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combat idéologique sous-jacent

Loi de la thermodynamique : Une action engendre une réaction.

Le phénomène est beaucoup plus présent dans la société que la dialectique de l’Ordre et du Mouvement. Car le constat de l’après-attentat de Charlie Hebdo est phénoménal :

« Pas d’amalgame ! Les Musulmans sont les premières victimes des attentats ! » Ces slogans valaient, bien sûr, prévention à un risque de réaction d’hostilité (légitime ?). Mais de ces réactions attendues, il n’y eut pas. Malgré le contexte de Daesh, malgré le contexte séducteur de Daesh qui connait de plus en plus d’adeptes, malgré la faiblesse des condamnations des autorités musulmanes des attentats, c’est l’inverse de ce qu’escomptaient les auteurs des slogans anti-amalgamistes qui se produisit. Pour la première fois, les sondages indiquent qu’une majorité de Français, jugent l’Islam compatible avec la République et en baisse d’incompatibilité par rapport au précédent sondage.

Pour enfoncer le clou, le maître mot nouveau est « stigmatiser ». Il est utilisé pour tout commentaire. Les mots n’ont plus guère de sens. Car donner comme valeur à l’observation d’actes et petites phrases politiciennes celle du supplice du Christ sur la croix pourrait sembler exagéré. Mais cela reste, finalement, sur le même registre que le maître mot précédent, « nauséabond ».

La loi de la thermodynamique est une réalité et il y a bien réaction.

Tout d’abord, le remplacement du maître mot « nauséabond » par celui de « stigmatiser » marque la transition d’une attitude défensive, réactive, à une attitude offensive, proactive.

Le mode préventif de la phase « Pas d’amalgame ! » en témoigne.

Ensuite, la phase réactive et bel et bien phénoménale. Pourtant, elle pourrait être passée inaperçue. La phase préventive, « Pas d’amalgame », aura agi comme anesthésiant.

Notre période après-Charlie, réactive à l’attentat, correspond à l’annonce de la volonté du recteur Boubakeur de la mosquée de Paris de doubler le nombre de mosquées en France.

Dans le même espace de quelques jours, le président tunisien, Beji Caïde Essebsi sera reçu en visite officielle en France sous un cérémonial jamais vu puisque les honneurs militaires lui seront rendus aux Invalides. Le protocole n’est pas cela. Les honneurs militaires ne sont rendus que pour une visite d’Etat et non pour une visite officielle et ils ont traditionnellement lieu au pavillon d’honneur de l’aéroport, uniquement pour une visite d’Etat.

Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’Etat français des Anciens combattants, se rendra en Algérie du 19 au 21 avril pour la commémoration du 70ème anniversaire du début de la guerre d’indépendance algérienne selon les historiens algériens. C’est véritablement une première en termes de représentation du rapport France-Algérie et de manière radicale.

En parallèle, de grandes marches contre l’Islamophobie sont organisées dans toute la France.

Le grand vainqueur des attentats contre Charlie Hebdo et contre le Super Casher ( à oublier le dernier, on finirait par croire l’argument le plus véhiculé: que les attentats visaient la liberté de la presse) est donc bien l’Islam. Finalement, pouvait-il en être autrement? De ma contribution à ce dernier ouvrage collectif paru il y a quelques jours, « Islamisation de la France: fantasme ou réalité? », présenté par Philippe Randa, je maintiens cette réponse positive, d’autant plus vraie que nous la provoquons.

Islamisation de la France

Cette semaine est publié un ouvrage collectif auquel j’ai contribué:

Islamisation de la France: fantasme ou réalité?

Il m’a paru important de participer à ce travail. Je profite donc de la sortie de ce livre en 3 volumes pour présenter un résumé de la thèse que j’y défends:

L’Histoire n’a jamais été l’œuvre de la majorité. L’Histoire a toujours été le produit de la minorité la plus active.

Maintenant, l’Histoire de l’Islam révèle son seuil de passage à l’activisme tout en étant de moins en moins minoritaire. Nous en avons le sentiment et l’Islam en a encore plus le sentiment. Ainsi, le fantasme est un accélérateur de réalité.

Toute analyse stratégique, pour différencier la réalité du sentiment de réalité, observe les Forces, les Faiblesses, les Opportunités et les Menaces (SWOT). Les données seules sont sujettes à interprétation.

Nous avons un Islam, aujourd’hui, qui a franchi le seuil de l’activisme (Force ou Faiblesse selon le côté d’où on se place). Et nous avons, en face, une France et un Occident bercé de morale judéo-chrétienne qui favorise la passivité. C’est un ce sens que l’Islamisation est une réalité. Les données démographiques viennent l’accentuer.

L’islamisation de la France :  fantasme ou réalité…

(3 volumes)

Philippe Randa (présente)

Editions de L’Æncre

chaque volume : 146 pages – 18 euros

Les 3 volumes : 45 euros (au lieu de 54 euros)

Choc des civilisations… ou choc des cultures ?

Les meilleurs écrivains, journalistes, philosophes, chercheurs, acteurs du débat politique et religieux confrontent ensemble leurs points de vue à cette question qui préoc­cupent tant nos concitoyens sur la place de l’islam en France et dans le Monde : Robert Albarèdes, Philippe Arebours, Alexis Arette, Nicolas Bonnal, Marc Brzustowski, Pierre Cassen, Alain Dubos, Gilles Falavigna, Camille Galic, Nicolas Gauthier, Me Nicolas Gardères, Gérard Gelé, Patrick Gofman, Arnaud Guyot-Jeannin, Roland Hélie, Philippe Joutier, Pieter Kerstens, Joseph Lavanant, Yves-Marie Laulan, Jean-Yves le Gallou, Pierre Lance, Paul Le Poulpe, Aristide Leucate, Pierre le Vigan, Michel Lhomme, Magnus Martel, Anne Merlin-Chazelas, Guy Millière, Patrick Parment, Dr Bernard Plouvier, Philippe Randa, Jean Robin, Jean-Claude Rolinat,  Scipion de Salm, Nicolas Tandler, Christine Tasin, Marc Rousset, Guillaume de Thieulloy,  Pierre Vial, Luc Voy… et les dessinateurs Ignace et Pinatel…

Quatre entretiens sont également publiés avec ces acteurs majeurs de ce débat : Tareq Oubrou, imam et recteur de la mosquée de Bordeaux, Alain de Benoist, philosophe, le père Michel Lelong, prêtre de sensibilité traditionaliste et Camel Bechikh, président de « Fils de France »…

Les trois volumes abordent les thèmes suivants : États musulmans, Laïcité, Athéisme, Liberté d’expression, Coutumes, mœurs, Théologie, Politique, Djihad, Entretiens, Témoignages…

http://francephi.com/livre/wp-content/uploads/2015/04/Catalogue-184-avril-2015.pdf

Nucléaire iranien, suite…

Le temps d’écrire l’article précédent et le P5 trouvait un accord avec l’Iran.

Il faut dire que la date limite fixée au 31 mars unilatéralement par les USA pour convenir d’un accord ne pouvait que produire des réticences de l’Iran. On ne peut négocier qu’en préservant de toute humiliation ou ce n’est plus une négociation. Qui plus est, le contexte du Moyen-Orient, entre Yémen et Irak, n’y était pas favorable.

Mais revenons sur le fond de la négociation de Lausanne. Les débats portaient sur 11 points. La période du 31 mars au 30 juin devant servir aux modalités de mise en œuvre de l’accord cadre.

1. L’uranium enrichi doit être retiré d’Iran.

2. Les sanctions doivent être levées progressivement selon l’avancée opérationnelle de l’accord.

3. Le nombre des centrifugeuses iraniennes doivent être réduites.

4. Des inspections intrusives et des inspections inopinées seront réalisées pour le vérifier.

5. Les recherches et activités de développement. iraniennes doivent être stoppées.

6. La nature du réacteur à eau lourde d’Arak doit être changée.

7. Le site secret d’enrichissement de Fordow doit être fermé.

8. Les restrictions aux activités nucléaires iraniennes après l’expiration de l’accord doivent être réalisées.

9. Le programme de missiles à longue portée iranien doit être inclus dans les négociations.

10. Téhéran doit rendre des comptes sur ses anciennes activités nucléaires militaires clandestines.

11. Téhéran doit autoriser des inspections de sites militaires soupçonnés de mener des activités nucléaires.

Il va sans dire que les 3 derniers points sont essentiels puisque la menace du nucléaire iranien est d’ordre militaire. Or, de ceci, il n’est pas vraiment question.

En réalité, les accords de Lausanne poussent le « breakout time », le délai de fabrication de l’arme nucléaire, de 2 mois à 1 an. Le problème de fond n’est donc que partie remise. Laurent Fabius, lui qui a l’expérience des relations avec l’Iran  sait que la diplomatie iranienne a toujours joué à l’usure.

(article  blog Le Monde, Iran : ce que Fabius garde en travers de la gorge)

https://fr.news.yahoo.com/blogs/ravanello/iran-ce-que-fabius-garde-en-travers-de-la-gorge-191441524.html

Cet accord « historique » n’est donc pas une rupture mais une affaire à suivre.

 

Négociations iraniennes

Le sommet de Genève relatif au nucléaire iranien est une négociation sous forme de monologues.

Comme nous avons pu le voir à travers différents articles précédents, ce rapport diplomatique peut être le plus important du cadre géopolitique mondial. Son rôle est moteur pour la situation au Moyen-Orient comme à l’Ouest de la Russie.

Qu’en est-il du fond des débats ?

