Archives mensuelles : février 2015

Abandonner la Centrafrique ?

Lu ailleurs, sur le site de Bernard Lugan, quand La France de François Hollande passe pour fin stratège géopolitique. La Françafrique, c’est fini!  N’Est-ce pas plutôt la fin d’une lecture fine de l’Afrique depuis Paris et sur laquelle a reposé 40 ans de relations privilégiées avec le continent noir?

Les affrontements qui opposent actuellement anti-balaka et Séléka montrent que la Centrafrique est plus que jamais en perdition. Or, c’est le moment choisi par Paris pour annoncer que d’ici le printemps 2015, l’essentiel du dispositif Sangaris sera retiré. Une décision ahurissante et insolite tout à la fois. En effet :

1) Des élections présidentielles étant « prévues » en 2015, le retrait français va laisser le champ libre à la Séléka qui occupe déjà le centre, le nord et l’est du pays, ainsi que les zones minières. Dans les territoires qu’elle contrôle, les chrétiens sont persécutés ou islamisés et les élections seront « arrangées ».

2) Comme les 8000 hommes du volapük militaire baptisé Minusca (Mission des Nations Unies pour la Centrafrique) seront incapables de se faire respecter, le pays va donc être de fait abandonné à laSéléka. L’Opération Sangaris n’aura donc finalement servi à rien.

Dans le dossier de la RCA, François Hollande a constamment tergiversé et accumulé les erreurs :

1) La première date de la fin de l’année 2012 (voir mes communiqués de l’époque) quand, avec peu de moyens, il était possible de « traiter » rapidement et efficacement les coupeurs de route de laSéléka[1]. Mais François Hollande hésita.

2) Au mois de mars 2013, alors que tous les connaisseurs du pays le pressaient d’agir, il laissa laSéléka prendre Bangui. La Centrafrique sombra alors dans le chaos cependant que les chrétiens -95% de la population de souche-, étaient persécutés.

3) Début 2014, face au désastre humanitaire dont ses hésitations étaient la cause, François Hollande décida finalement d’intervenir mais en précisant que l’entrée en scène des forces françaises n’avait pas de but militaire… Nos troupes ne reçurent donc pas d’ordres clairs puisque ni l’ « ami », ni l’ « ennemi » ne furent désignés, Paris demandant simplement à nos soldats de jouer les « bons samaritains ».

4) Le déploiement de notre contingent se fit d’une manière insolite. Alors que l’objectif militaire prioritaire aurait dû être le verrou de Birao dans l’extrême nord du pays[2], il fut au contraire décidé d’enliser les forces françaises à Bangui dans une mission d’interposition relevant de la gendarmerie mobile. L’intérieur de la Centrafrique fut donc laissé à la Séléka qui eut tout le loisir d’y poursuivre ses massacres. L’actuelle situation catastrophique est clairement la conséquence de ce choix incompréhensible par tous ceux qui connaissent la Centrafrique car la prise de Birao aurait forcé laSéléka à se replier au Soudan et donc à abandonner le pays.

5) Dès le début de l’Opération Sangaris, au lieu de leur demander de détruire les bandes de laSéléka, Paris demanda à nos soldats de simplement séparer agresseurs et agressés, bourreaux et victimes. Alors qu’il fallait leur donner les moyens de sidérer l’adversaire et de saturer l’objectif, les chiches moyens alloués à nos troupes ne leur permirent que de lancer des patrouilles, non de quadriller et de tenir le terrain. L’impression d’impuissance fut accentuée par le fait qu’à Bangui, au lieu d’être désarmée, la Séléka voulut bien accepter d’être cantonnée…en conservant ses armes et en gardant ses gains territoriaux à travers le pays.

6) Alors que la solution était d’abord militaire, le Quai d’Orsay ne cessa d’affirmer que la résolution de la crise se ferait par la reconstruction de l’Etat à travers un mirage électoral prévu pour 2015. L’aveuglement des diplomates semble sans limite car le fossé de sang creusé entre nordistes et sudistes interdit toute reconstitution d’un « Etat » centrafricain lequel n’a d’ailleurs jamais existé ; sauf peut-être à l’époque de Bokassa. Quel administrateur sudiste osera en effet s’aventurer dans le Nord pour s’y faire massacrer et quel fonctionnaire nordiste décidera de venir se faire lyncher à Bangui ?

Aujourd’hui, après avoir désolé une grande partie de la RCA, les bandes de la Séléka tiennent plus de la moitié du pays. Les malheureuses populations occupées sont ainsi revenues aux temps des raids à esclaves lancés depuis le Soudan et dont leurs grands-parents avaient été délivrés par la colonisation. Elles avaient naïvement cru que les troupes françaises étaient venues pour les libérer. Leur illusion fut de courte durée car l’Elysée n’avait décidé qu’une gesticulation humanitaire sous habillage militaire.

Pourquoi un tel gâchis ? Pourquoi François Hollande abandonne-t-il au pire moment la Centrafrique à des bandes islamo-mafieuses qui vont être tentées d’en faire une base idéalement située au cœur du continent ? Pourquoi avoir décidé de lancer l’Opération Sangaris si c’était pour lui donner une fin aussi « discutable » ?

