corrects du système monétaire et financier international les règles de comportement pour assurer la persistance des fonctionnements du système. La persistance de la crise met en évidence la fragilisation[3] de l’ordre monétaire et financier global que les conventions cherchent à dissimuler. La crise qui est en cours est de nature à rendre impérieux, au delà d’un sauvetage, une nouvelle orchestration, l’invention d’un autre futur monétaire et financier pour coordonner les flux monétaires dans l’économie mondiale. Qui est capable de discuter et d’imaginer à cette heure cette transition et non se suicider dans l’illusion de l’inertie?

Les agences de notation occidentales commencent à intégrer les éléments de cette propagande, ainsi devient-elle convention en s’inscrivant est dans le marbre de leur rating.

Fitch a dégradé la Russie de BBB à BBB- (juste avant le défaut)[4].  Aucune rationalité économique[5] n’est derrière cette notation sinon le discrédit imposé sur les marchés vis à vis de la Russie qui devra payer un coût supplémentaire évalué entre 20 et 30 milliards d’euro en 2015….. Manière de faire bien savoir qui contrôle les robinets financiers mais aussi que la libre concurrence est juste un vocable théorique sans fondement réel. L’économie occidentale est aussi en péril. Les économistes ne cachent pas leur inquiétude et font le parallèle à la situation des années 30s pour rendre plus significatives leurs craintes. Pour l’économiste Brad de Long, la crise a réduit la croissance dans le monde occidental dans des proportions importantes. On peut évaluer les pertes cumulées de PIB relativement à la tendance de 1995-2007, pour les Etats Unis cette perte s’établit à 78% et pour l’Euro zone elle est de 60% du PIB actuel[6]. L’économie récupère moins vite de la grande récession que durant la grande dépression de 1929.

L’intervention du professeur Oleg Dj. Govtvan’ (“Prospects of Money, Credit, and Banks in Russia”) a porté sur les conséquences de la politique conduite par la BCR sur la politique du crédit mais aussi sur les banques russes. La politique des années 2012 et 2013 avait eu tendance à affaiblir le système bancaire russe, en poussant de nombreuses banques a avoir recours à des crédits étrangers en raison du coût de l’argent en Russie. Ceci est devenu un véritable problème dès que les sanctions financières ont commencé à s’appliquer. De fait, la BCR est la cause majeure de la crise des banques russes, même si elle commence à s’en rendre compte et met en œuvre une politique destinée à les stabiliser et à les recapitaliser. Mais, il a fallu la crise spéculative de la mi-décembre pour que ces décisions soient prises, et elles ne l’ont été que sous la pression du gouvernement.

La discussion qui a conclu cette première journée a mis en lumière la congruence (convergence des effets à partir des causes différentes) que l’on peut observer entre la situation de la Russie et celle de l’UE. Mais, elle a aussi mis en lumière le fait que la Russie dispose de plus d’atouts pour sortir des difficultés qu’elle connaît actuellement, alors que l’UE apparaît comme empêtrée dans des problèmes qui sont largement insolubles dans le cadre institutionnel actuel. Des leçons apparaissent néanmoins comme transposables pour l’Union eurasiennes à partir d’une analyse des problèmes spécifiques rencontrés par l’Union européenne.

II.  Les effets des sanctions et les dynamiques économiques en Russie et dans l’UE.

Ce thème a été l’occasion d’une discussion des plus importantes. La présentation faite par le professeur Chirov et qu’il a fait avec MM. Vadim V. Potapenko, (IPEN-ASR) et A.A. Yantovskiy(IPEN-ASR) a mis en évidence le fait que la politique économique portait l’essentiel de la responsabilité du ralentissement de la croissance en Russie. En particulier, c’est la politique économique qui est responsable du fait que le mois de novembre a été marqué par un (léger) recul du PIB. Les problèmes ne datent pas du « régime des sanctions » mais proviennent de phénomènes qui ont commencé à se manifester dès la fin de 2012. Ces problèmes sont en réalité bien plus importants que ceux issus du régime des sanctions. Mais, les sanctions financières ont bien eu des effets sur l’économie à partir de septembre 2014. Ces effets potentiels des sanctions, répartis sur les 3 prochaines années, peuvent se résumer ainsi :

  • –       Absence de refinancement des entreprises pour 150-200 milliards de USD
  • –       Absence d’IDE : 30-50 milliards USD
  • –       Réduction de la coopération industrielle : 20-30 milliards USD
  • –       Réduction d’accès aux technologies avancées : 5-7 milliards USD

La partie financière des sanctions se monte à 180-250 milliards de dollars tandis que la partie industrielle de ces sanctions ne se monte qu’à 25-37 milliards USD. Mais, ces calculs sont des prévisions et représentent des potentiels. Ils n’incluent nullement la possibilité pour les acteurs économiques russes de trouver d’autres canaux et d’autres fournisseurs. Ainsi, cela suppose que les entreprises pétrolières ne trouvent pas des solutions alternatives (en se tournant en particulier vers des fournisseurs asiatiques) à la coopération avec des partenaires européens ou américains.