Les négociations portent sur 11 points et aucun de ceux-ci ne semble en mesure d’évoluer vers un protocole d’accord :

1. Téhéran refuse le retrait de son uranium enrichi d’Iran.

 

2. Téhéran refuse une levée progressive des sanctions.

 

3. Téhéran refuse toute restriction du nombre de ses centrifugeuses.

 

4. Téhéran refuse les inspections intrusives et les inspections inopinées.

 

5. Téhéran refuse toute interruption de ses recherches et activités de développement.

 

6. Téhéran refuse tout changement relatif à la nature de son réacteur à eau lourde d’Arak.

 

7. Téhéran refuse la fermeture de son site secret d’enrichissement de Fordow.

 

8. Téhéran refuse toutes les restrictions à ses activités nucléaires après l’expiration de l’accord.

 

9. Téhéran refuse que son programme de missiles à longue portée soit inclus dans les négociations.

 

10. Téhéran refuse de rendre des comptes sur ses anciennes activités nucléaires militaires clandestines.

 

11. Téhéran refuse d’autoriser des inspections de sites militaires soupçonnés de mener des activités nucléaires.

Le dialogue de sourds atteint son apogée quant à la forme.

La diplomatie américaine, adepte du hard power, a toujours considéré les négociations comme une perte de temps. Mais faute d’accord à la réunion de novembre 2014, Les 5 +1 et l’Iran avaient convenu de valider le plan d’action jusqu’en juin 2015. Sur cette base, la diplomatie américaine postule de la mise en place d’un accord cadre avant fin mars 2015 et des 3 mois suivants pour s’entendre sur les points techniques de cet accord.

Dans un discours prononcé en février 2015, le Guide suprême iranien Ali Khamenei a annoncé qu’il était en total désaccord avec cette procédure, affirmant qu’il n’y aurait pas deux, mais une seule étape, que l’accord devait être conclu en juin 2015, et qu’il comprendrait la levée de toutes les sanctions contre l’Iran. Cela signifie que la date limite du 31 mars 2015 ne signifie rien pour Khamenei.

De leur côté, les États-Unis ne tiennent pas compte de l’annonce de Khamenei, et s’efforcent, sans grand succès, de placer l’Iran dans cette logique de processus en deux temps qu’ils ont instituée. Mais l’Iran refuse de signer un document provisoire.

En réalité, le discours d’Ali Khamenei du 18 février était particulièrement violent. Dans le détail, il dit :

« C’est l’Amérique qui est coincée et empêtrée dans un problème, et la réalité à l’intérieur et à l’extérieur de la région le prouve. C’est vous [les Américains] qui avez subi défaite sur défaite pendant de nombreuses années ; c’est la République islamique d’Iran qui progresse »… Laurent Fabius, côté français, quitte la réunion sans le moindre commentaire.

Toujours est-il que la date du 31 mars est bel et bien passée.

Et qu’a débuté, au Yémen, une opération particulière (voir article géopolitique précédent qui présente une nouvelle défaite de la stratégie américaine). Une coalition arabe sunnite s’y oppose aux Houties chi’ites pro-iraniens.

C’est aux cris de « Mort à l’Amérique ! Mort à Israël ! » que les Houties répondent aux bombardements saoudiens.

https://www.youtube.com/watch?v=uDBXFRE9HyE&feature=player_Embedded

 

 

 

Yemen : des événements phénoménaux

Hier, 30 mars 2015, nous apprenions que la récente et surprenante coalition arabe au Yémen avait causé des dommages collatéraux sur un camp de déplacés causant une cinquantaine de victimes. En parallèle, nous apprenions que le représentant russe au sommet de Genève quittait la réunion. Les négociations autours du nucléaire iranien ne menaient à rien. Les deux informations sont particulièrement liées.

Nous avons pu voir, dans l’article précédent comme par les derniers articles de géopolitique que le croissant chi’ite formait le nœud stratégique de l’ambition américaine de régulation sur les affaires du monde et, ainsi, tenir son rôle de superpuissance. En gardant la Russie en ligne de mire, le rapprochement entre les Etats-Unis et l’Iran ne peut se faire qu’au détriment de l’Arabie Saoudite. Cela peut sembler un bouleversement majeur au Moyen-Orient. En réalité, le sacrifice des Séouds a déjà été acté. Depuis 10 ans, les Think Tanks les plus influents de Washington parlent de l’Arabie Saoudite comme d’une monstruosité moyenâgeuse que tiennent à bout de bras les si modernes Etats-Unis. Le très important Reuel Marc Gerecht connu également  sous le pseudonyme d’Edward Shirley expliquait que la mort du roi Abdallah devait s’accompagner de l’effondrement du monde sunnite au Moyen-Orient. Prendre le parti des islamistes les plus radicaux, d’une part, et reconstruire des liens privilégiés avec l’Iran, d’autre part, devenaient fondamental.

De l’effondrement Séoud sur le monde sunnite, il n’en est rien !

Environ 5000 Iraniens, Chii’ites irakiens et membres du Hezbollah seraient présent au Yémen aux côtés des Houties selon le Centre londonien des affaires politiques. Le monde chi’ite continue sa progression d’hégémonie régionale. Que les Séouds soient arrivés à lever une coalition sunnite est un véritable camouflet pour l’administration Obama, qui plus est à l’instant-même du sommet de Genève. C’est un camouflet pour tous les experts de Washington qui prophétisaient la chute de la maison Séoud.

En fait, c’est à l’effondrement de la puissance américaine sur le Moyen-Orient auquel nous assistons.

Cette coalition sunnite correspond bien à une affirmation identitaire qui ne peut que dépasser la conjoncture sunnite. Cette coalition prend acte de l’effondrement géopolitique régional des Etats-Unis et fera sans eux. Les retombées peuvent être beaucoup plus amples que l’affaire yéménite peut le laisser voir. Comme l’a suggéré Zvi Har’el dans Haaretz : « Sur le plan diplomatique, l’Arabie Saoudite semble être parvenue à en faire en sorte que le Soudan rompe ses liens traditionnels d’alliance avec l’Iran ; le Président soudanais Omar el Béchir, qui est recherché par la Cour Pénale Internationalde pour crimes contre l’humanité, a été reçu en grandes pompes et en fanfare par le Roi Salman, et à la fin de sa visite, il a annoncé que son pays rejoignait la coalition. Il a aussi ordonné l’expulsion de toutes les délégations iraniennes présentes dans son pays, transmettant ainsi un nouvel atout important à l’Arabie Saoudite, dans l’équilibre des pouvoirs contre l’Iran. Le Qatar a aussi rejoint la coalition, malgré le fait qu’on le considère comme un autre allié de l’Iran (avec le Soudan). Plus important, l’Arabie Saoudite et ses alliés se sont donnés carte blanche pour intervenir dans tout pays arabe qui choisit de se joindre à la sphère d’influence de l’Iran ».

Encore plus important, les Saoudiens ont gagné le soutien de deux pays voisins de l’Iran, dotés d’armées bien plus puissantes que celle de Téhéran : la Turquie et le Pakistan. « L’Iran tente de dominer la région », a déclaré le Président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d’une conférence de presse, le 26 mars. « Peut-on le permettre ? Cela commence à nous ennuyer, nous, l’Arabie Saoudite et les Pays du Golfe. Ce n’est réellement pas tolérable et l’Iran doit le voir et le comprendre ». Il s’agit d’un revirement drastique dans la posture de la Turquie alliée des Etats-Unis, qui par le passé, a cherché des relations équilibrées avec tous ses voisins.

Dans ce contexte, la chute de l’influence américaine ne tient pas seulement que les Saoudiens ont agi sans l’aide des Etats-Unis, mais surtout qu’ils ont agi en totale infraction avec l’objectif fondamental des Américains, qui consiste à engager l’Iran dans l’architecture sécuritaire de la région, en tant qu’acteur déterminant et « responsable ». Les Etats-Unis étaient peut-être vaguement au courant, mais pas informés des détails des opérations en préparation.

 

A l’audition de la Commission des forces Armées du Sénat, le Général Lloyd Austin, chef du Commandement Central américain, a déclaré qu’il ne savait rien du fait que les Saoudiens étaient réellement prêts à attaquer le Yémen, jusqu’à une heure avant que l’opération ne commence. Austin, dont les théâtres qu’il doit superviser concernent le Yémen, aurait normalement dû s’attendre à être informé bien plus tôt de l’ampleur d’une telle opération, d’après Bloomberg News.

Deux mandats présidentiels d’Obama auront conduit Israël à prendre plus que ses distances avec les Etats-Unis comme viennent de le confirmer les dernières élections israéliennes. La chute de la maison américaine sur l’axe stratégique mondial risque d’être totale.

USA humiliés au Moyen-Orient

Il faut aller chercher l’information où elle se trouve:

Debkra, Political analysis, Espionage, Terrorism, Security : we start where the media stop. Jforum reprend une analyse de ce site que je me permets de proposer en synthèse.

En France, Daesh est regardé comme le monstre qui embrigade notre jeunesse en mal d’identité. Mais pour comprendre le mécanisme, une analyse doit autant faire l’état des forces que des faiblesses. Et c’est sur le terrain que tout se décide. Les campagnes médiatiques du gouvernement pour expliquer aux jeunes qu’ils ne trouveront que la désolation au Levant sont une chose nécessaire. Mais toute vérité est bonne à dire. Le réveil en sera moins brutal.

Une vaste campagne de reconquête de l’Irak a été engagée non seulement par les frappes aériennes que nous connaissons et qui forment une coalition autours des Etats-Unis mais également au sol avec des unités irakiennes et iraniennes sous contrôle stratégique américain.

Le 11 mars 2015, le général Martin Dempsey, chef d’état-major conjoint, présentait le plan de reconquête devant le sénat, à Washington. Celui-ci s’articulait sur une rapide victoire à Tikrit, comme étant le prélude à des opérations de plus vaste envergure, renversant ainsi les tendances lourdes de la guerre contre les Jihadistes.