Ces questions sont sans réponse.

Bernard Lugan

[1] « La Séléka, une nébuleuse criminelle (…) une internationale criminelle organisée et prospère ». Rapport de la fédération internationale des droits de l’homme du mois de septembre 2013 intitulé « RCA : un pays aux mains des criminels de guerre de la Séléka ».

[2] Cette position clé avait été évacuée le 30 mars 2010 sur ordre du président Sarkozy.

Emplois fantômes

Le magazine Capital présentait, ce mercredi 18 février, l’analyse d’une étude INSEE qui dévoilerait que, contrairement aux idées reçues, le nombre d’emploi s’est développé de manière plus importante sur ces trente dernières années que la population.

Le magazine Capital axe son argumentaire sur les territoires d’emplois, ce qui tend à accentuer le sentiment de distinction de rapport entre le développement de l’emploi et la population, +20% d’emploi créés pour +16% de développement démographique.

L’étude aurait de quoi surprendre. Soit elle est exacte et le chômage ne serait qu’un fantôme. Soit il conviendrait d’affiner les données de populations et l’explication première serait la prise en compte de l’immigration. La France comptait, en 2010, 7,2 millions d’immigrés selon l’INSEE. La France accueille 350 000 immigrés par an. D’une tentative de faire le buzz, Capital dévierait sur le « politiquement incorrect ».

Ceci dit, la donnée « immigration » est un facteur substantiel de l’analyse Emploi/Démographie. Mais le paramètre semble insuffisant pour justifier un tel ratio. La dynamique des emplois créés absorberait la charge de l’immigration. C’est une évidence. Il n’y a pas de raison que l’immigré accède plus facilement à un emploi que le Français.

L’étude INSEE serait une analyse sur trente ans. Il est question d’évolution et de tendances. Le chômage n’est pas apparu spontanément. La vérité est donc ailleurs. La moindre des choses est de regarder de plus près cette étude INSEE.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1538#inter2

Robert Reynard et Pascal Vialette, Pôle Synthèses locales, Insee – Clément Gass, Direction régionale d’Alsace, Insee

 

En fait, l’étude ne porte absolument pas sur le rapport du développement Emploi/Population mais sur les mutations fonctionnelles de l’emploi dans les territoires. Le rapport Emploi/Population n’y est qu’une formule introductive. Capital relève 304 « zones d’emploi » recensées par l’institut de statistiques (un découpage plus fin que les départements) pour justifier son argumentaire. Le découpage de 304 zones n’est plus fin que dans une démarche statistique d’élagage de données marginales et de pertinence de position (écarts-type). La zone d’emploi permet l’étude locale. Parmi les critères retenus pour formaliser la zone d’emploi, la représentativité de la population est retenue ainsi, en premier lieu, que le flux de déplacement domicile-travail. Le découpage de 304 zones n’est pas le facteur de pertinence présenté par Capital pour définir une donnée globale (et donner un sens à l’article) puisque la démarche est inverse. La démarche de l’INSEE ne vise pas une modélisation inductive mais seulement à segmenter.

Reste la mutation de l’emploi et elle est relative, pour les proportions, aux territoires. Capital parle de mutation de production concrète aux activités abstraites. Une métropole régionale comme Montpellier y est présentée comme dynamique en termes de création d’emploi. Or, nous savons que cette métropole est surtout « dynamique » en termes de chômage. Le fait est que la création d’emploi est relative à la démographie qui est porteuse, par sa nature, d’un marché. Il y a demande. Il y a offre. Quel est ce marché?

En réalité, l’INSEE parle d’une partition de l’économie en deux sphères : la sphère présentielle et la sphère productive. La sphère présentielle organise une activité locale. La sphère productive est un marché ouvert qui ne dépend pas de la proximité.

En réalité, nous constatons une mutation structurelle et ontologique de la population. La sphère présentielle que Capital définit « abstraite » n’est pas strictement tertiaire. Elle correspond au tourisme et à l’emploi sanitaire et social. C’est pourquoi une métropole comme Montpellier a connu un développement de la création d’emploi de +101,3% sur la période concernée. Il y a, d’un côté, vieillissement de la population parce que la migration des retraités appelle une offre de services importante. Il y a, d’autre part, appauvrissement de la population et misère sociale qui appelle la création de prestations sociales de l’Etat. Le tourisme, quant à lui, est fortement dépendant de la conjoncture.

De fait, les mutations d’emploi sont dépendantes de la population. Une présentation bimodale de la population et des emplois se marque. Elle est toujours le signe d’un appauvrissement par l’effondrement des données médianes. C’est la distinction majeure du rapport de l’emploi à la population et non celle de l’effondrement de la production concrète.

