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La corruption au service du Terrorisme

Par Gilles Falavigna pour Jforum

La corruption au service du Terrorisme

 

Le procureur François Molins, chargé de dossiers terroristes fait une sortie médiatique pour alerter d’un phénomène de « micro-financement » du terrorisme en France. Plus de 400 donateurs français ont financé Daech. Il s’agit d’un système alimenté par des sommes « modiques, mais en nombre important ».

Le magistrat estime que « les terroristes ont eu besoin de 25 000 euros pour organiser les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher et 80 000 pour ceux du 13 Novembre à Paris et à Saint-Denis. »

François Molins a été dessaisi de nombreux dossiers confiés au nouveau Parquet National financier. Il est connu pour s’opposer à la création d’un parquet national antiterroriste. Le grand professionnalisme du procureur est unanimement reconnu. Mais ses sorties correspondent également à une lutte intestine entre les autorités de compétences.

Nous pourrions, par cette sortie, nous satisfaire de la prise de conscience qu’un mal réel ronge la société française de l’intérieur. Déjà, les instituts de sondages indiquaient que plus de 25% des jeunes de moins de 25 ans ont une idée favorable de l’Etat Islamique. Cela viendrait compenser la déclaration du Président Macron pour qui l’Antisémitisme est le fruit de l’importation du conflit israélo-arabe. Au passage, cette déclaration revient à dire que sans les Juifs, on se débarrasse de tout problème.

Mais revenons sur le fond du phénomène de micro-financement. De quoi avait besoin l’auteur des attentats de Montauban et Toulouse ? (qu’il me soit permis de ne pas avoir envie de citer son nom)

De quels moyens avait besoin l’auteur de l’attentat de Nice ?

Il suffit de très peu de moyens, surtout quand le paradis d’Allah est au bout du pare-chocs de son camion lancée à vive allure comme un bélier.

Quoi qu’il en soit, le problème n’est pas là.

Plus de 400 petits donateurs français ont financé Daech. Il s’agit d’individus identifiés. Leur nombre est obligatoirement beaucoup plus grand, peut-être énormément plus grand.

Un des piliers de l’Islam est le Zakat, la charité que doit faire tout Musulman à des œuvres caritatives et une très grande partie d’entre elles sont d’obédience islamiste derrière des noms de tolérance, de paix et d’amour. Si l’Islam « de France » est invité à faire le ménage, le nerf de la guerre ne peut en être exclu.

Mais, profondément, il est question, ici, de l’Etat Islamique. Que représentent les sommes versées dans le cadre de ce micro-financement ? Daech dispose de milliards d’euros. Selon le journal Le Point qui fait part de sources émanant des Services de Renseignement, Daech dispose aujourd’hui d’un pactole de 3 milliards d’euros. Cette somme suffit à maintenir le niveau de nuisance actuel de Daech pendant 15 ans.

En réalité, ces 3 milliards d’euros ne sont que le flux de trésorerie de l’organisation terroriste. C’est la partie visible de l’iceberg.

Pendant des années, Daech a eu le contrôle des ressources de toute l’activité économique d’une région très riche, en pétrole comme en toutes matières premières. Nous parlons d’un Etat qui taxe tous les échanges commerciaux. Nous parlons d’une organisation criminelle qui pratique le racket et nous savons, par exemple, que Lafarge a dû contribuer au financement terroriste.

Ces sommes ont été investies, tout naturellement. Elles ont été blanchies dans des activités parfaitement légales.

C’est un premier point au regard de l’information fournie par le Procureur Molins. Une règle fondamentale en gestion de projet est la loi des 80/20, dite loi de Pareto. On ne peut mener à bien un projet qu’en traitant les 80% qui sont la cause d’un problème et non pas les 20% dont l’influence est marginale. Ces micro-financements sont marginaux quant au problème. Il ne s’agit pas de ne pas les traiter pour autant.

Daech est riche, très riche. La terminologie d’Etats-voyous n’est plus à la mode mais leur capacité de nuisance est toujours là. Turquie, Iran, Qatar et bien d’autres, peut-on rester naïfs en observant au quotidien que ces puissances tirent intérêts de la situation syrienne ?

Le second point au regard des micro-financements est celui des flux financiers qui blanchissent les milliards d’euros dont dispose Daech. Ce sont ces rouages tout à fait légaux qui alimentent la corruption et qui participent à notre destruction, comme la corruption au sein de l’UE pour permettre l’immigration et bien d’autres activités de fond. Le terrorisme n’est qu’un paramètre parmi d’autres concernant les armes de nos ennemis.

Sur ce point, la sortie du Procureur Molins s’inscrit dans le Politiquement Correct. Il doit sa notoriété et son aura au traitement qu’il fit des affaires financières Sarkozy avec Bygmalion, d’un côté, et Cahuzac, de l’autre. On ne peut lui reprocher de partialité. Mais cette sortie ressemble à la nécessité d’avoir du grain à moudre pour cacher l’incapacité à traiter le problème sur le fond.

Mes travaux pour l’ouvrage « Géopolitique de la conspiration contre les Peuples » reposent sur le constat et l’analyse des liens entre les instances politiques et le crime. Il s’agit de corruption à grande échelle.

Quelques chiffres permettent d’éclairer la consistance de la mise en relation entre une offre, portée par l’idéologie universaliste et une demande, portée également par l’idéologie universaliste. Tous les ingrédients de la corruption sont présents puisque tous les ingrédients sont présents pour être corruptible !

L’ONG Transparency International a développé un indice de perception de la corruption allant de 1 à 10. Au monde, aucun pays n’atteint 10 qui signifierait qu’aucune affaire de corruption n’y serait instruite. En Europe, un indice de 3,8/10 est attribué à la Grèce. La corruption y est endémique. La perception de l’Italie est de 4,3. Cela correspond à ne pas être un Etat de Droit. La France est notée 6,9 en 2015. Elle occupe la 23e position du classement en 2016. La France est considérée comme un pays de corruption.