La bataille de Tikrit est une débâcle humiliante pour les Américains.

10 000 soldats irakiens et 20 000 membres des milices chi’ites commandées par le légendaire chef des brigades Al Qods, Qassem Souleymani, ont battu en retraite après des pertes infligées totalement inattendues. Des unités entières ont été mises hors de combat et dispersées. Certains contingents de l’armée irakienne se sont enfuis du champ de bataille en plein désarroi, sans dire un mot à leurs officiers.

Le résultat de la bataille de Tikrit, tant claironné, est extrêmement embarrassant pour l’Administration Obama. L’important, maintenant, est d’en tirer d’importantes leçons pour l’avenir de la guerre contre l’Etat Islamique :

  1. L’Etat Islamique a prouvé, jusqu’à présent, à Tikrit, qu’il n’est pas seulement puissant et tenace, mais aussi un peu plus sophistiqué qu’on ne le pensait et compétent dans l’usage d’instruments électroniques et cybernétiques de guerre.
  2. Ses centres de commandement et de contrôle fonctionnent de façon efficace et se sont avérés capables de répliquer rapidement à des situations constamment changeantes sur le champ de bataille. Lorsque ses forces avaient besoin de battre en retraite, elles l’ont fait en bon ordre et de façon tactique précise.
  3. Ses moyens logistiques se sont avérées tout aussi ordonnés, bien organisés, ce qui lui permet de garder ses véhicules, ses munitions et sa nourriture en mouvement autant que nécessaire et d’emmener ses morts et ses blessés. Les tentatives en Occident de présenter l’organisation comme étant en train de craquer de l’intérieur paraissent, à ce stade, infondées. L’Etat Islamique a détaché des forces combattantes venues du nord et de l’ouest de l’Irak et les a envoyées à Tikrit, tout en conservant ouvertes ses lignes d’approvisionnement à partir de la Syrie et de l’Irak, malgré les frappes aériennes américaines.
  4. Et alors qu’il tenait la ligne de front à Tikrit, le Commandement de l’Etat Islamique, constitué essentiellement d’ex-officiers de Saddam Hussein et de jeunes occidentaux -dont des Américains, des Britanniques, Australiens et Canadiens ayant une expérience militaire- a réussi à ouvrir de nouveaux fronts de guerre dans le centre et le nord de l’Irak.
  5. Au contraire, la démonstration de l’armée irakienne s’avère faible. La bataille pour reprendre Tikrit était considérée, dans les médias occidentaux, comme le test sur le terrain, pour les bataillons irakiens entraînés par les instructeurs U.S, en préparation pour une prochaine campagne visant à reconquérir Mossoul, la seconde grande ville d’Irak. Ces bataillons démontrent qu’ils sont bien loin d’être prêts – même pour subir leur épreuve préliminaire – et qu’il est très peu probable qu’ils soient à la hauteur pour une mission plus importante.
  6. Tikrit constitue une défaite pour le Général iranien Suleimani aux mérites tellement vantés, et qui a pris le commandement personnellement dans cette offensive.
  7. Les insuffisances militaires de l’Iran dans la bataille constrastent nettement avec les capacités de Daesh dans le même domaine. S’il veut sortir la tête haute de l’arène irakienne, Téhéran aurait besoin de mettre sur le terrain des soldats professionnels ou des unités régulières des Gardiens de la Révolution – et pas seulement des milices chi’ites irrégulières.
  8. Ce dilemme imprévu a provoqué d’intenses discussions parmi les décideurs politiques de haut niveau et les chefs militaires à Téhéran, afin de déterminer s’il faut, ou non, envoyer les forces aériennes iraniennes en Irak, ddans une tentative plus sérieuse pour déloger les forces de Daesh hors de Tikrit.
  9. Rien d’autre qu’une intervention directe des chasseurs-bombardiers et des hélicoptères d’attaque iraniens pour couvrir les troupes irako-chi’ites et les milices pro-iraniennes pourrait s’avérer plus efficace – particulièrement depuis que les Jihadistes se sont barricadés à l’intérieur du bastion massif constitué autour du palais de Saddam Hussein, à Maqar el-Tharthar, sur le lac du même nom. C’est l’un des sites les plus lourdement fortifiés de tout le Moyen-Orient, comportant un labyrinthe de bunkers à l’épreuve des bombes atomiques et un vaste réseau de tunnels et de passages souterrains. Pour le briser, il faudrait faire appel à de lourds bombardements aériens, une mission que les Iraniens vont probablement laisser à la Force Aérienne des Etats-Unis d’Amérique
  10. Dans la bataille de Tikrit, la stratégie de l’Administration Obama, consistant à se limiter au partage des renseignements [depuis samedi 21 mars] et à quelques frappes aériennes et à laisser le combat sur le terrain à des forces locales de milices chi’ites sous commandement iranien, s’est effondrée.

La guerre sera longue et douloureuse. Et chaque bataille perdue constitue un élément majeur d’attractivité pour les partenaires potentiels de l’Etat Islamique sur notre territoire. Cet élément viendra renforcer le caractère long et douloureux de la guerre. Le Premier Ministre Manuel Valls reconnaissait, début janvier devant l’Assemblée Nationale, que nous étions en guerre. Que faisons-nous pour la gagner ? C’est la réalité que je décrivais, malheureusement, dans l’ouvrage « Hamas et Daesh, les deux visages du Califat », co-écrit avec Marc Brzustowski. De même, nous présentions le dessous des cartes que les plus récentes informations viennent confirmer.

Ainsi, et pour ajouter à la confusion, les avions américains bombardent Tikrit aux côtés de l’Iran pendant que les bombardiers saoudiens, égyptiens et jordaniens, de l’autre côté, se lancent contre les Houtis pro-iraniens au Yémen.

Une offensive terrestre réunissant presque tous les pays arabes sunnites, dont le Maroc et le Pakistan, pour écraser ces milices appuyées par les renseignements iraniens et du Hezbollah, est en préparation…

Dans le même temps, le magazine Causeur reprend, le 24 mars 2015, une information du Washington Post qui indique que les Etats-Unis auraient « égaré » pour 500 millions de dollars de matériel militaire au Yémen. Pour plus de précision, ce sont : 200 fusils d’assaut, 200 pistolets automatiques, 1 250 000 balles, 300 paires de lunettes de vision nocturne, 250 gilets pare-balles, 160 Humvees, 4 hélicoptères, 4 drones, 2 Cessna, deux bateaux de patrouille et un avion de transport militaire.

Le Moyen-Orient dessiné par Obama est, désormais, sens dessus-dessous, avec deux camps pro-Iran et pro-Arabie Saoudite bien distincts et qui se font face par milices interposées. Il ne suffit pas toujours de faire un dessin pour qu’il devienne réalité. Les Etats-Unis auront bien du mal à favoriser localement l’Iran, priorité américaine, sans compromettre leur alliance traditionnelle du Golfe dont l’Iran chi’ite est depuis toujours le principal ennemi.

 

Géopolitique globale

Depuis une dizaine de jours et quotidiennement, j’entends à la radio des interventions, et en particulier Amnesty International sans le moindre contradicteur, qui viennent présenter le caractère « liberticide » du gouvernement russe. Nous revoilà assujettis à des informations qui renvoient la réflexion et la connaissance à de la pitrerie. Le point de vue est livré comme une information factuelle. L’assassinat de Boris Nemtsov est l’occasion, pour les médias et les Organisations Non Gouvernementales de défense des Droits de l’Homme, d’exprimer un ressenti particulièrement vif envers Vladimir Poutine. Nemtsov est présenté comme un des principaux opposants du tyran Poutine. Pourtant, Nemtsov était, jusque-là, totalement inconnu en Occident. La réalité est qu’il n’était guère plus connu en Russie ou, du moins, sa place dans l’échiquier politique russe était des plus insignifiantes.

Pour comprendre comment nous en arrivons à une telle désinformation, une telle méconnaissance et un tel manque d’analyse, il est important de revenir à une analyse géopolitique globale.

Les différentes écoles d’analyse géopolitique placent les facteurs historiques et culturels en premier déterminant des choix décisionnels de politique internationale au même titre que les intérêts économiques. « Les Etats n’ont pas d’amis, ils ont des intérêts », disait de Gaulle et il semblerait que le Général n’avait pas totalement raison pour ce qui est de l’analyse. Mais il faut aller plus loin.

Les déterminants historiques et culturels sont indéniablement importants. D’abord, parce que notre réflexion, donc nos choix, sont le fruit d’un mode de pensée construit par notre histoire et notre culture. Mais revenons à Boris Nemtsov.

Il existe une multitude de partis politiques en Russie. Les élections des représentants à la Douma ont donné :

49,32% des voix au parti Russie Unie dirigé par Vladimir Poutine,

19,19% des voix au Parti Communiste,

13,24% des voix à Russie Juste (SR) de tendance socialiste,

11,67% des voix au LDPR, mouvement nationaliste,

Le parti libéral Labloko avec 3,43% des voix n’a pas atteint le seuil pour être représenté.

Boris Nemtsov était un dirigeant du parti Solidarnost. Garry Kasparov, l’ancien champion d’échecs, est le dirigeant le plus connu de ce parti conservateur chrétien démocrate. Solidarnost est membre de l’UDI, organisation internationale pro-américaine, fondée, d’ailleurs, par les américains lors de la chute du mur de l’Est. Boris Nemtsov, présenté en Europe comme le principal opposant à Poutine, était surtout considéré comme un traitre en Russie dans le contexte de renouveau de guerre froide. Il était le parti de l’étranger menaçant. Lorsqu’Amnesty International pointe du doigt qu’une ONG en Russie doive déclarer qu’elle est financée depuis l’étranger et que la surveillance qui l’accompagne serait liberticide, c’est omettre que la Russie est quasiment en situation de guerre.