La création des nouveaux emplois est un signal d’alarme catastrophique. Ils sont une charge et ne développent aucune valeur ajoutée. Ils sont fragiles et tendent à appeler encore plus de population pour plus de pauvreté. L’enquête de l’INSEE porte sur les territoires. Si l’accroissement de l’emploi est plus important que l’accroissement de la population, le territoire n’en profite pas, tout au contraire. C’est l’enseignement à tirer de cette étude. C’est également pourquoi il ne s’agit absolument pas de la mise à mal d’une idée reçue. La création d’emploi n’est pas la cause d’une création de richesse. Le CAC 40 se porte bien ? Il n’est pas concerné par la sphère présentielle. C’est également le signe de l’accroissement de la présentation bimodale de l’économie, comme dans le Tiers-monde : des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres avec effacement des classes moyennes.

Inde et nationalisme hindou

« La chute d’Al Zawahiri au Levant fait qu’il concentre ses efforts plus à L’Est. Cet homme qui est une des personnes les plus recherchées au monde serait certainement à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, protégé par les Talibans pakistanais. Les forces locales d’Al Qaïda ont fondu. Ils ne seraient plus que deux mille en Afghanistan selon l’Institute of Conflict Management, dont le siège est à New Delhi.

Al Qaïda vient de créer son propre califat en Inde. La région compte 400 millions de Musulmans. Le but est de régénérer de nouvelles forces d’une part, et, d’autre part, toujours dans la pratique d’Al Qaïda, d’influer sur les gouvernements locaux. L’annonce par Al-Qaïda se fait sous la forme de l’annonce d’une bonne nouvelle pour les musulmans de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire face à l’injustice et à l’oppression. Il réaffirme également sa loyauté à l’égard du chef des talibans afghans, le mollah Omar.

Pour autant, l’EI s’implante également dans le sous-continent indien. La cellule Islami Khalifat, qui contrôle Peshawar, vient de faire allégeance au Califat au Levant. Selon Amir Rana, spécialiste pakistanais du Jihadisme, cette concurrence devrait créer une dynamique du Jihadisme. Début septembre 2014, Le Premier ministre indien Narendra Modi annonce que le pays est placé en état d’alerte. »

Tiré de Daesh et Hamas, les deux visages du Califat, voir article rubrique « mes ouvrages ».

J’insiste, sur ce contexte particulier de montée des menaces, en réaction à un article paru ce jour sur les Echos, de Patrick de Jaquelot et intitulé « L’inde face à la montée du nationalisme hindou ».

« La montée des tensions créées par les milieux ultranationalistes proches du gouvernement peut devenir un frein aux réformes économiques dont l’Inde a besoin. Dans un pays où 80 % de la population est hindoue, l’enjeu est majeur. »

Je me permets également ce papier par la trace, dans ma mémoire, d’un échange que j’ai eu, il y a quelques temps sur un site de géopolitique avec une « spécialiste » de l’Inde qui vantait sa culture pacifique et son modèle constitutionnel dont devrait s’inspirer ses voisins. Certes, cet échange a eu lieu avant les différentes affaires de viol qui ont fait découvrir au monde un aspect de la violence indienne qui tranche avec l’image d’Epinal traditionnelle. Il est toujours intéressant de marquer le vecteur premier, dans l’analyse géopolitique, stratégique et économique, du préjugé. L’Inde est un cas d’école à ce titre.

Je reste tout de même surpris de lire dans les Echos, un tel ramassis de jugement de valeurs. L’auteur parle des « délires de l’Hindutva », de « dérapages », du « carrément farfelu à l’extrêmement pervers »…  En final, la seule donnée à caractère économique de l’article du principal journal économique français pourrait se déceler dans sa conclusion :

« L’évolution de l’Inde et la modernisation de son économie dépendront largement de la façon dont le Premier ministre résoudra ce dilemme dans les mois qui viennent. »

Nous pourrions y voir, sur la forme, une validation, par l’auteur de l’article, des thèses du prix Nobel d’Economie Amartya Sen. Elle y est totalement contraire sur le fond. Si la primauté du Politique sur le Monétarisme permet la création de richesse, elle ne peut être que par la conformité politique au Culturel.  Dans le cas présent de l’Inde, puissance émergente rivale de la Chine, les considérations du journal les Echos ne sont pas qu’une succession de clichés. Elles témoignent d’un mépris des réalités (rappelées en causes et réactions contextuelles de l’Hindoutva par mon introduction) et, surtout, d’un mépris des spécifications indiennes qui permettent, tout de même, une croissance annuelle de l’ordre de 8%.

François Hollande et l’Ukraine

Il y a très exactement 70 ans, c’était le 11 février 1945, avait lieu la conférence de Yalta. La sécurité de l’Europe allait se décider par le partage du monde. L’Histoire ne se répète pas. Elle ne fait que bégayer.

L’histoire ne se répète pas. Elle ne sert que d’enseignement pour un contexte différent et l’important, ce dont il est question, est le contexte.

François Hollande s’est rendu à Minsk ce 11 février pour une négociation qui permette d’éviter la guerre en Ukraine et par effet domino eu Europe et dans le monde. Du coup, la référence se doit plus d’être les accords de Munich que ceux de Yalta. D’ailleurs, quelques jours avant Yalta, les vainqueurs de l’Allemagne nazie s’étaient réunis à Munich le 7 février 1945 comme nos protagonistes de ce jour se sont réunis à Moscou le 7 février 2015 avec le même solde préparatoire. Le dénominateur commun entre les époques est la ressemblance entre François Hollande, socialiste, et l’inconsistant Daladier, l’homme du Cartel des Gauches. La référence est Munich mais Poutine n’est pas du tout Hitler.