Par ailleurs, les sanctions financières auront aussi des conséquences pour les pays occidentaux. On peut estimer la perte sur les intérêts versés aux investisseurs occidentaux à 10 milliards de dollars par ans. Dans le domaine commercial, la perte pour les producteurs européens (UE) se monte à 30 milliards de USD par an. Un autre phénomène dont il faut tenir compte est le développement de substitutions aux importations, soit par la production interne (cela peut représenter de 7 à 13 milliards USD), soit par la recherche d’autres fournisseurs (en Asie) ce qui devrait représenter 20-22 milliards USD par an. Le total du coût pour les pays occidentaux devrait être de 37 – 45 milliards par an. A cela il faut ajouter une restriction de la demande qui ne sera pas compensée. On arrive ici à un total de 50-70 milliards par an. Ceci ne tient pas compte d’un effet multiplicateur (effet dits « de deuxième tour » portant sur les fournisseurs des entreprises exportant vers la Russie) résultant de l’interruption du commerce avec les pays occidentaux. Pour les pays de l’UE, ces effets résultant de l’impact indirect  seraient de l’ordre de 180 milliards de dollars.

Tableau 1.

Impact estimé des sanctions sur l’industrie de l’Union Européenne

Impact direct Impact direct et indirect
Produits de l’agriculture -0,37% -0,89%
Produits de l’industrie textile -0,33% -0,73%
Produits de l’industrie chimique -0,26% -0,69%
Machines et équipements. -0,56% -0,98%
Production d’équipements électriques -0,27% -0,65%
Véhicules et équipements de transport -0,82% -1,32%

Au total, la contraction devrait être égale à 0,75% du PIB de l’UE. Mais, il est évident que ceci se répartira de manière très différente sur les pays membres de l’UE. L’impact pourrait donc être un peu plus important pour des pays comme l’Allemagne, la Pologne et l’Italie, dont le commerce avec la Russie est important, et moindre pour l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas.

Rémi Bourgeot, doctorant au CEMI-EHESS, a présenté un rapport sur la logique de la déflation dans l’économie japonaise, et les parallèles que l’on pouvait faire avec la situation actuelle de la zone Euro. Il a en particulier montré de manière extrêmement convaincante que la cause principale des mouvements de déflation est à rechercher dans l’évolution des salaires dans différends pays. Ainsi, c’est bien le cas au Japon, où les salaires industriels sont restés très bas depuis maintenant une vingtaine d’année. Le même scénario est en train de se produire dans la zone Euro, mais masqué par des parités de change qui faussent largement notre perception de l’évolution des salaires. Ainsi, dans le cas où des pays comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce auraient eu les taux de change correspondant à leur situation économique réelle, ceci serait devenu évident dès 2006-2008. Seul un ajustement brutal du taux de change de ces pays pourraient leur permettre d’augmenter les salaires et de rester compétitif, ce qui aboutirait à annuler la tendance déflationniste. Mais, le parallèle entre le Japon et l’UE met aussi en évidence les effets très pervers de la politique salariale allemande qui « exporte » la déflation dans les pays qui sont liés à l’Allemagne par l’Union Economique et Monétaire (la zone Euro).

Julien Vercueil a présenté alors une étude sur l’impact des sanctions prises tant par l’UE (et les Etats-Unis), que par la Russie sur le commerce entre ce pays et les pays de l’UE. Les conclusions de cette étude, qui se fait avec une méthodologie légèrement différente de celle employée par A. Chirov et ses confrères, en valide les principaux résultats. Il en ressort qu’il faut examiner avec précision les effets de court terme et les effets de long terme. Sur le long terme, si une baisse des investissements directs étrangers devaient perdurer, il faudrait s’attendre à ce que les gains de productivité baissent en Russie.

Le professeur Boris N. Porfiriev (“Food Import Substitution and Development of the Green Agriculture as a Strategic Response to the Sectoral Sanctions against Russia”) a ensuite présenté les problèmes posés à la Russie par la politique de substitution aux importations dans le domaine de l’agriculture et de la transformation des produits agricoles. Cette présentation a montré qu’un potentiel extrêmement important existe en Russie tant dans la production agricole de base que dans le domaine de la transformation. Mais, pour que la Russie réussisse son programme de substitution aux importations il est impératif de :

  1. Mettre en place les cadres institutionnels permettant le développement rapide des productions dans le cadre de cette substitution.
  2. D’avoir des taux d’intérêts à des niveaux nettement plus bas que ceux pratiqués actuellement afin de permettre un investissement important, et susceptible de devenir rentable en moins d’un an, dans le domaine des industries de transformation.
  3. De moderniser les circuits de distribution.
  4. De concevoir de points d’applications aux politiques de l’innovation utilisant les produits agricoles (bio-chimie et bio-matériaux/énergie).