C’est au niveau de la moyenne européenne, région à 1000 milliards de dollars de corruption.

Dans ce contexte, les aides et subventions, argent inodore, participent fortement aux flux de corruption. Le Figaro du 29 juin 2012 fait état de 34 milliards d’Euros versés à 250 000 associations par la France. L’article se veut une « enquête sur l’étonnante opacité qui entoure le financement public des associations ».

Pour la seule France et la seule aide aux entreprises, le montant des subventions serait de 110 milliards d’euros selon la documentation française, rapport « Pour les aides simples et efficaces au service de la compétitivité », juin 2013. Pour autant, Wikipédia sur le thème, indique que le montant total des aides est inconnu.

Dès qu’il y a une occasion, la criminalité se rue sur les marchés. Les opérations « pétrole contre nourriture », en Irak, ont atteint le summum de la corruption. Malgré le secret Défense, la commission Paul Walker a référencé les centaines d’entreprises qui sont intervenues sur ce marché. Il n’y a pas de compagnie propre. La criminalité est un agent géopolitique. Les Seconde et Troisième Guerres du Golfe ont été très lucratives. L’Irak a été pillé. Il ne l’a pas été par un pays. Il l’a été par le crime organisé.

Le criminel est un homo œconomicus basique dans ses comportements sociaux. Il œuvre « utile ». Il utilise le pouvoir. Il ne le recherche pas. Il conteste l’autorité par sa puissance. Il est, néanmoins, un pouvoir économique et social. Le criminel possède une identité. C’est l’identité criminelle puisque le crime est son déterminant. Son territoire est le monde entier. Mais la source du territoire est primordiale.

Nous assistons à une balkanisation du monde. Les grands empires deviennent de petits états. Ceux-ci nourrissent la criminalité. Comme ce fut le cas pour la Yougoslavie, la fragmentation s’accompagne d’une fiction d’états, fut-elle provisoire. Il n’y a pas de police. Il n’y a pas de structures. Ce sont des proies faciles.

Si nous sortons du cadre juridique pour analyser la criminalité, nous trouvons un contexte sociologique constant pour servir de modèle. Nous retrouvons alors les principes de Norbert Elias et sa civilisation des mœurs :

L’Urbanisation est un moyen de disparaître de l’œil du voisin et du contrôle social naturel.

Toute concentration humaine augmente la difficulté à faire régner l’ordre. Cette concentration s’accompagne d’une nécessité économique plus importante.

L’anonymat et l’explosion démographique sont le terreau de la criminalité.

Les objectifs de l’Europe, les objectifs des organisations terroristes et les objectifs de toute organisation criminelle sont les mêmes : favoriser l’immigration. Que peut bien, alors, proposer le Procureur Molins ? Voilà, nous apprenons que des habitants de France nuisent à la France. C’est déjà ça ! Serait-ce un os à ronger pour les sous-chiens sans-dents?

Jean Lassalle s’inquiète de l’impact de l’après-Bouteflika

Un berger pour la France?

article rédigé pour Eurolibertés et repris par Jforum

 

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Le 31 janvier 2018, Jean Lassalle interrogeait le Premier ministre à l’Assemblée Nationale sur la question de la gestion française de « l’après-Bouteflika » en Algérie. Il semble, selon le député des Pyrénées Atlantiques, qu’un accord veuille que le pouvoir revienne à l’armée. Or, celle-ci serait largement infiltrée par les Islamistes. Cette mutation importante du pouvoir algérien pourrait engendrer une migration intensive de population vers la France.Le sujet ne sera pas trop, ici, de souligner la concomitance de ce problème avec le cadre de l’élargissement de l’Union Européenne dans l’intention de porter ses frontières au Sahara et, de fait, intégrer le Maghreb. Cette question est développée dans l’ouvrage Géopolitique de la conspiration contre les peuples.L’intervention de Jean Lassalle, à l’Assemblée Nationale, amena les sarcasmes de ses collègues. Encore une fois, l’ancien candidat à l’élection présidentielle sortait du cadre politiquement correct. Il serait « gentil », mais pas sérieux.

L’occasion est donc offerte de revenir sur le programme que présentait le candidat Lassalle pour en signifier la nature idéologique :

Tout d’abord, l’homme de terroir, avec son accent est objet de moquerie. Les « jeunes » des cités et leur langage vernaculaire seraient plus compréhensibles. La réalité de la société est ainsi posée.

Mais sur le fond du discours, le dénigrement n’enlève rien aux causes réelles du malaise de notre société. Au contraire, il ne fait que stigmatiser l’affrontement idéologique.

Le discours de Jean Lassalle s’oppose à l’universalisme par la cohérence d’une approche tournée vers l’humain dans ce qu’il a de concret. Si le berger des Pyrénées se définit comme un romantique, c’est parce que la politique est du romantisme. C’est pour cette raison que le sacré a toute sa place dans le concret et la matérialité de l’existence.

Jean Lassalle propose d’introduire les sports de combat dans la formation de nos enfants. Si la vie est un combat, nos enfants doivent être prêts à se battre. Tout n’est pas acquis. Si les jeunes gens qui assistaient au concert du Bataclan avaient su se battre et avaient été animés d’une mentalité de guerriers, il n’est pas sûr que le massacre ait été le même. Jean Lassalle, consciemment ou non, projette la reconstruction d’une nation.

Jean Lassalle entend redonner le pouvoir à la commune. La commune signifie le peuple regroupé en communauté. Les mots ont un sens. Le premier objectif d’établir la ruralité grande cause nationale est de redonner du pouvoir à la commune.

Toute autre politique ne peut aboutir, sous prétexte de rationalisation, qu’à une uniformisation des communes. Elles n’auront plus d’identité. Elles n’auront plus d’âme. Les communes-dortoirs s’inscrivent dans la logique mercantile du métro-boulot-dodo et de l’abrutissement des masses.

