Archives mensuelles : avril 2015

La réalité dépasse le fantasme

« Pas de commentaire… »

Ne pas faire de commentaire, c’est souvent déjà faire un commentaire. Les sens en sont variés. Mais quand l’information est tellement explicite, tout commentaire est superflu. Plus, le commentaire vient minorer la gravité de l’événement.

Alors voici un article où l’information est donnée en vrac. Il y est question de l’exception culturelle française:

François Hollande paraissait, semaine dernière, sur Canal+. La presse titrait : « blagounette et chansonnette. »

Le 7 mai paraîtra une bande dessinée de Mathieu Sapin chez Dargaud dont le héros principal est François Hollande.

Le Journal de Mickey a commandé une étude pour définir les 50 personnalités préférées des enfants. Résultat en mars 2015: François Hollande arrive à la 50e place. Le 19 avril, le journal Le Parisien nous apprend que François Hollande ouvre l’Elysée au Journal de Mickey et participera à un documentaire exclusif pour ce journal. (cible des 7 à 14 ans: on imagine que les 14 ans, lecteurs de Mickey, ne sont pas en classes européennes, argh pas de commentaire!)

La politique de communication de François Hollande est parfaitement cohérente et en phase avec le principe du « président normal » comme avec la politique gouvernementale.

Madame Belkacem prévoit la suppression des classes européennes qui sont élitistes. Le programme officiel des classes générales va être allégé pour limiter le programme obligatoire.

Jeu de chaises musicales, culture oblige. Mathieu Gallet avait quitté l’INA pour prendre la direction de Radio France. Quelques mois après surgit le scandale de la rénovation de son bureau dont le montant des travaux serait indécent. Agnès Saal lui a succédé à la tête de l’INA. Petit scandale cette semaine. En 10 mois, les frais de taxi de Madame Saal s’élèvent à 40 000 euros. Vue et prise, Madame Saal remboursera ses consommations personnelles et a déjà remboursé les frais de taxi de son fils d’un montant de 7500 euros sur la même période. ( je rembourse ce que j’ai volé mais le principe de ma consommation est tout à fait normal… L’INA, le cinéma d’art et d’essai est fondamental à la société et ne vise aucunement une forme d’élitisme. Mince, tout commentaire inutile… dur!)

Delphine Ernotte-Cunci succède à Rémy Pflimlin à la tête de France Télévision, entreprise de 10 000 salariés.

Il y aurait, en France, 3 fois plus de producteurs de cinéma que de films produits. Bof, il y a, en France, 10 fois plus de comédiens que de rôles disponibles.  Le rapport entre le besoin et les professionnels techniques est du même ordre. Le revenu d’un intermittent du spectacle est précaire. Il y a une mission de service public à être un artiste. Par contre, il y a un concours d’entrée à la fonction publique. Mais il ne faut pas être élitiste. (ne pas faire de commentaire, c’est une blague. Ces informations sont trop dures pour ne pas minorer leur perception par un commentaire).

 

Yom Hashoah

Il y a quelques jours avait lieu Yom Hashoah en Israël, la commémoration de la Shoah.

A l’occasion, je regardais une video du Rav Dynovisz sur le sujet.

http://www.ravdynovisz.tv/video.php?video_id=31140

Ce rabbin est extraordinaire. Ce ne sont pas tant son érudition phénoménale ni l’amplitude de sa foi ni même l’originalité de son approche d’ouverture vis-à-vis des non-Juifs qui sont remarquables. N’est-ce pas ce qui est attendu d’un rabbin et d’autant plus d’un rabbin de notoriété mondiale ?

Les cours du Rav sont extraordinaires par la construction des démonstrations. La Torah, la Kabbale, tous les textes codés deviennent simples, compréhensibles, lumineux de cohérence.