Plus précisément, François Hollande est arrivé à Minsk avec un discours solennel. Paris parle de la menace de la guerre. Mais avec près de cinquante morts par jour en Ukraine, la guerre n’est-elle pas déjà là ?

François Hollande, qui ne bénéfice plus de l’aura de l’esprit du 11 janvier qui avait rassemblé le monde, a commis une faute à Moscou. Il n’a pas voulu s’engager sur le terrain de ses interlocuteurs. Il faisait part de ses propres craintes, au nom des 28 pays d’une Europe, qui ne lui a donné aucun mandat, et dont il ne représente visiblement que le maillon faible. On ne l’ignore pas à Moscou.

Or, au-delà des postures, il est clair que Moscou cherche une sortie de crise. Poutine n’est pas Hitler et l’ambition de la Russie n’est pas l’ambition impérialiste du Reich. La posture russe est défensive. Les porte-paroles de la Défense russe ont sensiblement reconsidéré leur présentation de la situation en Ukraine en qualifiant les séparatistes ukrainiens de « russophones ». Il s’agit d’un message d’ouverture à la négociation.

L’enjeu n’est pas de conjurer le risque de guerre. L’enjeu est de mettre fin au conflit armé par le retrait, déjà, des armes lourdes sur le terrain et de pouvoir établir un cessez-le-feu.

Le fond concerne la fédéralisation de l’Ukraine. C’est un principe vital pour la Russie qui ne peut avoir les forces de l’OTAN à sa frontière. Les séparatistes ukrainiens existent bien. C’est une réalité également historique. Ils ont leur position de force. Leur poids dans une Ukraine fédérale bloquera le choix ukrainien pour l’OTAN. L’Ukraine de Kiev n’est en position de négocier que par l’OTAN. Les formules de Porochenko qui présentent les revendications russes comme « inacceptables » et son annonce de « casser la gueule » militairement aux Russes en témoignent.

Les intérêts de l’OTAN ne présentent pas, eux, le même caractère vital. C’est pourquoi la posture pour négocier de François Hollande n’était pas adaptée malgré la cohésion affichée par son arrivée à Minsk dans la même voiture qu’Angela Merkel, détail qui en dit long.

Je renverrais à mes ouvrages « La mercatique, nouvel art de la guerre » et « Philosophie politique de l’Amour » pour évaluer, dans le détail, le rôle de la posture dans la négociation :

« La théorie des jeux est loi. La négociation traditionnelle est une escalade vers le conflit pour accéder à la limite acceptable par l’autre. Les moyens utilisés sont le mensonge. Même dans le cas, très à la mode, du modèle BATNA, Best Alternative to the Negociated Agreement, duquel relève le commerce éthique, tout n’est que jeu de mensonge, du jeu. Connaître les limites de l’autre, c’est connaître son fonctionnement culturel. C’est pourquoi la phase protocolaire de la négociation est si importante… »

L’Européen a tendance à considérer cette phase comme compétitive. Les Russes, particulièrement, sont des joueurs d’échec. Le sommet de Minsk se doit d’être décisif. Mais il n’est en rien comparable aux sommets de Yalta. Le couple Merkel-Hollande n’est pas Staline. L’Ukraine n’est pas l’Europe. Mais le hasard du calendrier permet de recadrer sur quelques fondamentaux.

 

Brèves sur l’homophobie

Le Brésil possède une tradition de tolérance sexuelle reconnue qui va de pair avec une société multiraciale. Le pays a légalisé le mariage gay ainsi que tous les droits d’adoption.

Depuis, rien ne va plus:

Comme le révèle le journal Libération du 2 février, le Brésil est devenu le champion du monde de l’homophobie avec 300 meurtres homophobes par an.

L’Etat de Rio est devenu « la Mecque » des pédophiles du monde entier qui viennent festoyer sous couvert d’adoption.

RFI rapporte que le parlement brésilien, du coup et depuis 2014, prévoit de légiférer pour permettre aux psychologues d’entreprendre des thérapies pour soigner les homosexuels de cette maladie.

Moralité: une action engendre une réaction, première loi de la thermodynamique.

En guerre contre la Russie?

Alors que la situation est de plus en plus confuse en Ukraine pour le gouvernement de Kiev et que les interventions d’Angela Merkel et de François Hollande, pour éviter la guerre, ressemblent de plus en plus à de la gesticulation, différents supports de média rapportaient, cette semaine, une information selon laquelle, la Russie s’apprêterait à envahir un pays balte, sans plus de précision, pour évaluer la capacité de réaction de l’OTAN.

Très exactement, les propos viennent de l’ancien secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen au journal britannique The Telegraph le 5 février. « Il est fort probable qu’il intervienne dans les pays Baltes pour tester l’article 5 de l’Otan », à propos de Vladimir Poutine.