Franchement, entre le militant écolo parisien et le paysan, fils et petit-fils de paysan, qui est le plus à même de savoir ce qu’est la nature ?

Le bon sens permet d’appréhender qu’engager une transition énergétique, ce soit engager une nouvelle révolution industrielle et surtout sociétale. La révolution industrielle a engendré l’iniquité. Les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres. Le résultat n’a pu être que la lutte des classes. La révolution technologique de l’information a également failli concernant le partage de la connaissance. La délinquance idéologique et la criminalité se sont emparées de l’outil de communication. Revenir à la commune en tant que centre décisionnel, c’est donner une nouvelle approche à la transition énergétique.

Jean Lassalle va à l’essentiel. C’est une loi de gestion, la loi des 80/20. Elle transcrit que la politique détermine l’économique. Est-ce si incongru ? Amartya Sen, prix Nobel d’économie ne le prescrit-il pas pour développer de la valeur ? Aller à l’essentiel, c’est également considérer que les détails sont facilement gérables. Le tout est de reconstruire une identité combative pour nos enfants.

Le cadre général du programme de Jean Lassalle est développé dans l’ouvrage Géopolitique de la conspiration contre les peuples.

image: http://eurolibertes.com/euro/wp-content/uploads/2018/01/Geopolitique-conspiration-peuples-e.jpg

Géopolitique de la conspiration contre les peuples, Gilles Falavigna, Éditions Dualpha.

Géopolitique de la conspiration contre les peuples, Gilles Falavigna, Éditions Dualpha.

Repères (tirés du Point)

1937. Abdelaziz Bouteflika naît à Oujda. 1956. S’engage dans l’Armée de libération nationale, branche militaire du FLN. 1963-1979. Ministre des Affaires étrangères.  1981. Abandonne provisoirement la vie politique. 1999. Est élu à la présidence de la République. 2004, 2009 et 2014. Réélu président. 2013. Une attaque cérébrale le laisse partiellement handicapé.

Qui pour diriger le pays ?

Ahmed Gaïd Salah. À 80 ans, le chef d’état-major de l’armée pourrait être tenté par un destin à la Al-Sissi. Abdelkader Bensalah. Le président du Sénat, 75 ans, assurerait l’intérim. Abdelmalek Sellal. Le Premier ministre se dit militant du FLN depuis 1968. A 68 ans, il attend son tour. Ali Benflis. Ex-chef du gouvernement, il a échoué deux fois à la présidentielle. Il a 72 ans. Ahmed Ouyahia. À 64 ans, le directeur de cabinet de la présidence veut jouer un rôle de premier plan.

 

 

En savoir plus sur http://www.jforum.fr/impact-jean-lassalle-sinquiete-de-lapres-bouteflika-en-france.html#uDm6Id4j7uVuFcCb.99

Appropriation et continuité du coup d’État permanent, principe « Gauchien »

La France va bien. Comment pourrait-il en être autrement puisque Jupiter est aux commandes ?

L’économie française va mieux : 1,9 % de croissance en 2017. Mais voici qu’un ancien ministre de François Hollande, Stéphane le Foll, ce 30 janvier 2018, revendique ce résultat comme le fruit de son maître.

Mars et Venus pris dans le filet de Vulcain d'après Marteen Van Heemskerk.

Mars et Venus pris dans le filet de Vulcain d’après Marteen Van Heemskerk.

Quand on se prétend Jupiter, il est normal de se situer dans une situation très œdipienne avec son papa. Comme Ouranos, puis Cronos, gare à la castration !

Mais de quoi parle-t-on à propos de croissance, d’enrichissement ? Selon ces politiques, le principal facteur serait celui de la confiance. La confiance ferait entreprendre, ferait consommer, ferait oser aurait dit Audiard.

Alors la logique ferait comprendre l’importance du mensonge des dirigeants. Leur félonie à l’égard du peuple viserait à créer de la confiance et donc de la richesse. Seule l’intention compte pour les serviteurs de la Nation.

Mais de quoi parle-t-on en établissant cette croissance de 1,9 % en 2017 et en tablant sur la dynamique de cette croissance ?

Aujourd’hui, il est bien connu que l’économie est grandement virtuelle. C’est le principe des bulles. Rien n’est factuel. Tout n’est qu’interprétation. Un bel exemple de fake ! Le crédit fait tourner le monde.

En gestion, nous avons les emplois productifs et les emplois improductifs. Ces derniers sont une charge censée être nécessaire à la production. Quand on évoque le chiffre du PIB de la France, nous pouvons bomber le torse. Mais l’analyse du PIB montre qu’il intègre les valeurs marchandes, ce qui est produit, et les valeurs non marchandes, la rémunération des fonctionnaires (23 %). Les fonctionnaires sont la richesse de la France.

La croissance de la France va continuer à progresser. Europe oblige ! En effet, la direction de la Commission Européenne en charge de l’information formule le cadre des données et la France doit s’y soumettre. Le Figaro de ce 30 janvier 2018 rapporte que le trafic de drogue et la prostitution vont entrer dans le calcul du PIB de la France pour 2018 en conformité avec les directives européennes.

L’article du Figaro indique que la France manque de moyens pour évaluer les activités illégales. La France va donc créer des ressources pour cette fonction. Et comme nous venons de le voir, cette action est créatrice de valeur pour la France. « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

La question était posée d’évaluer les données en fonction de la véritable richesse. Mon livre Géopolitique de la conspiration contre les peuples fait le lien entre la corruption, le crime organisé, la politique et bien entendu le terrorisme. Les trois sont indissociables.