Dans le contexte politique russe, Vladimir Poutine est un centriste. A sa Droite, le LDPR a atteint plus de 11% des voix à la Douma. Les ultra-nationalistes sont, également, très actifs.

Boris Nemtsov ne représentait rien et surtout, ne représentait aucune menace pour Vladimir Poutine.

L’affaire est à considérer dans un contexte géopolitique particulier. En effet, 40% des dépenses militaires dans le monde sont d’origine étasunienne. C’est dans ce contexte que la Russie dérange. Se focaliser sur une interprétation unilatérale de concepts  permet de soustraire le fait principal et toutes ses conséquences, c’est-à-dire à quoi correspond que 40% des dépenses militaires au monde soit le budget militaire des Etats-Unis, de la vision géopolitique globale. C’est dans ce contexte que les opinions publiques sont manipulées avec leur consentement bienveillant.

Omettre ou sous-évaluer que la Russie se sente en situation de guerre et agressée correspond, en premier lieu à ne pas considérer le point de vue de l’autre, ses motivations. C’est faire abstraction de cette donnée première de l’analyse géopolitique qui prend en compte l’aspect culturel et historique.

Il y a donc un véritable impérialisme de la pensée occidentale que se veut porteuse du « Bien » et dénonciatrice du « Mal ».

Les Etats-Unis représentent 40% des dépenses militaires au monde et c’est un facteur-clé à la compréhension du mode de fonctionnement géopolitique. En face, la Russie dérange et, par cela, va véhiculer dans nos médias les plus étranges fantasmes.

La Russie représente la défense des valeurs traditionnelles, mariage, patriotisme, politique de natalité. Ce dernier point est essentiel.

La politique antirusse des Etats-Unis est une constante depuis 50 ans. En Europe, le principe du lobby est très mal perçu. Pourtant, il s’agit d’un principe démocratique. Chacun, dans les élections, tend à tout mettre en œuvre pour que ses choix politiques soient fonctionnels, conceptualisés. Ensuite, ils doivent être appliqués. La politique « idée » doit se transformer en politique « politicienne ». Dans la pratique, le pouvoir se joue dans les couloirs de Washington comme c’était déjà le cas dans les couloirs de Rome sous l’antiquité. Le lobby antirusse est le plus puissant de tous les acteurs de la politique américaine.

Il est tout de même révélateur de voir Zbigniew Brzezinski, homme fort de l’administration Carter, parti démocrate, engager le réarmement US à la chute du communisme et initier le soutien à l’islamisme, puis rester l’organisateur majeur de l’administration Bush, parti républicain, avec le même credo puis, occuper le même rôle stratégique et actif au sein de l’administration Obama, parti démocrate !

Zbigniew Brzezinski ne fait pas dans la langue de bois. Dans son ouvrage « le grand échiquier », il exprime très clairement son projet, il l’adaptera après le 11 septembre, mais ne le reniera jamais. « L’Amérique se doit de dominer le monde ». Les moyens d’y parvenir sont de dépecer la Russie, seule nation en mesure de contrer l’hégémonie américaine. Pour cela, l’Amérique doit favoriser l’islamisme. De fait en en conséquence, toute la stratégie américaine devient anti-israélienne. Nous sommes parfaitement dans une démarche « think global, act local ». Brzezinski s’attaque depuis 30 ans à toute résistance au développement de l’Islam parce qu’il considère que c’est un moyen majeur de mettre au sol la Russie, seule puissance à défier l’hégémonie américaine par sa puissance géographique stratégique, par son histoire et ses relations avec les nations, par son patrimoine humain, technologique et économique. La poussée de l’Islamisme correspond, et ce n’est pas un hasard, à la chute du bloc de l’Est. La stratégie américaine est claire et constante depuis fort longtemps : Le marché intérieur est autosuffisant au développement. Le complexe militaro-industriel est le moteur de l’innovation profitable au civil. La politique étrangère est le justificatif de l’investissement militaro-industriel. Plus l’hégémonie américaine est accomplie, plus le développement et « l’american way of life » sont assurés.

 

Alors en quoi le modèle russe, attaché aux valeurs traditionnelles, est-il une menace qu’il faut détruire ?

La démographie est un enjeu crucial. La Russie et son immensité géographique doit pouvoir servir de déversoir à la Chine et son immensité démographique. C’est toujours Brzezinski qui l’exprime en tant que conseiller de Barack Obama. Or, la politique nataliste russe, basée sur les valeurs traditionnelles le contrarie. Jusqu’à l’élection de Poutine, le déficit démographique russe était de 700 000 naissances par an. Il y avait 3,3 millions d’avortements par an sous Ieltsine. Le taux est, aujourd’hui, de 800 000. La politique pro-natale russe est une réussite puisque le déficit démographique est stoppé.

La Russie dérange parce que malgré 20 millions de Russes musulmans, le modèle d’intégration russe est réussi. Le Musulman russe revendique une identité russe. Malgré des attentats, malgré l’Afghanistan, malgré la Tchétchénie, l’Islamisme ne prend pas en Russie. Les Etats-Unis ne se cachent pas d’avoir soutenu au maximum les Talibans puis les Tchétchènes. Poutine a déclaré qu’il poursuivrait les Islamistes jusque dans les chiottes. Et l’Islamisme ne prend pas en Russie. La formule de Poutine a choqué en Occident. Il nous est sans doute plus convenable de ne pas « faire d’amalgame » et bombarder les positions Islamistes. Jusque dans les chiottes : Les difficultés russes durant la guerre d’Afghanistan résident dans les opérations menées au corps-à- corps dans les moindres recoins des montagnes. Les pertes russes furent énormes mais il n’y a pas eu de dommages collatéraux. La coalition actuelle autour des américains ne connait pas beaucoup de pertes. Mais ce sont des bombardements et les dommages collatéraux sont énormes pour un résultat final désastreux. Où est le respect de l’Autre ?

La Russie dérange parce qu’elle réussit son rôle de puissance mondiale d’équilibre. Les événements syriens en sont, aujourd’hui, la preuve flagrante. L’Occident a généré les Frères Musulmans, Daesh. Que fait-on maintenant ?

Les principales zones de turbulence islamiste sont situées dans les sphères turcophones, au Sud de la Russie. La réislamisation de l’Asie centrale est l’œuvre turque. Nous savons, et je l’ai démontré dans l’ouvrage « Daesh et Hamas, les deux visages du Califat », que d’une part, la Turquie a été un élément moteur de l’implantation de l’Etat Islamique en Irak-Syrie. Nous savons, d’autre part, que la plus grande partie étrangère des forces de Daesh est Tchétchène. Nous savons, enfin, que la Russie a été l’élément majeur de la résistance du croissant chi’ite à Daesh. Si la Russie s’est farouchement opposée à l’intervention occidentale contre Al-Assad, ce n’était pas que pour préserver son accès avec un port d’attache à la Méditerranée.

Aujourd’hui, l’influence de la Russie est prédominante et réussie. En témoignent les contrats récents d’armement avec l’Egypte, les relations particulières et pondératrices avec l’Iran, l’ouverture de marchés avec Israël.

La capacité d’influence russe doit être anéantie. Et cela commence par l’attaque culturelle des valeurs traditionnelles.

La stratégie russe est, et a toujours été défensive. Cela se comprend compte tenu de l’histoire russe, des chevaliers teutoniques à l’Ouest, aux hordes venues du Sud, comme plus récemment les campagnes de Napoléon ou de l’Allemagne nazie. La Russie pratique donc une stratégie de défense par glacis, par le maintien d’états tampons à ses frontières pour rendre la pénétration hermétique. Le facteur concomitant, c’est-à-dire en continuité comme en synergie est relatif à l’immensité du territoire. C’est donc à ces frontières occidentales de la Russie que sont portées les attaques, pour briser les glacis.

Les événements actuels d’Ukraine trouveront naturellement leur source dans l’annexion de la Crimée (qui, au passage, n’était pas souhaitée par la Russie). En réalité, il faut remonter un tout petit peu plus loin. Cela permettra de comprendre mieux qu’un individu comme Nemtsov puisse être considéré comme un traître en Russie.

Lorsque l’Allemagne engage sa réunification, Gorbatchev est au pouvoir à Moscou. La réunification de l’Allemagne n’aurait pas été possible sans l’accord de Gorbatchev. Il y a donc eu un accord entre les Etats-Unis et l’URSS. C’est au sommet de Genève, en 1985, que Gorbatchev négocie l’ouverture à l’Ouest en contrepartie qu’aucun pays membre du pacte de Varsovie n’intègre jamais l’OTAN. Le Pacte de Varsovie n’existe bientôt plus. Mais l’OTAN, bien que n’ayant plus de raison d’exister, se développe et intègre, ensuite, les anciens pays d’Europe de l’Est. Gorbatchev fait tomber l’URSS. Et il devient l’homme le plus populaire à l’Ouest et obtient le prix Nobel de la Paix. L’échec de Gorbatchev est total. Nemtsov revendiquait l’héritage de Gorbatchev. Il est compréhensible qu’il puisse être considéré comme un traître quand nous entrons, de nouveau, dans une guerre froide.