Le professeur Dmitry B. Kuvalin (“Potential Impact of the Russia and the Western Nations’ Reciprocal Economic Sanctions: A Forecast Estimate of the Enterprises”)  a présenté le sondage réalisé sur un panel de 1500 entreprises (hors secteur de l’énergie et des matières premières). C’est une des rares études microéconomiques dont on dispose en Russie de manière constante sur ces 18 dernières années. L’un des enseignements de ce sondage (qui est réalisé deux fois par an) a été de montrer que les chefs d’entreprises, s’ils arrivent à bien prévoir des évolutions linéaires, sont par contre très souvent surpris devant des points de rupture, et en particulier des points de rupture négatifs. L’étude se poursuivant depuis 1997, des comparaisons ont pu être réalisées sur les comportements des chefs d’entreprise lors de la crise de l’été 1998, de celle de l’hiver 2008-2009 (crise de Lehman Brothers) et de la situation actuelle. L’un des enseignements est que les chefs d’entreprise sont bien moins pessimistes qu’en 1998 ou en 2008 et qu’ils développent déjà des stratégies d’adaptation aux nouvelles conditions en Russie.

L’intervention de Jean-Pierre Pagé portait sur le risque de déflation dans l’Union Européenne et les moyens de contrecarrer cette possible évolution. Il a insisté sur le fait que la déflation gagnait du terrain dans l’UE et dans la zone Euro et que les politiques mises en œuvre à l’heure actuelle n’avaient pas fait la preuve de leur efficacité pour lutter contre la déflation.

Enfin, la présentation d’Anton K. Moiseev (“Capacity of the Russia Economy’s Price Competiveness: Policy Implementation Issues”) portait sur la capacité de l’industrie russe de maintenir sa compétitivité prix. Dans une étude très complète, et procédant à des comparaisons sectorielles, il a montré que l’industrie russe avait un problème de compétitivité-prix jusqu’en décembre 2013, l’appréciation du rouble étant en réalité supérieure aux gains nets de productivité du travail dans l’industrie manufacturière avec les principaux concurrents de la Russie. La forte baisse du taux de change du rouble a depuis réglé la question. De fait, le rouble est actuellement sous-évalué, le taux de change nominal correspondant à une égalité du taux de change réel avec 2010 devant se situer vers 43-48 roubles pour un dollar. Le rouble bénéficie ainsi d’une marge importante d’appréciation dans les prochains mois. Le gain en compétitivité-prix ne sera néanmoins complètement utilisé que si le taux d’intérêt revient à un niveau raisonnable soit à environ 3% en terme réel (ce qui pour un taux d’inflation de 10% signifie 13%). A défaut, il faudra mettre en place des mécanismes parallèles de financement.

Enfin, Richard Clément a présenté des estimations des coefficients de rentabilité des entreprises étrangères opérant en Russie. Ces entreprises font preuve, d’une manière générale d’une très grande rentabilité (en roubles).

La deuxième journée du séminaire (en fait une journée et demie en raison de la multiplicité des présentations et de l’ampleur des discussions) a ainsi permis de faire le point sur les effets des sanctions et sur la dynamique économiques de la Russie. Les capacités en matière de substitution aux importations s’avèrent très importantes, et ceci pas seulement dans le domaine de l’agriculture mais aussi des biens industriels. Sous réserve que des circuits de financement adaptés soient mis en place, la croissance de l’économie russe pourrait recommencer dès la fin du 1er semestre 2015 sur des bases nouvelles. Ainsi, les prévisions pour l’année 2015 montrent une extrême sensibilité à la question des taux d’intérêts et/ou de la mise en place de circuits de financement parallèle. Les prévisions vont de -5% (si rien n’est fait) à -1,5% (si une politique raisonnable est mise en place) et se révèlent tout aussi sensible à cet effet des canaux de financement pour 2016 où les prévisions vont de 1% (scenario inertiel) à +5% (scenario de fort investissement). Mais, cette journée a aussi permis de présenter la situation de l’UE du point de vue du risque déflationniste. Ce risque semble bien sous-estimé par les différents dirigeants. Or, si l’UE plonge dans la déflation elle devrait connaître une croissance extrêmement faible en 2015, et sans doute nulle en 2016. Ces calculs montrent de plus que les trajectoires de croissance de la Russie et de l’Union Européenne sont largement liées.