Selon les travaux de l’ONU, ce sont mille milliards de dollars qui serviraient de pots-de-vin aux fonctionnaires du monde entier. Le travail développé par cet ouvrage met en relief que les objectifs de l’Europe et les objectifs des organisations criminelles sont les mêmes : favoriser l’immigration et la délinquance, sources de profit par un environnement territorial favorable. Le principe de l’Union Européenne d’intégrer les valeurs criminelles au calcul du PIB ne doit pas être une surprise.

Mais restons-en aux données brutes : la masse financière de la corruption est estimée à 990 milliards d’euros pour l’Europe. Au final, cette somme est absorbée dans les prix de vente de chaque chose. Cette somme vient en diminution du revenu des salariés, soit 2 000 euros par an et par citoyen européen. Accessoirement, cela correspond à une perte sèche fiscale de 120 millions d’euros pour l’administration. Voilà la réalité qui réjouit nos dirigeants car le citoyen est maintenant riche. Le mensonge et la vilenie permanents ont remplacé le coup d’État permanent, tellement obsolète. Plus que jamais, il doit être martelé que la démocratie est le moins mauvais des systèmes, car tout est une question de confiance, n’est-ce pas ?

 

 

Je n’y croyais pas. C’était une blague. Par mimétisme au politiquement correct, j’ai pris l’habitude de nommer le grand informel homosexuel et apparentés : « Monsieur-Madame ». Quand j’ai entendu que le représentant de la France au concours Eurovision 2018 s’appelait Madame Monsieur, j’ai, un instant, cru à une « private joke », une sorte de caméra-cachée qui se jouait de moi.

Monsieur Madame Mercy

Non, c’est bien réel. Le nom de ce duo se réfère tellement, à mon sens, à la rébellion gauche-caviar des salons parisiens qu’il fallait s’attendre au pire pour le titre qui représentera la France. Bingo ! Un rêve pour certains, un cauchemar pour les autres, le militantisme droit-de-l’hommiste est au front.

Pourtant, le duo, apprend-on, ne sort pas de nulle part. Ils ont déjà travaillé pour illustrer une publicité d’une marque automobile. Ils ont également collaboré avec différents groupes de rap, bref à tout ce que peuvent produire les banlieues. C’est dire à quel point ces banlieues rejoignent les salons bobo parisiens.

La chanson de Madame Monsieur s’appelle donc Mercy. C’est l’histoire d’un bébé migrant recueilli en Méditerranée à bord d’un navire d’aide humanitaire.

LCI, qui titre « la belle histoire », retrace l’aventure du bébé nigérian, le texte est de l’émotion pure. Il s’agit d’Espoir. En effet, le bébé devrait acquérir la nationalité britannique. Le texte de la chanson a été écrit en quelques heures, preuve de l’émotion et de la spontanéité.

« Soyez spontané ! » aurait conjuré Stéphane Hessel. Cette émotion dégouline parfaitement de spontanéité. C’est un métier !

Le journal Le Parisien le dit « tout de go » : « Mercy n’est pas une chanson misérabiliste ». Non, nous dit le Monsieur de Madame Monsieur, « Nous ne serions pas allés à l’Eurovision avec une autre chanson. »

Il ne s’agit pas d’un produit marketing. Il s’agit d’un produit certifié 100 % correct. La preuve ? Les bénéfices de la chanson iront à l’association « SOS Méditerranée ».

Financièrement, l’association ne se porte déjà pas trop mal. C’est du lourd. Le bilan 2016 présente un excédent comptable de 700 000 euros. Cette organisation qui tourne autour du navire Aquarius est dirigée par Francis Vallat. Cet ancien armateur international est administrateur de la Lloyd’s. Il est difficile de trouver une activité maritime internationale pour laquelle il ne soit pas décisionnaire. Vallat, décoré de la Légion d’honneur par le ministre communiste des transports Jean-Claude Gayssot, et que le magazine économique Forbes présente, avec admiration comme l’incontournable des lobbies de Bruxelles. Nous sommes dans la cour des Grands.

Arrivés à ce point, le lien est immédiat avec le sujet de mon livre Géopolitique de la conspiration contre les peuples. Ce travail démontre que la corruption est la matrice décisionnelle de l’Union Européenne.

990 milliards d’euros par an. C’est le coût de la corruption au sein de l’Union Européenne selon le site du Parlement européen publié le 10 mars 2016. Les aides et subventions, argent inodore, participent fortement aux flux de corruption. Il ne faut jamais oublier qu’à un corrompu correspond un corrupteur. Le Figaro du 29 juin 2012 fait état de 34 milliards d’euros versés à 250 000 associations par la France. L’article se veut une « enquête sur l’étonnante opacité qui entoure le financement public des associations. »

Pour la seule France et la seule aide aux entreprises, le montant des subventions serait de 110 milliards d’euros selon la documentation française, rapport « Pour les aides simples et efficaces au service de la compétitivité », juin 2013. Pour autant, Wikipedia sur le thème, indique que le montant total des aides est inconnu.

Pour l’Union Européenne, le site welcomeeurope.com, spécialisé dans l’obtention de subventions n’est pas plus clair quant au montant total. Mais quelques exemples donnent le vertige : projets visant à établir une économie fondée sur la connaissance et l’innovation, 79 milliards d’euros ; projets visant à soutenir l’insertion professionnelle, 84 milliards d’euros ; projets pour l’interconnexion en Europe (?!), 30,4 milliards d’euros ; projets visant la cohésion économique, 183,3 milliards d’euros ; projets visant à améliorer les connaissances, 14 milliards d’euros… La liste est très longue sur des projets très génériques dans lesquels il sera facile de s’insérer. Et ce ne sont que des projets sans garantie de résultats pour l’objet visé. Comme l’indique le site welcomeeurope.com, l’obtention de subvention est un métier relationnel entre bureaucrates.

Il n’est pas question, ici, d’exprimer que l’association SOS Méditerranée est de quelque manière liée à du recel d’influence. Nous notons seulement que l’axe Méditerranée est une priorité stratégique de l’Union Européenne au même titre que les Migrants. Il n’est question, ici, que d’Eurovision. Et LCI le dit : C’est une belle histoire.