Maintenant, je m’arrête sur ce dernier cours de Yom Hashoah car je n’ai pas retrouvé la même infaillibilité dans la construction. Sans doute est-ce dû à l’inexactitude des exemples choisis. Je dois dire que je partage totalement la conclusion à laquelle il arrive. Par contre, le chemin emprunté ne peut pas être le même. C’est faire fausse route. Dès lors, l’enseignement reçu par le cheminement n’est pas positif à ce pour quoi nous sommes arrivés.

Le Rav commence (et il précise le caractère et la portée provocateurs de son introduction) par une comparaison et évaluation des différents génocides au monde et dans l’Histoire pour évaluer que la Shoah n’a rien de particulier, ni en nombre de victimes, ni dans l’évaluation de l’horreur.

Ce postulat est faux et la construction de l’argumentaire qui en découle ne peut donc être recevable. Chaque génocide est particulier. Parmi les exemples utilisés par le Rav, les Houtis et les Toutsis se « génocidèrent » mutuellement. Nous sommes dans, malheureusement, une réalité africaine de conflits tribaux très loin de la Shoah. Il n’y a jamais eu de génocide des esclaves noirs américains. L’esclavage n’a rien à voir avec la Shoah. Le régime des Khmers rouges a pu massacrer son propre peuple. Ce n’était pas un génocide. Les mots ont un sens et le caractère racial n’y était pas. Il en est de même pour Staline.

La Shoah est bien particulière. En allusion à l’article précédent, le détail de l’Histoire fait par cela toute la différence. La Shoah se réfère à une intention raciale dans le cadre d’une idéologie raciale. La Shoah met en place une organisation particulière sans précédent dans le cadre de ce qui est appelé la solution finale. Cette solution est conséquente d’un raisonnement qui s’appelle la question juive. Alors, oui, l’horreur de la mécanique est très subjective au regard d’autres massacres plus « animaux ». C’est là un point très important qui conduit à la confusion. Le Nazi n’était pas animé de haine. Le racisme n’est pas la haine. J’ai largement développé cette question dans l’ouvrage « la Mystification antiraciste ». Je le reprends, naturellement, dans l’ouvrage « Philosophie politique de l’Amour » pour comparer l’Amour et la Haine.

La Haine fait partie du vivant. Elle est folie mais elle est du vivant. La froideur de la conviction raciste n’est pas du vivant. Il y a confusion parce que le massacre à la machette peut sembler moins « humain ». C’est tout l’inverse.

Arrivons aux conclusions. Là aussi, le Rav utilise des arguments qui me semblent erronés. Il argue d’une concurrence de rayonnement. Ce phénomène se retrouverait à chaque aube d’Israël, le Nazisme face au Sionisme. Non, l’Allemagne n’était pas le phare de l’Occident. Jusqu’au XXe siècle, la France était ce phare d’impérialisme culturel. On parlait français aux cours d’Italie ou de Russie jusqu’au XXe siècle. L’Allemagne n’existait pas jusqu’à Bismarck. Et non, les lois raciales de Nuremberg n’étaient pas une réplique à une concurrence d’éclat du Sionisme face au Nazisme. Une autre preuve douloureuse est que les Tziganes connurent le même destin que les Juifs. L’Iran ou la Perse n’était pas le phare de l’Islam. D’abord, l’identité chi’ite est repliée sur elle-même. Le phare de l’Islam a, en premier, été Damas. Puis ce fut l’empire Ottoman.

Tout cela serait inconscient d’après le Rav. Non, une chose est ou elle n’est pas. Au IVe siècle avant notre ère, le second temple vient d’être reconstruit. La nation juive s’est reconstruite. Au moment où la Grèce serait ce phare concurrent, Alexandre conquiert le monde en passant par Jérusalem sans s’y arrêter. Bien sûr, s’il y a projet divin, le « hasard » de phénomènes parallèles peut considérer des actions inconscientes. Deux routes parallèles conduiraient au même endroit. Et c’est ainsi que j’arrive aux mêmes conclusions que le Rav Dynovisz : l’antisémitisme n’est rien. L’antisionisme est tout.