L’article 5 de la charte de l’Alliance atlantique prévoit qu’en cas d’agression contre un État membre de l’organisation – dont font partie la France et, depuis 2004, les pays Baltes –, tous les autres viendront à sa rescousse militairement.

Dès le mois de septembre 2014, Barack Obama indiquait, depuis une réunion de l’OTAN au Pays de Galles, que la présence américaine et de l’OTAN ne pouvait que s’accentuer à court terme et que l’OTAN serait toujours présente dans les républiques baltes. Dans la foulée, des manœuvres navales américaines ont été engagées dans la Baltique au large de la frontière russe.

Cette semaine, la presse relaie une information provenant d’un document secret ( ! :)) du Pentagone qui indique que Vladimir Poutine souffrirait d’une forme d’autisme, le syndrome d’Asperger, qui l’empêcherait de garder le contrôle de lui-même dans des situations de crises.

Compte tenu de la maîtrise dont fait preuve le président russe depuis des années de crises et de provocation de la part de l’Occident, l’information relève de la farce. Il est, du coup, surprenant de voir l’ensemble de la presse transmettre cette information sans l’accompagner de la moindre analyse à défaut de réserve.

Le journal La Croix rapporte, ce 10 février, l’inquiétude du monde balte : Nous aurions à faire à une volonté de « revival » de l’Empire soviétique accompagnée par Moscou de la défense du « monde russe ». Comme par hasard, c’est très exactement la description de la justification par le Reich nazi de l’Anschluss qui précipita la guerre.

Alors, il convient de rendre à César ce qui appartient à César. Car la Russie ne manque pas de raisons pour répondre à la multitude de provocations.

Pour rappel, la réhabilitation des nazis est désormais complète à Riga sans que cela n’émeuve les grands défenseurs de la mémoire antifasciste de Paris. Depuis 2005, les vétérans Waffen SS défilent à Riga pour commémorer leur lutte. Il faut savoir que la Lettonie considère les Waffen SS comme l’armée de libération du pays. 130 000 lettons avaient rejoint les forces allemandes contre 150 000 lettons pour les armées soviétiques. En 2005, 3 généraux soviétiques de nationalité lettone ont été poursuivis et condamnés pour crime contre l’humanité pour avoir fait front aux Waffen SS lors des massacres des populations juives lettones.

Cet hiver, Herberts Cukurs, le bourreau de Riga qui a exterminé la moitié de la population juive lettone et qui fut exécuté par le Mossad en 1965 à Montevideo est le héros national d’une pièce musicale pour sa réhabilitation qu’on peut trouver sur Youtube, chantée par Juris Miller.

Enfin, quand le monde libre s’annonce prêt à mourir pour Riga, il convient de garder en tête que 280 000 lettons, soit 13% de la population, n’ont pas le droit de vote car ils sont russophones d’ethnie russe.

ONU à la masse

Le Comité sur les Droits de l’enfant (CRC) est une des sept organisations de l’ONU traitant des droits de l’Homme. Le comité est composé de 18 membres élus ou nommés par les gouvernements membres de l’ONU.

Selon Reuters, une enquête du CRC rapporte que Daesh vend de très jeunes enfants des minorités chrétiennes et Yazidis comme esclaves sexuels, pratique des exécutions de masse par décapitation d’enfants de moins de 10 ans, les crucifie ou les enterre vivants. Les autres servent de boucliers humains ou de kamikazes pour les déficients mentaux.

Le rapport ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà depuis l’implantation de l’Etat Islamique. De plus, Daesh ne sort pas de nulle part. L’Etat Islamique ne fait qu’appliquer la doctrine salafiste qui regroupe des dizaines de milliers de Musulmans. Rien qu’en France et considérant que mille cinq cent Jihadistes sont partis se battre pour Daesh ou Al-Qaïda par sa branche Al-Nosra en 1 an, ce sont bien plus de dix mille Français qui sont Salafistes.

Bref, les spécialistes de l’ONU semblent tomber des nues. Les dix-huit experts qui ont contribué à la rédaction de ce rapport demandent aux autorités irakiennes de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants. Nous conviendrons que l’ONU n’a aucune conscience géopolitique pour émettre une telle recommandation. Que peut bien faire Bagdad à ce sujet ? En appeler à cette solution témoigne de l’absence totale de perspective pour sauver ces enfants.

Pourtant, les Kurdes ont repris Kobane. Mais la victoire sur Daesh ne semble pas arranger certains Etats d’importance, au premier rang desquels se trouve la Turquie.

L’ouvrage « Daesh et Hamas, les deux visages du Califat » présente, dans ses détails, le rôle, les motivations et les moyens déployés de chacun des protagonistes de la tragédie du Moyen-Orient.

La machine CGT

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Philippe Martinez, nouveau Secrétaire Général de la CGT

« Depuis la fin octobre 2014, la CGT traverse une crise sans précédent ayant conduit à la démission de son Secrétaire Général, Thierry Lepaon, le 7 janvier 2015. »

Telle est la formule introductive que choisit la CGT sur son site. L’article s’appelle « Pour comprendre ce qui se passe à la CGT ». En fait, le document ne fait que présenter l’organigramme fonctionnel du syndicat.