 

La résistance de la Russie à ses frontières va permettre une nouvelle attaque, économique cette fois. Il y a, bien sûr, les mesures de sanctions. En amont, la Russie est un des principaux producteurs de pétrole au monde. Pourquoi assistons-nous, depuis les événements à la frontière russe, à une chute du prix du pétrole ? Elle n’a été, mécaniquement et volontairement, possible que par la décision unilatérale des pays du Golfe, alliés des Etats-Unis. C’est une décision irrationnelle d’un point de vue économique. Mais, en fait, c’est une attaque contre la Russie. Le résultat est une chute du cours du rouble de 60%. Cela ne coûte pas grand-chose aux Etats-Unis. C’est l’Europe qui entre en déflation et lui empêche de sortir de la crise. Les prix baissent. Mais les revenus des entreprises et des états baissent autant. Ce sont, ensuite, les salaires qui baissent.

Il se trouve que la Russie bénéficie d’énormes réserves monétaires. Le choc passe. Bloomberg révèle ces jours-ci, avec effroi, que le rendement des entreprises russes est de 7,3%. Avec la dépréciation du rouble, l’accès à ces entreprises est facilité. La Russie devient la terre d’investissements ! Seule la Chine connaît une meilleure productivité que la Russie. La différence majeure est que la Russie est également une terre d’innovation technologique, de recherche universitaire. La productivité ne tient pas à la faiblesse des revenus. Le potentiel industriel est accompagné de vraies plus-values.

La Russie fait plus que résister économiquement. Le projet d’union douanière russe est eurasiatique.

C’est un autre fantasme qui tombe : celui de la faiblesse économique russe.

Malgré cela et malgré la démonstration des intentions authentiques des ennemis de la Russie, le combat culturel s’intensifie. La Russie et Poutine sont toujours vus comme agressifs et dictatoriaux, comme des menteurs animés de malignité. Et l’Europe continue de payer un conflit qui n’est pas le sien.

Le terrain culturel engendre le décisionnel émotif. C’est le constituant premier du préjugé, positif ou négatif, et obstacle premier à l’analyse décisionnelle. Ce n’est une caractéristique ni française, ni occidentale. La charge émotionnelle étant particulièrement développée dans la pensée juive, il n’est pas étonnant de voir les sionistes convaincus, rester persuadés que les Etats-Unis sont leur allié. Il n’en est rien et ne fut que de circonstance pour contrer l’influence soviétique. Informer n’y change pas grand chose. L’information pertinente sera toujours celle qui vient confirmer le préjugé. Bref, la méprise et la désinformation sont des éléments majeurs de l’analyse géopolitique.

Débat d’idées

Au menu de l’actualité de ce mardi 10 mars 2015, peu de choses pouvaient prêter à analyse. Le drame d’un accident d’hélicoptère en Argentine relève du fait divers. Il y a eu une forte altercation à l’Assemblée Nationale entre Marion Maréchal Le Pen et le Premier Ministre Manuel Valls. La question de la députée FN portait sur la stigmatisation du FN revendiquée par Manuel Valls avec l’utilisation du mot « crétin ». La réponse du Premier Ministre fut d’une violence particulière. Ce qui pourrait n’être qu’une joute de plus dans l’hémicycle des acteurs politiciens mérite une analyse de fond. Nous verrons qu’elle produit deux problèmes sociétaux fondamentaux

 

En premier lieu, le mot « crétin » renvoie à la passe d’arme de ces derniers jours entre Manuel Valls et Michel Onfray. L’affaire porte bien sur l’engagement personnel de Manuel Valls pour les prochaines élections départementales. Le Premier Ministre entend porter le débat sur la forme de l’Extrême Droite. De nombreuses voix de tous bords politiques s’étonnaient de cette posture. La réalité est simple : Le FN est ou n’est pas un parti républicain. Il est légal, légitime ou ne l’est pas.

Le choix de Manuel Valls est méticuleusement choisi. Il s’adresse, en réalité, à la Gauche. Il est conséquent du passage en force de la loi Macron. Elle-même est le fruit de l’opposition des « frondeurs » et d’une amorce de dislocation du Parti Socialiste. Celui-ci se fracasse sur la conduite du pouvoir. L’attentat contre Charlie Hebdo lui a donné un peu de répit mais la flèche du temps est lancée. Ce n’est pas que cela. Le problème est d’ordre structurel et constitutionnel. La Ve République est un système qui favorise le bipartisme. Il ne peut y en avoir que deux ! Un Front National à 30% des intentions de vote signifie que soit le PS, soit l’UMP, soit le FN disparaîtra. C’est cela que met en évidence indirecte Manuel Valls. Il s’agit d’une rupture majeure, également, avec la stratégie politicienne de ces trente dernières années où il est connu et évident que le FN était une arme au service du PS contre l’UMP. Nous assistons donc à un événement majeur de stratégie politique.

 

Le second lieu à trait à la platitude du discours politique actuel, à sa normalisation, au politiquement correct, argument d’ailleurs majeur du Front National par la description de « l’UMPS ». Cela ressemble à un abrutissement des masses, ce qui nous renvoie à la forme utilisée par Manuel Valls pour stigmatiser le FN. Celle-ci veut échapper à tout débat d’idées. Retour au déroulé de l’affaire Onfray:

Michel Onfray, philosophe de Gauche, était questionné, dans cette actualité à l’égard du FN, sur ses choix de réflexion. Il dit préférer une idée juste à une idée injuste. Il dit préférer une idée juste même si elle est de Droite à une idée injuste, même si elle est de Gauche. A cela, Manuel Valls réagira en disant que Michel Onfray perd ses repères. Et c’est la question de fond.

Jacques Sapir, éminent économiste lui-même attaqué, fait un courrier que je me permets de reproduire puisqu’il résume la question avec la plus grande pertinence :

Valls ou le degré zéro de la pensée

9 mars 2015

Par Jacques Sapir

 

Monsieur Valls se saisit de la philosophie. Il le fait à sa manière, limitée et expéditive, comme aurait dit le Général. Celle dont il a usé face aux frondeurs (qui ne méritaient par ailleurs pas tant d’honneur). Celle dont il abuse pour supprimer des débats qui le dérangent. Monsieur Valls a donc décidé d’attaquer Michel Onfray. Que lui reproche-t-il ? Le mieux est ici de laisser la parole à la victime[1].

 

« Valls quant à lui n’a pas même pris le temps de lire l’entretien du Point à partir duquel il extravague. Qu’y ai-je dit? La question était la suivante: «Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche?». Voici ce que j’ai répondu: «Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite? Qui sont-ils d’ailleurs? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait…». Les papous ont donc hurlé, jusqu’à Matignon. »

 

D’une certaine manière, on pourrait en rester là et laisser le Premier Ministre à sa honte. Mais, ce n’est pas la première fois qu’un membre éminent du P« S» se comporte ainsi. Il y a plus d’un an, c’était Pierre Moscovici qui s’était répandu en bavant à mon propos. Il y a du système dans la méthode. Et cette méthode, elle se dévoile chaque jour un peu plus dans la posture prise par le Premier Ministre qui se veut un apparent rempart face à l’extrême-droite. Des doutes ont été exprimés sur cette stratégie, mais je le rassure tout de suite : oui, il elle est efficace, mais comme fourrier !

 

De la confusion des genres.

 

En fait Manuel Valls reproche à Michel Onfray de faite son travail d’intellectuel, qui implique rigueur et honnêteté, deux mots qui ne figurent pas au vocabulaire de Béachel, ni de certains autres. Il l’accuse de perdre ses repères. Venant d’un homme qui a systématiquement brouillé les siens, qui déclare qu’il « aime l’entreprise », sans préciser laquelle, ni même établir de différence entre les entrepreneurs et l’entreprise, qui étale ainsi au grand jour ses insuffisances cognitives mais pas sa suffisance discursive, il y aurait de quoi rire.

 

Mais nous vivons une période de confusion des genres. Un candidat à la Présidence de la République peut ainsi dire en public que son « ennemi c’est la finance » et, une fois élu renoncer à toute mesure qui limiterait le pouvoir cet ennemi, nommer ministres des hommes inféodés à cet ennemi, en un mot faire le contraire de ce qu’il a dit. L’exemple vient de haut. Alors, bien entendu, dans un monde où un ministre de « gauche » peut se permettre de révoquer des mesures clés de protection sociale, où un Premier-Ministre peut décider de faire passer cette loi aux forceps (l’article 49, alinéa 3), on peut estimer qu’il n’y a plus de repères. Ou bien, plus précisément, que ce gouvernement et ce Premier Ministre, sont les premiers responsables de cette « perte de repères ». Car, les désastres électoraux se préparent et, quoi qu’on en dise, les électeurs ne sont pas stupides. S’ils se détournent des soi-disant « socialistes », qui ont tout fait pour cela, sans aller dans les bras d’une droite dont ils ont expérimenté les mauvaises recettes, ce n’est pas sans raison.

 

Le seul point sur lequel je serai en désaccord avec Michel Onfray, c’est quand il compare le microcosme politicien et médiatique aux Papous. C’est très injuste pour ces derniers. La consternante jobardise de politiciens aux abois, la prétention renversante des serviteurs des médias, tout ceci ne serait pas de mise dans les forêts de la Nouvelle-Guinée.

 

Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark[2]

 

Il n’en reste pas moins que toute cette affaire est révélatrice à la fois d’un climat et de pratiques délétères. Pourquoi un politique intime-t-il à un intellectuel de parler ou de se taire ? De quel droit ce politique se permet-il de juger en des termes aussi lapidaires du travail d’un intellectuel ? J’entends bien l’objection que l’on fera : l’intellectuel ne travaille pas dans sa tour d’ivoire ; ses positions influent sur le débat politique et justifient cette interpellation. Ceci est juste mais ne serait ici pertinent que si Michel Onfray se fût lui-même positionné sur ce terrain politique. Ce n’est pas le cas. Alors, on peut approuver ou non ses positions, et de toutes les manières ses positions sont et seront l’objet de débats. Encore faut-il pour cela répondre au niveau où il se place, celui des idées. Ce n’est pas ce qu’a fait Manuel Valls, qui s’est situé délibérément sur le terrain de l’interpretation politique la plus instrumentale et qui a, sciemment, déformé la pensée de Michel Onfray.