Et pourtant, les Nations condamnent l’antisémitisme et pas l’antisionisme. Les Nations voient d’un côté un racisme de haine et de l’autre une idéologie politique. Elles voient d’un côté une conséquence et de l’autre une cause et elles se trompent. Non, le racisme n’est pas la Haine. Le racisme est né de l’inégalité. La haine naît de l’égalité.

J’imagine que c’est ce point de différence entre la Haine et le Racisme que les conclusions du Rav, d’une concurrence compétitive avec Israël, et les miennes, plus génériques à la construction de l’identité, se rejoignent malgré la divergence entre les symptômes et les diagnostiques. La maladie est là. C’est une maladie identitaire face à la notion d’égalité. Je développe dans l’ouvrage « Philosophie politique de l’Amour » que l’environnement du racisme n’est fait que d’illusion quand celui de la haine correspond à la révélation du mensonge égalitaire. L’Amour, lui, correspond à la vérité de l’identité égale (pléonasme !)… On ne peut simplement pas aimer tout le monde. J’invite ceux que le sujet intéresse à lire ce livre.

 

les détails de l’Histoire

Je me permets de revenir sur une histoire réchauffée dont plus grand monde ne veut: les chambres à gaz, détail de l’Histoire. Je le dis depuis les années que Jean Marie Le Pen le ressort, il a raison sur les faits. Mais quelle erreur phénoménale non pas sur la forme mais bien sur le fond!

Un détail est relatif, donc proportionnel. La Shoah est un détail de la seconde guerre mondiale comme Hiroshima n’en est qu’un détail au regard de près de 50 millions de morts atroces et de bien d’autres événements. Mais ce sont toujours les détails qui font toute la différence. Il y a une raison à cela.

1er point, la proportionnalité signifie la mesure. Le plus grand événement est d’ordre émotionnel. Le détail est factuel. Ce ne sont pas les mêmes référentiels. On ne retiendra que les détails: Shoah, Hiroshima… Alors que le bombardement de Dresde a fait plus de victimes que la bombe sur Hiroshima….

C’est en cela que Jean Marie Le Pen se trompe. Il y a confusion entre le fait et l’émotion qu’elle suscite. Le sentiment d’un événement sera toujours plus important que l’événement lui-même parce qu’il n’est plus anonyme, strictement technique. Ce n’est pas où on le croit mais la formule de JMLP le déshumanise parce qu’il ne retient pas  l’émotion. (je pense donc je suis bête… Une vulgaire bête)

2e point, la confusion, entre ce qui compte et le détail qui est un fait, établit que ce qui d’ordre émotionnel serait régi par la mesure. Or, l’émotion qui est le vivant ne peut connaître la mesure. JMLP a donc politiquement et philosophiquement tout faux. Jamais, dans l’Histoire, une guerre n’avait autant représenté la perte d’humanité que la seconde guerre mondiale. C’est pourquoi les chambres à gaz en sont l’élément majeur. Non, ce n’est pas à cause du chiffre de 6 millions de victimes, donnée technique.

Les négationnistes qui veulent contester, sous prétexte de révision, les chiffres de la Shoah perdent tout autant leur humanité par des considérations techniques sur une question qui n’est pas d’ordre technique. Les mots ont un sens et perdre son humanité ne doit pas être pris avec la légèreté de notre époque où tout est galvaudé, où on « stigmatise » quelqu’un comme le Christ sur la croix.

Il ne faut pas s’y tromper. La formule de JMLP est sans doute inconsciente de sa portée. Toujours est-il que par cela, les événements deviennent une succession de détails. Et ils perdent toute valeur en devenant anodin. L’antisémitisme devient anodin. Le relever devient une lourdeur cataloguée comme propagande puisque ce n’est relatif qu’à un détail.