Les médias et la CGT aiment présenter le Comité Confédéral National du nom de « parlement » de la CGT. Il n’en est rien. Les représentants des fédérations ne sont pas élus pour siéger à la CCN.

Thierry Lepaon démissionne le 7 janvier. Au même moment, les Islamistes massacrent Charlie Hebdo. Il va sans dire que l’événement au sein de la confédération syndicale n’a retenu qu’une attention relative de la part des médias. Alors que la loi Macron se discute à l’Assemblée Nationale, il convient de s’intéresser à ce que devrait être le contenu du dialogue social puisque c’est un point phare de la politique gouvernementale et la CGT est le premier syndicat français en terme de représentativité sectorielle et le second en terme de représentativité syndicale.

La nuance entre les représentativités est essentielle à la compréhension des lignes directives du syndicat. La CGT compte moins de membres que la CFDT. Par contre, la CGT devance sa concurrente aux élections professionnelles.

Les années Bernard Thibault sont marquées par une tentative d’évolution de la doctrine. Bernard Thibault parlait « d’aggiornamento », ce qui se réfère aux conciles de l’Eglise ! Le syndicat reste contestataire et revendique une ligne de conduite de lutte des classes conformément à la fidélité à la charte d’Amiens, libre des partis politiques mais révolutionnaire. En même temps, la CGT se fait remarquer par la défense des stricts intérêts des adhérents.

Alors qui est Philippe Martinez, son nouveau Secrétaire Général ?

Le journal Libération indique qu’il est d’origine espagnole. Mis à part que Manuel Valls possède ce même profil, l’information ne présente aucun intérêt déterminant.

Libération rapporte un témoignage qui présente le nouveau « patron » de la CGT comme un homme qui tient sa fédération d’une poigne de fer.

Il faut dire que le physique de l’homme a de quoi impressionner. On peine à l’imaginer sourire. Ses grandes moustaches partent à l’assaut plus comme un guerrier des temps anciens que comme un simple ouvrier. Thierry Lepaon n’a pas connu un parcours terrain particulièrement remarqué. Philippe Martinez est un métallo issu de la tradition « Boulogne-Billancourt », retour aux sources. Martinez n’est pas un réformiste. Le journal Le Monde indique qu’il est membre du Parti Communiste.

Philippe Martinez est un « politique » particulièrement habile. Il a su s’associer, au sein de la CCN, à la ligne Lepaon durant la crise de confiance de ce dernier tout en pratiquant une véritable purge des proches de l’ancien Secrétaire Général.

Il représente déjà la CGT lors des vœux du Président François Hollande aux partenaires sociaux le 19 janvier. Il est également déjà l’interlocuteur du Ministre du travail pour les vœux de celui-ci. Il représente également la CGT lors de la rencontre CGT-CFDT du 21 janvier. Et il s’était déjà installé dans le bureau du Secrétaire Général, poste auquel il vient d’être élu le 3 février.

Il y a trois semaines, lors du vote de janvier, son refus d’ouverture aurait été très mal perçu au sein de la commission exécutive. Notons que sa compagne, Nathalie Gamiochipi, responsable de la fédération de la santé était allée jusqu’à voter en faveur de Martinez, en contradiction avec le mandat qui lui avait été confié par sa fédération qui avait choisi, à une majorité de 75 %, de voter contre cette proposition. Aujourd’hui, il n’y a plus de contestation au sein de la CGT.

Philippe Martinez entend porter son combat sur le terrain et cesser de porter le syndicat dans la « cour » des Ministères et de la négociation avec le patronat. Il ne fait aucun doute que les relations sociales seront rugueuses. Si le gouvernement place le dialogue social en contrepartie d’aménagements pour la productivité des entreprises, il ne doit pas s’attendre à une partie facile.

 

Menace à l’Est

Le Centre de Langue et Culture Russe, à travers sa gazette, propose un point de vue russe de l’actualité d’une acuité exceptionnelle.

Alors que pour les observateurs républicains aux Etats-Unis (débats sur Fox News), le centre des risques pour la sécurité nationale est en Ukraine et non au Moyen-Orient, un regard sur la situation ukrainienne est primordial.

Le 27 janvier a été commémorée la libération, par les troupes russes, du camp d’Auschwitz. Pourtant, Vladimir Poutine n’a pas été convié par le gouvernement polonais à cette commémoration alors que les représentants ukrainiens y étaient présents et que nous pouvons nous rappeler qu’environ 3000 volontaires ukrainiens aidaient les nazis sur ce seul camp de la mort. L’événement de la commémoration s’inscrit dans l’amorce de ce qui pourrait être un conflit de dimension planétaire. Comme le souligne Jonathan Adelman, de l’université de Denver, et repris dans une dépêche Ria Novosti, les Etats-Unis n’interviennent plus sur les théâtres d’opérations extérieures en leader mondial. Leur incapacité à influer sur les événements en Lybie, en Irak ou en Afghanistan en témoigne. A contrario, et Victor Lupan, rédacteur en chef de la pensée russe le développe, la Russie est libre de toute dépendance extérieure et a retrouvé un statut de puissance mondiale.