 

Le grand défi européen de cette première partie de XXIe siècle est insurmontable. Le continent devrait intégrer des dizaines de millions de migrants pour faire face à son déficit démographique. Pour le faire accepter, l’ordre moral utilise tous les arguments possibles, chance pour la France, etc. La situation n’est pas encore acquise. Alors, culpabilisation et repentance se prêtent à la situation. Nous ne saurions pas « vivre ensemble », défaut à corriger pour la paix sociale.

Mais rechercher la paix sociale est très loin d’être facile.

Le sociologue Robert Putnam(1), il y a cinquante ans, constatait que plus une communauté est diversifiée, plus la confiance entre les individus la constituant diminue. La société multiculturelle conduit ainsi à l’isolement et l’anomie sociale, ce qui renforce d’autant le manque de confiance.

C’est la justification évidente pour laquelle les USA, aujourd’hui et paradoxalement vu le contexte idéologique, ne se sont pas métissés. Les communautarismes sont renforcés. Les conflits ethniques se sont accentués durant le mandat Obama et le camp du Parti Démocrate a perdu.

Comment les mondialistes, qui ne l’ignorent pas, passent-ils outre ces difficultés ? Par la matérialisation interne d’un ennemi, bien sûr ! Et le but de cette dialectique permet également de détourner l’attention des peuples de la vraie menace qui pèse sur eux : leur disparition par l’ouverture des frontières. Le « Trump bashing » s’inscrit dans cette démarche.

Dans cette entreprise de résurrection de la lutte des classes pour faire oublier le déplacement des ethnies et précipiter la fin des nations, les élites mondialistes accentuent la question sociale en Europe et singulièrement en France. Elles rendent artificiellement aux syndicats l’importance que le peuple leur dénie. Le spectre de la grève générale requinque en particulier une CGT moribonde. Les « nuits debout » veillent, en parallèle, à la cohérence du système.

Les avantages sont multiples. En postulant la primauté de l’économique sur le politique, le mondialisme construit, tout autant, l’Universalisme. La Fin se fond dans les Moyens.

La loi travail de 2016, lancée par Emmanuel Macron, puis nommée El Khomry, mais techniquement conçue par les technocrates de Bruxelles, aura œuvré pour que la lutte des classes redevienne le théâtre des opérations des conflits idéologiques. La Gauche qui ne représentait plus que 13 % des intentions de vote fin 2016, remporte les élections six mois plus tard sans qu’elle n’ait à se présenter de Gauche.

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L'ancienne ministre El Khomri.

L’ancienne ministre El Khomri.

Le phénomène s’apparente à ce qui s’est passé en Espagne avec Podemos, à ce qui marche en Grèce avec Syrisa. Il est significatif que l’Union européenne et le Fonds monétaire international se soient mis d’accord pour donner une rallonge à Alexis Tsipras : l’homme qui a sauvé Bruxelles et l’euro en fournissant aux Grecs un succédané d’insurrection nationale.

Le joker du mondialisme est l’alter-mondialisme, qui se présente en anti-mondialisme. Le système reste globalisé et les peuples perdent à tous les coups. A-t-on jamais vu un joueur gagner face à la Banque ?

Nous pouvons retenir deux éléments majeurs du jeu opéré par le mondialisme : il développe les conflits sociaux sous couvert de la paix sociale. Il détourne le théâtre opérationnel du conflit qui l’oppose à la résistance à ses desseins.

Quel souhait pour 2018 ? Quel qu’il soit, le printemps sera chaud et les changements climatiques n’y sont directement pour rien.

Note

(1) Les travaux de Robert D. Putnam sur « la confiance, le capital social, l’engagement civique et la politique comparée », Revue internationale de politique comparée, vol. 10 N° 3, 2003.

François Hollande en campagne

La presse de Gauche, l’Humanité ou Libération, relevait le caractère électoraliste de la visite du Président de la République aux Antilles, Cuba et Haïti. La fin de l’année 2015 sera marquée par les élections régionales. Mais pour le coup, nous devons reconnaître que notre Président y est allé fort, du moins avec le portefeuille du contribuable:

Au côté de la refonte du RSA qui n’a pas trop été relevée pour des départements touchés par le chômage à hauteur de 25% de la population, les mesures les plus spectaculaires sont une rallonge de 750 000 € pour les universités, la création d’une troisième école de la seconde chance pour 700 000 € et le plus étonnant ce « centre d’excellence des langues » pour Saint Martin. L’installation d’un cyclotron pour permettre la détection des cancers demeure dans le principe de service public de la santé.

Ne ratant jamais l’occasion d’un bon mot, François Hollande sortait: « Si le ministre des Finances était là, il commencerait à s’inquiéter »… Mais c’était juste avant une autre formule : « Quand je viendrai à Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons ». Le journal L’Express demande si le Président a conscience des conséquences d’une telle annonce.

Incroyable mais vrai

Quelques nouzes pour préparer une information incroyable:

Certains pensent que la diversité est une chance. Certains le pensent plus que d’autres. Karim Zeribi doit faire partie de ces derniers.  Le journal L’express nous apprend que l’ancien député Europe Ecologie Les Verts et conseiller municipal de Marseille est mis en examen pour abus de biens sociaux, abus de faiblesse, recel d’abus, etc, etc… Objet du délit: les différentes associations d’aide à la diversité qu’il a créées. Les montants de subventions reçues par ces associations sont certainement une chance pour elles. mais pas de chance pour Karim Zeribi.

De toutes ces diversités, EELV est bien divisée. Nous arrivons à un moment crucial et François Hollande a prévu de s’exprimer. Remaniement ou pas, la grande question chez  les Verts est de savoir s’ils doivent accepter ou non d’entrer au gouvernement. Vu les résultats des dernières élections départementales, les Verts auront du mal à être en position de force. Quoiqu’il en soit, François Hollande devrait aborder la question en se demandant le fameux: Les Verts, combien de divisions?