C’est ainsi que n’est pas vraiment relevé ou sans vraiment en cerner la portée, le chant des supporters d’une équipe de football puisque ce n’est qu’un détail. Et pourtant, et pourtant…

Chant des supporters de l’équipe d’Utrecht, 1ère division néerlandaise:

« Mon père était dans les commandos

Ma mère était dans les SS

Ensemble ils brulaient les Juifs

Parce que les Juifs, c’est ce qui brule le mieux »

Ce n’est rien. Ce n’est que de la provocation, du jeu. Ils ne le pensent pas vraiment… Ce n’est que du football…

Oui, certainement. Ce n’est qu’un détail. Perdre son âme n’est qu’un détail. Et c’est leur problème. Et Jean Marie Le Pen en porte une responsabilité à distance.

 

 

Incroyable mais vrai

Quelques nouzes pour préparer une information incroyable:

Certains pensent que la diversité est une chance. Certains le pensent plus que d’autres. Karim Zeribi doit faire partie de ces derniers.  Le journal L’express nous apprend que l’ancien député Europe Ecologie Les Verts et conseiller municipal de Marseille est mis en examen pour abus de biens sociaux, abus de faiblesse, recel d’abus, etc, etc… Objet du délit: les différentes associations d’aide à la diversité qu’il a créées. Les montants de subventions reçues par ces associations sont certainement une chance pour elles. mais pas de chance pour Karim Zeribi.

De toutes ces diversités, EELV est bien divisée. Nous arrivons à un moment crucial et François Hollande a prévu de s’exprimer. Remaniement ou pas, la grande question chez  les Verts est de savoir s’ils doivent accepter ou non d’entrer au gouvernement. Vu les résultats des dernières élections départementales, les Verts auront du mal à être en position de force. Quoiqu’il en soit, François Hollande devrait aborder la question en se demandant le fameux: Les Verts, combien de divisions?

L’embargo européen sur les produits russes pose un problème à Alexis Tsipras qui se rendait à Moscou. Martin Schultz, du parlement européen a considéré le déplacement de Tsipras comme « inacceptable ». L’objectif de la Grèce est de montrer qu’elle dispose d’autres solutions que l’Union Européenne. Le moyen est d’obtenir de la Russie une baisse du prix de son gaz ainsi que l’achat de bons du Trésor Grec.

Cela devrait être tout à fait possible. En effet, BFM TV nous informe d’une nouvelle tout à fait extravagante et qui démontre que la crise économique fait perdre toute notion de rationalité. Nous savons que des Etats empruntent à des taux négatifs aux banques centrales. Finalement et par principe des vases communicants, c’est un moyen de perdre moins d’argent. C’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne et bientôt de la France.

Pour la première fois, un particulier vient d’obtenir un prêt sur un crédit à taux négatif. (prêt au taux d’intérêt de – 0,0172 %).  C’est au Danemark, pays où les banques sont agressives face à la concurrence. L’histoire ne dit pas si l’emprunteur était bon négociateur et aurait pu obtenir mieux. Voilà qu’il est difficile de placer son argent de manière rentable mais que désormais, nous touchons de l’argent en empruntant!

combat idéologique sous-jacent

Loi de la thermodynamique : Une action engendre une réaction.

Le phénomène est beaucoup plus présent dans la société que la dialectique de l’Ordre et du Mouvement. Car le constat de l’après-attentat de Charlie Hebdo est phénoménal :

« Pas d’amalgame ! Les Musulmans sont les premières victimes des attentats ! » Ces slogans valaient, bien sûr, prévention à un risque de réaction d’hostilité (légitime ?). Mais de ces réactions attendues, il n’y eut pas. Malgré le contexte de Daesh, malgré le contexte séducteur de Daesh qui connait de plus en plus d’adeptes, malgré la faiblesse des condamnations des autorités musulmanes des attentats, c’est l’inverse de ce qu’escomptaient les auteurs des slogans anti-amalgamistes qui se produisit. Pour la première fois, les sondages indiquent qu’une majorité de Français, jugent l’Islam compatible avec la République et en baisse d’incompatibilité par rapport au précédent sondage.