C’est avec en tête ce nouveau rapport de force que je propose la perspective suivante, tirée du numéro de janvier de la gazette du CLCR:

Patrick Brunot est chargé de cours à l’Ecole Supérieure de Guerre et professeur à l’université d’état Novgorod. Extraits…

… Un Conflit né d’une évidence géopolitique

Le géographe et politologue britannique Halford John Mackinder (1861-1947), fondateur de l’école anglo-saxonne de géopolitique, estimait que, pour gouverner le monde, il fallait contrôler la zone qui recouvre l’Europe centrale et la Sibérie occidentale. Cette théorie du Heartland fut explicitée et précisée par son disciple et continuateur Nicolas Spykman (1870-1943), notamment avec la théorie du Rimland. Celle-ci a trouvé son application pratique dans les réseaux d’alliances américains (OTAN, OTASE, CENTO…) visant à endiguer l’avancée de la terre centrale, en l’occurrence l’URSS, aujourd’hui la Russie.

Appliquant cette théorie bismarckienne ouvertement impérialiste, Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller du président Carter, a clairement annoncé sa stratégie : « Le seul moyen d’empêcher la Russie de redevenir un empire est de soustraire l’Ukraine à son influence. » Pour éviter que la Russie ne redevienne une grande puissance en Eurasie et puisse s’arranger avec l’expansionnisme chinois pour créer une nouvelle concurrence mondiale à l’Amérique – ce que celle-ci ne peut pas admettre –, il est impératif de créer une pomme de discorde entre la Russie et l’Europe occidentale. Peu lui importent les liens historiques, économiques, ethniques, linguistiques et religieux entre ces deux peuples : pour Brezinski, seuls les impératifs géopolitiques sont à prendre en compte.

Ce qui rejoint la position que défendaient déjà les partisans du nationaliste ukrainien Stepan Bandera après la Seconde Guerre mondiale : couper l’Ukraine de la Russie pour l’associer à une Europe sans les Russes. Ce sera aussi celle des promoteurs du Partenariat oriental de l’Union européenne, pour qui il convenait d’éviter à tout prix une entente avec la Russie afin de contrer la mise en place d’un marché commun eurasiatique : en poussant l’Ukraine à devenir une « colonie » de Bruxelles, l’Europe a provoqué la guerre russo-ukrainienne. L’objectif politique s’est ainsi trouvé atteint.

La stratégie diplomatique américaine est évidente : il s’agit, par une politique d’escalade, de créer l’irréversible pour rendre impossible tout accord avec la Russie, quitte, s’il le faut, à provoquer l’éclatement de l’Ukraine. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie, le centre de gravité du monde russe se trouve déplacé et son statut de puissance régionale est affaibli. Si l’on se place dans cette perspective, il est aisé de voir dans l’Ukraine ultra-nationaliste un épouvantail agité par l’Occident en vue d’affaiblir la Russie. Dans son discours à l’Académie militaire de Westpoint, le 28 mai 2014, le président Obama a explicité d’une manière particulièrement claire cette stratégie : « (Après l’annexion de la Crimée par les Russes,) notre capacité à influencer l’opinion mondiale a permis d’isoler immédiatement la Russie. Grâce au leadership de l’Amérique, le monde a immédiatement condamné les initiatives russes, l’Europe et le G7 nous ont rejoints dans les sanctions, l’OTAN a conforté notre engagement auprès de nos alliés de l’Est européen, le FMI a aidé à stabiliser l’économie ukrainienne, les observateurs de l’OSCE ont attiré les regards du monde entier sur les zones instables de l’Ukraine. Et cette mobilisation de l’opinion mondiale et des institutions internationales a servi de contrepoids à la propagande russe, aux troupes russes sur la frontière et aux milices armées en cagoule… Le soutien apporté à nos alliés au nom de l’ordre international (…) a donné au peuple ukrainien une chance de choisir son avenir sans que nous ayons à tirer un coup de fusil. »

Une telle déclaration dit assez la volonté américaine de construire l’Europe contre la Russie en faisant de l’Europe occidentale une sorte de protectorat américain. Cette politique de mise sous tension durable, de guerre permanente, de conflits de faible intensité ou de terrorisme, est relayée par l’Union européenne et par certains gouvernements européens qui pratiquent un activisme particulièrement intense auprès des autorités de Kiev. Comme les Pays Baltes, le gouvernement polonais est spécialement vigilant à cet égard, allant jusqu’à mettre la France en garde, compte tenu du conflit ukrainien en cours, contre la vente des navires Mistral à la Russie.

Faut-il laisser l’Amérique pourrir la situation ?

N’ayant aucun intérêt à pratiquer une politique d’annexion, Moscou cherche une formule juridique de nature fédérale permettant à toutes les régions de s’entendre. La Russie excluant tout offensive militaire contre l’Ukraine et l’Otan ne voulant pas de guerre ouverte avec la Russie, rien ne devrait empêcher que des referenda soient organisés dans les régions russophones comme ce fut le cas en Crimée.