 

Mais ceci est, en lui-même, révélateur d’une conception du débat, ou plus précisément du non-débat, qui caractérise une large partie de l’élite politique française. On cherche à impressionner plus qu’à convaincre, à terroriser plus qu’à échanger des arguments. L’heure n’est plus à la discussion sur des positions rationnelles, mais à l’échange d’anathèmes et d’invectives. Ceci en dit long sur le processus de décomposition de la pensée qui produit un Manuel Valls tout comme il avait produit avant lui un Béhachel. Quand ceux qui vous inspirent vont chercher leurs sources dans les poubelles d’Internet, comme on l’a vu avec l’affaire Botul[3], il ne faut plus s’étonner que l’on raconte n’importe quoi, et pas seulement sur les débats d’idées.

 

Le traitement de Michel Onfray par Manuel Valls est enfin révélateur du peu de cas que l’on fait actuellement en France de la réflexion. Je le répète, on peut parfaitement discuter des thèses d’Onfray, comme celles d’autres auteurs. Mais l’attaquer sur ses références est d’une stupidité insondable. A ce titre, nous ne lirions plus grand-chose, et en particulier nous devrions brûler des auteurs comme Carl Schmidt et bien d’autres. Que l’on puisse se construire contre un auteur implique que l’on intègre aussi une partie de sa pensée. On ne se construit contre qu’en se construisant avec. Et c’est pour cela qu’il faut lire des auteurs que l’on peut considérer comme réactionnaire, et que dire que l’on peut trouver des idées intéressantes ne vaut nullement approbation de la totalité du discours et de la démarche. Mais, je sais aussi qu’écrire cela ne sert à rien. Les gens comme Valls et Moscovici, et les petits marquis frisés qui les entourent, se moquent bien du processus de construction d’un raisonnement et d’une pensée. Ils se situent bien en deçà. On a beaucoup glosé sur l’expression « pensée unique » mais en l’espèce cette expression a un énorme défaut : dans « pensée unique » il y a encore « pensée ». Visiblement, pour Manuel Valls, c’est encore trop.

 

[1] « Nouvelle droite, BHL, FN : la réponse de Michel Onfray à Manuel Valls » in FigaroVox, le 8 mars 2015,http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/08/31001-20150308ARTFIG00094-la-reponse-de-michel-onfray-a-manuel-valls.php#

 

[2] “Something is rotten in the State of Denmark“, W. Shakespeare, Hamlet, Marcellius, acte I, scène 4

 

[3] Lancelin A., « BHL en flagrant délire : l’affaire Botul », le Nouvel Observateur, 21 février 2010,http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20100208.BIB4886/bhl-en-flagrant-delire-l-039-affaire-botul.html

 

Propriétés physiques de l’eau

La crise économique, l’évolution sociétale et l’ouverture planétaire concurrentielle conduisent à optimiser les pistes d’innovations qui marquent une valeur-ajoutée. Egalement, c’est le plus sûr moyen de réduire la dépendance du marché du réel des politiques monétaires et stratégiques d’échelle, sans les réfuter et par cela, développer la croissance, le revenu et la réduction du chômage.

L’état et les collectivités locales s’y emploient. Les organismes d’interfaces entre les universités et centres de recherches, les financeurs et les entrepreneurs jouent un rôle majeur en ce sens. En gros, le slogan consécutif au premier choc pétrolier :  » La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées », se veut des plus actuels.

La recherche fondamentale doit être vivante, ouverte, utile par un pragmatisme applicatif.

Mais la recherche fondamentale a toujours existé. Elle est liée à la nature curieuse de l’homme, à sa soif de connaissance. Puisqu’il est question de fondamentaux, nous pourrions revenir à des segments de recherches qui semblent acquis. Nous n’avons pourtant pas fait le tour de ce que nous connaissons déjà. Peut-être manquons-nous de bon sens.

Les travaux de C. DEBYE qui lui ont valu le prix Nobel de chimie en 1936 sont un exemple, parmi d’autres. Je voudrais en faire une présentation qui, je l’espère, mettra en lumière des applications nouvelles, porteuses des réponses à une problématique globale.

Les applications associent la Science à la technologique et la technique. Les deux dernières ne sont que conséquentes de la première.

 

 Magnétisation de l’eau

Chez les animaux, l’eau organique représente 66% de leur masse totale. L’eau est donc un “ système d’échange” et un élément absolument fondamental de la constitution des êtres vivants, en assurant en tous points des organismes, les aspects les plus divers des fonctionnements de la “ mécanique ”.

 

La vie n’est possible que grâce à l’eau qui, seule, permet les phénomènes d’ionisation, d’électronisation, de pression osmotique… Il est donc très facile de comprendre son extrême importance dans la voie humide d’une approche quantique d’un dispositif thérapeutique.

Au niveau moléculaire, H20 n’a en apparence absolument rien d’exceptionnel puisqu’il s’agit d’une simple molécule tellement stable chimiquement qu’elle est l’aboutissement de très nombreuses réactions, en particulier de réactions de combustion, ce qui devrait faire de l’eau un liquide toujours inerte.

Dans la molécule d’eau H20, chaque atome d’Hydrogène H, est relié à l’atome d’Oxygène O, par ce que l’on appelle une liaison COVALENTE. Dans cette liaison relativement solide, l’atome d’hydrogène H et celui d’oxygène O, mettent en commun chacun un électron. Donc, chacun de ces atomes acquiert de cette façon un électron supplémentaire : L’atome d’hydrogène H se retrouve avec deux électrons au lieu d’un seul et celui d’oxygène O, avec huit électrons périphérique au lieu de six… .Parce qu’il participe à deux liaisons au lieu d’une seule.

De plus, ces nombres correspondent aux couches complètes des écorces électroniques externes des ‘ nuages’ électroniques autours de chaque noyau atomique considéré ; on sait que cela confère une très grande stabilité à la molécule.

Si on regarde de beaucoup plus près, on s’aperçoit que cette petite molécule est encore capable d’établir avec deux autres atomes H de deux autres molécules voisines, deux autres liaisons intermoléculaires d’un type tout a fait spécial, appelées : Liaisons Hydrogène ou encore Pont Hydrogène.

Or, comme il n’y a pas d’autres liaisons de covalence au sein de la molécule H20 que les liaisons O – H, les liaisons hydrogène H – H dans l’eau sont pratiquement aussi nombreuses que les liaisons de covalence. C’est une situation qui ne se rencontre dans aucun autre corps au monde.

Les liaisons hydrogène dans l’eau, se manifestent alors d’une manière tout à fait spectaculaire, en lui conférant toutes ses propriétés.

Nous avons vu qu’un atome d’oxygène O, qui a six électrons périphériques, peut établir seulement et pas plus, deux liaisons covalentes O – H avec deux hydrogènes H et donc un nombre d’électrons maximum de huit.

De son côté, lorsqu’il est lié de façon covalente à un atome d’oxygène O, un atome d’hydrogène H a, lui aussi, le nombre maximum d’électrons sur sa seule et unique couche mono-électronique. Dans ce cas, cette couche a donc deux électrons.

Cependant, et cela est fondamental pour notre sujet, ces liaisons O – H ne sont pas exactement symétriques, parce que l’oxygène a la particularité électrique d’attirer plus à lui les électrons que l’hydrogène.

Il s’ensuit que l’oxygène O est électriquement chargé négativement, et les deux hydrogènes H positivement.

Ce déséquilibre dans la répartition des charges électriques, conjugué avec la géométrie non linéaire de la molécule d’eau, se manifeste par l’existence d’un fort “ moment dipolaire électrique ”. C’est entre autre, ce déséquilibre qui est responsable du pouvoir dissolvant de l’eau vis à vis de cristaux ioniques comme certains sels, acides ou bases.

Effectivement, les molécules d’eau peuvent s’insérer entre les ions constitutifs du cristal en orientant vers eux leur partie de charge électrique opposée comme un aimant.

Cela a pour effet d’affaiblir par effet d’écran, l’attraction entre les ions cristallins et donc de diminuer la cohésion du cristal et de faciliter sa dissolution.

Nous avons vu que la clé des propriétés de l’eau réside dans les liaisons que la molécule d’eau peut former avec ses voisines.

Que par ailleurs, il reste autours de l’atome d’oxygène, quatre électrons périphériques non engagés en une liaison covalente groupés en deux paires distinctes, appelées “ doublets electroniques libres ”.

Si une autre molécule d’eau s’approche, un des atomes d’hydrogène H est attiré par un des doublets électroniques libres de l’atome d’oxygène de la seconde molécule. La force d’attraction purement électrostatique est suffisante pour aboutir à la liaison stable que l’on note O – H.. .0. C’est la liaison hydrogène.

Chacun de ces doublets peut donc former une liaison de type électrostatique et linéaire.

Si cette liaison hydrogène est relativement stable à température ambiante, tout en étant néanmoins fragile comparée à la liaison covalente, il n’en est plus du tout de même à

35 ° où la structure de l’eau devient instable.

Dans cette zone, la structure de l’eau est frêle pour des durées d’environ 10 puissance -11/ seconde. L’eau entre 35° et 40 ° se défait et se reforme continuellement et présente ainsi un maximum d’activité physico-chimique donc essentiellement biologique.

 

Les propriétés biologiques de l’eau sont exceptionnelles en dehors du fait qu’il est admis que l’eau possède une structure pseudo-cristalline, qui est sujette à de perpétuelles déformations élastiques correspondant à chaque fois à de nouvelles structures physico-chimiques.