Pour enfoncer le clou, le maître mot nouveau est « stigmatiser ». Il est utilisé pour tout commentaire. Les mots n’ont plus guère de sens. Car donner comme valeur à l’observation d’actes et petites phrases politiciennes celle du supplice du Christ sur la croix pourrait sembler exagéré. Mais cela reste, finalement, sur le même registre que le maître mot précédent, « nauséabond ».

La loi de la thermodynamique est une réalité et il y a bien réaction.

Tout d’abord, le remplacement du maître mot « nauséabond » par celui de « stigmatiser » marque la transition d’une attitude défensive, réactive, à une attitude offensive, proactive.

Le mode préventif de la phase « Pas d’amalgame ! » en témoigne.

Ensuite, la phase réactive et bel et bien phénoménale. Pourtant, elle pourrait être passée inaperçue. La phase préventive, « Pas d’amalgame », aura agi comme anesthésiant.

Notre période après-Charlie, réactive à l’attentat, correspond à l’annonce de la volonté du recteur Boubakeur de la mosquée de Paris de doubler le nombre de mosquées en France.

Dans le même espace de quelques jours, le président tunisien, Beji Caïde Essebsi sera reçu en visite officielle en France sous un cérémonial jamais vu puisque les honneurs militaires lui seront rendus aux Invalides. Le protocole n’est pas cela. Les honneurs militaires ne sont rendus que pour une visite d’Etat et non pour une visite officielle et ils ont traditionnellement lieu au pavillon d’honneur de l’aéroport, uniquement pour une visite d’Etat.

Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’Etat français des Anciens combattants, se rendra en Algérie du 19 au 21 avril pour la commémoration du 70ème anniversaire du début de la guerre d’indépendance algérienne selon les historiens algériens. C’est véritablement une première en termes de représentation du rapport France-Algérie et de manière radicale.

En parallèle, de grandes marches contre l’Islamophobie sont organisées dans toute la France.

Le grand vainqueur des attentats contre Charlie Hebdo et contre le Super Casher ( à oublier le dernier, on finirait par croire l’argument le plus véhiculé: que les attentats visaient la liberté de la presse) est donc bien l’Islam. Finalement, pouvait-il en être autrement? De ma contribution à ce dernier ouvrage collectif paru il y a quelques jours, « Islamisation de la France: fantasme ou réalité? », présenté par Philippe Randa, je maintiens cette réponse positive, d’autant plus vraie que nous la provoquons.

Islamisation de la France

Cette semaine est publié un ouvrage collectif auquel j’ai contribué:

Islamisation de la France: fantasme ou réalité?

Il m’a paru important de participer à ce travail. Je profite donc de la sortie de ce livre en 3 volumes pour présenter un résumé de la thèse que j’y défends:

L’Histoire n’a jamais été l’œuvre de la majorité. L’Histoire a toujours été le produit de la minorité la plus active.

Maintenant, l’Histoire de l’Islam révèle son seuil de passage à l’activisme tout en étant de moins en moins minoritaire. Nous en avons le sentiment et l’Islam en a encore plus le sentiment. Ainsi, le fantasme est un accélérateur de réalité.

Toute analyse stratégique, pour différencier la réalité du sentiment de réalité, observe les Forces, les Faiblesses, les Opportunités et les Menaces (SWOT). Les données seules sont sujettes à interprétation.

Nous avons un Islam, aujourd’hui, qui a franchi le seuil de l’activisme (Force ou Faiblesse selon le côté d’où on se place). Et nous avons, en face, une France et un Occident bercé de morale judéo-chrétienne qui favorise la passivité. C’est un ce sens que l’Islamisation est une réalité. Les données démographiques viennent l’accentuer.

L’islamisation de la France :  fantasme ou réalité…

(3 volumes)

Philippe Randa (présente)

Editions de L’Æncre

chaque volume : 146 pages – 18 euros

Les 3 volumes : 45 euros (au lieu de 54 euros)

Choc des civilisations… ou choc des cultures ?