L’embargo européen sur les produits russes pose un problème à Alexis Tsipras qui se rendait à Moscou. Martin Schultz, du parlement européen a considéré le déplacement de Tsipras comme « inacceptable ». L’objectif de la Grèce est de montrer qu’elle dispose d’autres solutions que l’Union Européenne. Le moyen est d’obtenir de la Russie une baisse du prix de son gaz ainsi que l’achat de bons du Trésor Grec.

Cela devrait être tout à fait possible. En effet, BFM TV nous informe d’une nouvelle tout à fait extravagante et qui démontre que la crise économique fait perdre toute notion de rationalité. Nous savons que des Etats empruntent à des taux négatifs aux banques centrales. Finalement et par principe des vases communicants, c’est un moyen de perdre moins d’argent. C’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne et bientôt de la France.

Pour la première fois, un particulier vient d’obtenir un prêt sur un crédit à taux négatif. (prêt au taux d’intérêt de – 0,0172 %).  C’est au Danemark, pays où les banques sont agressives face à la concurrence. L’histoire ne dit pas si l’emprunteur était bon négociateur et aurait pu obtenir mieux. Voilà qu’il est difficile de placer son argent de manière rentable mais que désormais, nous touchons de l’argent en empruntant!

politique, géopolitique et écologie

La géopolitique est la pratique pour développer la position dominante d’un groupe d’individus, ou plus simplement une nation, sur un autre groupe, nation, état. Toute relation est établie sur un rapport dominant/dominé. La démonstration biologique a été faite par Henri Laborit, le père des neuroleptiques dans son ouvrage sur la bio-psycho-sociologie.

(voir mon ouvrage, « Philosophie politique de l’Amour », la théorie des jeux)

Tout pourrait, finalement, se résumer à un rapport énergétique puisque la vie est régie par ce rapport au niveau de sa transformation. Nous avons besoin d’énergie pour produire de l’énergie. Nous nous développons et vivons tant que nous produisons moins d’énergie que nous en consommons. Nous mourrons quand nous produisons plus d’énergie que nous en consommons.

Le monde a connu la révolution industrielle, au XIXe siècle, par l’utilisation de l’énergie fossile. Le pétrole offre cette possibilité de transformation de l’énergie par un rapport sans équivalent entre le coût de production de l’énergie et le gain produit par sa transformation. Mais cette source d’énergie n’est pas renouvelable à la dimension de l’Homme. Les réserves pétrolières, par la découverte de nouveaux gisements exploitables, sont, depuis 30 ans, estimés à 30 ans. Les besoins augmentent et le pic, c’est-à-dire le point d’inversement de courbe, entre la capacité de production et la consommation est sur le point d’être atteint.

Entre 1971 et 2012, la production totale annuelle d’énergie primaire au niveau mondial est passée de 5,53 à 13,4 Gtep. Durant la même période, la population mondiale a augmenté de 3,8 à 7,1 milliards. L’évolution démographique est donc un facteur important de l’augmentation des besoins d’énergie et contribue aux incertitudes des prédictions à long terme (rappel : 1 tep = 4,187 1010 J).

L’énergie commercialisée et finalement consommée est le résultat de processus successifs de production, conversion, transport et distribution. L’énergie électrique intervient largement dans la plupart des secteurs de consommation. La fraction d’énergie électrique totale sur la quantité d’énergie primaire dépend du niveau et des modes de vie. La moyenne mondiale qui était de 8% en 1971 dépasse maintenant 14% (et par exemple de 18% en France).

Les statistiques et les grandeurs relatives à l’énergie au niveau mondial montrent son évolution en lien avec la démographie et les développements économiques. Le secteur de l’énergie doit encore se transformer compte tenu des enjeux écologiques. Il influe fortement les économies nationales, les marchés financiers et les relations internationales.

La considération des données scientifiques de l’énergie est donc politique. Il devient fondamental de s’intéresser au rendement de son cycle de vie. Et la réalité n’est pas forcément celle qu’on croit.

L’analyse sur cycle de vie est un mode de raisonnement qui se pratique désormais dans de nombreux domaines de l’ingénierie, comme dans les filières de génie des procédés. Elle permet d’évaluer les impacts environnementaux sur tout le cycle de vie de systèmes ou services, par exemple en vue de les améliorer via une démarche d’éco-conception. C’est une démarche multicritère qu’il est nécessaire d’intégrer, dans le domaine de l’énergétique, afin de prendre en compte, entre autres, l’extraction des matières premières, leur rareté, leur transformation jusqu’à leur recyclage voire la production de déchets si l’industrie n’est pas capable de les recycler.

Quand on étudie le rendement d’un convertisseur d’énergie, on regarde seulement le rapport de l’énergie sortante sur l’énergie entrante. Il y a inévitablement des pertes, ainsi le rendement est toujours inférieur à 100 %.

Le rendement en puissance ou instantané est le rapport de la puissance utile, c’est-à-dire le débit (instantané) d’énergie en sortie du convertisseur sur la puissance en entrée, donc le débit d’énergie en entrée. On rappelle que la puissance est la dérivée de l’énergie par rapport au temps.

Pour exemple, on s’intéresse au rendement sur cycle de vie d’un réacteur de génération actuelle, type EPR, de puissance 1 GW qui a une durée de vie de 40 ans.

(données publiées par la World Nuclear Association, 2013)

Sur la vie du réacteur, l’énergie utile produite vaut 280 TWh, c’est-à-dire 7 TWh/an.  Pour cela, le réacteur va consommer 7 800 tonnes d’uranium naturel.