 

Les biologistes définissent la vie par deux facultés qui sont : se reproduire et assimiler. Il faut donc que la mécanique de l’ADN puisse fonctionner, c’est à dire transmettre des informations et fabrique des protéines enzymes et protéines de structure. Cela implique obligatoirement que la membrane cellulaire laisse entrer les constituants élémentaires de l’ADN qui sont : les phosphates, les sucres et les éléments qui vont permettre la synthèse des bases.

Si la membrane ne laissait pas passer ces éléments vitaux, l’ADN ne pourrait jamais se reproduire et fonctionner. De plus, il est des plus évident que la cellule elle aussi, a besoin d’énergie pour mettre en action ces processus. Ainsi l’ADN est obligée de donner des ordres ; au niveau de la membrane, on remarque une discontinuité entre le monde intérieur et le monde extérieur, puisque à ce niveau, il y a filtrage et reconnaissance des divers éléments nécessaires à la vie cellulaire. C’est essentiellement là que se produit l’échange, et en fonction des concentrations de part et d’autre d’une membrane hémiperméable, il va s’établir une série d’échange qui rendra compte du maintien de la vie du système.

Il a été démontré que chez les êtres vivants, la membrane cellulaire bien que constituée différemment a le même comportement thermodynamique que l’ADN qui agit par un système de balayage entre le corps étranger et le noyau.

Des signaux “ électromagnétiques” infimes et de nature très variées, ayant certaines directions, fréquences et amplitudes, arrivent aux récepteurs membranaires.

Ceux-ci les rejettent en services protection et conservation, ou bien les laissent passer et les transfèrent à l’ADN en service assimilation pour reproduction.

Dans ce dernier cas, un signal “ électromagnétique” est renvoyé à la membrane pour qu’elle laisse pénétrer le corps reconnu comme nécessaire.

Il est symptomatique de constater que la structure de la membrane cellulaire soit au niveau global, très comparable à celle de l’ADN, et nous pouvons comparer la cellule vivante comme une sorte d’éponge parcourue de canalicules enchevêtrées, s’ouvrant par endroit en cavités plus grandes. Toutes ces structures baignent dans des molécules d’eau et d’ions.

Il en résulte que les échanges cellulaires dépendent de l’organisation des membranes ainsi que des ions et molécules d’eau qui imbibent l’ensemble.

Ainsi dans la fonction peptide par exemple, le groupement acide et le groupement basique se neutralisent au niveau de leurs charges électriques sauf aux extrémités. Les acides aminés sont constitués d’un groupement acide, d’un groupement basique et d’un résidu. Ce résidu peut être lui aussi chargé électriquement et en fonction des charges positives ou négatives des résidus, il y a un filament qui pourra attirer les ions opposés et, bien entendu, les molécules d’eau polarisables.

Toutes les membranes cellulaires possèdent une double couche électrique qui se présente ainsi : Protéine, plus 1ère couche électrique avec les ions, plus la 2ème couche électrique avec les molécules d’eau. De ce fait, une protéine riche en acide glutamique et acide aspartique, qui sont des aminés avec des résidus acides (-) , va attirer des ions ( + ) tels que sodium, potassium, magnésium,… L’inverse se produit avec une protéine riche en acide aminés basiques ; et tous les colloïdes se comportent de la même manière, c’est à dire qu’en fonction des ions et des molécules d’eau présents, ils vont être chargés d’une double couche électrique qui contrôle parfaitement l’état fonctionnel de toutes les membranes.

A l’extérieur de la molécule d’ADN, les phosphates (- ) attirent le sodium, potassium, le calcium et magnésium (+), de plus, ils sont hydrophiles et attirent l’eau et repoussent les lipides, et à ce titre sont lipophobes.

A l’intérieur de la molécule, les bases riches en azote sont liées par des liaisons hydrogènes et sont à la fois hydrophobes et lipophiles.

Au niveau de la membrane, l’acceptation d’un corps étranger après la reconnaissance de ce corps, se fait par des attirances électromagnétiques basées sur des polarités.

Le corps qui doit traverser la membrane, attire un autre corps de charge électrique contraire, qui le fait basculer de l’autre coté de la membrane.

De même au niveau de l’ADN ou de tous les corps chimiques, des échanges vont se faire à partir de l’attirance électromagnétique de charges électriques contraires. Ces charges créent ce qui est appelé une différence de potentiel (ddp) et cette ddp est ce qui provoque le dynamisme de tous les composants de la cellule vivante, en favorisant des échanges, des transferts, et des mouvements de corps étrangers.

La manière dont l’eau, les ions et tous les métabolites circulent dans les cellules, est donc due à l’existence d’un gradient de potentiel, c’est à dire à des différences de charges ayant différentes valeurs relatives. C’est cette différence de potentiel qui va déclencher des processus de reconnaissance entre l’ADN et un métal et même entre des substances bioénergétiques comme les bioplasmas issus de ce qui est appelé le quatrième état de la matière, car ils sont constitués de particules à l’état libre: protons, électrons et ions, coexistants en l’absence d’une structure moléculaire.

On sait que les transferts de protons interviennent entre autres, dans tous les cas où l’énergie extérieure est captée sous forme de lumière.

Les transferts de protons interviennent par exemple dans les hydrolyses des protéines où la première étape est la formation d’un carbone tétraédique, c’est à dire relié à quatre atomes voisins distincts ; ou encore, dans la réaction d’hydrolyse pour la digestion des aliments. L’enzyme dans une telle réaction, est alors la chymotrypsine sécrétée par le pancréas. Ce mécanisme est assuré par la triade sérine, histidine et acide aspartique.

Si l’eau ordinaire ne favorise nullement les absorptions par la peau, laquelle, a été quand même créée au départ pour protéger du monde extérieur, Une eau magnéto-dynamisée modifie fondamentalement cet état de fait. Les homogénéités colloïdales et les concentrés des solutés qui résultent de ces cohésions moléculaires beaucoup plus intenses sont d’autant plus grands.

Semblablement, la magnétisation obtenue sur les molécules d’eau favorise et accélère les transferts de ces substances vitales à travers la peau.

A titre d’exemple, un ion positif dissout dans l’eau, attire plus fortement la partie négative des molécules d’eau et réciproquement. De ce fait, ces ions n’existeront en solution, qu’entourés d’un certains nombre de molécules. De solvant, ils deviennent solvatés.

Le degré d’hydratation d’un ion, c’est à dire le nombre de molécules d’eau qui y sont associées, dépend légèrement de ses dimensions mais surtout de sa charge électrique.

Nous savons que le code général de l’ADN, le complexe d’histocompatibilité et le système d’immunisation sont les trois systèmes qui renouvellent notre organisme chaque jour, de manière qu’il soit rigoureusement semblable aujourd’hui à ce qu’il était hier.

Ces trois systèmes préviennent l’invasion du corps par les maladies dégénératives, réparent l’organisme après les blessures et éjectent les toxines destructives et étrangères.

Nous devons ici, revenir à quelques notions élémentaires pour une synthèse plus applicative.

Nous rappelons que dans une molécule d’eau, les liaisons des atomes d’oxygène et d’hydrogène qui forment un angle de 105° sont parfaitement équivalentes et sont égales à 0,97 Angström.

La molécule d’eau est une molécule polaire car chacune des liaisons atomes d’oxygène et d’hydrogène est polarisée puisque ces liaisons unissent deux atomes d’électronégativité différente.

Le barycentre des charges électriques négatives qui proviennent des électrons ne coïncide pas avec celui des charges électriques positives des noyaux.

La molécule d’eau se comporte donc comme un dipôle électrique. La molécule d’eau possède donc un “ moment” dipolaire et une constant diélectrique.

 

On appelle moment dipolaire d’une molécule polarisée, le produit de la charge par la distance entre les charges électriques. Ce produit est représenté par la lettre grecque MU.

Le MU de l’eau = 1,87. Il est particulièrement élevé.

 

La constance diélectrique est une notion mathématique attachée au moment dipolaire.

La loi de Coulomb dans un milieu donné exprime, la force d’attraction existant entre les charges de signes contraires avec la formule :

f=1/E qq’/D°2 (au carré)

Où q, q’ sont les charges de signes contraires

E est la constance diélectrique avec E= 1 dans le vide

D la distance séparant les charges.

On en déduit que la force d’attraction entre les charges est d’autant plus faible que la constance diélectrique est élevée. La constance diélectrique de l’eau est exceptionnellement grande.(E=80 à 20°C)

Pour les fonctions vitales des cellules tels les acides aminés constituant les immenses molécules que sont les protéines myosines des muscles des chevaux qui travaillent énormément, l’hémoglobine des globules rouges qui doit être la plus nourricière au moment des efforts, ainsi que pour les catalyseurs indispensables pour déclencher et accélérer les réactions enzymatiques, sans oublier les ribosomes, outils de la synthèse des protéines,.., cette constance diélectrique élevée de l’eau, explique son pouvoir dissolvant pour tous ces composés ioniques.

L’effort musculaire a, comme médiateur chimique entre le muscle et le système nerveux parasympathique, l’acétylcholine. Or, au cours de la transmission neuromusculaire, l’acétylcholine est dissociée en acétyl et choline, par un enzyme spécifique dénommé l’acétylcholinestérase, qui a pour activateurs les ions CA++.

Au cours de la contraction musculaire, l’energie est fournie par le phosphagène qui est une substance à liaison particulièrement riche en énergie.

1) ATP ATPase + Mg++ ADP+ P04H3 + 7Kcal

Glycogène + P04H3 – ester phosphorique

2) ADP + phosphagène + créatine + ATP + 12 K cal

En fait, la contraction libère tout simplement de l’énergie fournie par la décomposition du phosphagène.