Les meilleurs écrivains, journalistes, philosophes, chercheurs, acteurs du débat politique et religieux confrontent ensemble leurs points de vue à cette question qui préoc­cupent tant nos concitoyens sur la place de l’islam en France et dans le Monde : Robert Albarèdes, Philippe Arebours, Alexis Arette, Nicolas Bonnal, Marc Brzustowski, Pierre Cassen, Alain Dubos, Gilles Falavigna, Camille Galic, Nicolas Gauthier, Me Nicolas Gardères, Gérard Gelé, Patrick Gofman, Arnaud Guyot-Jeannin, Roland Hélie, Philippe Joutier, Pieter Kerstens, Joseph Lavanant, Yves-Marie Laulan, Jean-Yves le Gallou, Pierre Lance, Paul Le Poulpe, Aristide Leucate, Pierre le Vigan, Michel Lhomme, Magnus Martel, Anne Merlin-Chazelas, Guy Millière, Patrick Parment, Dr Bernard Plouvier, Philippe Randa, Jean Robin, Jean-Claude Rolinat,  Scipion de Salm, Nicolas Tandler, Christine Tasin, Marc Rousset, Guillaume de Thieulloy,  Pierre Vial, Luc Voy… et les dessinateurs Ignace et Pinatel…

Quatre entretiens sont également publiés avec ces acteurs majeurs de ce débat : Tareq Oubrou, imam et recteur de la mosquée de Bordeaux, Alain de Benoist, philosophe, le père Michel Lelong, prêtre de sensibilité traditionaliste et Camel Bechikh, président de « Fils de France »…

Les trois volumes abordent les thèmes suivants : États musulmans, Laïcité, Athéisme, Liberté d’expression, Coutumes, mœurs, Théologie, Politique, Djihad, Entretiens, Témoignages…

http://francephi.com/livre/wp-content/uploads/2015/04/Catalogue-184-avril-2015.pdf

Nucléaire iranien, suite…

Le temps d’écrire l’article précédent et le P5 trouvait un accord avec l’Iran.

Il faut dire que la date limite fixée au 31 mars unilatéralement par les USA pour convenir d’un accord ne pouvait que produire des réticences de l’Iran. On ne peut négocier qu’en préservant de toute humiliation ou ce n’est plus une négociation. Qui plus est, le contexte du Moyen-Orient, entre Yémen et Irak, n’y était pas favorable.

Mais revenons sur le fond de la négociation de Lausanne. Les débats portaient sur 11 points. La période du 31 mars au 30 juin devant servir aux modalités de mise en œuvre de l’accord cadre.

1. L’uranium enrichi doit être retiré d’Iran.

2. Les sanctions doivent être levées progressivement selon l’avancée opérationnelle de l’accord.

3. Le nombre des centrifugeuses iraniennes doivent être réduites.

4. Des inspections intrusives et des inspections inopinées seront réalisées pour le vérifier.

5. Les recherches et activités de développement. iraniennes doivent être stoppées.

6. La nature du réacteur à eau lourde d’Arak doit être changée.

7. Le site secret d’enrichissement de Fordow doit être fermé.

8. Les restrictions aux activités nucléaires iraniennes après l’expiration de l’accord doivent être réalisées.

9. Le programme de missiles à longue portée iranien doit être inclus dans les négociations.

10. Téhéran doit rendre des comptes sur ses anciennes activités nucléaires militaires clandestines.

11. Téhéran doit autoriser des inspections de sites militaires soupçonnés de mener des activités nucléaires.

Il va sans dire que les 3 derniers points sont essentiels puisque la menace du nucléaire iranien est d’ordre militaire. Or, de ceci, il n’est pas vraiment question.

En réalité, les accords de Lausanne poussent le « breakout time », le délai de fabrication de l’arme nucléaire, de 2 mois à 1 an. Le problème de fond n’est donc que partie remise. Laurent Fabius, lui qui a l’expérience des relations avec l’Iran  sait que la diplomatie iranienne a toujours joué à l’usure.