Peut-on imaginer une réconciliation entre la Nouvelle Russie et l’Ukraine ? La situation est encore trop sensible pour l’espérer à moyen terme, d’autant que ceux qui ont souffert des violences ukrainiennes ne sont pas prêts à accepter à nouveau l’autorité de Kiev. Et les plaies sont loin d’être refermées : depuis le début des hostilités, l’ONU ne dénombre pas moins de 5000 morts, 8600 blessés, 600 000 déplacés. Et depuis le cessez-le-feu de septembre 2014, il y a eu plusieurs dizaines de morts supplémentaires. En bombardant ses propres citoyens l’armée ukrainienne a atteint un degré d’intensité maximale. Il est vrai qu’en paroles Madame Timochenko a été très loin en faisant une déclaration explosive : « Je fais tout mon possible pour qu’il ne reste à la Russie qu’une terre brûlée. Il faut tuer les Russes d’Ukraine à l’arme nucléaire » (cf.AFP /Ria Novosti 25-3-2014).

Les Américains souhaiteraient transformer l’Ukraine en une vaste base militaire otanienne, mais les Européens, effrayés par cette perspective, s’y opposent. Ni Moscou, ni Washington ne souhaitent de guerre conventionnelle ou nucléaire dans cette région – que les Russes auraient d’ailleurs toutes chances de gagner –, mais la Maison Blanche entend priver Moscou d’une Ukraine qui lui assurerait une puissance économique et commerciale certaine. Dès lors, aux yeux des Américains, la meilleure stratégie consisterait à maintenir un état de tension permanente. S’ils y parviennent, les grands perdants seront d’abord les Russes et les Ukrainiens : avec cette crise se joue le sort du monde russe qui ne peut exister sans l’Ukraine. Mais, dans tous les cas de figure les Européens seront aussi perdants.

La politique des sanctions constitue la meilleure preuve qui n’affecte en aucun cas l’économie américaine, mais affaiblit celle des pays d’Europe.

Faits de la semaine, la Grèce, analyse 3/3

La victoire de Syrisa, parti d’Extrême Gauche en Grèce, a été saluée par Barack Obama. Si la manifestation de soutien du chef d’un état libéral à un programme de lutte contre l’austérité a de quoi surprendre, la promptitude et la précipitation de François Hollande à être le premier dirigeant de la zone euro à féliciter Alexis Tsipras relève de l’incongru.

Le programme de Syrisa est l’inverse de celui mené par Manuel Valls. Il s’agit d’une claque pour l’Union Européenne. Il s’agit, également, de signifier qu’une autre politique économique européenne est possible. D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon abondait dans ce sens avec enthousiasme lors des manifestations espagnoles contre l’austérité. L’Espagne puis la France pourraient être tentées par ce changement de cap. Alors que la politique gouvernementale s’exerce à prouver à son aile gauche (les frondeurs) sa détermination à poursuivre une politique de rigueur, les félicitations de François Hollande ne peuvent résonner que comme un mensonge.

Permettre de penser que la Grèce peut réduire et même abroger sa dette correspond à infliger à la seule France 45 milliards d’euros d’impayés. C’est le contribuable français qui paiera.

Surtout, il s’agit d’un message fort. La BCE finance les états européens dans leur politique de croissance. Alors que la France a, plus que jamais, besoin de la BCE, comment imaginer qu’un créancier prête de l’argent à un emprunteur qui affirme qu’il ne remboursera pas son prêt ? La BCE ne distribuera plus d’argent.

L’appui donné par François Hollande à Syrisa ne peut que tendre les relations avec Angela Merkel. Comment peut-on prétendre assurer la croissance de la France quand on met tout en œuvre pour casser les relations avec son principal partenaire ? La France peut-elle se le permettre ?

Surtout, les autorités grecques pourraient penser trouver à Paris cet allié qui les aidera à appliquer leur programme. C’est sur ce point que la démarche de François Hollande est catastrophique.

La dette grecque ne peut pas être annulée. Les banques grecques perdraient leur licence internationale. Les Grecs mettent en avant les patrimoines individuels qui font du Grec le citoyen le moins endetté au monde. Mais l’économie est mondialisée. La Grèce est-elle auto-suffisante ?

La solution serait la sortie de l’Euro. Mais encore faut-il payer la dette. Ce n’est pas seulement les 45 milliards d’euros qui devront être payés par le contribuable français. Auparavant, les 3 principales banques françaises auront à gérer cet impayé et perdront leur indice de confiance internationale déjà à mal auprès de l’administration américaine.

François Hollande s’est un peu trop précipité. Syrisia s’est allié à l’Extrême Droite. Du coup, le soutien au programme grec aura du mal à être soutenu par la majorité présidentielle.

Bref, la main tendue à la Grèce ne peut être que lâchée. La France ne peut pas s’enorgueillir d’avoir une parole ni même une pensée.

En final, non seulement la Grèce ne sortira pas de l’Euro mais, en plus, elle paiera sa dette. Le gouvernement grec s’orienterait sur un « new deal paneuropéen » accompagné d’un rallongement de la durée du remboursement de la dette, plan validé par le FMI.

La posture de François Hollande était une circonlocution et la posture de ses interlocuteurs grecs l’ont vite adoptée : la politique dans tous ses états.