Les ions Mg ++ interviennent comme bio-activateurs de l’ATPase, en libérant l’énergie nécessaire pour la réaction couplée.

Les ions CA++ sont antagonistes des ions Mg ++ en étant bio-activateurs de la seconde réaction resynthétisant l’ATP (acide Adénosine-triphosphorine, l’ADP étant l’acide Adénosine-diphosphorine).

Bien qu’antagonistes, ils agissent en parfaite synergie dans la contraction musculaire, puisqu’elle comprend la première et la deuxième réaction décrites.

Les eaux enrichies en molécules à liaisons trimères agissent favorablement sur toutes les “ électroaffinités ” de l’aldostérone, la vasopressine (ADH), l’adrénaline, mais aussi dans les réactions électrolytiques où interviennent des médiateurs chimiques dans la synapse, tels que les enzymes spécifiques cholinéstérase et la choline acétylase en dehors de l’acétylcholine.

Il faut bien noter qu’en dehors de ces relations physico-chimiques, la nature de certaines substances “ énergico-biologiques ” particulièrement subtiles qui enrichissent les eaux magnéto-dynamisées sont de formes quantiques et sont donc régies par des lois de l’infinitésimalité, n’ayant rien de commun avec les lois du pondérable qui régissent la chimie.

Ces substances proviennent de l’énergie labile de certains électrons libres, d’ions et de radicaux libres qu’un nombre incommensurable de molécules initiales de l’eau a laissé échapper de ses atomes qui les ont libérés.

De plus, un nombre aussi incommensurable d’atomes des molécules initiales, se transforme également en ions de niveau vibratoire, mathématiquement infiniment supérieur.

Cela contribue à un nouvel enrichissement d’électronisation ionique et bioénergétique supplémentaire.

Nous pouvons donc modifier de façon purement technique (par magnétisation) ces liaisons hydrogène relativement fragiles pour produire des molécules à liaisons trimères reconnues désormais comme bénéfiques biologiquement. Nous aurons alors par des molécules à liaisons trimères et de par la propriété de solvant ionique de l’eau, la plupart des oligo-éléments vitaux pour les organismes vivants, ce qui permet de réaliser des apports métalliques qualificatifs comparables à ceux réalisés en homéopathie ou oligothérapie, etc…

(j’ai réalisé cette étude, en collaboration avec le Pr Lequeux de la faculté vétérinaire de Liège, spécialiste des systèmes inflammatoires, en 2002 en prolongement du projet CERESII)

 

politique, géopolitique et écologie

La géopolitique est la pratique pour développer la position dominante d’un groupe d’individus, ou plus simplement une nation, sur un autre groupe, nation, état. Toute relation est établie sur un rapport dominant/dominé. La démonstration biologique a été faite par Henri Laborit, le père des neuroleptiques dans son ouvrage sur la bio-psycho-sociologie.

(voir mon ouvrage, « Philosophie politique de l’Amour », la théorie des jeux)

Tout pourrait, finalement, se résumer à un rapport énergétique puisque la vie est régie par ce rapport au niveau de sa transformation. Nous avons besoin d’énergie pour produire de l’énergie. Nous nous développons et vivons tant que nous produisons moins d’énergie que nous en consommons. Nous mourrons quand nous produisons plus d’énergie que nous en consommons.

Le monde a connu la révolution industrielle, au XIXe siècle, par l’utilisation de l’énergie fossile. Le pétrole offre cette possibilité de transformation de l’énergie par un rapport sans équivalent entre le coût de production de l’énergie et le gain produit par sa transformation. Mais cette source d’énergie n’est pas renouvelable à la dimension de l’Homme. Les réserves pétrolières, par la découverte de nouveaux gisements exploitables, sont, depuis 30 ans, estimés à 30 ans. Les besoins augmentent et le pic, c’est-à-dire le point d’inversement de courbe, entre la capacité de production et la consommation est sur le point d’être atteint.

Entre 1971 et 2012, la production totale annuelle d’énergie primaire au niveau mondial est passée de 5,53 à 13,4 Gtep. Durant la même période, la population mondiale a augmenté de 3,8 à 7,1 milliards. L’évolution démographique est donc un facteur important de l’augmentation des besoins d’énergie et contribue aux incertitudes des prédictions à long terme (rappel : 1 tep = 4,187 1010 J).

L’énergie commercialisée et finalement consommée est le résultat de processus successifs de production, conversion, transport et distribution. L’énergie électrique intervient largement dans la plupart des secteurs de consommation. La fraction d’énergie électrique totale sur la quantité d’énergie primaire dépend du niveau et des modes de vie. La moyenne mondiale qui était de 8% en 1971 dépasse maintenant 14% (et par exemple de 18% en France).

Les statistiques et les grandeurs relatives à l’énergie au niveau mondial montrent son évolution en lien avec la démographie et les développements économiques. Le secteur de l’énergie doit encore se transformer compte tenu des enjeux écologiques. Il influe fortement les économies nationales, les marchés financiers et les relations internationales.

La considération des données scientifiques de l’énergie est donc politique. Il devient fondamental de s’intéresser au rendement de son cycle de vie. Et la réalité n’est pas forcément celle qu’on croit.

L’analyse sur cycle de vie est un mode de raisonnement qui se pratique désormais dans de nombreux domaines de l’ingénierie, comme dans les filières de génie des procédés. Elle permet d’évaluer les impacts environnementaux sur tout le cycle de vie de systèmes ou services, par exemple en vue de les améliorer via une démarche d’éco-conception. C’est une démarche multicritère qu’il est nécessaire d’intégrer, dans le domaine de l’énergétique, afin de prendre en compte, entre autres, l’extraction des matières premières, leur rareté, leur transformation jusqu’à leur recyclage voire la production de déchets si l’industrie n’est pas capable de les recycler.

Quand on étudie le rendement d’un convertisseur d’énergie, on regarde seulement le rapport de l’énergie sortante sur l’énergie entrante. Il y a inévitablement des pertes, ainsi le rendement est toujours inférieur à 100 %.

Le rendement en puissance ou instantané est le rapport de la puissance utile, c’est-à-dire le débit (instantané) d’énergie en sortie du convertisseur sur la puissance en entrée, donc le débit d’énergie en entrée. On rappelle que la puissance est la dérivée de l’énergie par rapport au temps.

Pour exemple, on s’intéresse au rendement sur cycle de vie d’un réacteur de génération actuelle, type EPR, de puissance 1 GW qui a une durée de vie de 40 ans.

(données publiées par la World Nuclear Association, 2013)

Sur la vie du réacteur, l’énergie utile produite vaut 280 TWh, c’est-à-dire 7 TWh/an.  Pour cela, le réacteur va consommer 7 800 tonnes d’uranium naturel.

On détaille maintenant l’énergie grise (primaire non renouvelable) nécessaire à la fabrication de l’usine, l’extraction de l’uranium, la fabrication du combustible enrichi et le stockage futur des déchets de ce convertisseur :

L’extraction minière coûte 0,58 TWhp,

La transformation en combustible fissile coûte 5,1 TWhp,

La construction et le démantèlement coûte 9,3 TWhp,

Le stockage des déchets en surface coûte 0,43 TWhp,

Le total de l’énergie grise est alors de 15,4 TWhp.

Le rendement de conversion chaleur fission / électricité est de 33%, c’est-à-dire que l’on va avoir 560 TWh de perte (chaleur) sur la vie du système qui sont des pertes non renouvelables, puisqu’issue de la fission de l’uranium.

Le rendement sur cycle de vie est proche du rendement de conversion de 33% car l’énergie grise pèse peu dans cette application. Un allongement de la durée de vie, qui serait d’ailleurs associé à plus d’énergie grise, changerait peu le résultat final.

Comparons, maintenant à la production d’énergie d’origine photovoltaïque qui apparaît comme un choix par défaut face à une source d’énergie non renouvelable :

(données extraites d’un rapport de l’agence internationale de l’énergie, 2011)

Pour produire l’équivalent du réacteur nucléaire, on considère :

Un rayonnement solaire moyen correspondant plutôt à la moitié nord de la France de 1 000 kWh/m2/an,

Une technologie déjà ancienne (les plus récentes sont plus performantes mais les données d’énergie grise nécessaires ne sont pas disponibles) qui utilise du silicium cristallin qui a un rendement de conversion de 14%  (donc nettement moins bon que celui d’un réacteur nucléaire).

Ainsi, pour arriver à 7 TWh   électriques annuels, compte tenu de ce rendement il faut 50 TWh solaires  (7/0,14), soit 50 km2   de superficie (en m2 : 50 milliards de kWh divisés par 1 000 kWh/m2). Pour donner un ordre de grandeur de comparaison, en France nous possédons 8 500 km2 de surface bâtie. La durée de vie de référence de l’installation est prise égale à 20 ans.

La fabrication des modules demande 3 700 MJp/m2 , soit environ 1 000 kWhp/m2 de surface des modules, soit 50 TWhp.

Le montage en toiture et la fabrication des onduleurs et leur remplacement sur la vie de l’installation, 120 kWh/m2 de surface des modules soit 6 TWhp.

Le total d’énergie grise est donc de 56 TWhp.   Le rendement de l’énergie de conversion solaire / électricité est de 14%, mais l’énergie solaire gâchée, puisqu’elle est d’origine renouvelable, n’est pas comptabilisé.

Le rendement sur cycle de vie est donc :

η cv = E u − vie   E u − vie   + E pertes − vie    + E energie grise − NR       = 7 ∗ 20  7 ∗ 20  + 56    = 71,4%

Notons que sur 40 ans, le résultat serait le même en supposant que la technologie, qui viendrait à remplacer celle-ci au bout de 20 ans, soit la même (même rendement, même énergie grise).