(article  blog Le Monde, Iran : ce que Fabius garde en travers de la gorge)

https://fr.news.yahoo.com/blogs/ravanello/iran-ce-que-fabius-garde-en-travers-de-la-gorge-191441524.html

Cet accord « historique » n’est donc pas une rupture mais une affaire à suivre.

 

Négociations iraniennes

Le sommet de Genève relatif au nucléaire iranien est une négociation sous forme de monologues.

Comme nous avons pu le voir à travers différents articles précédents, ce rapport diplomatique peut être le plus important du cadre géopolitique mondial. Son rôle est moteur pour la situation au Moyen-Orient comme à l’Ouest de la Russie.

Qu’en est-il du fond des débats ?

Les négociations portent sur 11 points et aucun de ceux-ci ne semble en mesure d’évoluer vers un protocole d’accord :

1. Téhéran refuse le retrait de son uranium enrichi d’Iran.

 

2. Téhéran refuse une levée progressive des sanctions.

 

3. Téhéran refuse toute restriction du nombre de ses centrifugeuses.

 

4. Téhéran refuse les inspections intrusives et les inspections inopinées.

 

5. Téhéran refuse toute interruption de ses recherches et activités de développement.

 

6. Téhéran refuse tout changement relatif à la nature de son réacteur à eau lourde d’Arak.

 

7. Téhéran refuse la fermeture de son site secret d’enrichissement de Fordow.

 

8. Téhéran refuse toutes les restrictions à ses activités nucléaires après l’expiration de l’accord.

 

9. Téhéran refuse que son programme de missiles à longue portée soit inclus dans les négociations.

 

10. Téhéran refuse de rendre des comptes sur ses anciennes activités nucléaires militaires clandestines.

 

11. Téhéran refuse d’autoriser des inspections de sites militaires soupçonnés de mener des activités nucléaires.

Le dialogue de sourds atteint son apogée quant à la forme.

La diplomatie américaine, adepte du hard power, a toujours considéré les négociations comme une perte de temps. Mais faute d’accord à la réunion de novembre 2014, Les 5 +1 et l’Iran avaient convenu de valider le plan d’action jusqu’en juin 2015. Sur cette base, la diplomatie américaine postule de la mise en place d’un accord cadre avant fin mars 2015 et des 3 mois suivants pour s’entendre sur les points techniques de cet accord.

Dans un discours prononcé en février 2015, le Guide suprême iranien Ali Khamenei a annoncé qu’il était en total désaccord avec cette procédure, affirmant qu’il n’y aurait pas deux, mais une seule étape, que l’accord devait être conclu en juin 2015, et qu’il comprendrait la levée de toutes les sanctions contre l’Iran. Cela signifie que la date limite du 31 mars 2015 ne signifie rien pour Khamenei.

De leur côté, les États-Unis ne tiennent pas compte de l’annonce de Khamenei, et s’efforcent, sans grand succès, de placer l’Iran dans cette logique de processus en deux temps qu’ils ont instituée. Mais l’Iran refuse de signer un document provisoire.

En réalité, le discours d’Ali Khamenei du 18 février était particulièrement violent. Dans le détail, il dit :

« C’est l’Amérique qui est coincée et empêtrée dans un problème, et la réalité à l’intérieur et à l’extérieur de la région le prouve. C’est vous [les Américains] qui avez subi défaite sur défaite pendant de nombreuses années ; c’est la République islamique d’Iran qui progresse »… Laurent Fabius, côté français, quitte la réunion sans le moindre commentaire.

Toujours est-il que la date du 31 mars est bel et bien passée.

Et qu’a débuté, au Yémen, une opération particulière (voir article géopolitique précédent qui présente une nouvelle défaite de la stratégie américaine). Une coalition arabe sunnite s’y oppose aux Houties chi’ites pro-iraniens.

C’est aux cris de « Mort à l’Amérique ! Mort à Israël ! » que les Houties répondent aux bombardements saoudiens.

https://www.youtube.com/watch?v=uDBXFRE9HyE&feature=player_Embedded