On détaille maintenant l’énergie grise (primaire non renouvelable) nécessaire à la fabrication de l’usine, l’extraction de l’uranium, la fabrication du combustible enrichi et le stockage futur des déchets de ce convertisseur :

L’extraction minière coûte 0,58 TWhp,

La transformation en combustible fissile coûte 5,1 TWhp,

La construction et le démantèlement coûte 9,3 TWhp,

Le stockage des déchets en surface coûte 0,43 TWhp,

Le total de l’énergie grise est alors de 15,4 TWhp.

Le rendement de conversion chaleur fission / électricité est de 33%, c’est-à-dire que l’on va avoir 560 TWh de perte (chaleur) sur la vie du système qui sont des pertes non renouvelables, puisqu’issue de la fission de l’uranium.

Le rendement sur cycle de vie est proche du rendement de conversion de 33% car l’énergie grise pèse peu dans cette application. Un allongement de la durée de vie, qui serait d’ailleurs associé à plus d’énergie grise, changerait peu le résultat final.

Comparons, maintenant à la production d’énergie d’origine photovoltaïque qui apparaît comme un choix par défaut face à une source d’énergie non renouvelable :

(données extraites d’un rapport de l’agence internationale de l’énergie, 2011)

Pour produire l’équivalent du réacteur nucléaire, on considère :

Un rayonnement solaire moyen correspondant plutôt à la moitié nord de la France de 1 000 kWh/m2/an,

Une technologie déjà ancienne (les plus récentes sont plus performantes mais les données d’énergie grise nécessaires ne sont pas disponibles) qui utilise du silicium cristallin qui a un rendement de conversion de 14%  (donc nettement moins bon que celui d’un réacteur nucléaire).

Ainsi, pour arriver à 7 TWh   électriques annuels, compte tenu de ce rendement il faut 50 TWh solaires  (7/0,14), soit 50 km2   de superficie (en m2 : 50 milliards de kWh divisés par 1 000 kWh/m2). Pour donner un ordre de grandeur de comparaison, en France nous possédons 8 500 km2 de surface bâtie. La durée de vie de référence de l’installation est prise égale à 20 ans.

La fabrication des modules demande 3 700 MJp/m2 , soit environ 1 000 kWhp/m2 de surface des modules, soit 50 TWhp.

Le montage en toiture et la fabrication des onduleurs et leur remplacement sur la vie de l’installation, 120 kWh/m2 de surface des modules soit 6 TWhp.

Le total d’énergie grise est donc de 56 TWhp.   Le rendement de l’énergie de conversion solaire / électricité est de 14%, mais l’énergie solaire gâchée, puisqu’elle est d’origine renouvelable, n’est pas comptabilisé.

Le rendement sur cycle de vie est donc :

η cv = E u − vie   E u − vie   + E pertes − vie    + E energie grise − NR       = 7 ∗ 20  7 ∗ 20  + 56    = 71,4%

Notons que sur 40 ans, le résultat serait le même en supposant que la technologie, qui viendrait à remplacer celle-ci au bout de 20 ans, soit la même (même rendement, même énergie grise).

 

 

Emplois fantômes

Le magazine Capital présentait, ce mercredi 18 février, l’analyse d’une étude INSEE qui dévoilerait que, contrairement aux idées reçues, le nombre d’emploi s’est développé de manière plus importante sur ces trente dernières années que la population.

Le magazine Capital axe son argumentaire sur les territoires d’emplois, ce qui tend à accentuer le sentiment de distinction de rapport entre le développement de l’emploi et la population, +20% d’emploi créés pour +16% de développement démographique.

L’étude aurait de quoi surprendre. Soit elle est exacte et le chômage ne serait qu’un fantôme. Soit il conviendrait d’affiner les données de populations et l’explication première serait la prise en compte de l’immigration. La France comptait, en 2010, 7,2 millions d’immigrés selon l’INSEE. La France accueille 350 000 immigrés par an. D’une tentative de faire le buzz, Capital dévierait sur le « politiquement incorrect ».

Ceci dit, la donnée « immigration » est un facteur substantiel de l’analyse Emploi/Démographie. Mais le paramètre semble insuffisant pour justifier un tel ratio. La dynamique des emplois créés absorberait la charge de l’immigration. C’est une évidence. Il n’y a pas de raison que l’immigré accède plus facilement à un emploi que le Français.

L’étude INSEE serait une analyse sur trente ans. Il est question d’évolution et de tendances. Le chômage n’est pas apparu spontanément. La vérité est donc ailleurs. La moindre des choses est de regarder de plus près cette étude INSEE.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1538#inter2

Robert Reynard et Pascal Vialette, Pôle Synthèses locales, Insee – Clément Gass, Direction régionale d’Alsace, Insee

 

En fait, l’étude ne porte absolument pas sur le rapport du développement Emploi/Population mais sur les mutations fonctionnelles de l’emploi dans les territoires. Le rapport Emploi/Population n’y est qu’une formule introductive. Capital relève 304 « zones d’emploi » recensées par l’institut de statistiques (un découpage plus fin que les départements) pour justifier son argumentaire. Le découpage de 304 zones n’est plus fin que dans une démarche statistique d’élagage de données marginales et de pertinence de position (écarts-type). La zone d’emploi permet l’étude locale. Parmi les critères retenus pour formaliser la zone d’emploi, la représentativité de la population est retenue ainsi, en premier lieu, que le flux de déplacement domicile-travail. Le découpage de 304 zones n’est pas le facteur de pertinence présenté par Capital pour définir une donnée globale (et donner un sens à l’article) puisque la démarche est inverse. La démarche de l’INSEE ne vise pas une modélisation inductive mais seulement à segmenter.

Reste la mutation de l’emploi et elle est relative, pour les proportions, aux territoires. Capital parle de mutation de production concrète aux activités abstraites. Une métropole régionale comme Montpellier y est présentée comme dynamique en termes de création d’emploi. Or, nous savons que cette métropole est surtout « dynamique » en termes de chômage. Le fait est que la création d’emploi est relative à la démographie qui est porteuse, par sa nature, d’un marché. Il y a demande. Il y a offre. Quel est ce marché?