III. Les dynamiques de développement territorial.

L’intervention de M. Claude Rochet portait sur les défis que représente la notion de « smart cities » appliquée dans le cas de la Russie. Son exposé à mis en valeur le fait qu’il ne fallait pas adopter une vision essentiellement « technique » de ce que sera une « smart city » mais comprendre qu’il y a des enjeux essentiels en matière d’appropriation démocratique de l’espace et des technologies pour que se développe ce concept. Dans la discussion qui a suivi, et où l’exemple du pole urbain et pole d’innovation de Lausanne-Jura a été développé, de nombreux cas ont été présenté. Ceci a été développé à propos du « cluster » des activités sportives de Sotchi/Krasnaya Poliana/Rosa Khutor par les chercheurs de l’université d’Etat de Sotchi, et en particulier Mme G. Romanova, Mme G.Bryukhanova et Mme T.Saleeva. Des informations très intéressantes ont ainsi été mises à la disposition des chercheurs du séminaire, et une discussion importante a permis de dégager des pistes pour le développement possible de Sotchi et de sa region (le kraï de Krasnodar) dans “l’après-JO”. L’idée de réaliser en parallèle trois études de cas a été adoptée.

Participants à la 48ème session

Membres russes :

  • Victor V. Ivanter, académicien, directeur de l’IPEN-ASR (Institut de Prévisions de l’Economie Nationale – Académie des sciences de Russie)
  • Boris N. Porfiriev, membre correspondant de l’Académie des sciences, vice-directeur de l’IPEN-ASR, directeur du laboratoire d’analyse et de prévision des risques naturels et technologiques du développement économique.
  • Viatcheslav S. Panfilov, vice-directeur de l’IPEN-ASR, directeur du laboratoire des ressources financières.
  • Dmitri B. Kuvalin, vice-directeur de l’IPEN-ASR, directeur du laboratoire d’analyse des processus microéconomiques.
  • Alexandre A.
  • Alexandre A. Chirov, vice-directeur de l’IPEN-ASR, directeur du laboratoire d’analyse et de prévision du potentiel industriel et des relations inter-sectorielles
  • Oleg Dj. Govtvan’, responsable du laboratoire d’étude des processus monétaires de l’IPEN-ASR, Docteur d’Etat.
  • Anton K. Moiseev, Collaborateur principal au laboratoire d’étude des processus monétaires de l’IPEN-ASR.
  • Vadim V. Potapenko, collaborateur junior au laboratoire d’étude du potentiel industriel et des relations inter-sectorielles de l’IPEN-ASR.

 

  • Karina Kh. Rekosh, professeur de français au MGIMO, traductrice.

 

  • Galina M. Romanova, Recteur de l’Université d’Etat de Sotchi (FGBOU-VPO), professeur d’économie.
  • Evgueniy V. Kudelia, Ministre du tourisme du Kraj de Krasnodar, économiste.
  • Tatiana V. Saleeva, Responsable du département d’économie et de prévision auprès du Ministère du tourisme du Kraj de Krasnodar, économiste
  • Anatoli T. Bykov, Professeur, chef de la chaire de Médecine à l’université de Sotchi, Docteur en biologie.
  • Galina M. Konovalova, Pro-recteur de l’Université de Sotchi, Docteur d’Etat en biologie.
  • Irina I. Ukraintseva, Pro-recteur de l’Université de Sotchi, département des sciences sociales.
  • Tatiana E. Gvarliani, Professeur à l’Université de Sotchi, directrice de la chaire de Finance et Crédit.
  • Galina D. Bryoukhanova, Professeur à la faculté de tourisme et des sports de l’Université de Sotchi.
  • Segruei M. Romanov, Dekan (responsable des études) de la faculté de tourisme et des sports de l’Université de Sotchi.
  • Elena K. Borobej, Maitre de conférences au département de comptabilité et d’audit de l’Université de Sotchi.
  • Mikhail A. Zavialov, Responsable du service des bourses et des projets à l’Université de Sotchi.
  • Boris A. Ermakov, Professeur à la chaire des services de tourisme de l’Université de Sotchi.
  • Elena E. Siniavskaya, Professeur au département de Finance et du Crédit de l’Université de Sotchi.

Membres français

  • Rémi Bourgeot, doctorant au CEMI-EHESS.
  • Hélène Clément-Pitiot, maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise, (HDR), chercheuse au CEMI-EHESS, en résidence à Moscou auprès de l’IPEN-ASR.
  • Richard Clément, responsable bancaire à GazpromBank
  • Jean-Pierre Pagé, ancien haut-fonctionnaire au Ministère des Finances, responsable de la publication du « Tableau de Bord de l’Europe orientale et de la CEI » dans le cadre du CERI-FNSP.
  • Claude Rochet, professeur de sciences économiques et gestion à l’université d’Aix-Marseille, responsable de la veille technologique au Ministère des Finances.
  • Jacques Sapir, directeur d’étude à l’EHESS, directeur du CEMI-EHESS.
  • Julien Vercueil, maître de conférences (HDR) en économie à l’INALCO.