En réalité, l’INSEE parle d’une partition de l’économie en deux sphères : la sphère présentielle et la sphère productive. La sphère présentielle organise une activité locale. La sphère productive est un marché ouvert qui ne dépend pas de la proximité.

En réalité, nous constatons une mutation structurelle et ontologique de la population. La sphère présentielle que Capital définit « abstraite » n’est pas strictement tertiaire. Elle correspond au tourisme et à l’emploi sanitaire et social. C’est pourquoi une métropole comme Montpellier a connu un développement de la création d’emploi de +101,3% sur la période concernée. Il y a, d’un côté, vieillissement de la population parce que la migration des retraités appelle une offre de services importante. Il y a, d’autre part, appauvrissement de la population et misère sociale qui appelle la création de prestations sociales de l’Etat. Le tourisme, quant à lui, est fortement dépendant de la conjoncture.

De fait, les mutations d’emploi sont dépendantes de la population. Une présentation bimodale de la population et des emplois se marque. Elle est toujours le signe d’un appauvrissement par l’effondrement des données médianes. C’est la distinction majeure du rapport de l’emploi à la population et non celle de l’effondrement de la production concrète.

La création des nouveaux emplois est un signal d’alarme catastrophique. Ils sont une charge et ne développent aucune valeur ajoutée. Ils sont fragiles et tendent à appeler encore plus de population pour plus de pauvreté. L’enquête de l’INSEE porte sur les territoires. Si l’accroissement de l’emploi est plus important que l’accroissement de la population, le territoire n’en profite pas, tout au contraire. C’est l’enseignement à tirer de cette étude. C’est également pourquoi il ne s’agit absolument pas de la mise à mal d’une idée reçue. La création d’emploi n’est pas la cause d’une création de richesse. Le CAC 40 se porte bien ? Il n’est pas concerné par la sphère présentielle. C’est également le signe de l’accroissement de la présentation bimodale de l’économie, comme dans le Tiers-monde : des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres avec effacement des classes moyennes.

Inde et nationalisme hindou

« La chute d’Al Zawahiri au Levant fait qu’il concentre ses efforts plus à L’Est. Cet homme qui est une des personnes les plus recherchées au monde serait certainement à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, protégé par les Talibans pakistanais. Les forces locales d’Al Qaïda ont fondu. Ils ne seraient plus que deux mille en Afghanistan selon l’Institute of Conflict Management, dont le siège est à New Delhi.

Al Qaïda vient de créer son propre califat en Inde. La région compte 400 millions de Musulmans. Le but est de régénérer de nouvelles forces d’une part, et, d’autre part, toujours dans la pratique d’Al Qaïda, d’influer sur les gouvernements locaux. L’annonce par Al-Qaïda se fait sous la forme de l’annonce d’une bonne nouvelle pour les musulmans de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire face à l’injustice et à l’oppression. Il réaffirme également sa loyauté à l’égard du chef des talibans afghans, le mollah Omar.

Pour autant, l’EI s’implante également dans le sous-continent indien. La cellule Islami Khalifat, qui contrôle Peshawar, vient de faire allégeance au Califat au Levant. Selon Amir Rana, spécialiste pakistanais du Jihadisme, cette concurrence devrait créer une dynamique du Jihadisme. Début septembre 2014, Le Premier ministre indien Narendra Modi annonce que le pays est placé en état d’alerte. »

Tiré de Daesh et Hamas, les deux visages du Califat, voir article rubrique « mes ouvrages ».

J’insiste, sur ce contexte particulier de montée des menaces, en réaction à un article paru ce jour sur les Echos, de Patrick de Jaquelot et intitulé « L’inde face à la montée du nationalisme hindou ».

« La montée des tensions créées par les milieux ultranationalistes proches du gouvernement peut devenir un frein aux réformes économiques dont l’Inde a besoin. Dans un pays où 80 % de la population est hindoue, l’enjeu est majeur. »

Je me permets également ce papier par la trace, dans ma mémoire, d’un échange que j’ai eu, il y a quelques temps sur un site de géopolitique avec une « spécialiste » de l’Inde qui vantait sa culture pacifique et son modèle constitutionnel dont devrait s’inspirer ses voisins. Certes, cet échange a eu lieu avant les différentes affaires de viol qui ont fait découvrir au monde un aspect de la violence indienne qui tranche avec l’image d’Epinal traditionnelle. Il est toujours intéressant de marquer le vecteur premier, dans l’analyse géopolitique, stratégique et économique, du préjugé. L’Inde est un cas d’école à ce titre.

Je reste tout de même surpris de lire dans les Echos, un tel ramassis de jugement de valeurs. L’auteur parle des « délires de l’Hindutva », de « dérapages », du « carrément farfelu à l’extrêmement pervers »…  En final, la seule donnée à caractère économique de l’article du principal journal économique français pourrait se déceler dans sa conclusion :

« L’évolution de l’Inde et la modernisation de son économie dépendront largement de la façon dont le Premier ministre résoudra ce dilemme dans les mois qui viennent. »

Nous pourrions y voir, sur la forme, une validation, par l’auteur de l’article, des thèses du prix Nobel d’Economie Amartya Sen. Elle y est totalement contraire sur le fond. Si la primauté du Politique sur le Monétarisme permet la création de richesse, elle ne peut être que par la conformité politique au Culturel.  Dans le cas présent de l’Inde, puissance émergente rivale de la Chine, les considérations du journal les Echos ne sont pas qu’une succession de clichés. Elles témoignent d’un mépris des réalités (rappelées en causes et réactions contextuelles de l’Hindoutva par mon introduction) et, surtout, d’un mépris des spécifications indiennes qui permettent, tout de même, une croissance annuelle de l’ordre de 8%.